1 avril 2007

Le vieil homme et l’enfant (1967) de Claude Berri

Le vieil homme et l'enfantElle :
Ce film autobiographique témoigne du comportement de la France pétainiste vis à vis des juifs. Ce témoignage est bouleversant. Michel Simon en brave grand-père et ignoble vieillard raciste scelle une amitié profonde avec ce petit garçon qu’il ne soupçonne pas être juif sinon il l’aurait peut-être dénoncé. Les deux acteurs sont excellents, émouvants et drôles.
Note : 5 étoiles

Lui :
Ce film quasi autobiographique de Claude Berri pourrait être presque être pris comme une fable : comment l’affection entre un vieil homme et un enfant peut transcender les pires situations (la guerre, l’antisémitisme). Michel Simon est bien entendu mémorable dans ce rôle de vieux gâteux mais c’est sans doute cette impression de vérité qui donne toute sa force au film, qui en devient très touchant.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Michel Simon, Alain Cohen, Charles Denner, Luce Fabiole, Roger Carel, Paul Préboist
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Berri sur le site imdb.com.

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7 réflexions sur « Le vieil homme et l’enfant (1967) de Claude Berri »

  1. Bonsoir,
    Très beau film, oui. Je l’ai vu pour la première fois vers l’âge de 10 ans. La cruauté de la maîtresse d’école m’avait alors particulièrement marquée, et ce n’est que plusieurs années plus tard que j’appris le nom de l’actrice qui l’incarnait, puisque cette merveilleuse actrice n’était autre que mon professeur de théâtre. Bonne soirée à vous 😉

  2. L’histoire d’un « Juste parmi les Nations »…
    mais malgré lui
    malgré son pétainisme
    avec un Michel Simonstrueux d’humanité bourrue.

  3. ARRAS-62 13.juillet.2008 A 08.31.
    Bonjour,ou Bonsoir.
    En effet trés beau film, je l’ai vu a sa sortie.
    Je recherche ce film le vieil homme et l’enfant
    1967 de Claude BERRI.
    Recherche CD – ROM ( Participation aux frais)
    Merci d’avance.
    André

  4. Ce film bouleversant , que j’ai admiré plusieus fois , il y a des années retrace ma propre expérience de juillet 40 à novembre 42 dans les Cévennes ; mais j’ai eu encore plus de chance car mes parents adoptifs n’ont jamais été antisémites et m’ont aimée au premier jour .
    J’ai 77 ans et il ne se passe pas de jour où je ne les remercie de m’avoir évité l’enfer . Retenez leur nom : ils s’appelaient Mr et Mme Dupré .

  5. Merci pour ce témoignage émouvant et réconfortant à la fois.
    J’imagine aisément votre émotion à la vision de ce film.

  6. C’est la guerre, Claude est juif, enfant turbulent il fait trop de misères à ses parents aux abois.

    Sans conscience de son statut « différent », définit par un pouvoir éphémère mais puissant le temps de son impact sur les esprits, il mène la vie d’un enfant comme les autres ou les débordements verbaux sur sa « différence » peuvent surgir à n’importe quel moment.

    Envoyé par sécurité à la campagne, il se retrouve au contact de Pépé antisémite pétainiste pur et dur ignorant les origines de cet enfant parachuté dans cette campagne ou l’on mange à sa faim loin des conflits.

    Pépé ouvre les bras sans le savoir à son pire cauchemar. Le cœur de ce vieil homme aigri prend le pouvoir, Claude est le fondement d’un principe fondamental, La loi naturelle du devoir que l’on doit à ses semblables et surtout aux enfants.

    D’emblée entouré d’affection, il est aimé car il n’a plus d’identité ce n’est qu’un adorable petit garçon qui par ses craintes et ses questions revitalise un environnement rural au destin triste et accompli.

    Pépé devient un merveilleux Grand-père, retrouve sa voix, se déguise, chante « Vive le pinard » sous l’euphorie générale. Alain a relancé la machine, Pépé revit, se radoucit, atténue quelque peu ses idées extrémistes.

    N’ayant au préalable que de l’amour que pour son chien il se repositionne sur les humains, relance des débats conflictuels mais constructifs avec son fils Victor qui au contact de la vitalité de Claude retrouve certaines ardeurs masculines assoupies envers sa femme.

    Le vieil homme et l’enfant inspiré des propres souvenirs de Claude Berri est l’apologie de la bonté à l’état pure que l’on offre de manière naturelle à un enfant sans se soucier de ses origines.

    La caricature des juifs que Pépé entretient pendant le film est un jeu pour Claude qui ne sait même pas de quoi on parle. Le juif devient un père fouettard, une peur d’enfant qui rapproche encore davantage ses deux extrémités de la vie, l’enfant et le vieillard qui s’abreuvent de jeux à se faire peur sur ces thèmes.

    Pépé est une mécanique grippée redémarrée par le concept le plus merveilleux : La vitalité d’un enfant désirant tout connaître de cette vie qu’il vient de découvrir dans la pire des époques, l’antisémitisme et la guerre.

    La scène finale inévitable est par son dépouillement profond un respect merveilleux envers cette alchimie établie pour l’éternité.

    Un enfant et futur homme est projeté sur le chemin de la confiance grâce à la résurrection des sentiments d’un vieillard ne croyant plus en rien et qui redécouvre l’automatisme de la protection, le plaisir d’apprendre par la maîtrise d’une rhétorique reconstruite.

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