29 juillet 2012

Melancholia (2011) de Lars von Trier

MelancholiaAlors qu’une gigantesque planète menace la Terre, Justine se marie sans entrain et tente de montrer bonne figure lors de la réception compassée organisée dans la somptueuse demeure de sa sœur… Le prologue de Mélancholia, montrant la Terre se pulvériser contre la planète géante, ne laisse aucun espoir. Ce prologue esthétisant est très beau avec une utilisation originale des ralentis et une atmosphère irréelle puissante. La scène du grand choc est superbe. Ensuite, hélas, nous devons supporter pendant une bonne heure une réception de mariage passablement insupportable (où l’on se dit que l’apocalypse aurait pu avoir le bon goût d’arriver avant la réception plutôt qu’après). La réception révèlera de grandes tensions entre les membres de la famille, ce qui nous rappelle Festen à ceci près que le propos est ici étonnamment vide. Mis à part deux ou trois personnages très typés et symboliquement chargés (le beau-frère = rationalité et matérialisme, le patron = cynisme), les autres sont assez inconsistants. Ce vide est encore plus apparent dans la seconde partie où Charlotte Gainsbourg n’exprime quasiment qu’un seul sentiment en boucle. Mis à part les habituels désagréments de la caméra à l’épaule et du montage stressé, l’image est très belle, avec des éclairages très travaillés. Toujours très près de ses personnages, Lars von Trier multiplie les plans sur le visage Kisten Dunst dont la beauté crée un fort contraste avec son tourment intérieur : la fin du monde, elle (Justine) la souhaite, tout porte d’ailleurs à penser que le film ne se déroule que dans sa tête… Joli mais ennuyeux.
Elle:
Lui : 1 étoile

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, John Hurt, Stellan Skarsgård, Udo Kier
Voir la fiche du film et la filmographie de Lars von Trier sur le site IMDB.

Voir les autres films de Lars von Trier chroniqués sur ce blog…

Melancholia

6 réflexions sur « Melancholia (2011) de Lars von Trier »

  1. Vu les avis tranchés et très différents que vous avez sur « Breaking the waves » et « Dancer in the dark », j’aurais bien aimé savoir ce qu’Elle pense de « Melancholia ».

    En ce qui me concerne, j’avais beaucoup aimé. La caméra à l’épaule ne me dérange pas, au contraire, je trouve qu’elle participe au sentiment de vertige qui s’empare de nous lors de la scène de réception de mariage.

    Chacun ses goûts…

  2. J’ai bien aimé Melancholia, cette déliquescence de l’esprit face à un évènement éminemment dramatique, qui nous heurte au plus profond de nous-même. L’image est très belle, anti-dogme au possible.
    Sur le plan de la physique toutefois, le film n’a aucune crédibilité.

  3. Merci pour votre commentaire.
    Si je puis me permettre cependant, ce n’est pas le danger planétaire qui rend Justine névrosée. Elle l’était avant cela. Le film ne dit pas pourquoi d’ailleurs (à part la mésentente des parents).
    Que le film ne soit pas crédible scientifiquement parlant n’est pas un problème en soi : si l’on prend pour principe que toute l’histoire se déroule dans la tête de Justine, c’est donc la conception de la physique de Justine qui est ici en œuvre… Le schéma qui sort d’internet est, il est vrai, farfelu ; de plus, le fait que les scientifiques se trompent à ce point sur un sujet bien maitrisé comme la mécanique céleste est effectivement impossible. Mais cela Justine l’ignore. Sauf erreur de ma part, si une planète de la masse de Melancholia nous frôlait, sa trajectoire serait assez peu modifiée. En revanche, la Terre serait soit capturée (et resterait en orbite autour de M.) soit envoyée sur une orbite elliptique autour du soleil (ce qui, dans les deux cas, ne serait guère mieux qu’être pulvérisé, ceci dit !) 🙂 Il faudrait que les deux trajectoires se coupent parfaitement et dans des directions opposées pour qu’il y ait un tel choc me semble t-il. Mais, bon, comme je le disais, la crédibilité physique n’est pas à considérer.

  4. Melancholia est un film que je qualifierais de « très bizarre ». Le scénario est médiocre et on aurait tendance à s’ennuyer à certains moments. Cependant, Kristen Dunst joue très bien son rôle et les images sont tout simplement magnifiques ! J’adore ce long-métrage pour son graphisme et je pense que ceux qui aiment les images réussies devraient tout de même le visionner.

  5. JUSTE LA FIN DU MONDE

    Programmer Mélancholia sur arte le soir même de l’éclipse solaire par la lune est un tour de force publicitaire en soi! Mais ce film n’atteint sa pleine félicité que sur très grand écran (l’image postée par notre hôte en témoigne)
    C’est toujours difficile d’aborder un film à nul autre pareil (scénario et mise en scène de l’auteur cinéaste)
    Lars von Trier a choisi d’aborder la fin, et ce dès le début (je ne reviens pas sur la fascinante beauté plastique des images et du son de ce prélude)
    Soit deux soeurs (Justine et Claire) que le cinéaste choisit de diviser en deux chapitres distincts mais suivis chronologiquement et portant leurs noms, l’une se mariant, l’autre l’organisant
    Le premier chapitre, tout en teintes dorées et blondes, démarre avec l’arrivée de la Limo blanche et narre une noce épouvantable (qui semble montée de toutes pièces) avec force participants dans une sorte de manoir ancien avec grand parc boisé (von Trier a le don d’aller chercher de grands acteurs pour parfois d’épisodiques rôles secondaires). Il est clair (pour Claire) que Justine la mariée ne va pas bien. État dépressionnaire qui va gagner Claire dans la seconde partie (toute en teintes sombres et nocturnes) au fur et à mesure que Justine semble reprendre du poil de la bête, dans la seconde partie qui se resserre une fois tous les invités barrés autour de quatre personnages, puis de trois
    Justine et Claire sont deux portraits féminins opposés souffrant de mélancolie aigüe par l’arrivée de cette planète extraordinairement belle de brillance indigo
    Car oui il y a un troisième personnage dont l’ampleur croît, c’est le petit garçon de Claire, neveu de Justine, féru d’astronomie, que les deux soeurs aiment et protègent
    Affirmer que tout se passe dans la tête de l’une par rapport à l’autre me semble simpliste même s’il y a des éléments qui s’y transfèrent et nous valent quelques plans fabuleux
    Von Trier parvient à faire sourdre cet état de fait par la pression de sa mise en scène dont le dialogue peu à peu s’évapore, par le suspense qu’il maintient constamment et par la façon dont il clôt le film en un large plan ravageur magistral
    La musique de Wagner, la sublime photographie, l’interprétation de Kristen Dunst, l’atypique de la situation achèvent le couronnement de l’oeuvre
    Avec von Trier on s’attend à tout, bon et mauvais, mais ici nous sommes plutôt projetés vers le haut

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