8 juillet 2011

Les 39 marches (1935) de Alfred Hitchcock

Titre original : « The 39 Steps »

Les 39 marches En allant assister à une représentation de music-hall, un homme se retrouve impliqué dans une histoire d’espionnage. Il a à ses trousses une mystérieuse organisation et aussi la police qui le croit coupable d’un meurtre… Fort du succès de L’homme qui en savait trop (la version de 1934), Alfred Hitchcock obtient plus de liberté et plus de budget pour tourner Les 39 marches, librement adapté d’un livre de John Buchan. Il déroule son histoire avec un découpage très rythmé, le héros passant avec grande rapidité d’une situation à une autre, chacune semblant la dernière pour lui. La tension qui s’installe très rapidement ne retombe jamais, tout au plus est-elle soulagée par de petites notes d’humour. Hitchcock montre beaucoup de maitrise et il a des traits de génie comme cette transition/fusion entre le cri de la concierge qui trouve le cadavre et le sifflet du train qui emporte le fugitif. Robert Donat trouve le ton parfait pour interpréter ce héros simple, à l’attitude empreinte de flegme dans un style éminemment britannique. Très belle fin, un surprenant exemple de conscience professionnelle! Malgré des moyens limités, Les 39 marches a beaucoup de charme ; il fait partie des meilleurs films d’Alfred Hitchcock.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Robert Donat, Madeleine Carroll, Lucie Mannheim, Godfrey Tearle, Peggy Ashcroft, John Laurie, Frank Cellier
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Remarques :
* Tout le film a été tourné en studio, au Lime Grove Studio à Londres. La campagne écossaise y était si bien recréée que les moutons introduits dans une scène se crurent en pleine nature et commencèrent à brouter tranquillement. Hitchcock dut tourner rapidement avant qu’ils n’avalent la moitié du décor !
* L’auteur du livre, John Buchan, occupait alors la fonction de British Governor General of Canada, il siégeait au Parlement Britannique.
* Dans ses entretiens avec François Truffaut, Hitchcock raconte que, ce qui lui avait plu dans le livre de John Buchan, c’est l’understatement, comportement qu’il qualifie de « très britannique » (le mot n’a pas vraiment d’équivalent en français, l’understatement c’est l’amoindrissement des faits, raconter d’un ton léger des évènements graves).

Remakes :
Les 39 marches (The 39 steps) de l’anglais  Ralph Thomas (1959) avec Kenneth Moore
Les 39 marches (The 39 steps) de l’anglais Don Sharp (1978) avec Robert Powell

19 juin 2011

Pandora (1951) de Albert Lewin

Titre original : « Pandora and the Flying Dutchman »

PandoraLe mythe du Hollandais volant a été source d’inspiration pour de nombreux films mais le Pandora d’Albert Lewin reste incontestablement le plus beau. Albert Lewin est un esthète, amoureux des arts et de la peinture, il l’a prouvé dans ses précédents films (1) et Pandora est avant tout un film très beau, d’une élégance presque onirique. Bien que les scènes soient souvent nocturnes, l’image est de toute beauté avec une utilisation harmonieuse et mesurée du Technicolor. L’histoire est tout aussi belle, c’est l’amour qui surpasse le temps. Pandora Le scénario, assez littéraire, a été écrit par Lewin lui-même qui s’est inspiré du mythe du Hollandais volant, condamné à errer sur les mers pour l’éternité, et du mythe de Pandore (2). Ava Gardner est d’une beauté à couper le souffle, d’une élégance infinie dans chacun de ses mouvements ; sa voix est d’une incomparable douceur. Véritable déesse personnifiée, elle contribue, tout comme le très beau jeu placide et énigmatique de James Mason, à donner cette dimension mythologique au film. Pandora est un film magnifique, élégant, envoutant. Toute la magie du cinéma…
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: James Mason, Ava Gardner, Nigel Patrick, Sheila Sim, Harold Warrender, Mario Cabré
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Remarques :
Ava Gardner par Man Ray * Pandora a été tourné en Espagne, à Tossa del Mar au nord de Barcelone. Ava Gardner tomba amoureuse de l’Espagne et quand elle voudra s’écarter d’Hollywood en 1955, elle viendra y vivre 13 ans avant de s’installer à Londres.
* Le jeu d’échecs a été créé par Man Ray qui a aussi peint certaines des toiles visibles dans le film. La photo ci-contre d’Ava Gardner est également signée Man Ray. L’artiste surréaliste et Albert Lewin étaient amis.
* Le film est une production anglaise pour des raisons fiscales. En réalité, le film est américain.
* Ava Gardner raconte dans ses mémoires que l’acteur Mario Cabré, qui interprète le toréador, s’est comporté dans la vie comme son personnage : très machiste, il considérait qu’Ava Gardner devait tomber amoureuse de lui ce qui a occasionné beaucoup de problèmes.

Pandora (1) Le portrait de Dorian Gray (1945) a pour point central une peinture, Bel Ami (1947) montre une série de toiles de grands peintres faites spécialement pour le film, et The Moon and Sixpence (1942) est consacré à la vie de Gauguin.
(2) Dans la mythologie grecque, Pandore est la première femme. Zeus lui a remis une jarre contenant tous les maux de l’humanité (la Maladie, la Vieillesse, la Misère, etc.) avec interdiction de l’ouvrir. Pandore cède à la curiosité et ouvre la jarre, libérant ainsi tous les maux. Elle la referme aussitôt mais ne réussit qu’à garder enfermée l’Espérance.

Pandora a été restauré en 2019 et a bénéficié d’une nouvelle sortie en coffret livre+DVD en 2021. Lire…

22 avril 2011

Fish Tank (2009) de Andrea Arnold

Fish TankLui :
Mia est une jeune sauvageonne de quinze ans, colérique, renfermée et agressive. Elle travaille en solitaire la danse hip-hop. L’arrivée du nouveau petit ami de sa mère, un homme affable qui semble la comprendre, va un peu bouleverser sa vie… Pour mettre en scène Fish Tank, la réalisatrice anglaise Andrea Arnold a choisi la voie de prendre autant que possible des acteurs non professionnels qui soient proches de ses personnages. Elle a eu la main particulièrement heureuse en trouvant Katie Jarvis qui donne une belle interprétation assez complexe : véritable boule d’énergie et de colère, elle a aussi une bonne part visible d’innocence et de fragilité. La caméra à l’épaule est fort bien maitrisée. Le film n’est pas sans défaut mais parvient à aller au-delà de la simple authenticité pour atteindre avec force une vraie dimension humaine assez émouvante.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Katie Jarvis, Michael Fassbender, Kierston Wareing, Harry Treadaway
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17 mars 2011

L’astronome indiscret (1900) de George A. Smith

Titre original : « As seen through a telescope »

L'astronome indiscretLui :
(Muet, 1 minute) Un homme âgé, qui observe le ciel en pleine rue avec une lunette astronomique, est attiré par un sujet plus intéressant : un passant relace le soulier de sa jeune épouse. La lunette lui permet d’avoir un très gros plan de la scène… As seen through a telescope montre la première utilisation d’un cache devant l’objectif et une utilisation nouvelle du gros plan. Il faut bien entendu garder à l’esprit, qu’à cette époque où les robes trainaient par terre, la cheville d’une femme était une partie du corps fortement chargée d’érotisme. Comme on le sait, le voyeurisme a joué un rôle important dans le développement de la photographie et du cinéma. Ici George Albert Smith intègre parfaitement dans une histoire sa nouveauté de placer un cache devant l’objectif. Toute la scène centrale est un gros plan en vision subjective. George Smith repasse en vision objective pour la scène finale, avec une chute amusante.
Note : 3 étoiles

Acteurs:
Voir la fiche du film et la filmographie de George Albert Smith sur le site imdb.com.

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Remarques :
* George Albert Smith est avec James Williamson l’un des pionniers du cinéma anglais, il est le réalisateur le plus important de « l’école de Brighton ».
* George Albert Smith a réutilisé ce principe de cache quelques semaines plus tard dans Grandma’s reading glass (1900) où un enfant regarde les différents objets d’une pièce à travers une loupe. Les plans sont plus nombreux mais l’ensemble a moins de force et d’impact.

16 mars 2011

The kiss in the tunnel (1899) de George A. Smith

The Kiss in the TunnelLui :
(Muet, 1 minute) George Albert Smith est avec James Williamson l’un des pionniers du cinéma anglais, il est le réalisateur le plus important de « l’école de Brighton ». The Kiss in the Tunnel est remarquable à plus d’un titre. Tout d’abord, il s’agit de l’un des tous premiers films utilisant le montage pour assurer la continuité de l’action. Il est composé de trois scènes:
1) un train entre dans un tunnel
2) à l’intérieur d’un compartiment, un homme et une femme s’embrassent furtivement
3) le train sort du tunnel.
D’autre part, les scènes d’entrée et de sortie du tunnel sont filmées en caméra subjective, la caméra ayant étant placée à l’avant d’un train. C’est le principe du phantom ride, genre qui impressionnait fortement le public. Ces deux scènes ont été filmées par Cecil M. Hepworth, pour un petit film View from Engine Front – Train Leaving Tunnel. Dans la scène à l’intérieur du compartiment, c’est le réalisateur George Albert Smith lui-même et son épouse qui jouent l’homme et la femme. On remarquera le décor très stylisé, presque onirique, qui ne cherche pas le réalisme. Nous sommes donc là tout à fait dans l’esprit du cinéma.
Note : 3 étoiles

Acteurs:
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Remarques :
The Kiss in the Tunnel Le film a été copié, l’année même de sa réalisation : The Kiss in the Tunnel (1899) (Bamforth & Co, réalisateur non connu). Le film est moins bien réalisé. La différence majeure est dans l’entrée du train dans le tunnel : la vision n’est plus subjective, nous voyons le train entrer dans le tunnel (la connotation sexuelle est ceci dit plus forte…) Le baiser est moins bourgeois, on peut même supposer que les deux personnages ne se connaissent pas. Le décor est plus cru et réaliste. Enfin, on ne voit pas le train sortir du tunnel, le film passe directement à une scène d’arrivée en gare. Le « remake » est donc moins inventif et plus racoleur, dans un esprit de recherche du « croustillant »…

Pour en savoir plus sur les Phantom Rides (article en anglais)

9 février 2011

Good Morning England (2009) de Richard Curtis

Titre original : « The boat that rocked »

Good Morning EnglandLui :
Faire revivre la grande époque des radios pirates qui arrosaient l’Angleterre à partir de bateaux ancrées dans les eaux internationales est une proposition alléchante et je me faisais personnellement une joie de regarder ce film. Hélas, si l’environnement musical tient ses promesses (même si une bonne partie des morceaux passés sont plutôt post-67… mais ne chipotons pas) et si l’esprit des années soixante est bien restitué, le scénario est revanche est totalement vide. Dès lors, les quelque 130 minutes finissent par paraître bien longues, Good Morning England aurait été parfait s’il avait duré une heure de moins.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Philip Seymour Hoffman, Bill Nighy, Rhys Ifans, Tom Sturridge, Rhys Darby, Kenneth Branagh, Nick Frost
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Remarque :
La radio pirate la plus écoutée était Radio Caroline qui a émis de 1964 à 1968, bravant les interdictions. On pouvait la capter sur les côtes du Nord de la France jusqu’en Normandie (assez mal toutefois). Son disc-jockey le plus célèbre était Rosko (« le plus beau, celui qui marche sur l’eau »), effectivement d’origine américaine. (Après une interruption de plusieurs années pour des raisons financières, la station a continué d’émettre jusqu’en 1990. Le bateau des débuts a coulé en 1980).

8 février 2011

Lady Hamilton (1941) de Alexander Korda

Titre original (USA) : « That Hamilton woman »

Lady HamiltonLui :
Aux alentours de 1800, Emma Lyon arrive à Naples, littéralement vendue par son fiancé à son oncle, diplomate. Elle devient ainsi Lady Hamilton. Elle y rencontre le jeune vice-amiral Nelson, venu à Naples chercher des renforts pour attaquer les français… Mettre en scène la liaison tapageuse entre Nelson et Lady Hamilton en pleine Seconde Guerre mondiale peut paraître étonnant… sauf que le film d’Alexandre Korda permettait de réveiller la fibre patriotique en évoquant l’icône militaire britannique la plus populaire. De plus, il était facile de faire le parallèle entre Napoléon et Hitler. Alexandre Korda se concentre toutefois beaucoup plus sur le romanesque que sur la stratégie, et plus particulièrement sur son actrice principale. A 28 ans, Vivien Leigh est absolument resplendissante dans ce film où elle est dans toutes les scènes. Elle est lumineuse, vive et le pauvre Laurence Olivier, Lady Hamilton qui manque de scènes marquantes, fait même pâle figure face à elle. Bien que faits en temps de guerre, les décors et costumes sont fastueux et la reconstitution de la bataille de Trafalgar est superbe. Lady Hamilton a cette rare particularité d’être à la fois un grand film romantique et un film de propagande. Le magnifique résultat montre toute la maîtrise d’Alexandre Korda, l’une des figures les plus importantes du cinéma britannique.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Vivien Leigh, Laurence Olivier, Alan Mowbray, Sara Allgood, Gladys Cooper, Henry Wilcoxon
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Remarques :
Lady Hamilton et Vivien Leigh * Laurence Olivier et Vivien Leigh étaient depuis peu mari et femme.
* Ce seraient les distributeurs américains qui, par pudibonderie, auraient exigé de rajouter la première scène qui montre la déchéance finale de Lady Hamilton, tout le film devenant un flashback. Ceci dit, dans la réalité, Lady Hamilton est réellement morte dans la misère à Calais en 1815.
* Lady Hamilton était le film favori de Winston Churchill qui en avait une copie dans son bunker. La légende dit qu’il l’aurait vu 83 fois. Alexandre Korda est devenu Lord Alexandre Korda en grande partie grâce à ce film.

Autre adaptation de l’histoire de Lady Hamilton :
The Divine lady de Frank Lloyd (1929) avec Corinne Griffith et Victor Varconi
Les amours de Lady Hamilton de Christian-Jacque (1968) avec Michèle Mercier et Richard Johnson

14 janvier 2011

In the loop (2009) d’ Armando Iannucci

In the LoopLui :
Faire une comédie des tensions et tractations politiques entre Londres et Washington à la veille de la déclaration de guerre à l’Irak n’est pas un pari gagné d’avance…
C’est pourtant ce qu’a fait l’anglais Armando Iannucci en s’appuyant, il est vrai, sur la popularité de sa série télévisée The thick of it, comédie satirique politique. Dans In the Loop, il va beaucoup plus loin et nous fait une caricature assez extrême de la vie politique où les ministres et hauts fonctionnaires sont manipulateurs, épouvantablement grossiers, arrivistes et aveuglément bellicistes… et les rares qui ne sont pas ainsi sont incompétents et gaffeurs ! Les conseillers sont tous de très jeunes arrivistes dotés d’un Q.I. de sauterelle. Le personnage le plus haut en couleur est le Directeur de la Communication et de la Stratégie du Premier Ministre, interprété avec énergie et exubérance par Peter Capaldi ; constamment en colère, il déroule un flot quasi continu d’injures, de menaces et d’obscénités ; il faut saluer la créativité des scénaristes car l’inventivité dans la grossièreté est assez incroyable. Et tout cela, dans un style d’humour très britannique, c’est à dire filmé avec tant de sérieux que l’on pourrait presque prendre cela au premier degré. Le film utilise d’ailleurs largement la caméra à l’épaule et les cadrages approximatifs pour donner l’impression d’images prises sur le vif. Sur le fond, In the loop montre une Angleterre servile, à la botte des Etats Unis qui la mènent en bateau, sans jamais la faire participer réellement aux décisions. Les clins d’oeil à la réalité sont nombreux (1). Voilà un film qui ne va pas vraiment arranger l’image des politiques (et il a été tourné avant le scandale des notes de frais colossales des députés britanniques !) Le film a été bien reçu en Angleterre et même aux Etats Unis où il a sans doute fait office d’exutoire. Extrême, outrancier, doté d’un comique ravageur, In the Loop est une satire vraiment mordante et très amusante.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Peter Capaldi, Tom Hollander, Chris Addison, Gina McKee, Mimi Kennedy, James Gandolfini
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In the loop

Remarques :
* Aussi incroyable que cela puisse paraître, les scènes censées se dérouler dans les bureaux du 10, Downing Street ont réellement été tournées au 10, Downing Street. C’est la popularité de la série TV qui a permis cela : les membres du personnel voulaient voir les acteurs qui allaient jouer leur rôle.
* Armando Iannucci a pris soin d’éviter tout financement d’origine américaine pour son film car il voulait garder une totale indépendance.

(1) Le directeur de la communication et de la stratégie de Tony Blair était à cette époque Alastair Campbell (qui, comme on peut s’en douter, n’a guère apprécié le film). Le personnage du ministre pacifique et incompétent est inspiré de Clare Short (qui a démissionné peu après le début de la guerre en Irak). Côté américain, le corpulent général pacifique est bien entendu Colin Powell alors que le va-t-en-guerre Linton Barwick peut évoquer Donald Rumsfeld ou Dick Cheney.

10 janvier 2011

Looking for Eric (2009) de Ken Loach

Looking for EricLui :
Admirateur d’Eric Cantona, un postier anglais dont la vie est en déroute voit son idole apparaître en chair et en os pour lui prodiguer des conseils qui vont lui permettre de reprendre goût à la vie… Looking for Eric est un film assez étonnant de Ken Loach, une variation sur le « thème de l’ange », thème souvent abordé au cinéma mais en tout cas jamais sous les traits d’un (vrai) footballer! C’est plutôt amusant mais je suppose qu’une partie de l’humour a du m’échapper du fait que je connais très mal Eric Cantona (je le connais surtout par les Guignols des années 90, donc je l’ai plus souvent vu peindre des tableaux que pousser un ballon…!) Sur le déroulement, Ken Loach est moins convaincant qu’à l’habitude, moins subtil aussi : il charge beaucoup son personnage principal. Il vire ensuite vers le polar à mi-parcours, incursion un peu longuette mais qui lui permet de mettre en place un final inattendu et amusant.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Steve Evets, Eric Cantona, Stephanie Bishop, Gerard Kearns
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19 décembre 2010

Full metal jacket (1987) de Stanley Kubrick

Full Metal JacketLui :
Full Metal Jacket est l’avant-dernier film de Stanley Kubrick, un film sur la guerre plus qu’un film de guerre. Dans la première moitié, nous suivons l’entrainement d’un groupe de Marines mené par un sergent gueulard, interprété avec beaucoup d’énergie par un ex-instructeur qui a improvisé une partie des dialogues. Les textes les plus hauts en couleur (un véritable flot d’obscénités) sont toutefois l’oeuvre d’un autre ex-Marine, Gustav Hasford, l’auteur du livre que Kubrick a choisi d’adapter. Cette partie est à la fois drôle et terrifiante. Elle est surtout intense. Kubrick montre sa grande virtuosité de la mise en scène, avec des travelings arrières de toute beauté qui ont largement contribué à la réputation du film. La seconde moitié se déroule au Vietnam. Après un passage à vide montrant les dessous de la presse militaire, le film retrouve toute sa force dans la dernière partie qui nous fait vivre l’affrontement d’une petite escouade de soldats avec un sniper invisible. Full Metal Jacket est un film hors normes, il n’a pas vraiment de héros ni d’histoire au sens classique du mot. Ce n’est pas vraiment un film anti-guerre : Kubrick ne porte pas de jugement, il décrit l’apprentissage de jeunes soldats à la mort. C’est en tout cas un film d’une grande force. Le perfectionnisme de Kubrick s’est traduit en plus de neuf mois de tournage.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Matthew Modine, Adam Baldwin, Vincent D’Onofrio, R. Lee Ermey, Arliss Howard
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Remarques :
* « Full Metal Jacket » (littéralement : entièrement enrobé de métal) est un terme qui s’applique à un certain type de munitions. En choisissant ce titre, Kubrick fait bien entendu l’analogie avec les soldats.
* Le livre de Gustav Hasford s’intitule The Short-Timers.
* La partie Vietnam a été tournée dans la banlieue de Londres, sur deux sites de complexes industriels promis à la démolition. Kubrick a eu toutes les autorisations pour les détruire à loisir.
* Les références à Mickey Mouse peuvent surprendre, notamment dans la scène finale où les soldats marchent dans la ville en flammes en chantant le thème du Club Mickey… Dans le langage des G.I., Mickey Mouse désigne tout ce qui est petit et stupide.