16 septembre 2009

Copie conforme (1947) de Jean Dréville

Copie conformeElle :
(pas vu)

Lui :
Lorsqu’un cambrioleur de haut vol découvre qu’il a un sosie parfait en la personne d’un paisible employé de bureau, il décide de l’employer pour se forger des alibis. Copie Conforme est l’occasion pour Louis Jouvet de s’amuser à jouer plusieurs rôles à la fois, non seulement le cambrioleur et son sosie mais aussi les différents personnages qu’il utilise pour accomplir ses forfaits. Il s’y donne à cœur joie et c’est un plaisir de le voir se transformer et donner tant de crédibilité à des rôles si différents. A ses côtés, Suzy Delair donne beaucoup de vie à son personnage (à noter également la présence du tout jeune et discret Jean Carmet). Les dialogues sont assez enlevés et l’humour est permanent. Copie Conforme est une comédie policière qui reste très plaisante.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Louis Jouvet, Suzy Delair, Annette Poivre, Jean Carmet
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean Dréville sur le site IMDB.

5 septembre 2009

Cet obscur objet du désir (1977) de Luis Buñuel

Cet obscur objet du désirElle :
(pas (re)vu)

Lui :
Cet obscur objet du désir est le dernier film de Luis Buñuel. Il reprend plusieurs des thèmes chers au cinéaste et évoque plusieurs de ses films. Il s’agit de l’adaptation du roman de Pierre Louÿs « La femme et le pantin » qui avait déjà été porté plusieurs fois à l’écran. Comme Buñuel le décrit lui-même, c’est l’histoire d’une possession impossible d’un corps de femme. Un bourgeois d’âge mûr désire une jeune femme qui se dérobe constamment : à chaque fois qu’il pense parvenir à ses fins, il se heurte à un obstacle infranchissable. Le réalisateur installe cette histoire dans un climat d’insécurité, attentats, agressions, qui crée un sentiment d’instabilité. Il y a aussi ce même parfum de léger onirisme, ou d’irréalité, que l’on avait dans Le fantôme de la liberté ou Le charme discret de la bourgeoisie. L’une des originalités les plus visibles de Cet obscur objet du désir est de faire jouer le rôle de la femme désirée par deux actrices différentes, sans aucune ressemblance : la toute jeune et douce Carole Bouquet, au visage de madone, et la sensuelle et insolente Angela Molina (hélas doublée en français). Ce dédoublement symbolise la dualité de la perception et des sentiments du personnage principal et de ses souvenirs (1). En à-côté, Buñuel s’amuse à détourner l’attention par des détails ou des objets incongrus, comme pour éviter que l’on prenne cette fable trop au sérieux. Sans être tout à fait au niveau des très grands films de Buñuel, Cet obscur objet du désir clôture fort joliment sa filmographie.(2)
Note : 4 étoiles (5/9/2009)4 étoiles (15/06/2024)

Acteurs: Fernando Rey, Carole Bouquet, Ángela Molina, Julien Bertheau, André Weber
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(1) Buñuel explique cela plus prosaïquement par une raison technique : Maria Schneider ayant quitté la production, il fallut la remplacer et comme il avait deux postulantes qui étaient parfaites chacune pour l’un des aspects du personnage, il engagea les deux !
(2) Le film s’achève sur une scène énigmatique (la femme qui reprise un manteau de dentelle taché de sang), la dernière scène que Buñuel ait tournée et dont il parle ainsi : « Cette scène me touche sans que je puisse dire pourquoi, car elle reste à jamais mystérieuse ». Et il accole à cette scène une dernière pirouette, ultime facétie du réalisateur.

Autres adaptations du roman de Pierre Louÿs :
La femme et le pantin de Jacques de Baroncelli (1928)
La femme et le pantin (The devil is a woman) de Josef von Sternberg (1935) avec Marlene Dietrich
La femme et le pantin de Julien Duvivier (1959) avec Brigitte Bardot (adaptation bien terne)

22 août 2009

Mille milliards de dollars (1982) de Henri Verneuil

Mille milliards de dollarsLui :
Sur les indications d’un mystérieux informateur, un jeune journaliste (Patrick Dewaere) se lance dans une enquête qui va le mener jusqu’aux portes d’une multinationale. Mille milliards de dollars (c’est le chiffre d’affaires annuel des 20 plus grosses sociétés mondiales) est un film politique très efficace. En grand spécialiste du cinéma populaire de qualité, Henri Verneuil fait évoluer son scénario avec une superbe maîtrise et maintient l’attention de façon constante par un suspense parfaitement dosé. Patrick Dewaere, ici dans l’un de ses tous derniers rôles, montre beaucoup de maturité dans son jeu, assez retenu et complet. Le propos est toujours aussi actuel.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Patrick Dewaere, Caroline Cellier, Charles Denner, Anny Duperey, Jeanne Moreau, Jean-Pierre Kalfon, Michel Auclair
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Remarques :
1. La multinationale G.T.I. du film Mille milliards de dollars présente de très grandes similitudes avec I.T.T., énorme multinationale (aujourd’hui démantelée) aux multiples ramifications économiques et politiques assez obscures.

2. Le générique du film mentionne deux livres comme source d’inspiration :
“Mille milliards de dollars” de Robert Lattès (1969)
“False Font” (“Gare à l’intox”) de Lawrence Meyer (1979)
Il omet de mentionner une troisième source, sans doute par crainte de poursuites d’ITT :
“The Sovereign State of ITT” de l’anglais Anthony Sampson (1972), livre qui a mis en perspective tout l’opportunisme de cette multinationale, à commencer par cette rencontre entre le président d’ITT et Hitler dès son arrivée au pouvoir en 1933 (pendant toute la Seconde Guerre Mondiale, ITT a été ensuite fournisseur d’armes et de matériel des deux camps).

9 août 2009

Jeux de dupes (2008) de George Clooney

Titre original : « Leatherheads »

Jeux de dupesElle :
(Abandon)
Note : pas d'étoile

Lui :
En 1925, une équipe de football américain engage un joueur brillant alors qu’une journaliste délurée cherche à le confondre pour un exploit de guerre usurpé. La reconstitution de l’atmosphère des années 20 est très hollywoodienne, une image près proprette avec force filtre sépia, distillée à grandes brassées de jazz New-Orleans ; dès le début du film, le résultat paraît bien artificiel ce qui n’aide pas à se laisser glisser dans son univers. Pour ne rien arranger, l’histoire n’est pas très intéressante, George Clooney jouant à nouveau avec l’image du anti-héro placide. Jeux de dupes peut toutefois intéresser les amateurs de football américain puisqu’il se déroule à l’époque charnière où ce sport s’est doté de règles. Quelques dialogues sont assez bien troussés.
Note : 1 étoile

Acteurs: George Clooney, Renée Zellweger, John Krasinski, Jonathan Pryce
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22 juillet 2009

Liliom (1934) de Fritz Lang

LiliomElle :
(pas vu)

Lui :
Liliom est un bonimenteur de foire qui fait chavirer le cœur des jeunes employées de maison qui viennent sur son manège. Il quitte son employeuse avec fracas pour s’installer avec l’une d’entre elles… Dans la filmographie de Fritz Lang, Liliom s’inscrit entre deux périodes : fuyant l’Allemagne nazie, le réalisateur s’installe un an à Paris et accepte de tourner cette nouvelle adaptation de la pièce de Ferenc Molnár avant de partir s’établir aux Etats-Unis. Liliom est un film qui paraît plus mineur que les autres films de Lang de cette époque mais on y retrouve la volonté du réalisateur d’explorer la psychologie de ses personnages, avec toujours une importance donnée au sentiment de culpabilité. Le contexte social y joue aussi un rôle sous-jacent mais important, à l’instar de M. ou des Mabuse. On y retrouve aussi la même notion d’aveuglement des institutions. Par les décors, le jeu des acteurs, Liliom montre sans doute un peu trop ses origines théâtrales. Il faut saluer la belle performance de Charles Boyer qui sait toujours aussi bien mêler séduction et cruauté dans le même personnage.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Charles Boyer, Madeleine Ozeray, Robert Arnoux
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Autres versions :
Liliom de Michael Curtiz (1919) avec Gyula Csortos
A trip to paradise de Maxwell Karger (1921) avec Bert Lytell
Liliom de Frank Borzage (1930) avec Charles Farrell
Carousel de Henry King (1956) film musical avec Gordon MacRae.

21 juillet 2009

Le nouveau protocole (2008) de Thomas Vincent

Le nouveau protocoleElle :
(pas vu)

Lui :
Après que son fils se soit tué dans un accident de voiture sur une route isolée des Vosges, Raoul Kraft découvre qu’il avait signé un protocole pour tester de nouveaux médicaments. Aiguillonné par une jeune femme en lutte contre le lobby pharmaceutique, il part à Paris pour découvrir la vérité. Le Nouveau Protocole est un thriller politique français qui tente de mêler enquête et scènes d’action. Hélas, ce sont ces dernières qui prennent le plus de place et l’enquête manque sérieusement de corps. Le scénario apparaît bien plus faible que celui de The Constant Gardener par exemple, qui traitait du même sujet. Ici, on ne croit pas beaucoup à l’ensemble, beaucoup de scènes paraissant totalement improbables. Clovis Cornillac est parfait dans ce rôle de taureau qui agit avant de réfléchir, même s’il a tendance à forcer un peu trop ce caractère de son personnage. Le fond du sujet est finalement peu abordé.
Note : 1 étoile

Acteurs: Clovis Cornillac, Marie-Josée Croze, Dominique Reymond
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12 juillet 2009

Ca$h (2008) de Eric Besnard

Ca$hElle :
(pas vu)

Lui :
Ca$h est un film qui met en scène des arnaqueurs qui agissent avec intelligence et élégance. Ce genre de film répond invariablement à des codes bien précis : un environnement luxueux, une apparente facilité dans l’action, un casting prestigieux et un retournement final. Le film d’Eric Besnard obéit à ces règles mais, s’il nous a bien concocté un final franchement imprévisible, le réalisateur a oublié que l’importance d’un retournement final se mesure à la hauteur des certitudes acquises précédemment. Or, son histoire est tellement embrouillée, qu’à dix minutes de la fin, nous sommes sûrs de rien : trop de personnages pas vraiment lisibles, trop de fausses pistes, trop de chassés-croisés. Ca$h est un film pas assez prenant, plutôt tape à l’œil, qui se laisse regarder mais qui s’oublie très vite.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Jean Dujardin, Jean Reno, Valeria Golino, Alice Taglioni, François Berléand
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8 juillet 2009

Deux jours à tuer (2008) de Jean Becker

Deux jours à tuerElle :
Un homme tire un trait brutalement sur sa vie, insulte ses amis lors d’un dîner d’anniversaire, quitte sa femme et ses enfants en prétextant qu’il s’ennuie dans sa vie trop bien réussie… Jean Becker réussit à faire un film plausible, sensible et émouvant avec la très bonne interprétation d’Albert Dupontel. Le scénario bien construit laisse entrevoir petit à petit les failles de son personnage et un déroulement inattendu. Il est curieux de voir comment ce cinéaste se fait éreinter systématiquement et plutôt injustement par la Critique…
Note : 3 étoiles

Lui :
Un quadragénaire qui a « tout pour être heureux », une femme aimante, de beaux enfants, des amis attentionnés et une situation aisée, décide de tout envoyer promener en un week-end… Deux jours à tuer est un film assez original qui dépasse les règles établies de son genre cinématographique. Cet homme est en rupture totale, il fait fi de toutes les conventions sociales, parfois avec une certaine brutalité, voire même une certaine violence. Il nous permet de prendre une certaine distance avec la représentation communément admise de la vie en société. Albert Dupontel livre une assez belle performance, réussissant à être à la fois odieux et attachant, avec cette petite dose de mystère qui nous fait nous interroger sur ses motivations profondes. Le rythme est assez enlevé, la durée du film étant ceci dit très courte. Avec Deux jours à tuer, Jean Becker nous donne à croquer, une fois de plus, un beau morceau d’humanité.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck, Alessandra Martines, Claire Nebout, François Marthouret
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6 juillet 2009

Cette sacrée vérité (1937) de Leo McCarey

Titre original : « The awful truth »

Cette sacrée véritéElle :
(pas vu)

Lui :
Cette sacrée vérité de Leo McCarey fait partie des grands classiques de la comédie américaine d’avant-guerre. Le film met en scène un couple dont le divorce, basé sur des soupçons infondés, sera effectif dans 90 jours. Toujours amoureux l’un de l’autre, ils vont tout faire pour se gêner mutuellement dans leurs nouvelles aventures amoureuses. Cette sacrée vérité est donc une série de quiproquos, de chassés-croisés qui mènent quasi systématiquement à des situations embarrassantes. Leo McCarey est un réalisateur spécialiste du burlesque et aussi un maître de l’improvisation ; ce fut le cas pour ce film où les dialogues furent écrits au jour le jour et le tournage se passa assez mal : un des deux scénaristes demanda à retirer son nom du générique et Cary Grant essaya par tous les moyens de quitter le tournage. S’il est vrai que l’ensemble manque d’une certaine cohérence, le film comporte de nombreuses scènes amusantes avec des dialogues bien enlevés et une situation évoluant de façon vive. Le jeu avec les éléments du décor et le chien ‘Mr Smith’ (c’est son nom) sont franchement remarquables. Certains gags jouent même sur un certain nonsense que n’auraient pas renié les Marx Brothers (que McCarey a dirigé). Le film fut un grand succès. Tout en restant une comédie plaisante, Cette sacrée vérité est probablement un peu surestimée toutefois : il lui manque une certaine alchimie globale pour posséder la perfection des meilleures comédies de cette époque.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Irene Dunne, Cary Grant, Ralph Bellamy, Alexander D’Arcy, Cecil Cunningham
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Il s’agit de l’adaptation d’une pièce d’Arthur Richman jouée dans les années 20 à Broadway. Autres adaptations :
The awful truth de Paul Powell (1925) avec Agnes Ayres et Warner Baxter
The awful truth de Marshall Neilan (1929) avec Ina Claire et Henry Daniell (film perdu, pas de copie connue)
Let’s do it again (Remarions-nous) de Alexander Hall (1953), une comédie musicale avec Jane Wyman et Ray Milland.

2 juillet 2009

Bonne chance! (1935) de Sacha Guitry et Fernand Rivers

Bonne chance!Elle :
(pas vu)

Lui :
Bonne Chance est le premier film parlant de Sacha Guitry (il avait réalisé toutefois un film muet 20 ans auparavant). Une jeune femme, qui vient de se fiancer sans enthousiasme à un garçon gauche et emprunté, gagne à la loterie après qu’un artiste de son quartier, bien plus âgé qu’elle, lui ait souhaité bonne chance. Elle lui avait promis de partager les gains et ils partent tous deux en voyage avant son mariage. Le scénario a été écrit par Sacha Guitry spécialement pour le film, l’auteur ne croyant pas vraiment encore au cinéma mais désirant tenter l’expérience. C’est un film que l’on a longtemps cru perdu qui permet de profiter de ce couple fabuleux formé par Jacqueline Delubac, au sourire enjôleur, et Guitry. L’ensemble est léger avec beaucoup de bons mots dans les dialogues (la scène où ils passent commande dans un restaurant est un délice). S’il n’a pas la qualité de réalisation des longs métrages suivants du Guitry, Bonne Chance en a toute la fraîcheur et se révèle même assez brillant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Sacha Guitry, Jacqueline Delubac, Pauline Carton, Paul Dullac
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Remake :
Lucky Partners (Double chance) de Lewis Milestone (1940) avec Ronald Coleman et Ginger Rodgers.