25 février 2008

The Last Show (2006) de Robert Altman

Titre original : « A Prairie Home Companion »

The last ShowElle :
Nostalgie d’une époque… Pour son dernier film, Robert Altman explore avec virtuosité et tendresse les coulisses d’un show radiophonique émaillé de réclames à l’ancienne, de musique country, de chanteurs sur le retour et de blagues un peu lourdes. La mort y rôde sous les traits d’une belle jeune femme. La palette des sentiments humains et de l’Amérique profonde s’y dévoile en simplicité à travers des personnages hauts en couleur et attachants. Des scènes, parfois longues, se laisse hélas échapper une impression d’ennui.
Note : 3 étoiles

Lui :
Robert Altman était un grand amateur de radio et de country music, musique qui lui avait inspiré Nashville, l’un de ses films les plus aboutis. Pour son dernier film, c’est à une plongée nostalgique dans l’univers des émissions de radio de la grande époque. Il prend comme support une véritable émission hebdomadaire de 2 heures qui existe toujours à l’heure actuelle, A Prairie Home Companion, enregistrée en public dans le Midwest et diffusée par les public radios dans tous les Etats-Unis. C’est le véritable animateur de l’émission, Garrison Keillor, qui a écrit le scénario du film ; il y joue son propre rôle. Ceci explique en partie la grande authenticité qui se dégage du film, Altman ayant su parfaitement filmer cela avec tout son professionnalisme sans en altérer la fraîcheur. L’émission de radio est un petit monde où les personnes ont tissé des liens de connivence et d’amitié. Le problème principal de The Last Show réside dans son scénario : les discussions apparaissent assez futiles et le personnage de l’Ange de la Mort est parfaitement superfétatoire. L’intérêt s’émousse trop rapidement et il ne reste que l’aspect spectacle pour nous retenir.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Garrison Keillor, Meryl Streep, Lily Tomlin, Kevin Kline, Lindsay Lohan, Virginia Madsen, Woody Harrelson, Tommy Lee Jones
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Altman sur le site imdb.com.

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Voir le site internet de la véritable émission de radio : A Prairie Home Companion

17 février 2008

Babel (2006) de Alejandro González Iñárritu

BabelElle :
Dernier volet de la trilogie après Amours chiennes et 21 grammes, Babel est un très beau film, d’une grande force. Un simple coup de fusil accidentel tiré par un petit marocain tisse un lien très fort entre quatre histoires universelles, fortes de solitude et d’incommunicabilité au Mexique, aux Etats-Unis, au Maroc et à Tokyo. Le cinéma d’Iñárritu est planétaire. Il met en scène avec une grande beauté visuelle, humaine et émotionnelle des personnages au bord de la rupture tout en leur laissant une issue pour renaître et se retrouver. Le scénario est très bien équilibré et ne laisse jamais la sensation d’être manipulé par les effets faciles liés à l’émotion. On passe subtilement d’une histoire à l’autre et à aucun moment, on ne ressent l’artifice ou l’ennui. Iñárritu émaille son film de toute la palette des sentiments. On peut passer d’un seul coup de la plus grande douceur à la crudité la plus violente. Son cinéma ne peut laisser insensible ; on en ressort bouleversé. C’est en plus un incontestable maître de l’image, de la composition et de l’éclairage. Il filme les paysages et les villes avec une rare beauté qui touche profondément. Les plans d’un Tokyo uniformisé et déshumanisé sont absolument somptueux.
Note : 5 étoiles

Lui :
Babel du réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu nous dévoile quatre histoires, très éloignées géographiquement puisqu’elles se déroulent sur trois continents. C’est un incident tragique qui relie ces histoires entre elles. Babel nous plonge dans des fragments de vie qui révèlent beaucoup, dressant des portraits empreints d’une profonde humanité. Mis en scène sans esbroufe, Babel est un très beau film dont le titre reflète la hauteur de l’ambition du réalisateur : mettre toute l’humanité dans un film… Certes, le but est trop élevé pour être atteint mais c’est incontestablement une réussite.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 3,67 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Brad Pitt, Cate Blanchett, Adriana Barraza, Gael García Bernal, Rinko Kikuchi, Kôji Yakusho
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15 février 2008

Ne le dis à personne (2006) de Guillaume Canet

Ne le dis à personneElle :
(pas vu)

Lui :
Huit ans après que sa femme ait été assassinée par un tueur en série, Alex reçoit un email anonyme accompagné d’images prétendument prises en temps réel de sa femme dans une rue. Tel est globalement le point de départ de Ne le dis à Personne, adapté d’un roman d’Harlan Coben, une histoire qui nous intrigue vraiment et qu’il est bien difficile de percer à jour. A l’instar de son personnage principal, on ne comprend absolument pas la raison des évènements auxquels on assiste et il faut attendre les dix dernières minutes pour que la vérité se dévoile à nos yeux. Sachant parfaitement profiter de la richesse du scénario, Guillaume Canet réussit à trouver le bon équilibre, nous ficelant un thriller à la française qui ne cherche pas à singer les productions américaines : son film a une personnalité certaine, y compris dans les scènes d’action, privilégiant toujours les personnages qui sont assez nombreux mais très bien cernés. Ne le dis à Personne semble avoir été globalement mal reçu par la Critique, en tout cas pas aussi bien qu’il le méritait car, bien entendu, on peut toujours reprocher ici et là quelques petites maladresses. C’est un peu dommage car il sait prolonger, voire même renouveler, la tradition du bon polar à la française. Moi, je dis : bravo !
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: François Cluzet, Marie-Josée Croze, André Dussollier, Kristin Scott Thomas, François Berléand, Nathalie Baye, Jean Rochefort, Marina Hands
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11 février 2008

Azur et Asmar (2006) de Michel Ocelot

Azur et AsmarElle :
(pas vu)

Lui :
Azur et Asmar est un très beau film d’animation. Une fois encore, le plus remarquable est que, Michel Ocelot a beau cibler en tout premier les enfants (à partir de 3 ans), son film reste non seulement regardable mais même assez passionnant pour un adulte… C’est un joli conte, avec une fée à délivrer, des obstacles à franchir et des méchants qui nous veulent du mal, un conte qui parvient bien a restituer toute la magie d’un certain orientalisme teinté d’aventures. De plus, Azur et Asmar véhicule indéniablement un message de tolérance : la xénophobie est ridiculisée de façon vraiment amusante et le fond de l’histoire met en valeur l’amitié de deux jeunes garçons au delà des races et des frontières. On retrouve le très bon équilibre du premier Kirikou avec un dessin pur et stylisé et une animation, certes très simple, mais qui donne une impression de souplesse et d’élasticité. Une réussite.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: (voix) Cyril Mourali, Hiam Abbass, Patrick Timsit
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10 février 2008

Black Book (2006) de Paul Verhoeven

Titre original : « Zwartboek »

Black BookElle :
Ce film, qui met en avant les turpitudes de la guerre avec ses trahisons et bassesses, ne m’a pas procuré beaucoup d’émotion malgré la gravité du sujet. Son côté trop léché, trop romanesque, trop sulfureux, trop aventurier, trop thriller, trop spectaculaire m’a beaucoup gêné.
Note : 2 étoiles

Lui :
Paul Verhoeven a beau avoir quitté Hollywood pour rejoindre sa Hollande natale, il a gardé en grande partie son style et donc, quand il traite de l’action de la Résistance hollandaise en 1944, il le fait avec tous les ingrédients du cinéma de spectacle. Son Black Book fonctionne toutefois parfaitement bien, en premier lieu parce qu’il s’appuie sur un solide scénario, extrêmement riche à la manière d’un film d’espionnage, et aussi grâce à un rythme extrêmement soutenu, qui ne laisse pas beaucoup de temps de respirer, à la manière d’un film d’aventures à la Indiana Jones. En outre, Verhoeven peut aussi s’appuyer sur son actrice principale, Carine van Houten, qui montre beaucoup de tempérament pour camper une jeune fille fonceuse et prête à tout pour survivre. Il me paraît vain de chercher dans Black Book un quelconque message, c’est avant tout un spectacle mais, par sa facilité d’abord, c’est aussi une façon de garder à l’esprit cette période sombre de notre Histoire. En tout cas, c’est à mes yeux le meilleur film de Verhoeven.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Carice van Houten, Sebastian Koch, Thom Hoffman, Halina Reijn
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9 février 2008

Tideland (2005) de Terry Gilliam

TidelandElle :
(pas vu)

Lui :
Livrée à elle-même après la mort de ses parents par abus de drogues dures, une petite fille se réfugie dans un monde imaginaire. Telle est la trame globale de Tideland dans lequel Terry Gilliam crée une atmosphère cauchemardesque et assez terrifiante. Les rares moments de poésie sont noyés dans un océan morbide et hystérique. Tideland met très mal à l’aise, un film franchement éprouvant à regarder.
Note : 1 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Jodelle Ferland, Jeff Bridges, Janet McTeer, Brendan Fletcher
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5 février 2008

Le héros de la famille (2006) de Thierry Klifa

Le Héros de la familleElle :
Une comédie familiale bien conventionnelle et sans grande surprise qui ne laissera pas de traces malgré une belle pléiade d’acteurs. Une histoire d’héritage autour d’un vieux cabaret attribué aux enfants plutôt qu’aux parents donne lieu à quantité de trahisons, rébellions, règlements de compte. Cependant, le scénario reste bien téléphoné et inintéressant malgré le désir du réalisateur de nous attendrir sur une certaine époque.
Note : 2 étoiles

Lui :
Malgré la présence de plusieurs acteurs de premier plan, Le Héros de la Famille ne parvient pas vraiment à nous intéresser. Comme c’est souvent le cas, l’effet est même plutôt inverse : un trop grand nombre d’acteurs connus dans un film donne une impression d’irréalité et on s’intéresse plus aux acteurs qu’aux personnages eux-mêmes. Pour ne rien arranger, l’histoire n’est guère palpitante et, assez rapidement, on se surprend à avoir de petits moments d’absence. Le Héros de la Famille est un film qui mise tout sur l’apparence, un peu racoleur donc, et qui ne nous apporte rien de bien nouveau… Ah si : Géraldine Pailhas chante très bien, une voix très pure.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Gérard Lanvin, Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Miou-Miou, Michaël Cohen, Géraldine Pailhas, Claude Brasseur, Valérie Lemercier
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3 février 2008

Marock (2005) de Laïla Marrakchi

MarockElle :
Malgré un essoufflement dans le scénario, le premier film de cette jeune réalisatrice marocaine a le mérite de porter un regard inattendu sur le Maroc. Loin des bidonvilles, elle nous plonge de manière assez crue au cœur de la jeunesse dorée de Casablanca qui rêve de plaisirs immédiats (argent, sexe, drogue, musique, vitesse). Ces jeunes de 20 ans ne se posent pas trop de questions sur leur avenir. En parallèle, face à cette grande libéralisation des mœurs, on voit monter l’intégrisme religieux au sein d’une de ces familles bourgeoises. On sent également la grande fracture qui existe en juifs et musulmans. Le Maroc traditionnel des gens défavorisés n’est perçu qu’au travers des domestiques, chauffeurs et jardiniers.
Note : 3 étoiles

Lui :
Marock est un premier film qui a le mérite d’être très original et de nous présenter un visage peu habituel du Maroc. Laïla Marrakchi a choisi de nous montrer l’univers d’une certaine jeunesse dorée de Casablanca dont les principales préoccupations sont les soirées autour de la piscine de papa, les beuveries, les courses de voiture, le flirt avec le voisin ou la voisine, le tout dans un esprit de liberté de mœurs assez prononcé. Maintenant, on peut considérer cette vision soit comme une manifestation de l’émancipation réelle du Maroc, soit comme une preuve d’éloignement de la bourgeoisie aisée de la réalité… Toujours est-il que Marock est franchement inhabituel pour un film marocain et c’est plutôt une bonne chose. Il est dommage que l’ensemble apparaisse si superficiel : l’histoire en elle-même est à l’image de ces jeunes gens… guère passionnante.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Morjana Alaoui, Matthieu Boujenah, Razika Simozrag, Assaad Bouab
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29 janvier 2008

Le diable s’habille en Prada (2006) de David Frankel

Titre original : « The devil wears Prada »

Le diable s’habille en PradaElle :
Une comédie à voir lorsqu’on n’a pas envie de se fatiguer. Le milieu de la mode, la superficialité, l’amour des fringues, de l’argent et de la célébrité, l’espoir de monter toujours plus haut, un univers impitoyable jonché d’embûches et de perfidie et une femme de tête tyrannique qui terrorise son personnel, tels sont les ingrédients de cette satire conventionnelle. Rien de plus. Il faut cependant souligner l’amusante composition de patronne oppressive et autoritaire par Meryl Streep .
Note : 2 étoiles

Lui :
Le diable s’habille en Prada est une comédie qui surfe sur l’attrait de la mode et de la célébrité. Le personnage principal est la jeune assistante de la dirigeante méprisante et tyrannique d’un magazine de mode. L’ensemble est bon enfant mais s’essouffle assez rapidement et tourne ensuite en rond alors que notre intérêt s’est déjà émoussé, la fin étant particulièrement prévisible. Tout cela est très américain. Le film est adapté d’un best-seller de Lauren Weisberger qui s’est inspirée de sa propre vie (elle a été l’assistante d’Anna Wintour, la rédactrice en chef de Vogue).
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt, Stanley Tucci
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28 janvier 2008

Les lumières du faubourg (2006) de Aki Kaurismäki

Titre original : « Laitakaupungin valot »

Les Lumières du faubourgElle :
Dernier volet de la trilogie débutée avec Au loin s’en vont les nuages qui évoquait le chômage et L’homme sans passé qui abordait la perte d’identité et l’errance, Les Lumières du faubourg est un film sombre sur la solitude et l’incommunicabilité d’un gardien de nuit face à la dureté de la société. Kaurismäki est ici un véritable artiste du cadrage, de la composition, de la couleur, de l’éclairage. Chaque plan est une petite œuvre d’art. Le rouge et le vert sont en toile de fond de décors presque théâtraux face aux lumières d’une ville froide et indifférente. C’est très beau et émouvant. Il en ressort un grand dépouillement à l’image de cet homme solitaire qui ne parvient pas à aimer et se faire aimer. Les dialogues sont réduits au strict nécessaire au profit de superbes musiques de tango.
Note : 4 étoiles

Lui :
Les Lumières du Faubourg est le troisième volet d’un triptyque de Kaurismäki qui a déjà traité de la perte d’emploi et de la perte d’identité. Cette fois, le cinéaste finlandais aborde la solitude avec une histoire qui flirte avec le film noir mais qui va bien au-delà. Son personnage principal est l’archétype de l’anti-héros, un homme renfermé, passif et atone, qui va se laisser mener en bateau par une jolie femme. Contrastant avec la noirceur de l’histoire, mais faisant tout de même corps avec elle, les images sont merveilleusement graphiques ; chaque plan est travaillé avec notamment une superbe utilisation des couleurs par équilibre de grandes masses, dans un style global qui peut évoquer la bande dessinée. Cette forme propulse le film en lui donnant une très forte personnalité.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Janne Hyytiäinen, Maria Järvenhelmi, Maria Heiskanen
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