1 juin 2005

« Uzak » (2002) de Nuri Bilge Ceylan

UzakElle :
Ce film turc n’est pas franchement gai mais il est remarquable pour son étrangeté et originalité. Il met en scène une cohabitation difficile entre un photographe divorcé qui reçoit son cousin de la campagne à la recherche d’un travail. Ces deux hommes sont englués dans leurs destins tout comme la petite souris qui se fait prendre dans une bande adhésive. L’un est divorcé et l’autre ne trouve pas de femme. Le réalisateur filme avec talent ces deux solitudes qui semblent plus subir leur condition que la prendre en main. La télévision omniprésente peuple les soirées de ces hommes qui parlent peu. Les sons de la ville, de la campagne, les bruits étranges comblent ce grand vide. Ceylan soigne également ses compositions et affectionne les premiers plans sur des fonds très flous. Il montre surtout la grande détresse morale et affective de la Turquie occidentalisée en proie aux problèmes sociaux.
Note : 4 étoiles

Lui :
Un photographe, totalement désillusionné sentimentalement et professionnellement, accueille son jeune cousin venu chercher du travail à Istanbul. C’est bien sûr l’occasion pour Nuri Bilge Ceylan de mettre en avant une certaine opposition entre la mentalité urbaine et rurale. Il le fait en soignant ses images, particulièrement au niveau des cadrages, avec de longs plans qui amplifient cette impression de vacuité et de solitude qui se dégage des personnages. On peut juste regretter qu’il semble se contenter de les observer, de ne mettre l’accent que sur les occasions manquées, sans approfondir un peu plus leur personnalité.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Muzaffer Özdemir, Mehmet Emin Toprak
Voir la fiche complète du film et la filmographie de Nuri Bilge Ceylan

31 mai 2005

Phone Game (2002) de Joel Schumacher

Titre original : Phone Booth

Phone gameElle :
Je ne vais pas m’étendre sur ce film puisque j’ai abandonné rapidement la projection : Cette histoire de téléphone ne m’attirait guère !
Note : pas d'étoiles

Lui :
A priori, avec Phone Game, on pourrait penser que l’on va voir un thriller ultra classique (et je dois bien avouer ne pas être un grand fan des films de Joel Schumacher…), et pourtant il s’agit là d’un film extrêmement original. Point d’effets spectaculaires, de meurtres ou d’explosions photogéniques, non… seulement du scénario et du bon : un suspense d’1h15 dans une cabine téléphonique (!), basé sur une idée de départ simple et développée très efficacement pour vous tenir en haleine jusqu’à la fin. Ce genre de scénario fait penser à Hitchcock et je n’ai pas été surpris de lire que le scénario lui avait été proposé dans les années 70. La réalisation est des plus simples (Phone Game aurait été tourné en 10 jours) et mis à part Forest Whittaker, point d’acteurs très connus. Du scénario pur… Ah quel plaisir !
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Colin Farrell, Radha Mitchell, Forest Whitaker, Katie Holmes
Voir la fiche du film et la filmographie de Joel Schumacher sur le site IMDB.

30 mai 2005

La Femme est l’avenir de l’homme (2004) de Hong Sangsoo

Titre original : « Yeojaneun namjaui miraeda »

La Femme est l’avenir de l’homme Elle :
Cette vision désenchantée de la jeunesse coréenne met en scène deux jeunes intellectuels désoeuvrés qui se raccrochent aux souvenirs d’une jeune femme. C’est une vision assez sombre de la jeunesse. Les années ont passé, les corps se sont alourdis, les rêves se sont enfuis. Restent le sexe mécaniquement consommé et l’alcool. Ils vivent au présent et sans projet d’avenir. Le réalisateur imbrique les allers et retours dans le temps et crée une atmosphère un peu pesante. On assiste avec un peu d’ennui à la décomposition des relations entre les membres de ce trio. No future.
Note : 3 étoiles

Lui :
La femme est l’avenir de l’homme : Deux amis se retrouvent et vont rendre visite à une jeune femme dont ils étaient tous deux amoureux. Ce scénario, Hong Sangsoo choisit de le traiter uniquement sous l’angle du rendez-vous manqué : ces deux garçons semblent avoir raté leur vie qui est devenue parfaitement vide et sans intérêt malgré les apparences (ils font tous deux un travail plutôt intéressant à priori). Le film ne regarde que vers le passé, on vivote dans le présent et l’avenir n’est pas à l’ordre du jour. Le problème est que cette vacuité, ce désenchantement se ressent un peu trop en tant que spectateur, il n’y a franchement pas d’élément auquel se raccrocher. Le seul personnage un tant soit peu positif (la jeune femme) est en fait peu développé.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Yu Ji-tae, Tae-woo Kim, Hyeon-a Seong
Voir la fiche complète du film et la filmographie de Hong Sang-soo

28 mai 2005

Le divorce (2003) de James Ivory

Le divorce Elle :
Film artificiel et bourré de clichés sur la France, ses habitants et leurs moeurs. Une jeune américaine va à Paris pour rendre visite à sa sœur (Naomi Watts) qui vient de se faire plaquer par son mari. Il ne se passe rien ; on se retrouve entre « gens du beau monde » qui n’ont rien à dire. James Ivory est certainement plus fasciné par ses actrices que par son scénario.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Le Divorce est une comédie parfaitement futile et molle, il est vraiment étonnant qu’un tel film soit signé James Ivory. Le choc des cultures se réduit à une interminable série de clichés sur les français et les américains, et surtout le scénario manque totalement d’intérêt. Ce ratage est d’autant plus dommage que la distribution était excellente avec bon nombre d’acteurs intéressants dans les seconds rôles.
Note : 1 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kate Hudson, Naomi Watts, Thierry Lhermitte, Glenn Close, Leslie Caron, Sam Waterston
Voir la fiche du film et la filmographie de James Ivory sur le site IMDB.

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27 mai 2005

« Osama » (2003) de Siddiq Barmak

OsamaElle :
Ce premier film afghan sur le régime des Talibans est à la fois poignant et lumineux grâce à la petite Osama, cette jeune adolescente qui doit se faire passer pour un garçon pour subvenir aux besoins de sa famille. Ce film fait avec peu de moyens parvient à restituer les sentiments de terreur qu’éprouvent les femmes afghanes. Humiliation, emprisonnement, lapidation, pas de droit à l’éducation et au travail. Elles sont condamnées à vivre emprisonnées dans leur statut de femme sans aucun espoir d’en sortir. Le réalisateur montre également la répression et le machisme des hommes, leurs rites mécaniques, la formation des futurs talibans dans les écoles coraniques. Les images sont belles et émouvantes. Pas un mot de trop… reste surtout le regard bouleversant d’Osama qui appelle au secours.
Note : 5 étoiles

Lui :
C’est un film témoignage, qui nous dresse un portrait assez terrifiant de la position des femmes en Afghanistan sous le régime des Talibans. Siddiq Barmak sait montrer simplement les choses sans chercher à faire des images-choc, sans en rajouter sur côté émotionnel. Ce n’est pas un documentaire puisque le scénario nous fait suivre le trajet de la petite Osama qui doit se travestir en garçon pour tenter de faire vivre sa famille. Fort bien réalisé, c’est un film à la fois poignant et révoltant.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Marina Golbahari
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24 mai 2005

Lost in Translation (2003) de Sofia Coppola

Lost in TranslationElle :
Un quadragénaire esseulé et une jeune femme délaissée par un mari branché se rencontrent dans un grand hôtel aseptisé de Tokyo. Avec Lost in Translation, Sofia Coppola a choisi de décrire la solitude, la perte des repères, la remise en cause de l’existence et de l’identité qui les étreint dans ce Japon moderne, bruyant et déshumanisé. Elle a le mérite d’aller contre les clichés habituels du coup de foudre charnel et préfère mettre en avant l’attirance, le désir esquissé, l’amitié, le soutien moral qui les réunit pendant quelques jours. Elle aime ses personnages et les filme avec beaucoup de douceur et d’émotion. Elle capte des regards qui en disent long et préfère nous laisser imaginer le sens de cette curieuse relation. Elle parsème également Lost in Translation de petites touches d’humour sur les mœurs de la société japonaise contemporaine. Bill Murray excelle pour exprimer l’air désabusé et la chaleur humaine qui se dégage de cet acteur sur le déclin. Scarlett Johansson utilise davantage le registre du regard et du sourire. Les belles images colorées sont accompagnées d’une musique étrange et décalée qui accentue cet effet de dissonance avec le monde qui les entoure.
Note : 5 étoiles

LostintranslationLui :
Plongés dans un environnement qui leur est étranger et impénétrable (Tokyo), deux êtres vont se rapprocher pour tromper leur solitude et une sorte de connivence va se créer entre eux. Sofia Coppola filme cette histoire avec beaucoup de douceur et de délicatesse. Le film n’apporte pas d’éléments qui nous permettraient de qualifier cette relation tout en demi-teintes, qui semble osciller entre deux pôles : amitié… amour ? Lost in Translation est un beau film de Sofia Coppola, on peut juste lui reprocher d’avoir un peu trop typé (par humour) certains personnages secondaires. Belle interprétation de Bill Murray et de Scarlett Johansson.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Bill Murray, Scarlett Johansson
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22 mai 2005

« Eureka » (2000) de Shinji Aoyama

EurekaElle :
Cette longue errance de 3h 30 nous entraîne aux côtés de trois survivants d’une prise d’otage sanglante dans un bus. Un frère et sa jeune sœur sont pris sous la protection du chauffeur de ce bus. Cet évènement dramatique marque à jamais leur existence sous le sceau de la malédiction. Les enfants devenus autistes et le chauffeur malade et dépressif ne parviennent pas à sortir de leur traumatisme. Le réalisateur travaille beaucoup ses images et l’environnement sonore pour provoquer l’émotion. Il utilise des palettes noir et banc, sépia avec de subtils passages à la couleur quand l’espoir renaît. Les panoramiques offrent de beaux cadrages et éclairages. Les paysages encombrés de pylônes, de poteaux, de verticales accentuent l’effet d’emprisonnement. Les dialogues peu nombreux, le son ambiant ponctué parfois de musique répétitive contribuent à restituer cette ambiance de désolation et de solitude. Ce voyage intérieur immobile au début puis itinérant ensuite mérite le détour malgré quelques petites longueurs.
Note : 4 étoiles

Lui :
EurekaC’est le récit d’une lente reconstruction de trois personnages qui ont subi un véritable cataclysme dans leur vie, le genre de catastrophe qui balaie tout sur son passage et bouleverse à jamais la personnalité. Shinji Aoyama adopte un rythme très lent à l’image des évolutions de ses personnages. Jouant habilement avec le noir et blanc (ou sépia) et avec des images très composées, il parvient à traduire par une beauté assez crue le dénuement intérieur de ses personnages et une grande mélancolie. Même si le propos est au fond assez sombre (tendant à démontrer que l’on recommence avec les mêmes schémas), il n’est jamais franchement négatif ou désespéré. Un très beau film.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kôji Yakusho, Aoi Miyazaki, Masaru Miyazaki, Yoichiro Saito
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20 mai 2005

Le Convoyeur (2004) de Nicolas Boukhrief

Le ConvoyeurElle :
Peu de choses à dire sur ce thriller français assez glauque si ce n’est que je n’ai pas accroché. Une société de convoyage de fonds, une équipe de convoyeurs sous-payés avec de forts penchants pour la drogue ou l’alcool et parmi eux, un nouveau venu incarné par Albert Dupontel dont on ne sait presque rien si ce n’est qu’il est solitaire et épileptique. Le ressort du film se concentre sur cet homme énigmatique dont on découvrira trop lentement les différentes facettes. L’atmosphère cauchemardesque et les quelques scènes d’action ne suffisent pas à relancer l’intérêt. Les personnages ne sont pas très attachants et trop de temps morts ponctuent l’histoire.
Note : 2 étoiles

Lui :
Après un début un peu étonnant avec des faux airs de documentaire sur le dur métier de convoyeur de fonds, Nicolas Boukhrief parvient à créer une certaine atmosphère dans ce film, une atmosphère assez épaisse et mystérieuse car on se demande qui est vraiment le personnage principal, interprété par un taciturne et hermétique Albert Dupontel. Même après avoir eu l’explication à mi-film, ses motivations restent en partie mystérieuses et ne se dévoilent jamais totalement. Tout le film repose sur lui, sur les interrogatioons que l’on peut avoir à son sujet et cela fonctionne plutôt bien. Assez cru dans ses scènes d’action, c’est toutefois un assez bon polar français, servi par un excellent scénario.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Albert Dupontel, Jean Dujardin, François Berléand
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18 mai 2005

Pollock (2000) d’Ed Harris

PollockElle :
Ed Harris passe pour la première fois à la réalisation et incarne Jackson Pollock, le célèbre peintre américain, inventeur du « dripping » qui consiste à jeter de la peinture sur une toile posée au sol. Pour un premier film, c’est plutôt réussi et intéressant. Ed Harris ne cherche pas à faire passer de message sur le renouveau de l’art abstrait. Il retrace avec sincérité la vie d’un artiste rongé par l’alcool qui exprime de l’intérieur son mal-être sur une toile. Il connaît la misère dans les années 40 puis c’est sa femme Lee Krasner qui le soutient et l’introduit dans les grandes expositions. On croise Pegyy Guggenheim, les marchands d’art, De Kooning et d’autres peintres du moment. Ce parcours chaotique se terminera par la mort dans un accident de voiture en 1956. La mise en scène est de qualité et la personnalité de ce grand créateur écorché par la vie provoque l’émotion.
Note : 4 étoiles

Pollock2Lui :
Ce qui est remarquable dans ce film, c’est la façon dont Ed Harris a réussi à éviter tous les écueils du film à tendance misérabiliste (le genre « création douloureuse et drame de l’alcool ») pour se concentrer sur le fait de redonner vie à une grande figure de la peinture américaine moderne. A la fois devant et derrière la caméra, Ed Harris est étonnamment crédible dans son interprétation de Jackson Pollock, presque une identification tant la passion transparaît. S’il ne joue pas avec nos sentiments, il parvient à faire passer beaucoup d’émotion et aussi une bonne dose de fascination, fascination pour le personnage mais avant tout pour le cheminement qu’a suivi son processus créatif. Les scènes où on le voit peindre dans atelier sont d’ailleurs passionnantes. Une belle réussite.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ed Harris, Marcia Gay Harden
Voir la fiche du film et la filmographie de Ed Harris sur le site IMDB.

17 mai 2005

Simone (2002) d’ Andrew Niccol

Titre original : « S1m0ne »

SimoneElle :
Comédie américaine convenue et interminable dont le sujet est assez bateau. Je craque avant la fin. Al Pacino (qu’est-il allé faire dans cette galère?) incarne un producteur de film qui utilise une créature virtuelle (évidemment superbe pour retenir un peu notre attention) afin de remplacer une actrice qui le plaque. Bien évidemment, tout le monde veut voir cette actrice invisible. On devine tout ce qui va se passer et ce n’est même pas amusant. Andrew Niccol avait fait mieux avec le film Gattaca.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Scénariste de Truman Show, Andrew Niccol reste dans le virtuel avec ce scénario où un réalisateur au bout du rouleau va utiliser une invention révolutionnaire : une actrice parfaite, créée sur ordinateur, dont le succès va bien entendu finir par lui poser quelques problèmes. Le regard porté sur le monde du cinéma est assez mordant, les média en général ne sont guère épargnés non plus, mais c’est surtout grâce à son humour que ce film est assez réussi : on rit franchement et certaines scènes sont assez jubilatoires. Par contre, la réalisation est un peu brouillonne et, sur ce plan, Simone ne peut être comparé à Truman Show. Ce film n’en reste pas moins une bonne comédie, assez originale. Pour l’anecdote : Andrew Niccol a lui aussi succombé au charme de sa création puisqu’il a épousé Rachel Roberts à la fin du tournage…
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Al Pacino, Rachel Roberts, Catherine Keener
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