Lui :
Cette pièce de théâtre portée à l’écran est surtout remarquable par le grand numéro de comique de De Funès qui connaissait parfaitement le rôle puisqu’il l’avait interprété 600 fois au théâtre. Le film s’inscrit dans la meilleure tradition des vaudevilles, bourré de rebondissements et de quiproquos, totalement farfelu. Les autres personnages sont tout en contraste avec le personnage excité de De Funès qui, à l’époque, ne surchargeait pas encore son personnage. Un bon De Funès, c’est suffisamment rare pour être noté…!
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Pour le dernier film de notre rétrospective Jacques Rozier, nous avons droit à un délicieux moment de grâce, fraîcheur, spontanéité et humour. Adieu Philippine est son tout premier film et, à mes yeux, le meilleur ; il fait partie des petits joyaux de la Nouvelle Vague. Cette histoire de rivalité amoureuse entre deux amies inséparables pour Michel, opérateur à la télévision se passe au tout début des années 60 sur fond de guerre d’Algérie. Jacques Rozier jette un regard malicieux et insouciant sur la société française qui commence à se débrider sur des airs de rock et de tcha-tcha-tcha. Il nous entraîne également dans les coulisses de la télévision et du Club Méditerranée de Corse. Le film bien construit cette fois-ci reflète avec sensibilité l’élan de la jeunesse de cette époque.
Note :
Lui : Ce premier film de Jacques Rozier est vraiment attachant, dépeignant de façon assez libre et originale un trio de deux jeunes filles et un garçon. Contrairement à ses films suivants (auxquels je n’accroche absolument pas), l’improvisation ne se sent pas dans Adieu Philippine, elle est parfaitement intégrée au film et lui donne une incroyable fraîcheur. Vu quarante ans après sa sortie, il revêt en plus un caractère quasi documentaire sur la vie à 20 ans en 1960. Il y a aussi quelques scènes montrant les coulisses d’un tournage des émissions de télévision, avec un nombre incroyable d’acteurs entrevus au détour des plans. Un beau film, réaliste, tendre et plein d’humour.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Ce film de Godard fut tourné la même année que Le Mépris. Quelle différence de qualité entre ces deux films ! Les Carabiniers n’est en effet pas son film le plus abouti, réalisé avec des bouts de ficelle et en trois semaines seulement. Il traverse assez mal le temps. La bande-son frise parfois le ridicule. Seul le manifeste anti-guerre reste intéressant. Sous la forme d’une fable satirique et absurde, il met en scène deux hommes auxquels les carabiniers promettent mille merveilles s’ils partent faire la guerre. Ceux-ci se comportent comme des sauvages et rentrent avec des centaines de cartes postales comme trésor de guerre.
Note :
Lui :
Cette dénonciation de la guerre, sous la forme d’une pseudo farce ubuesque, est vraiment bâclée. La bande son et l’image sont épouvantablement rudimentaires, Godard l’a d’ailleurs tourné en moins de trois semaines. Sur le fond, Jean-Luc Godard dénonce bien les méfaits de la guerre et de l’attirance vers l’argent, mais il le fait vraiment sans nuance… Tout sent la précipitation et la rapidité, y compris quand il rend un hommage aux Frères Lumière. Si ce film pouvait avoir un rôle de trublion à jouer au moment de sa sortie en 1963, il revêt beaucoup moins d’intérêt 40 ans plus tard.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Une petite ville du Texas, un shérif bienveillant incarné par Marlon Brando, un évadé accusé de meurtre (Robert Redford) que toute la ville recherche, une jeune femme (Jane Fonda) épouse de l’évadé. D’un côté il y a les riches dont un magnat du pétrole et les gens modestes qui envient ces privilégiés. Le décor est planté. Suite à une soirée trop arrosée, la ville tombe graduellement en plein délire et se déchaîne contre le shérif qui se fait lyncher et les noirs. Les masques de respectabilité de ces notables tombent et font place à la vulgarité, la délation, à la haine et au racisme. La tension monte à son paroxysme et on assiste à des scènes de violence d’une grande intensité. Brando est magistral dans son rôle de shérif incorruptible.
Note :
Lui : La Poursuite Impitoyable montre de façon assez étonnante et efficace comment une sorte d’hystérie collective s’empare d’une ville du Sud des Etats-Unis à l’occasion de l’évasion d’un prisonnier natif du lieu. Arthur Penn dresse un tableau vraiment noir de la bourgeoisie locale, oisive et avide de situations dramatiques et la situation semble ne jamais s’arrêter d’empirer. Le film est même dur par endroits, assez cruel. Il est en tout cas assez bouleversant, même s’il semble que Penn l’ait partiellement renié par la suite.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Film méconnu du réalisateur du célèbre Un été 42 qui mérite le détour. Mis à part quelques longueurs et un ton assez moralisateur, Robert Mulligan exalte les valeurs humanistes, l’importance de la famille et plaide pour l’égalité des droits pour les noirs. Pour ce faire, il plante le décor dans une bourgade du fin fond de l’Alabama où un père avocat (Gregory Peck) élève seul ses deux enfants avec courage et modestie. Il défend un noir accusé de viol sur une blanche. Pour rendre compte de la complexité de l’âme humaine, il joue avec l’ombre et la lumière, choisit des éclairages de nuit au clair de lune. Ainsi, il crée une ambiance presque mystique pour décrire les peurs infondées, la confrontation des enfants avec le monde des adultes, le racisme féroce des villageois contre le noir accusé de meurtre. Un film à redécouvrir.
Note :
Lui :
Sans être dénué de qualités, ce film de Mulligan souffre d’une lenteur certaine dans son développement et d’un certain conformisme dans le propos (tout louable qu’il soit). Bonne interprétation, y compris des trois personnages enfants.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Ce film noir se divise en deux parties : le ciel représenté par le riche industriel Gondo qui vit sur une colline dominant Tokyo et le ravisseur qui croit enlever le fils de Gondo mais n’enlève que le fils du chauffeur. La première moitié du film est un huis clos oppressant dans la villa. L’industriel se résout à perdre sa fortune et à payer la rançon alors que ce n’est pas son fils. La deuxième partie est consacrée à la longue enquête minutieuse qui nous entraîne dans les bas-fonds de la ville où se réfugient les drogués. Kurosawa parvient très habilement à mêler, l’angoisse qui ronge les protagonistes et les fils de l’enquête. Le cinémascope noir et blanc participe à créer cette atmosphère inquiétante et onirique.
Note :
Lui : Entre le ciel et l’enfer est un très beau film de Kurosawa, assez riche dans son déroulement puisqu’il démarre par un huit clos, puis il démonte les rouages de l’enquête de police et finit par montrer les bas-fonds de la ville. Même dans la partie huis clos, Kurosawa parvient à nous tenir en haleine et les quelque 2h20 du film passent très rapidement. La photographie noir et blanc est assez splendide, très contrastée, accentuant la différence entre le haut et le bas. Le film est riche dans son contenu, jouant beaucoup sur le contraste entre les deux univers. Du grand art.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Comédie fantaisiste et légère sur les multiples relations amoureuses d’un beau jeune homme souriant (Jacques Charrier) qui se voit accusé de meurtre par une femme jalouse. Michel Deville s’amuse à décrypter ces relations de façon ludique. Ce jeune homme passe d‘une femme à l’autre de façon insouciante, découvre le véritable amour mais sans espoir de retour alors que le police est à ses trousses, parvient à se tirer d’affaire grâce à ces femmes qu’il finit par quitter. C’est frais, sans prétention mais quand même un peu longuet.
Note :
Lui :
Film léger et plaisant, mêlant le badinage et l’enquête policière. Belle mise en scène de Deville qui parvient bien à nous intéresser à cette histoire futile.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Enième adaptation du roman d’Eugène Corman. Le film n’est pas très réussi. La mise en scène est assez maladroite et pauvre. Cette histoire populaire de deux jeunes orphelines enlevées au temps de la Révolution est très académique. On ne s’ennuie pas vraiment mais l’ensemble manque de souffle et de créativité.
Note :
Lui :
Gentil mélo sur deux pauvres orphelines innocentes (dont une aveugle…), en proie aux vicissitudes de ce monde cruel de la fin du XVIIIe siècle, mais sauvées par un beau jeune homme. Si la réalisation est un peu quelconque, voire bâclée, il faut reconnaître que l’on ne s’ennuie pas vraiment grâce à un scénario particulièrement bien dosé et basé sur un roman adapté plus de cinq fois à l’écran! C’est dire…
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Toutes les adaptation du roman d’Adolphe d’Ennery :
>> films courts : Duel Scene from ‘The Two Orphans’ (1902) de l’anglais William Haggar (film perdu) Les deux orphelines (1910) du français Albert Capellani (film perdu) Les deux orphelines (1910) du français Georges Monca (film perdu) The Two Orphans (1911) des américains Otis Turner et Francis Boggs The Two Orphans (1915) d’Herbert Brenon avec Theda Bara (film perdu)
>> longs métrages : Les deux orphelines (Orphans of the Storm) de D.W.Griffith (1921) avec Liliane Gish et Dorothy Gish. It happened in Paris de M.J. Weisfeldt (1932) (film perdu) Les deux orphelines de Maurice Tourneur (1933) avec Rosine Deréan et Renée Saint-Cyr Les deux orphelines de Riccardo Freda (1965) avec Sophie Darès et Valeria Ciangottini
+ de nombreuses autres versions italiennes, mexicaines, etc.
Elle :
Une histoire d’amour improbable et scandaleuse entre un pasteur et une jeune femme athée, telle est la trame que nous propose Vincente Minelli avec le couple mythique Richard Burton et Elisabeth Taylor. On assiste à cette rencontre fascinante dans deux milieux très différents, la bonne société bourgeoise contre une bande de hippies un peu ridicules. Puis, c’est la culpabilité judéo-chrétienne qui reprend le dessus, le constat de la faiblesse des sentiments humains et enfin la rupture finale. Tout ceci se passe sur une magnifique plage non loin de Monterey avec de beaux couchers de soleil et une étrange maison de bois qui surplombe la plage. Quarante ans plus tard, le film donne l’impression d’avoir utilisé trop de clichés faciles et les thèmes qu’il aborde ont bien vieilli.
Note :
Lui :
Dès les premières minutes de ce Chevalier des Sables, on sent que le film va être bourré de thèmes et de bonnes intentions type années 60-70 et rapidement on nage en pleins poncifs qui ne manquent pas de nous faire sourire 40 ans plus tard. Il reste néanmoins la mise en scène de Minelli, très picturale, avec une très belle photographie. Elisabeth Taylor n’est pas très convaincante et semble plus intéressée à minauder devant la caméra qu’à interpréter son personnage.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Anecdotes sur le tournage
(prises dans l’autobiographie de Vicente Minelli « Tous en scène » (1974)) :
– Pour échapper aux impôts, le couple Taylor/Burton ne pouvait travailler longtemps aux Etats-Unis et le film fut donc en partie tourné en France, aux studios de Boulogne-Billancourt.
– Originellement Richard Burton devait lui-même mettre en scène ce scénario inspiré d’une nouvelle de Martin Ransonhoff, lui-même producteur du film. Minelli précise : « Au départ je n’aimais pas le scénario. (…) Mais l’enthousiasme des Burton eut raison de mes réticences. Je voulais travailler avec eux ».
Elle :
C’est la seconde fois que ce réalisateur assez méconnu porte à l’écran cette histoire d’erreur judiciaire (la précédente version datait de 1950). Il choisit Philippe Noiret, Jean Rochefort et Suzanne Flon pour interpréter des personnages qui travestissent leur identité, soit pour prendre la place d’un autre, soit pour se cacher de la police ou surveiller des gens. Tout le scénario riche en rebondissements repose sur le mensonge, l’attrait de l’argent, l’injustice sociale et judiciaire. Ce n’est pas un grand film sur le plan de la mise en scène qui comporte des défauts d’éclairage et d’interprétation mais le scénario est bien ficelé.
Note :
Lui :
Sur le thème « une pauvre innocente accusée à tort », cette seconde adaptation de ce roman inspiré d’un fait divers est tout de même assez convaincante, essentiellement par la richesse de son scénario qui nous captive franchement. Côté interprétation, Noiret, Rochefort et Suzanne Flon sont remarquables, par contre la réalisation laisse un peu à désirer, notamment ces éclairages vraiment blafards et des erreurs de mise au point.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Autres adaptations à l’écran : – La porteuse de pain a été portée plusieurs fois à l’écran du temps du cinéma muet.
– La version de 1934 de René Sti avait pour acteurs Germaine Dermoz et Fernandel.
– La version de 1950 de La porteuse de pain par Maurice Cloche avec Vivi Gioi est plutôt mal connue
Enfin, La porteuse de pain a été adaptée en série télévisée (ORTF) en 1973, avec Martine Sarcey, Bernard Giraudeau, Carole Laure, Philippe Léotard, Jacques Monod, …