12 octobre 2007

Le Dernier des hommes (1924) de F.W. Murnau

Titre original : « Der letzte Mann »

Le dernier des hommesLui :
Le portier très âgé d’un grand hôtel est écarté de ses fonctions pour être placé comme préposé aux toilettes. Autant il s’enorgueillait de sa fonction précédente, autant il a maintenant l’impression d’être devenu le dernier des hommes…
Tourné par Murnau deux ans après Nosferatu, Le Dernier des hommes se situe dans un registre tout à fait différent. Il marque le début d’un nouveau courant réaliste. Mais son côté le plus spectaculaire est incontestablement l’utilisation que Murnau fait de la caméra. Il réalise des effets visuels, soit par superposition ou effets de flous, soit par des mouvements étonnants qui contrastent avec la rigidité habituelle de l’époque. Le dernier des hommes Il fait preuve d’une inventivité quasi permanente. Il faut aussi remarquer que ce film muet est totalement dénué d’intertitres, un film muet sans paroles pourrait-on dire… Pourtant cette absence n’est à aucun moment gênante. L’histoire de cet homme qui ne vit que par le regard des autres est assez poignante ; un angle de lecture du scénario est de rapprocher la perte de l’uniforme de ce portier à la situation de l’Allemagne désarmée par les Alliés en ce début des années 20. Le film s’achève cependant de façon amusante, avec une pirouette finale de scénario annoncée comme invraisemblable par le film lui-même. Le Dernier des hommes valût à Murnau de se faire inviter à Hollywood où il tournera ses 4 derniers films.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Emil Jannings, Maly Delschaft
Voir la fiche du film et la filmographie de F.W. Murnau sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Friedrich Wilhelm Murnau chroniqués sur ce blog…

Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...

11 octobre 2007

The Secret Life of Words (2005) de Isabel Coixet

The secret life of wordsElle :
Une jeune femme sourde, murée dans son silence et sa solitude, vient sur une plate-forme pétrolière coupée du monde soigner un grand blessé qui a perdu temporairement la vue à la suite d’un accident. Cet endroit perdu ressemble à une île où se mêlent quelques personnes très différentes mais qui doivent respecter certaines règles pour pouvoir vivre ensemble. Ce huis clos est très intense et émouvant car composé de vibrations subtiles à fleur de mots et à fleur de peau. Des liens se tissent entre ces deux personnages égarés et solitaires grâce au pouvoir de la parole ainsi qu’à la relation sensible et intime qui se forge dans cette cabine de bateau. Les mots vont créer la confiance puis devenir la passerelle pour que chacun d’entre eux ouvre son cœur et se découvre tout en délicatesse et sensibilité, une passerelle pour une nouvelle naissance. Derrière ce scénario original et sans aucun pathos, se profile la douloureuse histoire de la Yougoslavie et de ses atrocités. Sarah Polley et Tim Robbins sont bouleversants de justesse. Les personnages secondaires sont également très attachants et convaincants.
Note : 5 étoiles

Lui :
Sur une plate-forme pétrolière, une jeune infirmière occasionnelle très refermée sur elle-même soigne un grand brûlé qui a perdu la vue. Le scénario peut rebuter car on peut craindre un mélo très classique. Il n’en est rien. The Secret Life of Words est un film tout en délicatesse et en nuances, Isabel Coixet sachant nous tenir à distance dans un premier temps pour ensuite, très progressivement, nous rapprocher de ses deux personnages. Elle parvient à trouver le ton et l’équilibre parfaits pour donner de la force à son histoire. Sarah Polley et Tim Robbins font tous deux une interprétation très sensible et particulièrement remarquable. Produit par Pedro Almodovar et son frère, The Secret Life of Words est un film espagnol tourné en anglais. Un merveilleux film.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Sarah Polley, Tim Robbins
Voir la fiche du film et la filmographie de Isabel Coixet sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Isabel Coixet chroniqués sur ce blog…

Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...

3 octobre 2007

Le Visage (1958) d’ Ingmar Bergman

Titre original : « Ansiktet »

Le visage Elle :
(pas vu)

Lui :
Au milieu du XIXe siècle, une petite troupe ambulante arrive dans une petite ville pour y montrer ses tours de magie. Avant toute représentation, le Docteur Vogler doit montrer son numéro à trois notables de la ville qui désirent savoir si cette magie est bien réelle ou non. Prenant appui sur l’éternelle querelle entre le scientifique et le surnaturel, Bergman traite ici des apparences, des faux-semblants, de la faculté d’impressionner les esprits. On peut aussi y voir une allégorie sur le cinéma, lui aussi créateur de fausses réalités. La photographie est vraiment superbe avec un noir et blanc particulièrement puissant. Le rythme est lui aussi remarquable avec une progression dans l’intensité qui culmine avec la scène du grenier.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Max von Sydow, Ingrid Tullin, Bibi Andersson, Gunnar Björnstrand
Voir la fiche du film et la filmographie de Ingmar Bergman sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Ingmar Bergman chroniqués sur ce blog…

Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...

11 septembre 2007

Docteur Mabuse, le joueur (1922) de Fritz lang

Titre original : « Dr Mabuse, der Spieler »

1e partie : Le grand joueur – Un tableau du temps
(Der grosse Spieler – Ein Bild der Zeit)
2e partie : Inferno – Une pièce sur les hommes de ce temps
(Inferno – Ein Spiel von Menschen unserer Zeit)

Dr Mabuse, le joueurLui :
Totalisant 4h30 avec ses deux parties, Dr Mabuse, le joueur reprend à la fois le thème et la structure des films à épisodes qui faisaient fureur à cette époque depuis Fantomas. Découpé en actes d’une vingtaine de minutes, il se présente certes comme un film de malfaiteurs mais, comme l’indiquent les titres des deux parties, Docteur Mabuse est beaucoup plus que cela : c’est un véritable « tableau du temps » qui nous présente une vision de l’Allemagne en ce tout début des années 20. Mabuse est un être démoniaque assoiffé de pouvoir et cherchant à détruire mais, contrairement à ses successeurs dans les films de James Bond par exemple, il n’utilise pas d’armes secrètes et sophistiquées. Non, il utilise les hommes, exploite leurs faiblesses, leur oisiveté, leur dépravation, leur absence d’énergie. En ce sens, Fritz Lang dépeint une situation qui favorisera la montée du nazisme. En dehors de son contenu, Dr Mabuse est réellement fabuleux par la force et la précision de ses plans et par son rythme soutenu, surtout dans la première partie et la fin de la seconde partie. Il n’est donc pas étonnant que Dr Mabuse soit l’un des films les plus étudiés et des plus cités par de nombreux cinéastes.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Rudolf Klein-Rogge, Aud Egede Nissen, Gertrude Welcker, Alfred Abel, Bernhard Goetzke, Paul Richter
Voir la fiche du film et la filmographie de Fritz Lang sur le site imdb.com.
Fritz Lang a repris le personnage de Mabuse dans :
Le testament du Dr Mabuse (1933)
Le diabolique Dr Mabuse (1960), son dernier film.
D’autre part, Lang avait tourné trois ans plus tôt un film qui préfigure la structure et même certaines scènes de Dr Mabuse, le Joueur : Die Spinnen (Les Araignées) (1919) qui met en scène une bande de malfaiteurs.

Voir les autres films de Fritz Lang chroniqués sur ce blog…

Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...

1 septembre 2007

L’Odyssée (1997) d’ Andrei Konchalovsky (TV)

Titre original : The Odyssey

The OdysseyElle :
Film plaisant à regarder sans prise de tête. La bravoure et la patience d’Ulysse qui retourne chez lui au bout de vingt ans d’obstacles et de souffrances sont le point fort du film. Les décors sont particulièrement travaillés. Bien entendu, le scénario est riche et plein de rebondissements.
Note : 4 étoiles

Lui :
Bonne surprise : cette longue (3 heures) transcription pour le petit écran de l’Odyssée d’Homère est fort bien réalisée. L’accent est mis sur le côté aventures, sur les rencontres d’Ulysse lors de son retour, avec même une petite pointe d’humour. Aucune dimension philosophique donc, mais le résultat est un bon divertissement.
(Ajout 22/02/2024) Revu après avoir relu Homère. L’adaptation est assez fidèle mais elle se concentre sur l’aspect « aventures », ne pouvant retranscrire toute la portée du récit original. L’équilibre est toutefois satisfaisant. La plupart des épisodes sont présents, ils paraissent souvent expédiés rapidement. Mais, même en faisant cela, cette mini-série dure tout de même 3 heures (2 x 1h30). Produit par Zoetrope de Coppola et réalisé par Konchalovsky, la réalisation est d’une grande qualité et l’interprétation inspirée. L’ensemble est très convaincant.
Note : 4 étoiles (1/09/2007)4 étoiles (22/02/2024)

Acteurs: Armand Assante, Greta Scacchi, Isabella Rossellini, Bernadette Peters, Christopher Lee
Voir la fiche du film et la filmographie de Andrei Konchalovsky sur le site imdb.com.

Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...

28 août 2007

Le septième sceau (1956) de Ingmar Bergman

Titre original : « Det sjunde inseglet »

Le septième sceauLui :
Dans la filmographie d’Ingmar Bergman, Le Septième Sceau apparaît comme l’un des films les plus ambitieux dans son propos, un film auquel il a voulu donner avant tout une dimension philosophique ou métaphysique. Comme pour lui donner plus de poids, voire une certaine légitimité, Bergman ancre ses réflexions dans un contexte historique : un chevalier de retour des Croisades cherche des réponses sur l’existence de Dieu. Outre toute une série de réflexions sur la crainte de la mort et la vanité de notre existence, cette trame lui permet de mettre en scène des plans vraiment remarquables, telle cette partie d’échec de Max von Sydow avec la Mort sur la plage ou la procession des pénitents. Toutefois, ce n’est pas tant la puissance ou la richesse des images qui frappèrent tant à l’époque et assurèrent à ce film (et à Bergman) sa renommée car, comme certains critiques ne manquèrent pas de le souligner, Le Septième Sceau ne peut guère se comparer avec les œuvres de Dreyer ou Sjöström. Non, c’est bien l’ambition de son propos qui lui valu d’être remarqué. Dans un registre plus anecdotique, on notera que le soin de Bergman dans le choix de ses jolies actrices est souvent cité sur ce film.
Note : 3 étoiles 28/08/20074 étoiles 31/07/2026

Acteurs: Max von Sydow, Gunnar Björnstrand, Bibi Andersson, Inga Gill, Inga Landgré
Voir la fiche du film et la filmographie de Ingmar Bergman sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Ingmar Bergman chroniqués sur ce blog…

Le Septième Sceau
Le Septième Sceau d’Ingmar Bergman.
Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...

11 août 2007

Le Volcan (1999) de Ottokar Runze

Titre original : Der Vulkan

Le volcanElle :
Film basé sur un roman de Klaus Mann : de jeunes étudiants allemands organisent à Paris un mouvement d’opposition au nazisme. Cette face peu connue de l’histoire allemande est assez intéressante. Cependant, le film manque d’envergure et de rigueur historique.
Note : 3 étoiles

Lui :
Ce film est surtout intéressant pour ses qualités de témoignage : hors de leur pays, des allemands hostiles au nazisme se retrouvent et tentent de jouer un rôle. Hélas, le film est entièrement centré sur ce petit groupe, ce qui limite un peu son attrait. De plus, une part trop grande est accordée aux chansons (ce n’est pas une comédie musicale mais le personnage principal est une chanteuse).
Note : 3 étoiles

Acteurs: Nina Hoss, Christian Nickel, Meret Becker
Voir la fiche du film et la filmographie de Ottokar Runze sur le site imdb.com.

Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...

7 août 2007

Les Nibelungen (1924) de Fritz Lang

Partie 1 : La mort de Siegfied
Partie 2 : La revanche de Kriemhild

Titre original :  Die Nibelungen – Siegfried – Kriemhilds Rache

Les NibelungenLes NibelungenElle :
(pas vu)

Lui :
Grosse production de presque 5 heures en deux parties, Les Nibelungen de Fritz Lang n’est en aucun cas une adaptation de l’opéra de Wagner. Non, Lang et sa femme, Théa von Harbou, sont allés puiser dans les anciennes légendes germaniques et scandinaves pour en faire un grand conte sous-titré « Une légende du peuple allemand ». Les deux parties sont assez différentes, la première étant plus stricte et rigide, la seconde plus sauvage et machiavélique. Hormis le prologue dans la forêt, La Mort de Siegfried se déroule en grande partie dans le palais des Burgondes, un environnement à l’architecture rigoureuse, vide et froide, presque sans âme, qui contraste avec le comportement plein de vie de Siegfried. Ce contraste permet à Fritz Lang de mieux faire ressortir les hommes et leurs comportements. La seconde partie, La Vengeance de Kriemhild, se déroule presque exclusivement chez les Huns. C’est un autre monde, paraissant sans règle, où la vengeance peut trouver un terreau favorable à son éclosion. L’homme est aussi plus sauvage, fonctionnant sur des sentiments plus simples mais finalement assez proches de ceux des Burgondes.

Les NibelungenLa production fut assez colossale, l’inflation galopante en Allemagne à cette époque permettait de financer facilement des projets dispendieux. Tout fut tourné en studio, scènes de forêt ou de désert comprises. Certaines scènes chez les Burgondes sont assez monumentales ; les décors sont tantôt magiques, tantôt impressionnants de froideur, jamais anodins. Le déroulement du scénario est assez lent, empreint d’une certaine grandiloquence rigide, dans La Mort de Siegfried. Le rythme est plus enlevé dans La Vengeance de Kriemhild, une seconde partie que j’ai trouvé plus prenante.

Le film fut pris comme emblème d’une certaine noblesse germanique par les national-socialistes. En 1933, une version sonorisée et commentée de La Mort de Siegfried fut réalisée (sans le consentement de Fritz Lang, bien entendu, il avait alors émigré en France puis aux Etats-Unis) et abondamment diffusée pour exalter les valeurs germaniques. La seconde partie fut ignorée car non-conforme aux valeurs véhiculées par le Reich naissant. Ceci ne doit pas nous empêcher de le regarder avec intérêt 3/4 de siècle plus tard : Les Nibelungen reste un film à l’atmosphère puissante et forte.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Margarete Schön, Paul Richter, Hanna Ralph, Rudolf Klein-Rogge, Theodor Loos
Voir la fiche de la partie 1 et celle de la partie 2 ainsi que la filmographie de Fritz Lang sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Fritz Lang chroniqués sur ce blog…

Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...

1 juillet 2007

La Cerisaie (1999) de Michael Cacoyannis

Titre original : O Vyssinokipos
Titre anglais : The cherry orchard

La CerisaieElle :
Cette adaptation de La Cerisaie se laisse regarder mais sans parvenir à vraiment créer l’émotion. Les décors et costumes sont beaux et Charlotte Rampling joue très bien les princesses russes évaporées. Le jeu des acteurs semble parfois un peu forcé ou théâtral, notamment dans certaines scènes à l’intérieur du château. Il s’agit de la fin de l’époque, où les nobles régissaient la Russie et pratiquaient l’esclavage, et des prémices d’un monde nouveau où les hommes seraient plus égaux. Ces grandes familles menaient grand train de vie, ne travaillaient pas et vivaient dans un monde loin des dures réalités de l’existence.
Note : 3 étoiles

Lui :
Cette pièce de Tchekhov, très souvent adaptée à la télévision mais moins souvent au cinéma, nous dresse le portrait de la fin d’une époque :  la fin d’une aristocratie russe, auparavant riche et oisive qui se retrouve, en ce tout début de XXe siècle, ruinée et perdant son âme. Le film est assez lent, même figé, et surtout ne parvient pas à provoquer notre compassion, restant loin de son sujet et un peu confus :  dans le film, la quantité de personnages noie quelque peu le récit. Au final, on reste hélas un peu insensible face à cette lente décomposition.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Charlotte Rampling, Alan Bates, Katrin Cartlidge, Owen Teale , Tushka Bergen
Voir la fiche du film et la filmographie de Mihalis Kakogiannis sur le site imdb.com.

Vous pouvez noter ce film : 1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (aucune note de lecteur pour l'instant)
Loading...