4 avril 2006

La métamorphose des cloportes (1965) de Pierre Granier-Deferre


La métamorphose des cloportes Lui :
Lino Ventura en truand décidé à décimer la « bande de cloportes » qui lui a fait porter le chapeau d’un casse lamentablement raté, voilà une bonne base pour un scénario haut en couleur, surtout avec des dialogues signés Audiard. Cependant, le film reste plusieurs crans en dessous des meilleurs du genre, à nul moment nous n’avons des envolées comparables à celles des Tontons Flingueurs ou autres Barbouzes par exemple et le film paraît donc avoir quelque peu vieilli.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Lino Ventura, Pierre Brasseur, Irina Demick, Charles Aznavour, Maurice Biraud
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4 avril 2006

Une affaire privée (2002) de Guillaume Nicloux

Une   affaire privée Elle :
Guillaume Nicloux parvient à donner un ton et un style très personnel à cette enquête policière conduite par un enquêteur paumé qui enregistre toutes ses conversations. Les éclairages colorés de la nuit, la musique à la Twin Peaks, les lumières saturées et le grain vidéo contribuent à créer une atmosphère ambiguë et mystérieuse. Thierry Lhermitte utilisé à contre-emploi est assez convaincant. L’écheveau complexe de pistes possibles sur le meurtre de Rachel se démêle petit à petit pour finalement aboutir à un dénouement assez inattendu.
Note : 4 étoiles

Lui :
Une affaire privée : Cette histoire d’enquête sur une disparition tend à renouer avec le genre des meilleurs films noirs. On sent l’influence des années 40, des scénarios de Chandler ou de Hammett, mais aussi de David Lynch et de ses atmosphères étranges et ambigues. Le résultat est réussi, on est parfaitement immergé dans cette histoire et Thierry Lhermitte est particulièrement à l’aise et convaincant dans ce rôle de détective privé passablement obstiné. Quelques parti pris sont un peu énervant, tel ce grain mis sur toutes les scènes d’extérieur.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Thierry Lhermitte, Marion Cotillard, Samuel Le Bihan, Aurore Clément, Frédéric Diefenthal
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4 avril 2006

Jeunesse dorée (2001) de Zaïda Ghorab-Volta

Jeunesse   dorée Elle :
Bonne surprise avec ce film sans prétention sur le voyage de deux adolescentes de banlieue qui font un reportage sur l’architecture des cités. Le mérite du film est d’aborder les problèmes des cités avec un regard positif même si certaines situations paraissent un peu idylliques. Ici, pas de délinquance, de violence, de machisme. Les deux jeunes filles circulent librement sans courir aucun danger. Ce qui retient notre attention, c’est leur insouciance, légèreté et leur découverte progressive du monde. L’agressivité latente du début s’efface pour laisser place au bonheur de vivre.
Note : 4   étoiles

Lui :
Il y a beaucoup de spontanéité, d’authenticité dans cette histoire de deux jeunes banlieusardes qui découvrent la province. Le tableau dressé est un peu idyllique mais Jeunesse dorée un film plutôt attachant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Alexandra Jeudon, Alexandra Laflandre
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3 avril 2006

Le peuple migrateur (2001) de Jacques Perrin

Le   Peuple migrateur Elle :
Deuxième projection pour ce film mais à partir du DVD qui est truffé d’informations, de vidéos explicatives, de commentaires. Toujours autant de plaisir à voyager aux côtés de ces oiseaux migrateurs. Un pur régal visuel et un beau plaidoyer pour la protection des oiseaux.
Note : 5 étoiles

Lui :
Très beau film, unique en son genre, qui nous offre des images exceptionnelles, magiques. Jacques Perrin arrive à nous faire approcher au plus près ces oiseaux, à ressentir l’exaltation du vol. Les suppléments du DVD sont tout aussi passionnants.
Note : 5 étoiles

Acteurs: (voix) Jacques Perrin
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1 avril 2006

Boudu (2005) de Gérard Jugnot

Boudu Elle :
(pas vu)

Lui :
Beaucoup plus simple que la version de Jean Renoir de 1932, ce Boudu version 2005 manque un peu de relief et d’étoffe. Si les trois acteurs principaux jouent sans surprise des personnages tout à fait conformes à l’image, il faut reconnaître que Depardieu est particulièrement à l’aise dans son personnage, on sent qu’il l’aime bien et c’est un plaisir de le regarder jouer. De son côté, Catherine Frot joue merveilleusement (une fois de plus) une bourgeoise gentiment fofolle et névrosée. Sans ces deux acteurs, le film serait assez ennuyeux. Les moments où les dialogues décollent sont hélas trop rares, mais on sent alors ce qu’aurait pu être cette comédie. Gérard Jugnot a gommé trop de choses, dans le personnage de Boudu notamment, pour arriver à un résultat gentillet, bourré de bonnes intentions mais tout de même un peu fade.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Gérard Jugnot, Catherine Frot, Constance Dollé
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1 avril 2006

Le Schpountz (1938) de Marcel Pagnol

Le Schpountz Elle :
Talentueux et irrésistible duo d’acteurs que sont Fernandel et Fernand Charpin ! Marcel Pagnol se livre à une peinture acerbe du milieu du cinéma rongé par ses bassesses et intrigues. Irénée (Fernandel), un brave type naïf de Marseille qu veut devenir acteur est victime d’un canular tendu par une équipe de cinéma peu scrupuleuse. Malgré quelques longueurs, on passe un bon moment.
Note : 4 étoiles

Lui :
Sans être à la hauteur des meilleurs Pagnol, Le Schpountz permet de voir un Fernandel assez exceptionnel et des scènes bien pittoresques de “pagnolade” avec un Fernand Charpin assez en forme lui aussi. Les autres acteurs sont nettement un ton en dessous et l’ensemble est un peu décousu, Pagnol oscillant entre la comédie franche et les réflexions sur le monde du cinéma, sur la fonction du comique, réflexions intéressantes mais bien mal amenées. L’ensemble reste néanmoins très plaisant 65 ans après sa sortie, comportant même quelques scènes d’anthologie.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Fernandel, Orane Demazis, Fernand Charpin
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Note : ce film a eu un remake en 1999 réalisé par Gérard Oury.

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31 mars 2006

Le Roi de Coeur (1966) de Philippe de Broca

Le Roi de coeur Elle :
Cette curiosité anti-conformiste en avance sur son temps met en charpie l’ordre établi et les institutions. Un village, que les allemands veulent faire exploser, se vide de ses habitants… sauf l’asile d’aliénés. Les fous de l’asile envahissent les rues et habitations, se déguisent et recréent les institutions au gré de leur fantaisie. L’idée est originale, les personnages hauts en couleur. Je reprocherai certaines lenteurs et un humour qui a un peu vieilli.
Note : 2 étoiles

Lui :
Le Roi de Coeur est un film assez étonnant, une sorte de fable anarchiste, antimilitariste ou plus simplement cocasse et farfelue. Une base de scénario assez remarquable permet à Philippe De Broca de recréer une société où les principales institutions et structures sociales sont représentées mais leurs règles ont volé en éclats… puisque la ville n’est tenue que par des « fous ». Et il en découle tout un tas de mini situations farfelues, comme une suite de jeux de rôles, où les fonctionnements habituels des rouages de la société sont détournés, retournés ou simplement ridiculisés. Sorti en 1966, il n’est pas étonnant que ce film ait reçu un mauvais accueil… en revanche, il me paraît plus étonnant qu’il n’ait pas été déterré dans les années soixante-dix.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Pierre Brasseur, Jean-Claude Brialy, Alan Bates, Geneviève Bujold, Julien Guiomar, Micheline Presle, Michel Serrault
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27 mars 2006

Le nouveau monde (1995) d’ Alain Corneau

Le nouveau   monde Elle :
Un petit village près d’Orléans dans les années 50 et une base américaine proche ; un amour d’enfance que deux enfants se promettent mais mis à mal par la rencontre de l’univers américain : jazz, voitures clinquantes, objets de la société de consommation. On sent Alain Corneau fasciné et nostalgique d’une époque qu’il a sans doute vécue. Evidemment, on n’échappe pas à quelques clichés et longueurs. Corneau sans doute passionné de musique, soigne particulièrement la mise en scène d’un groupe de jazz inspiré de Miles Davis.
Note : 3 étoiles

Lui :
Le Nouveau Monde est surtout une évocation d’une certaine époque, aux alentours de 1960, et de cette fascination que pouvait exercer une base américaine sur des adolescents. Le principal moteur de cette fascination est la musique, le jazz en l’occurrence. Si le côté musical est assez bien retranscrit et recréé (avec notamment des acteurs qui jouent vraiment de leurs instruments, ce qui est rare au cinéma), le contexte général n’est qu’effleuré et le film manque un peu de substance. Il reste assez plaisant tout de même.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Nicolas Chatel, Sarah Grappin, James Gandolfini, Alicia Silverstone, Guy Marchand
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Homonyme (sans aucun lien avec ce film) :
Le Nouveau Monde de Terrence Malick (2005)

25 mars 2006

De battre mon coeur s’est arrêté (2005) de Jacques Audiard

De battre mon   coeur s'est arrêté Elle :
C’est avec une caméra énergique et un montage nerveux que Jacques Audiard nous immerge de façon émotionnelle et physique dans l’univers de Thomas, un jeune homme partagé entre l’emprise intéressée d’un père malfrat et le passé d’une mère pianiste décédée. On alterne entre le monde glauque et violent des magouilles immobilières et le milieu feutré des pianistes dans lequel Thomas tente d’entrer. Dans ce rôle d’homme tantôt tourmenté, parfois cruel ou touché par la grâce, on découvre un Romain Duris époustouflant. Comme transfiguré par la découverte de lui-même, on assiste avec émotion à sa transformation intérieure qui va lui permettre de s’affranchir de son passé familial douloureux et de construire son avenir. Un beau film plein d’intensité.
Note : 5 étoiles

Lui :
Avec De battre mon coeur s’est arrêté, Jacques Audiard réussit un film assez sombre où l’on retrouve ce côté biface que l’on avait dans son film précédent Sur mes lèvres : son personnage principal a en effet deux visages, la face sombre (le petit malfrat) et la face claire (le pianiste, l’amant). Le film est, par extension, à la fois policier et psychologique. Il filme cela en longs plans assez serrés avec une caméra à l’épaule très mobile et étonnamment efficace. Il est indéniable que Jacques Audiard a su se développer un style. Le film n’est pourtant pas sans défaut, on peut lui reprocher un certain côté macho et surtout d’être exclusivement centré sur son personnage principal : sans l’excellente prestation de Romain Duris (qui prouve ici qu’il ne faut pas le cantonner aux rôles d’adolescents attardés), le film ne tiendrait certainement pas car il n’y a aucune place pour les personnages secondaires qui sont, de ce fait, tous très fades.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Romain Duris, Niels Arestrup, Aure Atika
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24 mars 2006

Alexandre (2004) d’ Oliver Stone

Titre original : « Alexander »

Alexandre Elle :
(pas vu)

Lui :
Oliver Stone semble avoir été fasciné par son sujet et a voulu en faire une vaste fresque à son image. Le film pêche en premier par sa longueur (près de 3h), surtout à partir du moment où les premiers combats arrivent, gigantesques reconstitutions exubérantes qui ont le défaut d’être un peu confuses. L’accent est mis sur le parcours du conquérant, sans qu’un regard particulier ou un jugement quelconque ne soit porté sur son aspect presque fanatique. Alexandre est beau comme une star de cinéma et sa mère semble sortie d’un magazine, Angelina Jolie qui en fait des tonnes pour paraître plus vénéneuse que les serpents dont elle s’entoure… Bien que ce film ait eu une production française, il est essentiellement hollywoodien dans son esprit et suit parfaitement les codes du genre « grande épopée » avec notamment une musique épique à souhait, les discours vibrants avant le combat, etc… Le film a néanmoins la qualité d’être juste historiquement parlant et sur ce plan, peut mériter d’être vu.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Colin Farrell, Jared Leto, Val Kilmer, Angelina Jolie, Anthony Hopkins, Christopher Plummer
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