18 juillet 2009

Super Speedway (1997) de Stephen Low

Super SpeedwayElle :
(pas vu)

Lui :
Super Speedway est un documentaire scénarisé qui nous fait suivre la création et la mise au point d’une nouvelle formule un de l’écurie Andretti. Parallèlement, nous assistons à la restauration d’un ancien bolide dans une ferme. Prévu pour être diffusé dans les salles IMAX, le film est techniquement parfait. Le contenu est très artificiel, particulièrement mal joué, mais l’intérêt pour nous est d’assister aux différentes étapes de la conception d’un prototype avec ses différents bancs d’essais. Le clou de Super Speedway, ce sont bien entendu les scènes sur circuit, avec des images de camera embarquée vraiment saisissantes. Le son n’est pas en reste, passer sous un pont à plus de 300 km/h crée un effet de souffle qui ne s’oublie pas… Certaines images ont même été tournées pendant des courses réelles d’Indy Car (et ce malgré la taille assez énorme des caméras IMAX). Mario Andretti et Michael Andretti jouent leurs propres rôles et sont aux commandes des bolides. D’une durée de 50 minutes, Super Speedway est un film destiné à être spectaculaire et il l’est.
Note : 3 étoiles

Acteurs: (voix) Paul Newman
Voir la fiche du film et la filmographie de Stephen Low sur le site imdb.com.

17 juillet 2009

Peter Ibbetson (1935) de Henry Hathaway

Peter Ibbetson Lui :
Une histoire d’amour fou qui défie le temps et l’espace, avec un onirisme qui frôle le fantastique, Peter Ibbetson n’est pas le genre de scénario dont est coutumier Henry Hathaway, spécialiste des westerns et de films réalistes parfois assez violents. Effectivement, ce fut Gary Cooper qui imposa Henry Hathaway avec lequel il venait de tourner Les trois lanciers du Bengale. Avec le recul, il nous apparaît probable que c’est cette inaccoutumance du réalisateur aux grands drames passionnels qui lui a permit de signer une œuvre très personnelle. Cette histoire de deux êtres séparés dès la jeune enfance mais qui s’aimeront jusque dans la mort aurait pu être très conventionnelle. Hathaway ne force pas le côté romanesque mais, suivant là d’assez près le livre de George du Maurier, fait évoluer lentement son film depuis un début romantique vers une fin surréaliste assez étonnante, avec des scènes de rêve filmées de façon plutôt réaliste (s’éloignant franchement des canons hollywoodiens de l’époque), abolissant ainsi toutes les barrières entre rêve et réalité. Il n’est pas étonnant que Peter Ibbetson ait eu tant de succès auprès des surréalistes (1). Gary Cooper, avec son jeu tout en retenue, est parfait pour le rôle dans ce contexte. Henry Hathaway ne tournera pas d’autres films de cette veine mais déclara plus tard qu’il considère Peter Ibbetson comme étant son film artistiquement le plus réussi.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Gary Cooper, Ann Harding, John Halliday, Ida Lupino
Voir la fiche du film et la filmographie de Henry Hathaway sur le site IMDB.
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(1) André Breton a décrit Peter Ibbetson comme étant un « film prodigieux » qui montre le « triomphe de l’amour fou et de la pensée surréaliste ».
Léo Malet a écrit certains de ses livres sous le pseudonyme de Frank Harding, en hommage au personnage joué par Ann Harding dans ce film.

16 juillet 2009

L’amour aux temps du choléra (2007) de Mike Newell

Titre original : « Love in the time of cholera »

L’Amour au Temps du CholéraElle :
Pas facile de retranscrire l’univers foisonnant de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature en 1982. Le réalisateur anglais Mike Newell se tire assez bien de cet exercice ; il préfère se concentrer sur la passion amoureuse qui hante Florentino pendant cinquante ans malgré l’adversité et sur ses multiples aventures féminines. Etude sur le désir, l’amour fou, les liens du mariage, cette histoire d’amour impossible est touchante de par sa flamboyance et longévité. Les physiques vieillissants de Florentino et Fermina ne sont franchement pas réussis. Les maquillages grossiers et artificiels frisent parfois le ridicule.
Note : 3 étoiles

Lui :
En Colombie, à la fin du XIXe siècle, le jeune Florentino déclare son amour à la jolie Fermina. Sous la pression de son père, la jeune fille finit par épouser un médecin mais Florentino ne peut se résigner, son amour reste entier. L’amour aux temps du choléra est l’adaptation du roman de Gabriel Garcia Marquez, une histoire d’amour qui s’étale sur une période de plus de cinquante ans. L’adaptation de Mike Newell est fidèle au livre, une adaptation sans éclat qui peine à déclencher l’émotion. L’ensemble se laisse regarder sans ennui mais ne fait pas vibrer. La réalisation est appliquée, plutôt réussie sur le plan de l’image si ce n’est la gestion inconstante de l’âge des personnages (mauvais maquillages, septuagénaires à la peau de bébé, changement brutal d’acteur, vieillissements inégaux) ces défauts sont assez agaçants et nous empêchent de se laisser imprégner par l’histoire. L’amour aux temps du choléra est plaisant mais pas vraiment marquant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Javier Bardem, Giovanna Mezzogiorno, Benjamin Bratt, Unax Ugalde
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15 juillet 2009

Angles d’attaque (2008) de Pete Travis

Titre original : « Vantage Point »

Angles d'attaqueElle :
(pas vu)

Lui :
Lors d’un sommet international à Salamanque près de Madrid, deux coups de feu sont tirés sur le président des Etats-Unis en plein midi sur la place centrale bourrée de monde. Quelques minutes plus tard, une bombe explose. Angles d’attaque nous fait vivre ces évènements par les yeux de plusieurs personnages. Cela commence par une réalisatrice de télévision, puis nous retournons 20 minutes en arrière pour suivre cette fois un agent chargé de la protection rapprochée, etc… Nous vivons ainsi les même instants et, à chaque fois, un fragment supplémentaire de la vérité se dévoile à nous. Par sa répétition induite, le procédé montre inévitablement ses limites mais, juste au moment où il commence à devenir lassant, le rythme s’accélère prodigieusement dans le cadre d’une course-poursuite assez haletante, à multiples rebondissements. Le fond de l’histoire est (bien entendu) assez invraisemblable et sans grande originalité ; la réalisation est très classique, très hollywoodienne… Ceci dit, Angles d’attaque est un divertissement bien ficelé et assez prenant ; la durée courte du film l’aide sans aucun doute à n’avoir aucun temps mort.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Dennis Quaid, Forest Whitaker, William Hurt, Matthew Fox, Saïd Taghmaoui, Sigourney Weaver, Ayelet Zurer
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13 juillet 2009

Qui donc a vu ma belle? (1952) de Douglas Sirk

Titre original : « Has anybody seen my gal? »

Qui donc a vu ma belle?Elle :
(pas vu)

Lui :
A la fin des années 20, un millionnaire excentrique envisage de léguer sa fortune aux descendants de la seule femme qu’il ait aimée. Désireux d’observer le comportement de ses éventuels légataires, il se rend incognito là où vit cette famille et leur fait un don anonyme important. Cette soudaine entrée d’argent va-t-elle modifier leurs comportements? Qui donc a vu ma belle? est le premier film d’une trilogie que Douglas Sirk a appelée « Trois histoires américaines simples » (« A trilogy of little American stories ») et se présente sous la forme d’une comédie très bien enlevée sur le thème de la fascination de l’argent. Charles Coburn incarne ce lutin septuagénaire avec truculence. Il est admirablement secondé par les actrices féminines, avec notamment une belle performance de la jeune Gigi Perreau (qui, à 10 ans, en était déjà à son 25e film!) Le rythme est remarquable, on ne s’ennuie pas un seul instant. Qui donc a vu ma belle? pourra sans doute paraître un peu conventionnel à des yeux modernes mais c’est une fable légère qui reste toujours plaisante par la bonne humeur qu’elle dégage.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Charles Coburn, Piper Laurie, Gigi Perreau, Rock Hudson, Lynn Barri
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Remarque :
– A noter la courte apparition dans un petit rôle (l’amateur de glaces au comptoir qui passe une commande compliquée) du jeune James Dean, apparition tellement courte qu’il ne figure pas au générique (voir l’extrait).
– Les deux autres films de la trilogie :
Meet me at the fair (Le joyeux Charlatan) (1953)
Take me to the town (1953)

4 juillet 2009

Soyez sympas, rembobinez (2008) de Michel Gondry

Titre original : « Be Kind Rewind »

Soyez sympas, rembobinezElle :
(pas vu)

Lui :
L’idée de départ de Soyez sympas, rembobinez du français Michel Gondry est amusante : ayant effacé par mégarde toutes les cassettes VHS d’un antique vidéoclub, deux compères décident de tourner leurs propres versions de certains films à succès, en utilisant les moyens du bord… Le film doit beaucoup au personnage gentiment déjanté incarné par Jack Black et les courts extraits des films bricolés sont vraiment amusants par leur inventivité. La scène du sabotage du générateur (avec ses vêtements de camouflage) est, elle aussi, hilarante. Hélas Soyez sympas, rembobinez dans son ensemble manque un peu d’étoffe au niveau du scénario et le film est un peu victime de ses bonnes intentions qu’il affiche avec un peu trop d’insistance.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Jack Black, Mos Def, Danny Glover, Mia Farrow, Melonie Diaz
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3 juillet 2009

L’odyssée du docteur Wassell (1944) de Cecil B. DeMille

Titre original : « The story of Dr. Wassell »

L'odyssée du docteur WassellElle :
(pas vu)

Lui :
L’odyssée du Docteur Wassell est basé sur des faits réels qui se sont déroulés en 1942. Alors que les japonais sont sur le point d’envahir l’île de Java, l’armée américaine ne peut évacuer que les personnes valides. Le Docteur Wassell choisit de rester sur place avec une douzaine de grands blessés, bien décidé à les sortir de ce guêpier. Cecil B. DeMille tourne ce film alors que la guerre bat son plein (le film sortira au moment du débarquement en Normandie) ; L'odyssée du docteur Wassell son film exalte donc le courage et met en relief les grandes valeurs humaines, mais il le fait de façon remarquable. Le déroulement du récit montre une perfection assez rare, jusque dans les moindres détails, l’histoire fourmillant de facettes, de personnages au caractère bien dessiné pour se révéler au final très prenante, sans aucun temps mort. Gary Cooper porte admirablement son personnage, probablement l’un de ses meilleurs rôles au cinéma. La force épique de L’odyssée du Docteur Wassell montre encore aujourd’hui toute sa vigueur.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Gary Cooper, Laraine Day, Signe Hasso, Dennis O’Keefe, Carol Thurston
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Remarque :
L’épisode où le Président Roosevelt raconte l’épopée du docteur à la radio est bien réel : c’est en l’entendant que Cecil B. DeMille eut l’idée d’en faire un film.

21 juin 2009

La femme au gardénia (1953) de Fritz Lang

Titre original : « The Blue Gardenia »

La femme au gardéniaElle :
(pas vu)

Lui :
La femme au gardénia passe pour être un film mineur dans la filmographie de Fritz Lang, à juste titre car il est vrai que, si le film ne montre aucun défaut particulier, nous sommes très loin de la perfection de Règlements de comptes que Lang tournera juste après. Le réalisateur a lui-même exprimé qu’il le tenait en petite estime et qu’il avait été obligé de le tourner très rapidement. La femme au gardéniaIl s’agit d’un film noir, assez original car il est centré sur trois jeunes femmes standardistes habitant le même appartement et aussi parce que l’intrigue policière ne débute qu’après trente minutes. Sans montrer beaucoup de force, La femme au gardénia n’en est pas moins plaisant, on ne s’ennuie à aucun moment. Ann Baxter est parfaitement à son aise dans ce rôle de charmante ingénue qui s’est mise dans un drôle de pétrin. On peut aussi y voir une critique de la presse à scandale. La femme au gardénia a beau être un film mineur de Fritz Lang, il n’en pas moins très bien fait.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Anne Baxter, Richard Conte, Ann Sothern, Raymond Burr, Jeff Donnell
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La femme au gardénia

18 juin 2009

Vacances (1938) de George Cukor

Titre original : « Holiday »

VacancesElle :
(pas vu)

Lui :
Un trentenaire, plein de charme et de vie, rencontre une jeune femme en vacances. Quand il va la retrouver chez elle à son retour, il découvre qu’elle est la fille d’un banquier richissime et qu’elle a une jolie sœur, très libre d’esprit. Comment peut-il prendre place dans cette famille sachant qu’il nourrit le projet secret de s’éloigner de la carrière qui s’ouvre devant lui ? Il s’agit de l’adaptation d’une pièce de Philip Barry des années 20 (qui avait déjà été portée à l’écran en 1930). Cary Grant réussit parfaitement à donner vie à ce personnage multi facettes : alliant assurance et maladresse avec un charme déconcertant, il apporte une véritable bouffée d’air frais dans cette maison « aussi grande qu’un musée ». Katharine Hepburn saisit la balle au bond et les meilleures scènes sont celles où ils sont tous deux présents, les dialogues sont d’une grande authenticité et d’une belle richesse. Le fond du propos est de critiquer la lourdeur des conventions et le culte de l’argent, il souligne aussi la difficulté des grands choix de vie des trentenaires. En ce sens, le film est toujours aussi actuel 70 ans après sa sortie, si ce n’est que les conventions ont un peu changé de style… Assez curieusement, Vacances est parfois considéré comme un film assez mineur de Cukor. Bien entendu, nous sommes un cran en dessous de la pétulance de Philadelphia Story où le cinéaste portera le couple Hepburn/Grant à son sommet, mais Vacances reste une comédie à la fois légère et profonde, pleine de vie.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Katharine Hepburn, Cary Grant, Doris Nolan, Lew Ayres, Edward Everett Horton, Henry Kolker
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Version antérieure :
Holiday (1930) de Edward H. Griffith avec Ann Harding, Mary Astor et Robert Ames. Détail amusant : Edward Everett Horton interprète le même rôle (le professeur ami de Case) dans les deux versions.

16 juin 2009

Sur les quais (1954) de Elia Kazan

Titre original : On the Waterfront

On the WaterfrontElle :
(pas (re)vu)

Lui :
Même aujourd’hui, 50 ans après, il est difficile voire impossible de regarder Sur les quais en le sortant entièrement de son contexte : quelques mois avant de tourner ce film, Elia Kazan avait spontanément donné un certain nombre de noms à la commission dirigée par Joe McCarthy. Sur les quais est incontestablement une tentative de justification de son geste puisqu’il montre un jeune docker qui, ayant pris part malgré lui à un meurtre organisé par son syndicat aux pratiques mafieuses, va aller en dénoncer les pratiques devant une commission. Tout en gardant cela à l’esprit, il faut reconnaître que Sur les quais est un film d’une puissance peu commune, porté par un Marlon Brando, remarquable en bagarreur torturé par sa conscience ; les scènes avec Eva Marie Saint ou encore sur les toits où il élève ses pigeons restent dans les esprits. La belle photographie en noir et blanc ajoute au côté social et à l’apparence authentique du film. Il est difficile d’imaginer le même impact si le film avait été en couleurs. L’intensité culmine dans la scène finale, où Marlon Brando presque christique symbolise le refus de l’injustice et de porter le joug. Malgré ses origines troubles, Sur les quais reste un film d’une force rare.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Marlon Brando, Eva Marie Saint, Karl Malden, Lee J. Cobb, Rod Steiger
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Remarques et anecdotes :
L’idée de départ est basée sur une série d’articles écrits par un reporter new-yorkais sur la corruption dans le monde des dockers après qu’un meurtre ait eu lieu en 1948.

Marlon Brando était réticent à tourner avec Kazan ; Frank Sinatra avait accepté avec enthousiasme le rôle. Mais le producteur, Sam Spiegel, voulait Brando. Dans sa biographie sur Kazan, Richard Schickel raconte l’astuce qu’employa le réalisateur : il fit tourner une scène avec un petit jeune de l’Actors Studio pour faire croire à Brando qu’il allait se faire souffler le rôle par un petit nouveau… Piqué au vif, Brando signa peu après. (Le petit jeune en question s’appelait Paul Newman.)

Arthur Miller, qui était au départ du projet mais s’en éloigna ensuite, écrivit une pièce « A view from the bridge » en 1955 qui est une réponse ou un contrepoint au film de Kazan. Jouée à Broadway, cette pièce a été ensuite adaptée au grand écran par Sidney Lumet en 1962 : Vu du pont. Arthur Miller fut lui-même inquiété par la maccarthisme et accusé de sympathies communistes en 1956. Il fit appel et sa condamnation fut annulée l’année suivante.