Oliver est heureux : il va se marier aujourd’hui. Dans la pièce à côté, Stanley dresse la table autour du gâteau. Hélas, la promise téléphone : en pleurs, elle annonce que son père s’oppose furieusement au mariage et l’a enfermée. Oliver décide de l’enlever avec l’aide de Stanley…
La première moitié de ce court métrage, située dans l’appartement d’Oliver, est assez réussie avec des gags qui s’enchainent bien. La seconde est un peu plus conventionnelle mais la scène avec la petite automobile annonce le gag célèbre des Marx Brothers dans A Night at the Opera, un gag où l’entassement dans un lieu réduit est poussé à son maximum. On pourra aussi remarquer la première apparition de Ben Turpin, avec son impressionnant strabisme, dans un film du duo. La promise est interprétée par Babe London, qui est physiquement la parfaite réplique féminine d’Oliver Hardy. (Court métrage de 21 mn). Elle: – Lui :
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Oliver a profité de l’absence de sa femme pour organiser une « petite fête ». Le lendemain, la maison est dans un état lamentable et Oliver reçoit un télégramme de sa femme qui annonce son retour plus tôt que prévu. Paniqué, Oliver appelle Stanley pour qu’il vienne l’aider à tout ranger… Helpmates est essentiellement un film à deux personnages, un véritable two-men show, probablement le plus réussi de toute leur carrière. Les gags de destruction s’enchaînent parfaitement, sans aucune lourdeur ni insistance, avec un calme qui contraste merveilleusement avec les dégâts. C’est une cascade de gags. Le film s’ouvre sur une belle et intelligente variante du gag du miroir de Max Linder. Helpmates est incontestablement à classer parmi les tous meilleurs films de Laurel et Hardy. (Court métrage de 21 mn). Elle: – Lui :
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Toute l’action de ce court métrage de 21 minutes se déroule dans la chambre (et la salle de bains) du duo : Ollie a la grippe et demande à Stan de le soigner… They Go Boom! a longtemps été connu comme un film muet ; ce n’est que récemment qu’un disque Vitaphone a été retrouvé et la version sonore a été restaurée (dans cette époque de transition vers le parlant, les films du duo étaient tournées en deux versions). Dès les premières secondes, le son est bien utilisé : les deux compères sont dans leur lit et ronflent en chœur d’une façon très particulière. Les gags sont fort simples mais fonctionnent bien. Bien entendu, tout ne va pas bien se passer et le propriétaire (Charlie Hall, comme il se doit) va devoir intervenir. Ecrit et supervisé par Leo McCarey. Elle: – Lui :
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Poursuivis par la police, deux vagabonds se réfugient sans le vouloir dans une grande demeure qui a été proposée à la location. Justement, un couple fortuné se présente pour la louer et, en les voyant, pense avoir affaire au maitre de maison et à son valet…
Ce court métrage de 29 minutes fait partie des premiers parlants de Laurel et Hardy. C’est en réalité le remake de leur muet Duck Soup de 1927 (aucun lien avec le Duck Soup des Marx Brothers) qui fut leur troisième film en tant que duo. L’histoire est basée sur un sketch écrit par le père de Stan Laurel. L’humour y est très bien dosé, sans aucune lourdeur, y compris lorsque Stan Laurel se travestit pour jouer la bonne de maison Agnes. Le passage au parlant du duo se fait sans problème : l’humour sait utiliser les dialogues pour dépasser le simple slapstick. Assez singulièrement, le film est doté d’un prologue où deux jeunes filles en uniforme d’ouvreuse de cinéma délivrent oralement le générique. Elle: – Lui :
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(Court-métrage de 2 bobines, 16 mn env.) Un jeune prétendant se heurte à l’opposition du père de sa bien-aimée : dès qu’il franchit le seuil de sa maison, il n’a de cesse de le mettre dehors sans ménagement. Heureusement, ce père est très myope… Charley Chase a tourné ses meilleurs courts-métrages à partir de 1925, souvent sous la direction de Leo McCarey. Mais celui que l’on nomme parfois « le quatrième comique » (loin derrière Chaplin, Keaton et Lloyd), a débuté dès 1914 et il a beaucoup dirigé. Si ses premiers films à la Keystone, où il interprète souvent des personnages aux intentions douteuses, n’ont rien de remarquable, ce Married to Order paraît bien plus intéressant. On y retrouve également Oliver Hardy (sous le nom Babe Hardy) qui, malgré ses 28 ans, est tout à fait crédible en quadragénaire irascible. L’histoire et les gags sont très classiques mais bien amenés, on peut déceler les prémices du futur style de Charley Chase. Le comédien (sans sa moustache, qui viendra plus tard) est ici beaucoup plus élégant que dans ses films pour la Keystone. Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Charley Chase chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Charley Chase utilise toujours son vrai nom pour signer la réalisation : Charles Parrott.
* Le film a été tourné en juillet 1918.
* Ce film est visible dans le coffret américain (zone 0) de 4 DVD Becoming Charley Chase qui contient plus de 40 courts-métrages.
Charley Chase dans Married to Order de Charley Chase.
Oliver Hardy et Rosemary Theby dans Married to Order de Charley Chase.
(Court métrage de 22 minutes) Charley n’est pas un homme à qui tout sourit : sa femme lui impose la présence de son frère qui a un poil dans la main et il ne peut partir en vacances comme le font ses voisins. A un concours de vente de stylos en porte à porte, il gagne une croisière pour toute la famille. La chance va-t-il enfin lui sourire? … Isn’t Life Terrible?(1) apparaît plutôt décousu, un assemblage hétéroclite de scènes. Les gags sont assez inégaux, parfois beaucoup trop longs comme celui du stylo éclabousseur. Chase et McCarey parviennent néanmoins à construire, à partir de peu de choses, une comédie jouant sur le nonsense. Le beau-frère paresseux est interprété par Babe Hardy, alias Oliver Hardy (le tandem Laurel et Hardy sera formé peu après, en 1926) qui ne fait pas grand-chose ici. On remarquera aussi la présence de Fay Wray en cliente potentielle des stylos. Isn’t Life Terrible? n’est certainement pas le premier film à regarder pour découvrir cet excellent comique du muet qu’est Charley Chase. Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Leo McCarey chroniqués sur ce blog…
(1) Le titre est un clin d’œil au long métrage de D.W. Griffith sorti l’année précédente : Isn’t Life Wonderful (1925) avec Neil Hamilton. Les sujets n’ont toutefois rien en commun.
(Muet, 18 minutes) Laurel et Hardy sont engagés comme portier et valet de pied dans un grand hôtel qui attend la visite d’un prince… Assez classique, Double Whoopee comporte de bons gags et deux particularités : d’une part, un personnage de prince qui évoque furieusement Erich von Stroheim (interprété par John Peters, alias Hans Joby, qui a été le double de Stroheim et qui a donc une parfaite connaissance de ses tics et mimiques) et, d’autre part, l’apparition remarquée de Jean Harlow (17 ans) en petite tenue après que sa robe ne soit malencontreusement (!) restée coincée dans la portière du taxi. Bien rythmé, Double Whoopee est plutôt réussi. Laurel et Hardy sont alors dans leur meilleure période. Elle: – Lui :
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(Muet 19 minutes) Avec Oliver Hardy comme manager, Stan Laurel affronte un boxeur féroce sur un ring. Le lendemain, les deux compères provoquent une gigantesque bataille de tartes à la crème…
Pendant longtemps, on ne connaissait que la seconde moitié de The Battle of the Century. La première bobine a récemment été retrouvée. Le match de boxe du début ne tient pas toutes ses promesses, il est plutôt décevant. En revanche, la bataille de tartes à la crème est très réussie, surtout dans son enchainement, avec cette façon hilarante d’impliquer de plus en plus de personnes. Rapidement, ce sont des dizaines (centaines ?) de personnes qui y participent. Plus de 3000 tartes à la crème furent utilisées. C’est l’un des premiers films de Laurel et Hardy qui établissent leur style inimitable, avec notamment leur fameuse technique du slow burn (1). [Ajout 07/07/2026] La version restaurée en 2023 est bien plus complète dans la seconde bobine, celle de la bataille de tartes à la crème. Beaucoup de plans manquaient précédemment et on ne peut être qu’admiratif face à l’enchainement des scènes. La bataille n’en devient que plus savoureuse, du grand art. Elle: – Lui : (10/02/2012) – (07/07/2026)
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Voir les autres films de Clyde Bruckman chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Henry Miller aurait décrit The Battle of the Century comme étant le film comique le plus réussi jamais tourné.
* Durant le match de boxe, le comptage interrompu plusieurs fois par l’arbitre fait allusion à un combat réel entre Gene Tunney et Jack Dempsey qui avait fait polémique à l’époque.
* Lou Costello (du duo Abbott et Costello) fait ici l’une de ses premières apparitions à l’écran. C’est l’un des spectateurs tout près du ring.
* Roland Lacourbe le souligne dans son excellent livre sur Laurel et Hardy : « Contrairement à ce que le public a coutume de croire, les vraies batailles de tartes à la crème sont relativement rares dans l’histoire du cinéma. William K. Everson, qui s’est chargé de les compter, prétend qu’on les compte… sur les doigts d’une seule main!
– Behind the Screen (1916) de Chaplin
– The Battle of the Century (1927) de Laurel & Hardy
– The Keystone Hotel (1935) de Ralph Staub
– In the Sweet Pie and Pie (1941) avec les 3 Stooges
– The Great Race (1965) de Blake Edward. »
(Nota : cette liste n’est sans doute pas, ou plus, complète mais l’idée est là.)
(1) Le comique slapstick des années 10, popularisé notamment par la Keystone, reposait sur une avalanche de gags laissant peu de répit au spectateur. Hal Roach fera tout en revanche pour ralentir afin de laisser aux spectateurs le temps d’absorber les gags et cela deviendra une marque de fabrique pour Laurel & Hardy. Dans Battle of the Century, les protagonistes ne cherchent pas à s’enfuir où à riposter avant leur adversaire… Non, ils attendent avec résignation les projectiles. Le lanceur prend ainsi tout son temps pour viser (l’affiche ci-dessus illustre bien ce principe). Cette lenteur renforce le comique de la situation. Les américains, qui aiment bien mettre un nom sur tout, ont appelé cela la technique du slow burn (=combustion lente).
Pour se rendre à un rassemblement des Sons of the Desert à Chicago, Laurel et Hardy doivent user de gros stratagèmes pour mentir à leur femme… Cette histoire présente une bonne continuité dans son déroulement avec de bons gags et une peinture amusante des rapports hommes / femmes. Il y a une escalade bien dosée dans les situations périlleuses et des mensonges de plus en plus extravagants. A noter, le passage avec Charley Chase en joyeux drille, l’acteur comique jouant ici dans un style exubérant, donc très différent du sien. Malgré quelques petites longueurs dans les moments faibles, Sons of the Desert est à classer parmi les meilleurs films de Laurel et Hardy. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Laurel & Hardy avaient tourné une histoire très similaire en court-métrage muet, cinq ans auparavant : We faw down (1928) réalisé par Leo McCarey.
* Plus surprenant : Charley Chase avait tourné avec Mack Swain une histoire elle aussi très similaire en 1914 : Ambrose’s First Falsehood de Dell Henderson (Keystone).
Laurel et Hardy sont mariés. Pour aller faire une partie de poker en ville, ils doivent mentir à leurs femmes… We Faw Down (On a gaffé) n’est pas le plus original des courts métrages de Laurel & Hardy. L’histoire est très classique et son développement n’offre guère de surprise. Le plus amusant est sans doute la façon dont Laurel joue avec son visage. Sorti fin 1928, le film n’est pas totalement muet : un disque Vitaphone était joué pendant la projection pour assurer musique et bruitages. Il y a par exemple des effets de musique et le rire des acteurs est parfaitement synchronisé. Le film préfigure le futur Sons of the desert. Elle: – Lui :