Lui :
(Muet 26 minutes) Un bourgeois désire à tout prix marier sa fille à un noble, le comte Chloride de Lime (= Chlorure de chaux). La jeune fille est toutefois secrètement amoureuse d’un jeune homme de condition plus modeste auqeul elle demande de se faire passer pour le comte… La première partie est largement occupée par la scène du déjeuner où Chaplin joue de façon intéressante avec certains objets. La seconde partie se déroule dans un parc avec le vrai comte, dans un style plus orienté « slapstick », c’est-à-dire avec beaucoup de coups. La fin est animée par une longue poursuite en voiture, ce qui est rare chez Chaplin. L’ensemble n’est toutefois pas aussi réussi que ses autres comédies. On peut toutefois voir en Charlot veut se marier une variation sur le thème du pauvre qui tente de s’insérer dans un monde de riches, thème qui sera souvent exploité par Chaplin. C’est son cinquième film tourné pour Essanay.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
(Muet, 15 minutes) Un parc, deux couples qui se content fleurette, un pickpocket, un policeman et Charlot qui vient s’immiscer dans tout cela. Voilà le cadre général de Charlot dans le Parc. Fait pour Essanay, ce film assez court ne figure pas parmi les plus notables de Chaplin. Le meilleur passage est celui où il fait gringue à la jeune fille, notamment quand il place sans jambe sur ses genoux : ce « geste de séduction », totalement anachronique, fait vraiment penser à ce que fera Harpo Marx des années plus tard. In the Park l’aurait-il inspiré ?
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarques :
Le titre In the Park a été aussi utilisé pour la réédition du court-métrage Keystone Caught in the rain (1914)… bien qu’il ne se passe pas du tout dans un parc!
Lui :
A bout de ressources, Charlot accepte de servir d’adversaire pour l’entraînement d’un boxeur. Usant d’un peu d’astuces, il va montrer des talents insoupçonnés pour la boxe et devra participer à un combat public… Charlot boxeur est le troisième film de Chaplin tourné pour Essanay. Il se révèle être d’un niveau bien supérieur aux précédents. Tout d’abord, on notera les scènes d’introduction qui préfigurent nettement le personnage du Chaplin vagabond et qui donne de l’épaisseur à son personnage : ce n’est plus un simple trublion mais un pauvre hère prêt à accepter les pires situations pour survivre. Les scènes d’entrainement qui suivent sont assez amusantes, avec un humour et des coups bien dosés, sur un rythme plus posé que précédemment. Certains gags sont vraiment de tout premier ordre, comme celui du pistolet pointant dans les deux sens et les scènes avec le joueur malhonnête. Mais le clou du film reste le combat final qui est heureusement assez long. Chaplin y montre non seulement des qualités sportives certaines, mais surtout une belle inventivité dans l’humour qui ne se répète finalement pratiquement pas. En voyant ce combat complètement farfelu, on pense bien évidemment à celui des Lumières dans la Ville. Il n’en a bien entendu pas la perfection chorégraphique mais on peut voir comment Chaplin avait déjà un numéro de boxe bien rodé quinze ans auparavant. Edna Purviance, pour sa seconde apparition, n’a ici qu’un petit rôle.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarque :
Pour tous les premiers courts métrages de Chaplin, il faut éviter de regarder les versions disponibles sur internet qui sont de bien piètre qualité, avec beaucoup de coupures ou de scènes manquantes. Il en de même de certaines éditions en DVD. Il faut privilégier les versions restaurées par l’américain David Shepard, véritable magicien de la restauration de films anciens (c’est le cas, par exemple, des coffrets Arte).
Lui :
(Muet, 34 minutes) Charlot et son ami sortent d’un bar passablement ivres. Ils entrent dans un restaurant plutôt chic où ils importunent les clients. Ejectés par l’imposant maître d’hôtel, ils retournent à leur hôtel où Charlot va se retrouver en situation embarrassante avec la femme du maître d’hôtel… Deuxième film Essanay, A Night Out est un pur « slapstick » où les coups sont nombreux. On peut même être étonné par la violence des coups, par exemple quand il cogne à plusieurs reprises sur la tête de son ami avec une brique ! Chaplin joue un personnage ivre du début à la fin, rôle qu’il connait bien depuis ses débuts en Angleterre et dont il a déjà exploré de nombreuses variations. Le film n’échappe pas à certaines répétitions et longueurs. A Night Out est le premier film où apparaît Edna Purviance qui deviendra l’inspiratrice de Chaplin et son actrice principale et exclusive pour les sept années à venir.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
(Muet, 31 minutes) Charlot tente de se faire embaucher pour le tournage d’un film. Il y sera tantôt aide-menuisier, tantôt acteur… Premier des quatorze films réalisés par Chaplin pour Essanay, His new job est dans la pure ligne de ses films tournés pour la Keystone, c’est-à-dire un humour « slapstick » où l’on se prend beaucoup de coups ! Le personnage de Chaplin est ici un trublion qui va semer la pagaille dans le tournage très sérieux du film. Sans figurer parmi les plus remarquables de Chaplin, ce film de deux bobines se regarde avec plaisir, l’humour y étant assez bien réparti. Accessoirement, il donne une idée de la façon rudimentaire dont se tournaient les films à l’époque, du moins les petites productions. A noter que la secrétaire dans la salle d’attente est jouée par une jeune débutante : Gloria Swanson.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarques :
* S’agissant du premier film de Chaplin réalisé après son départ de l’équipe de Mack Sennett, on peut supposer que le double sens du titre anglais était voulu.
* Le nom « Studios Lockstone », donné aux studios dans Charlot débute, est une allusion aux Studios Keystone qu’il vient de quitter.
Lui :
A la suite d’un malfonctionnement, un groupe de six bombardiers américains reçoit l’ordre d’aller bombarder Moscou. L’ordre ne peut être annulé que dans les cinq premières minutes mais les communications semblent brouillées… Point Limite a eu la malchance de sortir quelques mois après le Docteur Folamour de Stanley Kubrick. Tous deux traitent du même sujet, le déclenchement accidentel d’une attaque nucléaire sur la Russie, mais ils le font de façon très différente. Là où Kubrick a brillamment utilisé l’humour en montrant des militaires psychopathes, Sidney Lumet utilise le réalisme, se situant presque à la limite du documentaire. C’est ce réalisme qui rend le film si efficace et terrifiant. A part deux va-t-en-guerre, ses militaires et hommes politiques sont posés, ils prennent de bonnes décisions et pourtant on va droit dans le mur, vers une abominable catastrophe. En ce sens, le film est bien plus antimilitariste que celui de Kubrick. Tourné avec peu de moyen, Point Limite est efficace, même stressant car Lumet bâtit son suspense lentement en jouant avec les lieux clos et les gros plans. On se surprend à suer à grosses gouttes… Adapté d’un roman d’Eugene Burdick et Harvey Wheeler, le film a été tourné peu après l’affaire des missiles de Cuba et le fiasco de la baie des Cochons. En plus de démontrer le risque d’une guerre nucléaire, le film voulait aussi redorer l’image de Kennedy, ce qu’Henry Fonda, en kennedyiste convaincu, faisait de bonne grâce. Hélas le président a été assassiné peu après la fin du tournage. Point Limite n’a donc pas eu de chances avec les dates. C’est la compétition avec le film de Kubrick qui lui a fait le plus de mal : après avoir vu Dr Folamour, le public ne pouvait prendre au sérieux Point Limite. Le film est resté longtemps très largement sous-estimé.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarques :
Le film est si réaliste que l’US Army obligea la Columbia à ajouter un avertissement dans le générique de fin précisant que Point Limite est une pure fiction et que de tels évènements ne pourront jamais se produire.
Lui : New York – Miami de Frank Capra a apporté un ton nouveau à la comédie américaine. Avec ses dialogues légers et enlevés, ses situations saugrenues basées sur les rapports homme-femme, son excellent rythme dans l’enchaînement des situations, c’est la première « screwball comedy », celle qui a lancé le genre. Personne à Hollywood ne croyait à son succès, qui ne vint d’ailleurs pas aussitôt mais qui fut immense. Il faut dire que l’alchimie entre Claudette Colbert et Clark Gable fait plaisir à voir et que nombre d’américains se sont identifiés à Clark Gable, journaliste sans le sou et débrouillard qui donne une bonne leçon de vie à une fille à papa, riche et capricieuse. Si New York – Miami a bousculé toutes les règles, il en a créé de nouvelles. Ce nouveau genre a engendré des films sans inspiration, pâles copies de l’original, mais aussi certains des plus beaux bijoux de la comédie américaine.
Note :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques : 1) Dans la fameuse scène du « mur de Jéricho », lorsque Clark Gable retire sa chemise, on voit qu’il ne porte pas de maillot de corps (en réalité, c’était uniquement pour éviter que la scène dure trop longtemps). Il fut instantanément imité par bon nombre d’américains et les ventes de maillots de corps chutèrent. La légende raconte que les fabricants de sous-vêtements menacèrent la Columbia de poursuites. 2) Frank Capra a eu bien du mal à trouver ses deux acteurs vedettes : plusieurs acteurs ont refusé, jugeant le script sans intérêt. Claudette Colbert n’a accepté qu’à la condition que son salaire soit doublé et que le tournage ne dure pas plus de quatre semaines. De son côté, le prêt de Clark Gable de la MGM à la Columbia était une punition : s’estimant surmené, l’acteur avait refusé de tourner un nouveau film pour la MGM. La punition fut donc de l’envoyer tourner un petit film « sans intérêt » chez un concurrent, chose qu’il n’avait pas le droit de refuser. 3)New York – Miami est l’un des très rares films à avoir reçu les 5 Oscars majeurs. On pense que la MGM a manœuvré pour que Clark Gable (qu’ils avaient prêté à la Columbia pour le film) reçoive l’Oscar du meilleur acteur afin de booster sa carrière…
Remakes : Eve knew her apples de Will Jason (1945) avec Ann Miller et William Wright L’extravangante héritière (You can’t run away with it) de Dick Powell (1956), comédie musicale avec June Allyson et Jack Lemmon Garçon choc pour nana chic (The sure thing) de Rob Reiner (1985) avec John Cusak
Lui : Burn after reading est une comédie qui fait plaisir à voir. L’intrigue est passablement complexe, sans être compliquée, disons qu’elle fait intervenir des gens ordinaires un peu nigauds dans une pseudo-affaire d’espionnage. Des évènements insignifiants vont avoir des conséquences passablement démesurées… Les frères Coen font preuve de beaucoup de finesse dans leur humour, ce qui est de plus en plus rare aujourd’hui où la norme semble être de forcer le trait. Burn after Reading est ainsi parfaitement équilibré, une histoire complètement loufoque mais pas totalement improbable, des personnages qui font des choses stupides sans être des imbéciles, un rythme enlevé mais jamais précipité. Les acteurs semblent prendre plaisir à jouer leur personnage (sans crainte de dérouter : le film est déconseillé aux fans de Brad Pitt ou de George Clooney). On notera aussi un certain regard amusant et amusé sur la société américaine. Burn after Reading semble avoir été largement qualifié de « film mineur » par la critique… mais les frères Coen ont toujours excellé sur leurs films soit-disant « mineurs »! En tous cas, mineur ou pas, c’est du cinéma de grand plaisir.
Note :
Lecteurs : (3 notes, moyenne : 4,67 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « The life and times of Judge Roy Bean »
Lui :
Dans l’ouest du Texas, en 1890, un hors-la-loi ayant échappé de peu à la pendaison par les habitants sans foi ni loi, s’autoproclame juge dans la minuscule bourgade de Vinegaroon. Utilisant des méthodes peu orthodoxes, il parvient à faire régner une certaine loi et les quelques maisons se transforment en une petite cité… Séduit par l’idée de pouvoir reconstituer l’atmosphère du grand Ouest et de développer un certain point de vue sur la perte de l’innocence de l’Amérique (1), John Huston crée un western faussement léger : s’il est doté d’une bonne dose d’humour (comme d’autres westerns tournés en ce début des années soixante-dix), le film n’en est pas moins porteur d’une vraie réflexion. Certains ont même vu dans l’épilogue une allusion à la corruption du gouvernement Nixon. Paul Newman a beaucoup apporté au film en s’imprégnant totalement de son personnage haut en couleur et en improvisant partiellement. La liberté de ton se ressent jusque dans la construction elle-même (2). Le scénario est basé sur une légende réelle, celle du Juge Roy Bean « the law west of the Pecos » (= la Loi à l’ouest du Pecos, le Pecos étant un fleuve à l’extrême ouest du Texas), légende déjà portée à l’écran de façon plus sérieuse par William Wyler (3). Juge et hors-la-loi n’eut qu’un succès relatif. Il est certainement encore un peu sous-estimé aujourd’hui.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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(1) C’est ainsi que John Huston parle de la génèse du projet dans ses mémoires.
(2) John Huston précise : « Pour appuyer mes effets, j’ai adopté une technique qui, depuis, a fait école, en mêlant à l’action des incidents sans justification logique. Des images survenaient, drôles ou tristes, comiques ou dramatiques, passant du grotesque au sérieux. »
(3) Le cavalier du désert (The Westerner) de William Wyler (1940) avec Gary Cooper et Walter Brennan.
Lui :
Un capitaine de la compagnie écossaise Black Watch est envoyé en mission secrète en Inde en 1914, le jour même où la guerre est déclarée en Europe. Là-bas, il doit prévenir une attaque de fanatiques dirigés par une mystérieuse femme qu’ils suivent aveuglément. The Black Watch est le premier film parlant de John Ford. Bizarrement, la Fox a préféré confier la réalisation des scènes de dialogues à Lumsden Hare, acteur dans le film mais surtout metteur en scène de théâtre. Le résultat est donc hétéroclite : le film comporte de belles scènes d’action (celles dirigées par John Ford) mais les dialogues sont déclamés de façon épouvantable, avec beaucoup d’emphase et de rigidité. Ce film, assez rare, est donc plutôt une curiosité, témoignage des difficultés du passage au parlant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)