25 octobre 2005

Bon voyage (2003) de Jean-Paul Rappeneau

Bon voyage Elle :
On sent que Jean-Paul Rappeneau a vécu cette entrée des allemands dans Paris car la reconstitution de ces évènements troubles est pleine d’authenticité. C’est la pagaille partout, l’exode des juifs vers l’Angleterre et des parisiens vers Bordeaux. On ne peut faire confiance à personne, les espions allemands infiltrent toutes les couches de la société et le gouvernement au pouvoir veut pactiser avec l’ennemi. La mise en scène est d’une grande virtuosité ; le rythme du film est haletant grâce à la musique et au scénario qui regorge d’actions en tout genre. On n’a pas un instant de répit. Les personnages ont de l’épaisseur et les acteurs (Grégori Derangère, Depardieu, Adjani, Attal, Ledoyen) s’y donnent à coeur joie. Dans un contexte aussi grave, Rappeneau réussit le tour de force de mêler les évènements historiques au romanesque ce qui fait qu’on ne perd pas une miette du film.
Note : 5 étoiles

Lui :
Bon Voyage est un film très riche et particulièrement bien composé, que ce soit sur le plan du scénario avec un ensemble de personnages très différents qui jouent chacun un rôle important, ou sur le plan de la mise en scène, à la fois étonnante et époustouflante. De plus, Rappeneau se paie le luxe d’offrir un aspect historique assez important en ce début de guerre. Le romanesque et l’historique se mêlent harmonieusement. Le rythme est très souvent effréné, sans être jamais pénible, un ensemble quasi parfait qui ne laisse jamais de répit au spectateur.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Virginie Ledoyen, Yvan Attal, Grégori Derangère, Aurore Clément
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Paul Rappeneau sur le site IMDB.

23 octobre 2005

Mondovino (2004) de Jonathan Nossiter

MondovinoElle :
Une bonne surprise pour ce film documentaire qui a le mérite de ne pas laisser indifférent face aux problèmes du monde du vin et face à la mondialisation rampante. Images sans fard, interviews laissant place à l’improvisation, ralentis, accélérés, zooms hilarants et satiriques sur des acteurs de second plan comme les chiens des gens visités ou les employés des domaines. C’est avec une caméra un peu cahotante et donc bourrée d’humour que Jonathan Nossiter confronte les points de vue opposés des partisans de la mondialisation du goût et des vignerons défenseurs d’une histoire, d’une tradition viticole.

Mondovino cherche à mettre en évidence la volonté des Mondavi, Michel Rolland et Robert Parker d’imposer des vins formatés, au goût boisé pour plaire au plus grand nombre. Il s’attache à montrer que la distribution du vin est contrôlée par des multinationales qui tente d’imposer leur emprise sur toute la planète pour gagner le plus d’argent possible. Le réalisateur n’est pas neutre et prend le parti de dénoncer cette mondialisation d’où certainement un montage un peu manichéen notamment vis-à-vis de l’œnologue Michel Rolland. Mais, il a le mérite de faire réfléchir sur les conséquences perverses de cette globalisation qui enrichit les grands trusts et nivelle les différences d’identité, de culture et de terroir sans que les peuples puissent vivre décemment du fruit de leur labeur.
Note : 4 étoiles

Mondovino Lui :
Mondovino a fait l’effet d’une véritable bombe dans le monde du vin (professionnel et amateur). Ce n’est pas à franchement parler un film documentaire, Mondovino est un film porteur d’idées et d’interrogations au sujet des risques d’uniformisation des vins (plutôt à un haut niveau, d’ailleurs, puisque le prix des vins dont il est question se situe entre 30 et 200 euros). Jonathan Nossiter fait passer ses idées, non sans parti pris et on peut lui reprocher une certaine simplification, dans le but d’offrir une vision assez manichéenne, style David contre Goliath. En ce sens, Mondovino fait penser aux films de Michael Moore. Le tour de force de Nossiter est qu’il parvient à mettre ses interlocuteurs tellement en confiance qu’ils finissent par lâcher des paroles caricaturales. Certaines scènes sont surréalistes.

Sur la forme, Nossiter montre un style certain. Il s’attarde sur des détails de chaque scène, les chiens, un robot nettoyeur de piscine. Il y a beaucoup d’humour dans Mondovino. Les mouvements de caméra sont vifs et souvent brutaux, le style surprend au départ (surtout que je suis assez allergique à la caméra à l’épaule…) mais Nossiter parvient tout de même à un résultat tout en douceur.

A noter, que quelques mois après la sortie de Mondovino, la Mondavi Corporation a été absorbée par une société encore plus grosse qu’elle… la famille Mondavi ayant du se plier à la volonté de ses propres actionnaires. Brrrr…
Note : 4 étoiles

Voir une analyse plus « vinesque » de Mondovino sur le site Château Loisel.
Voir aussi une intéressante analyse cinématographique sur le site romanduvin.ch
Voir la fiche du film et la filmographie de Jonathan Nossiter sur le site imdb.com.

Mondovino la sérieUn coffret de 4 DVD est sorti fin 2006 : Mondovino, la série.

Il s’agit d’un montage différent des nombreuses heures que Jonathan Nossiter a tournées en vidéo pour en faire 10 documentaires de 55 minutes.

Lire la présentation de Mondovino, la série sur le site Château Loisel.

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21 octobre 2005

Il est plus facile pour un chameau… (2003) de Valeria Bruni Tedeschi

Il est plus facile pour un chameauElle :
Je ne comprends pas bien l’engouement des critiques sur ce film. Est-ce la fascination que Carla Bruni, chanteuse et ancien mannequin, exerce sur les médias et les foules ? En tout cas, sa soeur, Valéria, actrice et réalisatrice nous raconte ses tourments et sa difficulté à donner un sens à sa vie au sein de la cellule familiale. Issue d’une grande famille richissime italienne qui a émigré en France pour échapper aux menaces terroristes, elle a un compte en banque bien garni. Les malheurs de Valéria me touchent peu et virent vite à l’ennuyeux, au ridicule, presque à l’indécence.
Note : 2 étoiles

Lui :
J’ai bien tenté pendant quarante minutes de m’intéresser à cette histoire autobiographique des filles Bruni qui sont malheureuses comme la pierre… J’ai fini par craquer.
Note : pas d'étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 1,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Valeria Bruni Tedeschi, Chiara Mastroianni, Jean-Hughes Anglade, Denis Podalydès
Voir la fiche du film et la filmographie de Valeria Bruni Tedeschi sur le site IMDB.

Voir les autres films de Valeria Bruni Tedeschi chroniqués sur ce blog..

19 octobre 2005

Mais qui a tué Pamela Rose? (2003) de Eric Lartigau

Pamela RoseLui :
Cette adaptation au grand écran de sketches de Kad et Olivier (originellement sur la chaîne Comédie) n’est pas si catastrophique… Toutefois, alors qu’au départ il ne s’agissait que d’une série de variations de situations absurdes autour d’un mystère à la Twin Peaks, le film met en scène une vraie enquête et c’est un peu cela qui lui enlève sa spécificité : le côté policier prend trop de place et l’absurde n’est plus très présent. Qui a tué Pamela Rose? comporte quelques bons moments tout de même.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kad Merad, Olivier Barroux
Voir la fiche du film et la filmographie de Eric Lartigau sur le site IMDB.

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18 octobre 2005

Ararat (2002) d’ Atom Egoyan

AraratElle :
Ararat est un film témoignage centré autour du génocide arménien toujours non reconnu par la Turquie. C’est à partir de faits historiques et de personnages réels, tels le peintre Gorky et le réalisateur Saroyan interprété par Charles Aznavour, qu’Egoyan rend hommage aux souffrances endurées par son peuple. C’est à partir d’une vieille photo prise avec sa mère que le fils tente de mettre en peinture que différents destins se croisent et s’entremêlent tels ceux de cette spécialiste de Gorki et de son fils dont le père fut terroriste arménien. Tous ont le cœur brisé par ce passé et tentent de reconstruire leur vie en défrichant l’histoire dans la plus grande sobriété. L’ensemble est évidemment émouvant bien que parfois déroutant.
Note : 4 étoiles

Lui :
On pouvait se douter qu’Atom Egoyan n’allait pas parler du génocide arménien en faisant un film historique classique. Non, il le fait en entremêlant plusieurs histoires, à des époques différentes. Si le début paraît un peu décousu, les morceaux se mettent en place et on ne se désintéresse d’aucune de ces histoires dans l’histoire. Et il y a toujours chez Egoyan cette grande fluidité qui semble nous traverser, cette façon d’être si près de ses personnages pour mieux nous raconter leur histoire. Au final, Ararat est un film assez fort et qui nous donne une meilleure connaissance de cette période mal connue.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Charles Aznavour, David Alpay, Eric Bogosian
Voir la fiche du film et la filmographie de Atom Egoyan sur le site IMDB.

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17 octobre 2005

Pour un garçon (2002) de Chris Weitz et Paul Weitz

Titre original : « About a boy »

Pour un garçon Elle :
Adaptée du roman de Nick Hornby, cette comédie douce amère à l’humour très british a pour vedette Hugh Grant, un peu trop abonné aux rôles de séducteur. Ce n’est pas le chef-d’œuvre mais dans l’ensemble c’est amusant et bon enfant même si certains dialogues sont décapants. Will, un coureur de jupons oisif dont la vie est vide de sens, finit par se lier à un enfant perturbé par sa mère hippie et dépressive. Tout ce petit monde se croise, se rencontre, se heurte ou sympathise. Les portraits de ces mères célibataires sont assez hilarants. Vies déboussolées, mal de vivre, quête de sens et de repères, manque d’amour tels sont les thèmes abordés.
Note : 3 étoiles

Lui :
C’est gentil, Hugh Grant est charmant (même quand il joue au cynique, il est charmant), on sourit aux bons mots et aux petits quiproquos, bref c’est une charmante « comédie sentimentale » (avec Hugh Grant qui est charmant…) L’ensemble est réussi, car bien que les personnages soient très typés, ils restent crédibles… et on sourit, et il y a Hugh Grant…, qui est charmant, etc…
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 2,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Hugh Grant (qui est charmant), Rachel Weisz, Toni Collette
Voir la fiche du film et la filmographie de Chris Weitz et celle de Paul Weitz sur le site imdb.com.

16 octobre 2005

Le Pianiste (2002) de Roman Polanski

Titre anglais : « The Pianist »

Le PianisteElle :
J’avais déjà été bouleversée à la lecture du récit autobiographique de Wladyslaw Szpilman, pianiste survivant du ghetto de Varsovie dont on partageait les pensées et les souffrances pendant cette traque de plusieurs années avant d’être libéré. L’adaptation de Polanski est admirable de par son dépouillement, sa sobriété et son authenticité. Il est impossible de ne pas être révolté par cette barbarie nazie contre les juifs. Cette plongée historique dans le ghetto est saisissante et remplit d’effroi. Adrian Brody est très convaincant dans le rôle du pianiste. Polanski reste fidèle à l’esprit du livre et choisit de faire une mise en scène classique pour ne pas amoindrir la portée d’un témoignage si douloureux. Le parcours incroyable de ce survivant est tout simplement pathétique tout comme la musique de ce nocturne de Chopin surgi des ruines de Varsovie. Wladyslaw Szpilman est mort en 2000 à l’âge de 88 ans.
Note : 5 étoiles

Lui :
Le Pianiste constitue un témoignage poignant et bouleversant sur le sort des juifs du ghetto de Varsovie, en retraçant le parcours véridique de ce pianiste, luttant pour sa survie pendant les 5 années de guerre. Polanski parvient à bien recréer et nous faire ressentir les sentiments de ces hommes face au sort totalement arbitraire, ainsi que l’extrême cruauté et l’absence d’humanité de leurs geôliers, même si ce n’est sans doute pas le meilleur film sur la vie du ghetto de Varsovie. La seconde partie du film paraît plus vide, à l’image de la vie de cet homme terré, qui parviendra à traverser d’extrême justesse cette période noire.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Adrien Brody, Thomas Kretschmann, Frank Finlay, Maureen Lipman
Voir la fiche du film et la filmographie de Roman Polanski sur le site IMDB.

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14 octobre 2005

Equilibrium (2002) de Kurt Wimmer

EquilibriumElle :
Ce n’est vraiment pas un film pour moi : un clone de Matrix de plus qui ne fait pas dans la dentelle. Ils ont tous des tronches d’enterrement… J’abandonne. Note : pas d'étoiles

Lui :
La base du scénario est tout à fait dans la lignée des meilleures anticipations: une substance chimique, qui permet d’éliminer toutes les émotions, et donc de supprimer les guerres, est imposée par un régime totalitaire et brutal. Fait avec visiblement assez peu de moyens, le résultat est vraiment assez convaincant. En revanche, les scènes « d’action » sont un peu pénibles, ça bastonne dans le plus pur style jeu vidéo: seul contre 30, ce n’est pas un problème pour le héros et ces scènes un peu racoleuses gâchent l’ensemble en lui donnant un aspect anecdotique qu’il ne mérite pas.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Christian Bale, Taye Diggs, Emily Watson
Voir la fiche du film et la filmographie de Kurt Wimmer sur le site IMDB

13 octobre 2005

Le dernier château (2001) de Rod Lurie

Titre original : « The Last Castle »

Last castleElle :
On se demande quelles raisons ont bien pu motiver Robert Redford dans ce film militariste à la gloire du drapeau américain. Un château prison pour des militaires prisonniers dont un général (Robert Redford) qui parvient à gagner le respect de ces hommes et à organiser une mutinerie contre le vilain directeur pervers de la prison. C’est assez invraisemblable et indigeste. Espérons retrouver bientôt Robert Redford dans des choses plus intéressantes.
Note : 2 étoiles

Lui :
Le scénario est assez original et fonctionne plutôt bien, tout en étant basé sur des mécanismes très classiques empruntés au film de guerre (David contre Goliath, humanisme et patriotisme, etc…). Si Redford est plutôt convaincant dans son rôle de grand stratège, le film est tout de même émaillé de bon nombre d’invraisemblances et appuie un peu trop lourdement sur la pédale « patriotisme américain »…
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Robert Redford, Mark Ruffalo, James Gandolfini
Voir la fiche du film et la filmographie de Rod Lurie sur le site IMDB.

12 octobre 2005

Filles uniques (2003) de Pierre Jolivet

Filles_uniquesElle :
Enfin une bonne comédie française grâce au talent de Sandrine Kiberlain et Sylvie Testud, et aussi aux dialogues croustillants de Pierre Jolivet. Du bon humour au ton léger et des personnages qui ont de l’épaisseur et auxquels on croit grâce aux détails qui caractérisent ces deux filles uniques. Histoire d’une amitié entre une juge rigide (Sandrine Kiberlain) et une loubarde de banlieue (Sylvie Testud). C’est la confrontation de deux univers différents qui déteignent sur les deux jeunes femmes. Sans être un grand film, c’est tendre, sympathique et on rit franchement.
Note : 4 étoiles

Lui :
Filles Uniques est une comédie bien plaisante, parfaitement tenue par Sandrine Kimberlain et Sylvie Testud. Les dialogues sont bien enlevés avec une bonne dose d’humour, et surtout tout le monde semble trouver le ton juste, tout est parfaitement équilibré. Un film qui fait passer un vrai bon moment.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sandrine Kiberlain, Sylvie Testud
Voir la fiche du film et la filmographie de Pierre Jolivet sur le site IMDB.

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