Elle :
Fresque historique à grand spectacle sur le chantier titanesque de la construction de la ligne de chemin de fer américaine. Cecil B. DeMille retrace cette épopée avec bon nombre de figurants, de cascades et d’effets spectaculaires et c’est avec intérêt que l’on voit cet exploit se réaliser. Néanmoins, l’histoire d’amour impossible entre Barbara Stanwyck et ses deux prétendants souffre de longueurs et de cohérence et finit par lasser.
Note :
Lui : La construction de la première ligne de chemin de fer traversant les Etats-Unis n’est pas traitée par Cecil B. DeMille uniquement comme une grande épopée : dans Pacific Express, l’accent est surtout mis sur un trio de personnages bien typés (un bon, un méchant et une femme entre les deux), ce qui engendre quelques longueurs. Il reste de bonnes scènes plus descriptives, comme la construction de la ligne (images faites avec de vrais poseurs de rail) ou le montage/démontage de la ville qui suit le chantier au cours de son avancement. Ces scènes sont hélas trop rares.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Barbara Stanwyck, Joel McCrea, Akim Tamiroff
Voir la fiche du film et la filmographie de Cecil B. DeMille sur le site imdb.com.
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Elle :
Un grand film noir chargé d’une ambiance oppressante et d’une violence presque sadique. Glenn Ford incarne un flic incorruptible prêt à tout pour élucider la mort d’un policier. Il est sur le point de franchir les limites de la droiture lorsqu’il se trouve amené à venger le meurtre de sa femme. Les frontières sont poreuses et fragiles. Fritz Lang dépeint avec noirceur le milieu corrompu de la police et celui des truands sans scrupules. La scène où Lee Marvin ébouillante le visage de son amie est brutale et sauvage. Ce beau visage brûlé sur un côté est très symbolique ; il reflète à la fois le bien et le mal qui rongent les fondements de la société américaine des années 50.
Note :
Lui : Règlement de comptes est inspiré d’une série d’articles consacrés au gangstérisme et à la corruption parus dans le Saturday Evening Post, transformés par la suite en roman. Ce sentiment d’authenticité que l’on ressent à sa vision est certainement en partie du à ces origines. Filmant avec beaucoup d’efficacité, sans plan inutile, Fritz Lang se penche plus particulièrement sur son personnage principal, un policier incorruptible (Glenn Ford) à deux doigts de se faire justice lui-même. Fritz Lang est persuadé qu’il y a un moment où tout peut basculer : « si vous faites le premier pas, les abysses s’ouvrent et le deuxième pas devient inéluctable ». Son personnage est ainsi rendu plus proche des gangsters qu’il poursuit. Règlement de Comptes se fit remarquer à l’époque par son côté un peu violent (précisons tout de même que cette violence paraît presque anodine à côté des films actuels). Est-ce cela qui lui donne cette force ? Aujourd’hui, il nous reste un très beau film noir qui se revoit toujours avec grand plaisir.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Road-movie en tondeuse à gazon d’un grand-père fragile à la recherche de son frère malade. Ce thème qui aurait pu être ennuyeux et larmoyant devient sous la patte de David Lynch un fantastique voyage poétique. Les paysages et la musique sont admirables de beauté. Ce vieil homme oublié fait l’admiration de tous les gens qu’il rencontre. Il nous fait partager sa vision de la vie sans tomber dans le genre revêche et aigri de tout. Sa sérénité et sa droiture suscitent notre adhésion.
Note :
Lui :
David Lynch nous raconte une histoire simple (« straight story ») mettant en avant des valeurs simples, centrées sur la famille notamment. En appelant son personnage Alvin Straight, il semble nous demander de dépasser cette apparente simplicité. Lynch nous dévoile bien peu du caractère de son personnage, mais suffisamment pour le rendre très attachant. L’image est très belle, avec notamment de magnifiques plans de ces immenses champs de l’Iowa, et la musique parfaite. Un film plutôt atypique pour David Lynch.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Sissy Spacek, Richard Farnsworth, Harry Dean Stanton
Voir la fiche du film et la filmographie de David Lynch sur le site imdb.com.
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Elle :
J’ai de plus en plus de mal à regarder ces comédies romantiques américaines construites sur le même modèle. Abandon.
Note :
Lui :
Certes Et si c’était vrai a tout de la comédie sentimentale hollywoodienne classique, un de ces films qui semblent sortis d’un moule… Et pourtant, il a un petit quelque chose en plus qui rend cette histoire finalement assez touchante. Est-ce la présence d’un spectre dans cette histoire d’amour plus fort que la mort ou plus simplement le charme évident des deux acteurs principaux ? Peut-être est-ce aussi la question fondamentale sous-jacente, question qui a donné au film une résonance toute particulière aux Etats-Unis alors divisés par l’affaire Terri Schiavo (une jeune femme en coma prolongé dont les parents ne pouvaient se résoudre à cesser les soins). Le film est adapté du best seller de l’écrivain français Marc Levy.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Reese Witherspoon, Mark Ruffalo
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Lui :
Réalisé par la Fox pour tenter de dupliquer le succès de la série des Charlie Chan, cet Enigmatique Monsieur Moto est le premier d’une série de 8 films mettant en scène un enquêteur japonais interprété par Peter Lorre. Cet élégant personnage est un homme étonnant et plein de ressources, que ce soit dans l’art du combat jiu-jitsu ou dans l’art de la déduction. Le climat est oriental à souhait, l’occasion de faire intervenir nombre de personnages jouant double-jeu. Cette série fut interrompue par l’approche de la guerre comme tout ce qui pouvait montrer les japonais sous un jour positif. Peter Lorre est vraiment parfaitement crédible dans ce rôle qui semble taillé pour lui. Considéré comme le meilleur de la série, L’énigmatique Monsieur Moto se regarde encore aujourd’hui avec plaisir car il a su conserver son atmosphère délicatement envoûtante même s’il peut paraître n’être que gentiment désuet.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Peter Lorre, Virginia Field, Thomas Beck
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Elle :
Bien que le début du film soit maladroit et conventionnel, on se laisse gagner peu à peu par cette intrigue policière dont le point de départ est la disparition d’un archéologue au coeur des tombeaux égyptiens. Il faut noter la présence de Rita Hayworth dans un de ses tous premiers rôles. L’histoire est prenante et plutôt complexe.
Note :
Lui : Charlie Chan enquête sur des disparitions et des meurtres dans le cadre de fouilles archéologiques en Egypte. Le scénario est très bien ficelé, l’intrigue étant forte en rebondissements et en trouvailles originales. L’ensemble est assez léger, même assez amusant du fait du comportement maniéré et déférent de Charlie Chan.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Warner Oland, Pat Paterson, Thomas Beck, Rita Hayworth
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Charlie Chan est un détective américain d’origine chinoise créé par l’écrivain/scénariste Earl Derr Biggers. Ses enquêtes firent l’objet d’une petite cinquantaine de films produits par la Fox puis par Monogram. Son personnage rencontra un vif succès grâce à son côté oriental, son humour et ses facéties… sans oublier son inépuisable réserve de proverbes.
Charlie Chan fut interprété par Warner Oland de 1931 à 1938 (16 films), Sidney Toler de 1938 à 1946 (22 films) et Roland Winters de 1947 à 1949 (6 films). Une résurrection fut tentée en 1981 avec Peter Ustinov.
Les trois premiers Charlie Chan : The house without a key (1926) de Spencer Bennet (Pathé, film perdu) The chinese parrot (1927) de Paul Leni (Universal, film perdu) Behind that curtain (1929) de Irving Cummings avec E.L. Park (et Boris Karloff) (Fox)
Elle :
Enquête policière à l’intérieur d’un opéra. Boris Karloff interprète un chanteur fou qui revient rôder dans les entrailles de cet édifice.
Note :
Lui : C’est avec plaisir que j’ai regardé ce film, considéré comme l’un des meilleurs de la série Charlie Chan. La qualité de l’intrigue n’y est certes pas pour rien. Warner Oland incarne à merveille ce détective original, aux méthodes si particulières (sorte de Colombo avant l’heure). Ses tournures orientales et sa manière de parler sont toujours un régal : il semble avoir une réserve inépuisable de proverbes… Boris Karloff fait une apparition remarquable dans cette histoire de double-meurtre.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Warner Oland, Boris Karloff, Keye Luke, William Demarest
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Titre original : « The cameraman »
Autre titre français : « L’opérateur »
Elle :
pas (re)vu…
Lui :
(Film muet) Le Cameraman est le dernier des films marquants de Buster Keaton. Ce personnage de cameraman gauche est bien évidemment très drôle mais aussi particulièrement touchant. Certains gags sont mémorables, soit très burlesques et visuels telle la scène du téléphone et de l’escalier par exemple, soit étonnamment inventifs comme cette superposition d’images de cuirassés sur la 5e Avenue. La mise en scène est remarquable avec, comme morceau de choix, ce nouvel an chinois qui vire en règlement de comptes. Bien entendu, on peut trouver que The cameraman ne se regarde pas avec autant de facilité que ses homologues plus récents (en admettant qu’il y en ait…) mais il reste encore agréable après 3/4 de siècle et permet de voir un Buster Keaton pour une toute dernière fois à l’apogée de son art.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque : Le Cameraman est le premier long métrage de Buster Keaton après qu’il ait signé avec la MGM. Il n’est donc ni réalisé ni produit par Buster Keaton comme le furent ses précedents. C’est entre autres l’échec commercial du Mécano de la General qui l’a ainsi poussé dans le giron d’une grande compagnie. Après Le Cameraman, il ne tournera vraiment qu’un seul long métrage : Le figurant. Ensuite, il n’aura que de petits rôles dans les films parlants.
Elle :
Beaucoup de mal à m’immerger dans ce film trop américain. La forme comporte des effets trop appuyés et d’autre part, frôle avec les limites du thriller et du documentaire. La deuxième partie qui se situe au Libéria est plus intéressante. Sur ce sujet terrifiant du trafic d’armes, j’aurais préféré davantage de sobriété. Le mérite du film est de décrypter les rouages de ce trafic odieux. Des chefs d’états sanguinaires et un trafiquant sans scrupule et prêt à se mettre du sang sur les mains pour s’enrichir et épouser la femme de ses rêves, font transiter des armes en toute impunité malgré les embargos.
Note :
Lui :
Sous des atours de film hollywoodien un peu racoleur, Lord of War est en fait un pamphlet assez efficace contre le commerce d’armes et même une démonstration de sa logique de fonctionnement. L’ascension de cet émigré ukrainien devenu cynique businessman permet à Andrew Niccol de mettre le doigt sur les rouages et les éléments qui font que ce commerce perdure. C’est donc plus le fond qui est intéressant que la forme, assez classique et sans surprise, servie par une interprétation tout juste adéquate de Nicolas Cage.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Nicolas Cage, Bridget Moynahan, Jared Leto, Ian Holm
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Fastueuse adaptation du roman de Frank Herbert, le film Dune fait partie de ces films mal aimés qu’il est de bon ton de critiquer durement. Il fut vilipendé par la critique dès sa sortie et souvent traité d’adaptation très réductrice. Il faut dire que le livre original est l’un des romans les plus riches de la science-fiction (probablement le plus riche) et ce projet était donc particulièrement périlleux et ambitieux. Les moyens mis en œuvre furent énormes, principalement en matière de créations des décors qui avaient cette nécessité d’être à la fois grandioses et un peu austères. Toutefois, David Lynch ne put mener son projet aussi loin qu’il l’avait prévu par manque d’argent. Si le film a un peu le défaut d’être trop riche et d’être un peu difficile d’accès aux personnes qui n’ont pas lu le roman, il n’en reste pas moins un fabuleux spectacle, dense et puissant, qui parvient à conserver la force de son sujet. Il est préférable de le voir sur un grand écran pour mieux s’immerger dans l’univers recréé ; se retrouver ainsi propulsé sur Dune est magique. En tout cas, Dune un film totalement atypique, presque inclassable, une œuvre cinématographique à part entière, et ne serait-ce qu’à ce titre ne mérite pas l’opprobre dont il est trop souvent l’objet. Elle : Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Kyle MacLachlan, Francesca Annis, Max von Sydow, Linda Hunt, Sean Young, Virginia Madsen, Patrick Stewart, Sting
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La version de Dune la plus intéressante est celle qui dure 2h17. Il est important de la voir en V.O. car le doublage français est particulièrement inapproprié. (Les personnes qui trouvent que les acteurs de Dune jouent mal l’ont généralement vu doublé…)
Il existe aussi…
– une version d’1h50 moins intéressante car un peu trop réduite aux scènes d’action,
– une version recadrée en format TV de 3h10, en fait une version rallongée avec beaucoup de narration en voix-off,
– et enfin une version mythique de 5h, que personne n’a vu et qui n’existe probablement pas. C’est celle que David Lynch voulait faire. Du fait des limitations de budget et des coupes, David Lynch a désavoué toutes les versions commerciales et voulait même que l’on retire son nom du générique.
Réaliser une adaptation de Dune est un projet qui germa dès 1975. Le premier projet fut confié à Alejandro Jodorowsky avec des décors dessinés par Moebius (Jean Giraud) et Giger avec des vaisseaux de Christopher Foss. Salvator Dali devait jouer l’Empereur et Orson Welles le Baron Harkonnen. Pink Floyd avait même commencé à composer la musique. Ce projet immense ne vit hélas pas le jour mais est resté dans tous les esprits comme l’une des grandes occasions manquées du cinéma de science-fiction.
Ajout : Un documentaire est sorti en 2013 : Jodorowky’s Dune