27 mai 2010

Le casse du siècle (2007) de Michael Radford

Titre original : « Flawless »

FlawlessLui :
Au sein de la plus grande société londonienne de courtage de diamants, une femme cadre dirigeant, ambitieuse, est bloquée dans son avancement. Elle est approchée par homme de ménage qui projette de cambrioler le coffre rempli de diamants. Dans une ambiance années soixante, sur fond de tensions politiques du fait de l’apartheid, ce film anglais de Michael Radford est assez original dans sa mise en place et ses personnages. L’initiateur du casse du siècle paraît presque à l’opposé des images habituelles. C’est en tout cas toujours un grand plaisir de voir jouer Michel Caine, qui n’a pas son pareil pour donner corps et chaleur à son personnage avec sa nonchalance qui le caractérise. Face à lui, le jeu de Demi Moore paraît inévitablement un peu fade. La réalisation est sans faille et ce Casse du Siècle parvient parfaitement à garder notre intérêt jusqu’à la fin. Bizarrement, le film n’est pas sorti en salles en France, il l’aurait mérité.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Demi Moore, Michael Caine, Lambert Wilson, Nathaniel Parker
Voir la fiche du film et la filmographie de Michael Radford sur le site IMDB.

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20 mai 2010

Espion(s) (2009) de Nicolas Saada

EspionLui :
Pris la main dans le sac, un bagagiste de Roissy se retrouve de force employé par les services secrets pour démasquer un homme d’affaires suspecté de trafic d’explosifs. Espion(s) est le premier long métrage de Nicolas Saada, ex-chroniqueur aux Cahiers du Cinéma. Si l’histoire en elle-même, très classique, n’est pas entièrement convaincante, le jeu des acteurs l’est beaucoup plus et Nicolas Saada parvient parfaitement à développer une vraie tension psychologique sur une trame policière. Guillaume Canet et Géraldine Pailhas mettent beaucoup d’authenticité dans leur jeu ce qui les place très proches de nous. L’ambigüité de leurs rapports se mue en une certaine fragilité qui devient attachante. Les scènes de suspense pur paraissent en regard plus conventionnelles et ne parviennent pas pleinement à générer la tension attendue. Espions(s) paraît néanmoins globalement plutôt réussi, un film d’espionnage plein de délicatesse, ce qui n’est pas courant et plutôt bienvenu.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Guillaume Canet, Géraldine Pailhas, Stephen Rea, Hippolyte Girardot, Archie Panjabi
Voir la fiche du film et la filmographie de Nicolas Saada sur le site IMDB.

14 mai 2010

Les ailes pourpres – Le mystère des flamants (2008) de Matthew Aeberhard et Leander Ward

Titre original : « The Crimson Wing: Mystery of the Flamingos »

Les ailes pourpres - Le mystère des flamantsElle :
Le lac Natron en Tanzanie, un lac fascinant en permanente métamorphose tant sur le plan des couleurs que des éléments qui le composent … un volcan qui crache des cendres au-dessus du lac et une eau de source particulière qui descend de la montagne … cela suffit à créer un univers hors du commun qui permet, à la saison des pluies, aux flamants roses de se reproduire par centaines de milliers malgré des conditions de vie extrêmes : il y fait très chaud et la concentration en sel est tellement élevée qu’il recouvre le lac d’une croute. Les flamants roses se nourrissent d’algues rouges uniques qui donnent ce beau pigment à leur plumage. Les prises de vues sont époustouflantes de beauté, les atmosphères de brumes et de reflets extraordinaires. On assiste à d’étonnantes parades amoureuses, à la nidification, à la naissance puis à l’envol. Un film-documentaire à grand spectacle pour un grand bain de nature.
Note : 4 étoiles

Lui :
Des images belles et étonnantes, toute la magie de la Nature à l’œuvre. Cette production Disney Nature (nouvelle société de production basée à Paris) bénéficie d’une réalisation, artistique et technique, parfaite. Le commentaire sait heureusement rester assez discret mais part parfois dans des digressions inutiles pour forcer l’émerveillement. Les Ailes Pourpres est un ravissement pour l’œil.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: (voix)  Zabou Breitman, Mariella Frostrup
Voir la fiche du film et la filmographie de Matthew Aeberhard & Leander Ward sur le site imdb.com.

13 mai 2010

Coco avant Chanel (2009) de Anne Fontaine

Coco avant ChanelElle :
Je me suis laissée entraînée avec plaisir dans l’univers de la Belle Epoque aux côtés de cette femme attachante et téméraire qui transgresse les conventions et codes de la bienséance. Face au machisme des hommes qui détiennent le pouvoir et l’argent, elle revendique sa liberté de vie, son désir de travailler et son indépendance avec courage et ténacité. Le jeu d’Audrey Tautou est délicat et convaincant. Anne Fontaine parvient à bien faire passer l’importance de l’influence de Coco Chanel sur une société corsetée et des codes vestimentaires dépassés. Les femmes de cette époque étaient bridées dans leur corps, leurs vêtements, leur tête et contraintes de dépendre de leurs amants ou de leurs maris sur le plan financier car elles ne travaillaient pas.
Note : 4 étoiles

Lui :
Coco avant Chanel nous fait découvrir la jeune créatrice avant qu’elle ne crée sa maison de couture. D’abord chanteuse, elle vit ensuite chez son protecteur, Etienne Balsan et manifeste une liberté d’esprit peu courante à son époque. Audrey Tautou est assez convaincante dans ce rôle de femme anticonformiste et déterminée, montrant ainsi une profondeur inhabituelle pour l’actrice. L’histoire, qui paraît quelque peu romancée, n’échappe pas aux conventions du genre mais le film d’Anne Fontaine est plutôt réussi. Un film plaisant.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola, Marie Gillain, Emmanuelle Devos
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8 mai 2010

Made in Italy (2008) de Stéphane Giusti

Made in ItalyLui :
Un écrivain parisien d’origine italienne revient à Turin avec sa sœur à la mort de son père. Ils découvrent que celui-ci était un homme à femmes criblé de dettes. Made in Italy aurait pu être une comédie sympathique compte tenu de l’attirance visible du réalisateur Stéphane Giusti pour les meilleures comédies italiennes et du beau plateau d’acteurs qu’il a rassemblé. Hélas, le scénario paraît bien faible et l’ensemble manque de rythme. C’est dommage car l’on aurait aimé que ce Made in Italy soit plus réussi.
Note : 1 étoile

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Gilbert Melki, Amira Casar, Françoise Fabian, Caterina Murino, Vittoria Scognamiglio
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6 mai 2010

La très très grande entreprise (2008) de Pierre Jolivet

La très très grande entrepriseLui :
Si le titre peut faire penser à une suite de Ma Petite Entreprise, le propos est en réalité tout autre. La très très grande entreprise met en scène les manœuvres d’un petit quatuor de personnes pour aller extirper des documents compromettants au siège de l’énorme multinationale qui a pollué leur région. Sur fond vaguement écologique, c’est donc une histoire de type « David contre Goliath » : nos personnages devront montrer beaucoup de débrouillardise et de détermination pour arriver à leur fin. Le ton général est celui de la comédie et les quatre acteurs principaux sont particulièrement à la hauteur, très authentiques dans leur jeu. Le film repose beaucoup sur eux. Le scénario paraît un peu faible et finit part tourner en rond en utilisant toujours le ressort du suspense (« vont-ils se faire prendre ? »). La très très grande entreprise réussit mieux dans les petites touches d’humour, dialogues, situations ou incrustations qui brocardent ces grandes entreprises sans humanité et leurs hauts cadres qui n’en ont guère plus.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Roschdy Zem, Marie Gillain, Jean-Paul Rouve, Adrien Jolivet
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5 mai 2010

Ratatouille (2007) de Brad Bird et Jan Pinkava

RatatouilleLui :
L’idée de départ de faire d’un rat un grand chef cuisinier est assez gonflée mais permet de créer une multitude de situations amusantes. Ratatouille écarte joliment les antinomies pour faire une ode à la créativité et à la french cuisine. On peut bien entendu reprocher certaines recettes toutes faites (!) et clichés mais l’ensemble est réussi, bien dosé et sans aucune lourdeur. Le Paris qui est recréé devant nos yeux est assez beau, bien chargé de cette ambiance empreinte d’une certaine magie. L’humour est assez constant, sans jamais montrer de faiblesse. On pourra noter que les références générationnelles, traditionnellement très nombreuses dans ce genre de film, sont ici plus réduites. Ratatouille permet aussi de mesurer les avancées techniques puisque la production mentionne le chiffre ébouriffant de 30 000 poils pour chaque rat et la scène dans la rivière souterraine est assez étonnante (il faut savoir que la fourrure et l’eau font partie des choses les plus complexes à modéliser sur ordinateur). Mais Ratatouille n’est pas qu’une prouesse logicielle car la base reste de l’animation dans la meilleure tradition qui soit (un logo en fin de générique précise de façon amusante que le film est garanti 100% sans motion-capture). Formant un bel ensemble, Ratatouille est un petit délice d’humour, un joli divertissement.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: (voix) Patton Oswalt, Ian Holm, Lou Romano, Peter O’Toole
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4 mai 2010

Versailles (2008) de Pierre Schöller

VersaillesElle :
Un film sombre, sensible et très touchant sur le thème de l’exclusion sociale et des sans-abris, thèmes peu abordés au cinéma. Pour tenter d’aller se reconstruire par le travail, une jeune femme perdue abandonne son enfant Enzo à Damien, un sans abri vivant dans une cabane au fond des bois. Les ambiances sont dépouillées, pudiques, dures et les conditions de vie sont presque animales. Entre Enzo et Damien va se créer un lien filial qui va permettre leur rédemption. L’enfant sauve l’adulte de la folie et l’adulte sauve l’enfant de l’abandon et du désamour. Les dialogues sont sobres et sonnent justes ; tout se passe par les regards et les gestes de tendresse et d’amour qui s’échangent. Les corps sont la seule chose affective et sensible qui reste. Le réalisateur parvient à faire un film poignant; ses personnages sont à vif dans leurs blessures. La mère, l’enfant et Damien interprété par Guillaume Depardieu, sont remarquables et bouleversants.
Note : 4 étoiles

Lui :
Premier long métrage de Pierre Schoeller, Versailles est un film digne d’être remarqué car il porte un regard très juste sur un monde que l’on préfère parfois ne pas voir. Les personnages de son histoire vivent totalement en marge de notre société, sans domicile et sans ressources, dans le bois de Versailles à deux pas du château. C’est aussi un film sur la rencontre de Damien, l’homme des bois, avec un enfant de cinq ans. Pierre Schoeller a su éviter tout apitoiement ou pathos excessif, l’image qu’il donne sonne juste, sans paroles inutiles, utilisant souvent les ambiances nocturnes. Guillaume Depardieu semble fait pour ce rôle auquel il donne une très grande consistance et on reste sans voix devant la prestation du très jeune Max Baissette de Malglaive qui est, lui aussi, très juste dans son jeu et qui contribue à apporter à Versailles toute son authenticité.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Guillaume Depardieu, Max Baissette de Malglaive, Judith Chemla, Aure Atika, Patrick Descamps
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2 mai 2010

Wackness (2008) de Jonathan Levine

Titre original : « The Wackness »
Autre titre (DVD) : « La loose »

The WacknessLui :
Le thème de la fin d’adolescence et du passage à l’âge adulte est assez récurrent dans le cinéma américain, qu’il soit hollywoodien ou indépendant. Prix du public au festival de Sundance, Wackness n’évite pas les écueils du genre et les poncifs pseudo-philosophique sur le sens de la vie… mais il a le mérite d’aborder le thème de manière différente, un peu décalée : ses personnages sont loin d’être classiques ce qui leur donne une humanité certaine. Le réalisateur Jonathan Levine a eu vingt ans à l’époque de cette histoire, c’est-à-dire au milieu des années quatre-vingt dix, et il dit avoir mis un peu de lui-même dans Wackness. Dans son désir d’aborder le thème différemment, il va certainement trop loin et appuie un peu trop fort sur la pédale (quel intérêt d’en faire un vendeur de drogues, totalement improbable d’ailleurs ? ). En revanche, il est servi par une très belle interprétation de Ben Kingsley, en psy perturbé et un peu déjanté, et du jeune Josh Peck qui parvient à donner une indéniable profondeur à son personnage au fur et à mesure que le film avance. Wackness est toutefois plombé par une mise en scène peu précise et paraît un peu long et verbeux. Pas franchement raté mais pas franchement réussi non plus. La bande son est assez riche, hip-hop des années 90 et pop des années 70.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ben Kingsley, Josh Peck, Famke Janssen, Olivia Thirlby
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Remarque :
1) Plusieurs fois mentionné dans le film Wackness, Rudolph Giuliani a été maire de New-York entre 1994 et fin 2001 ; il s’est fait élire sur le thème de la lutte contre l’insécurité. Il reste aujourd’hui l’un des hommes politiques de premier plan : lors de l’élection présidentielle de 2008, il était l’un des candidats potentiels du parti républicain.
2) Wackness est un dérivé d’un mot d’argot « wack » ou « wacky » qui désigne quelqu’un de farfelu, original voire un peu cinglé.
3) Le titre français de la sortie vidéo, « la loose« , n’est vraiment pas réprésentatif du film (il faudrait un jour faire passer une loi qui oblige les distributeurs à voir le film au moins une fois avant de choisir un titre…!) Le titre canadien « Thérapie pour mon Psy » est bien mieux choisi et a le mérite d’être plus amusant.

29 avril 2010

Caramel (2007) de Nadine Labaki

Titre original : « Sukkar banat »

CaramelElle :
Cette chronique qui porte sur plusieurs générations de femmes au coeur de Beyrouth est pleine de sensualité, d’espoir et d’humour. Ces femmes, des plus jeunes aux plus âgées, gravitent autour d’un salon de beauté qui devient un cocon à l’écart des hommes et le réceptacle de leurs angoisses et de leurs joies. Elles étouffent dans le carcan des hommes qui régentent et surveillent leur vie amoureuse. Elles sont pleines d’hésitation dans le choix de la vie à mener. Le culte de l’apparence et de la jeunesse, l’attrait pour l’occident éblouissent ces femmes en perte de repères. Doivent-elles garder une part de vérité et de pudeur ou exaucer leurs désirs de séduction à tout prix? La jeune réalisatrice trace des portraits sensibles et pleins de vie.
Note : 4 étoiles

Lui :
Avec pour lieu central un salon de beauté un peu défraîchi de Beyrouth, Caramel nous fait partager les sentiments de plusieurs femmes libanaises, leurs aspirations, leurs déceptions… Pour son premier long métrage, la réalisatrice libanaise Nadine Labaki tient elle-même le rôle principal et parvient à dresser des portraits très authentiques. Ces femmes d’âges différents ont en commun d’être en quête affective. Certaines recherchent une certaine assurance dans une exubérance certaine mais elles se montrent très fragiles. Elles paraissent comme écartelées entre la pesanteur d’une société et des modèles occidentaux édulcorés. Loin de tout manichéisme ou de simplification, le propos de la réalisatrice semble être plus de décrire que d’accuser. Son film est au final assez attachant. Son authenticité est certainement nourrie par le fait que tous ses acteurs sont amateurs.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Nadine Labaki, Yasmine Elmasri, Joanna Moukarzel, Gisèle Aouad
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