Elle :
Un film insignifiant qui ne parvient pas à se trouver malgré toute la pléiade d’acteurs de premier plan. Cette juxtaposition de personnages qui se frôlent et parfois se rencontrent parait un peu vaine et manque de fil conducteur et de construction. Ce thème sur les états d’âme de bobos parisiens bien privilégiés où les hommes en prennent pour leur grade est archi-rebattu.
Note :
Lui :
L’affiche de Ma place au soleil donne bien le ton du film : ce sont de petits fragments de vie mis les uns à côté des autres sans que cet assemblage hétéroclite ne forme un ensemble. Pour sa première réalisation, Eric de Montalier a voulu aborder trop de sujets et au final son film ne parle de rien du tout et brasse allègrement du vide. Le plateau est pourtant impressionnant et on ne peut pas dire qu’un des acteurs présents ait failli. Non, il manque simplement à Ma Place au Soleil un fil conducteur fort, une direction, un sens… En l’état, il ne peut sans doute plaire qu’aux spectateurs qui s’identifient à l’un des personnages.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Nicole Garcia, Jacques Dutronc, André Dussollier, François Cluzet, Valeria Golino, Gilles Lellouche, Élodie Bouchez, Mélanie Doutey, Hippolyte Girardot
Voir la fiche du film et la filmographie de Eric de Montalier sur le site imdb.com.
Elle : (En bref) Une mère s’enfuit avec son enfant pour le protéger de son mari déséquilibré. Les parents vont tout faire pour le récupérer. Le scénario est particulièrement original et complexe, chargé d’une ambiance malsaine à souhait. Stéphane Audran rayonne dans son combat de mère méprisée face à Jean-Pierre Cassel et Michel Bouquet qui donnent dans la perversité et le machiavélisme.
Note :
Lui : (En bref) Une belle intrigue chabrolienne : les sentiments face au pouvoir de l’argent. Très belle interprétation, Stéphane Audran en tête qui, bien qu’employée ici un peu à contre-emploi, joue avec grande conviction.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Stéphane Audran, Jean-Pierre Cassel, Michel Bouquet, Annie Cordy, Jean-Claude Drouot, Jean Carmet
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Chabrol sur le site imdb.com.
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Elle : (En bref) Soupçonnant sa femme de le tromper, un mari engage un détective privé pour en avoir le coeur net. Quelle atmosphère inquiétante Claude Chabrol a su créer à partir d’un scénario somme toute assez classique! Stéphane Audran et Michel Bouquet sont admirables et Chabrol s’en donne à coeur joie pour dépeindre les travers de la bourgeoisie.
Note :
Lui : (En bref) Un classique de Chabrol qui se laisse revoir toujours avec grand plaisir. La minutie avec laquelle Michel Bouquet réalise son forfait traduit bien la vision de Claude Chabrol sur la bourgeoisie parisienne.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Stéphane Audran, Michel Bouquet, Michel Duchaussoy, Maurice Ronet
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Elle :
Une petite ville provinciale dans laquelle cinq personnages un peu perdus se frôlent et attendent celui ou celle qui va apporter un plus à leur vie. Un couple en désir de se retrouver et le passage d’un amant, un jeune homme à la recherche de son enfant, un propriétaire de bar amoureux d’une prostituée et cette même femme enceinte qui espère enfin trouver le bonheur grâce à son futur bébé. Ce film subtil est à la fois plein de tendresse et de mélancolie. Les acteurs dont Jean-Pierre Darroussin, Emmanuelle Devos et Eric Caravacca rendent leur personnage attachant et sensible ; ils parviennent à transmettre de purs moments d’émotion et de fantaisie.
Note :
Lui : J’attends quelqu’un nous fait pénétrer dans la vie de plusieurs personnages d’une petite ville de province. Les liens entre certains de ces personnages sont assez étroits, d’autres plus ténus et lointains : ils ne feront que se croiser. Plusieurs ont en commun le problème de la solitude. Il ne faut pas toutefois penser que le film de Jérôme Bonnell est triste et austère ; non, le réalisateur porte un regard simple sur ces tranches de vie pour nous faire partager, non sans un certain humour parfois, leurs attentes, leurs hésitations. Ces vies, si elles sont assez différentes au premier abord, montrent certaines résonances entre elles. Les acteurs, Jean-Pierre Darroussin et Emmanuelle Devos en tête, apportent beaucoup d’authenticité par leur jeu assez direct, à la fois simple et complexe.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Jean-Pierre Darroussin, Emmanuelle Devos, Eric Caravaca, Florence Loiret, Sylvain Dieuaide
Voir la fiche du film et la filmographie de Jérôme Bonnell sur le site imdb.com.
Elle :
Le mariage de Vinh, un jeune vietnamien adopté par une famille suisse lorsqu’il avait sept ans, va donner lieu aux retrouvailles de cette famille éclatée pour sauver les apparences face à la vraie mère de Vinh qui débarque du Vietnam pour la cérémonie. Les rancoeurs et les violences trop longtemps contenues éclatent au grand jour, tout comme certains moments de tendresse qui donnent envie de croire à la réconciliation. On peut passer du rire à l’émotion en un rien de temps. Ce regard sur l’illusion de la famille unie est sans concession.
Note :
Lui :
Une famille décomposée est forcée de se recomposer pour un jour pour donner l’impression d’être unie. Jean-Stéphane Bron a réalisé des documentaires avant de tourner ce premier film de fiction et c’est un regard assez extérieur qu’il nous propose de porter sur cette famille. L’histoire, visiblement lourde, de cette famille n’est pas évoquée et on ne peut qu’en observer le résultat, une étude de comportement en quelque sorte. Des personnages qui manquent d’épaisseur et un regard trop extérieur, ce sont les principaux défauts de Mon frère se marie mais le film n’est pas sans qualité : tout d’abord, il en émane une certaine fraîcheur malgré le sujet et aussi une indéniable authenticité. De plus, Jean-Stéphane Bron parvient aussi bien à nous faire rire qu’à nous attrister, ce qui témoigne d’une sensibilité certaine.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Jean-Luc Bideau, Aurore Clément, Cyril Troley, Quoc Dung Nguyen, Thanh An, Man Thu
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Elle :
Ce film adapté du très beau roman de Martin Durin-Valois intitulé Chamelle se veut être un message d’alerte face à la pénurie d’eau qui menace la planète et oblige des peuples à errer sans fin pour survivre. J’ai préféré de loin le roman qui dépeint avec une intensité poignante la longue errance d’une famille nomade à la recherche de l’eau. Certes, cette quête dans le film est dépouillée, brute et douloureuse dans les brûlants déserts de pierre mais il manque les dialogues et pensées intérieures qui assaillent les personnages. Il est parfois bien difficile de remplacer les mots d’un écrivain, même en étant parfaitement en phase avec lui.
Note :
Lui :
Dans un pays d’Afrique, une famille part chercher de l’eau avec un chameau et un petit troupeau de chèvres. De longues journées de marche dans des régions désertiques les attendent. Si le vent soulève les sables est adapté du roman du français Marc Durin-Vallois, Chamelle, livre par lequel il voulait nous sensibiliser à l’importance de cette ressource essentielle et limitée, l’eau. Le film de Marion Hänsel prolonge sa portée, la cinéaste ayant parfaitement su mettre en place cette atmosphère de dénuement et réflexes de survie sans jamais utiliser de sentimentalisme racoleur ou d’apitoiement facile. Il y a une force certaine dans ses personnages et l’environnement extrêmement aride et inhospitalier ne fait que renforcer ce sentiment. La qualité de la réalisation de Si le vent soulève les sables est patente et sa bande sonore particulièrement remarquable. S’il n’est pas sans défaut, le film a une certaine force d’impact.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Isaka Sawadogo , Carole Karemera
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Elle :
Ce premier long métrage sur un amour maternel dévorant et destructeur est une grande réussite. La mise en scène est sobre et bouleversante ; elle se penche essentiellement sur les regards et les silences puisque la communication semble bannie au sein de cette famille qui se disloque. Nathalie Baye incarne une mère glaciale, autoritaire et tyrannique qui, au nom d’un amour ambigu pour son fils, le dévore et le détruit. L’amour fait peu à peu place à la haine car cette femme ne supporte pas de voir son fils devenir autonome au moment de l’adolescence, elle veut le garder tout entier pour elle. Pour y parvenir, elle le séquestre, le bat, lui ôte toute parcelle de liberté sans que son mari incarné par Olivier Gourmet ne s’indigne et ne réagisse.
Note :
Lui :
Pour son premier long métrage, Mon fils à moi, Martial Fougeron réussit à créer une forte tension dans cette histoire de mère ultra possessive envers son enfant de 13 ans, sans toutefois dramatiser à outrance une situation qui nous met presque un peu mal à l’aise en tant que spectateur. Nathalie Baye se dévoile assez étonnante dans ce rôle à contre-pied de son image habituelle. Froide et autoritaire, elle passe rapidement d’une connivence ambiguë avec son fils à une attitude obsessionnelle et destructrice. Elle nous apparaît alors assez effrayante. Egalement à contre emploi, Olivier Gourmet est ici totalement effacé… Martial Fougeron a su trouver le bon équilibre et le ton juste : Mon fils à moi a une indéniable force sans user de spectaculaire. Un drame ordinaire pourrait-on dire.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Nathalie Baye, Victor Sévaux, Olivier Gourmet, Marie Kremer, Emmanuelle Riva
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Elle :
Je n’ai absolument pas été convaincue par l’intérêt de ce film, censé démonter les arcanes de la préparation d’un homme politique à une élection présidentielle. Je l’ai trouvé plat, vide et ennuyeux à l’image de ce candidat président incarné par un Yvan Attal guère crédible. Le milieu grand bourgeois de ces hommes de pouvoir vivant dans un château et roulant dans des Jaguar rutilantes n’est pas très plausible non plus. L’ensemble est trop caricatural.
Note :
Lui :
Passant pour la première fois derrière la caméra, le comédien Niels Arestrup n’a visiblement pas cherché la vraisemblance avec Le Candidat : Yvon Attal n’est pas crédible une seule seconde dans le rôle d’un homme politique, pas plus que ne le sont ses conseillers proches et l’environnement très grand bourgeois apparaît même décalé. C’est plutôt l’homme en lui-même qui semble l’avoir intéressé, un candidat à l’élection présidentielle en proie à de profonds doutes sur lui-même et sa crédibilité, justement. Le problème est, qu’à part abuser de regards fuyants et de fronts bas, Yvan Attal ne donne aucune dimension à son personnage et dès lors Le Candidat n’évoque plus qu’une pâle, et un peu vide, variation sur le pouvoir de l’image.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Yvan Attal, Niels Arestrup, Clotilde de Bayser, Maurice Bénichou
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Remarque : Niels Arestrup a su habilement éviter tout rapprochement entre ses personnages et des hommes politiques existants, même si Yvan Attal a déclaré avoir rencontré François Hollande et que le personnage joué par Niels Arestrup peut évoquer Lionel Jospin dans nos esprits (quoique son train de vie et son geste à la fin, franchement grotesque, du film l’en éloigne…).
Lui : Le Chien Jaune de Jean Tarride et La Nuit du Carrefour de Jean Renoir sont les deux premières adaptations d’un roman de Simenon à l’écran, les deux premiers d’une (très) longue liste donc. Force est de constater que le Le Chien Jaune est bien moins prenant que le film de Renoir tourné la même année. Le rythme est assez lent et l’intrigue plutôt mal exposée et développée. C’est le père du réalisateur qui joue le rôle de l’inspecteur Maigret. Son personnage est assez dans le ton, extrêmement placide.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Abel Tarride, Rosine Deréan, Robert Le Vigan
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Elle :
Un excellent film qui souffle le vent de la rébellion et même annonce les grands bouleversements qui vont agiter la société française de ces années 60. Ce drame passionnel qui se joue entre un jeune chef d’orchestre et sa jeune amie volage éprise de liberté donne lieu à un procès où les corps institutionnels (avocats, juges, police, famille) sont férocement montrés par le cinéaste pour leur rigidité, leurs conventions ridicules, leur hypocrisie, leur propension à créer du sensationnel pour alimenter les journaux. Clouzot fait des allers retours entre le déroulement des évènements et le tribunal. La Vérité fait la part belle à une jeunesse qui se réveille, provoque, bouleverse les codes moraux et désire s’émanciper. Le ton est plein de fraîcheur, de désinvolture, d’insouciance, de sensualité et d’humour.
Note :
Lui :
La jeune et jolie Dominique (Brigitte Bardot) est jugée pour le meurtre du seul homme qu’elle ait aimé (Sami Frey). La société voit en elle une jeune fille aux mœurs dissolues et refuse de reconnaître le crime passionnel. La Vérité est mis en scène avec grande précision par Henri-Georges Clouzot, les scènes de prétoires étant entrecoupées de flashbacks nous permettant de mieux mesurer le décalage entre la vision de la Justice et la réalité. Les joutes oratoires entre avocats (Charles Vanel et Paul Meurisse) sont assez brillantes ; elles auraient été inspirées au cinéaste par celles de Maîtres René Floriot et Maurice Garçon. La direction d’acteurs est tout aussi précise et La Vérité offre incontestablement à Brigitte Bardot le plus grand rôle de toute sa carrière (et on peut en dire autant, très certainement, de Sami Frey). Les films de Clouzot, et celui-ci en particulier, furent raillés par les défenseurs de la Nouvelle Vague car trop représentatifs d’un « vieux cinéma ». Le recul permet de mesurer à quel point ces attaques étaient futiles tant La Vérité reste d’une indéniable force 50 ans plus tard.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Brigitte Bardot, Charles Vanel, Paul Meurisse, Sami Frey, Marie-José Nat, Louis Seigner, Jacques Perrin
Voir la fiche du film et la filmographie de Henri-Georges Clouzot sur le site imdb.com.
Le parallèle entre Brigitte Bardot (dont la célébrité était alors à son apogée) et son personnage dans le film a largement alimenté les chroniques. Pour ne rien arranger, Brigitte Bardot fera, comme son personnage dans La Vérité, une tentative de suicide peu après (sans qu’il n’y ait, semble t-il, de lien direct avec le film) et elle aura également une aventure avec Sami Frey.