2 septembre 2021

Le Prestige (2006) de Christopher Nolan

Titre original : « The Prestige »

Le Prestige (The Prestige)Londres, à la fin du XIXe siècle. Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis à un brillant avenir. Une compétition d’abord amicale les oppose l’un à l’autre, mais l’émulation tourne vite à la jalousie puis à la haine…
Le Prestige est un film américano-britannique réalisé par Christopher Nolan, adapté du roman éponyme de l’anglais Christopher Priest publié en 1995. Le roman avait déjà une construction originale, se présentant comme une suite de journaux intimes écrits à la première personne et dupant le lecteur. Le film adopte une structure non-linéaire, assez déroutante dans sa mise en place et parvenant tout aussi bien à créer l’illusion pour mieux nous tromper. A l’instar d’un magicien, Christopher Nolan a un talent certain pour capter toute notre attention et la diriger là il veut qu’elle soit. Le récit est particulièrement prenant et, hormis l’élément fantastique que je trouve personnellement décevant car trop facile, l’explication finale est une surprise. Une fois connue, on se demande comment on a pu ne pas y penser plus tôt car il y avait beaucoup d’indices. La reconstitution est soignée. L’ensemble est séduisant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Hugh Jackman, Christian Bale, Michael Caine, Rebecca Hall, Scarlett Johansson, David Bowie, Andy Serkis
Voir la fiche du film et la filmographie de Christopher Nolan sur le site IMDB.
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Remarque :
* Les trois étapes d’un tour de magie, telles qu’elles sont décrites et nommées au début du film (« la promesse », « le tour » et « Le Prestige »), sont l’invention de Christopher Priest.

Le Prestige (The Prestige)Micheal Caine, Scarlett Johansson et Hugh Jackman dans Le Prestige (The Prestige) de Christopher Nolan.

Le Prestige (The Prestige)Christian Bale dans Le Prestige (The Prestige) de Christopher Nolan.

Une réflexion sur « Le Prestige (2006) de Christopher Nolan »

  1. Vu hier soir… et très déçu.

    Je n’avais pas fait attention qu’il s’agissait d’un film de Christopher Nolan, c’est en venant sur votre « critique » que je m’en aperçois, et je n’en suis pas surpris : la mise en scène est tape-à-l’œil inutilement, sans que cela ne serve réellement l’histoire (il y avait moyen d’enchâsser ces différents niveaux de flash-back sans tomber dans ce montage excessivement sec et « spectaculaire pour le spectaculaire »), le déroulé est plutôt boursoufflé que brillant.

    Il y a des rebondissements agréables, il y a quelques mystères intéressants, mais bon sang que l’intrigue est lourdement menée, que les personnages sont inintéressants et même antipathiques (aucun n’a le moindre intérêt, pas « en soi » mais parce que la réalisation ne leur permet jamais de s’incarner, de s’épaissir, d’avoir une humanité quelconque ; même les faire-valoir féminins sont non-incarnées et sans épaisseur).

    Pour ce qui est de la chute : je m’attendais à une forme d’immoralité, mais c’est pire que ce que je pouvais prévoir. En soi, pourquoi pas : une fin immorale peut être jubilatoire lorsqu’elle répond à une logique ou lorsqu’elle est au service d’un personnage à qui l’on s’est intéressé voire identifié (ce qui n’est pas du tout le cas ici, cf. plus haut, tant les personnages sont vides). Sauf qu’ici c’est juste totalement barré, le secret du personnage joué par Christian Bale (je m’en tiendrai à cette formulation pour ménager les lecteurs de ce blog qui auraient l’intention de voir quand même ce film) l’ayant quand même conduit à détruire littéralement la vie de sa femme, sans aucune raison objective puisqu’il aurait parfaitement été possible de gérer cette situation autrement ! Je ne peux pas être plus précis pour ne pas spoiler, mais il aurait été très simple de mener sa vie de couple autrement et d’éviter cette cruauté extrême et meurtrière, qui ne se justifie que par un égoïsme et une inhumanité viscéraux. Un personnage qui se confirme très très antipathique (et sans même nous toucher ou nous intéresser par ailleurs), et une entourloupe scénaristique vraiment pas crédible, pas cohérente, donc une forme de tromperie malhonnête du spectateur (la tromperie dans l’art n’a de sens, par définition, que si elle est cohérente et respecte le spectateur, pas si elle se moque de lui).

    Entre cette « révélation » qui aurait pu être intéressante mais se révèle a-posteriori basée sur une vie radicalement cruelle et cynique, et la dimension fantastique totalement pétée qui se glisse dans ces séquences finales *, le dernier quart d’heure m’a totalement gâché le film. Un auto-sabotage en règle.

    * Outre la mise en scène prétentieuse et le montage faussement virtuose (mais réellement fatigant par sa nervosité inutile), une autre caractéristique des films de Christopher Nolan semble bien être sa prédilection pour des deus ex machina fantastiques ou mystiques, ce qui est pour moi non seulement gênant sur le fond (ce réalisateur doit être très bizarre et malsain) mais surtout une négation de l’art du cinéma. Avoir recours à ce genre de procédé est évidemment une paresse scénaristique, mais c’est une paresse particulièrement rédhibitoire dans un domaine basé précisément sur l’artifice et le jeu d’images, et encore plus particulièrement inacceptable dans un film sur les illusionnistes : le principe de l’illusionnisme d’une part et du cinéma d’autre part est de nous « tromper » sur la base de techniques que l’on peut admirer même sans les comprendre parce que l’on sait qu’il y a une virtuosité technique derrière ! ; certainement et absolument pas de nous abuser via des deus ex machina ne demandant ni technique ni talent. Supprimez la conscience qu’il existe une virtuosité technique derrière la magie apparente (illusionnisme ou cinéma), vous supprimez tout simplement la raison d’être de ces disciplines et le légitimité de leurs réalisateurs.

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