Lui :
Exactement cinquante ans après sa sortie, James Mangold réalise un remake d’un western de Delmer Daves. Un fermier, acculé par la sécheresse et les dettes, accepte la mission d’escorter un bandit de grand chemin jusqu’à une ville voisine pour le placer dans un train… Le réalisateur parvient à garder toute la force de l’original, c’est-à-dire un subtil mélange de tension et d’action soutenu par un face à face psychologique assez complexe. On pouvait craindre que cette nouvelle version ne tombe dans les travers du cinéma moderne, c’est-à-dire de privilégier le spectaculaire et de simplifier les situations, mais il n’en est rien : le 3h10 pour Yuma de James Mangold reste subtil, jouant avec les incertitudes et les ambigüités. Belle prestation de Christian Bale. C’est un remake réussi, ce qui est de plus en plus rare…
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « Viva Las Vegas »
Autre titre : « Love in Las Vegas »
Lui :
Il faut faire preuve d’une certaine indulgence en regardant Viva Las Vegas : si les films faits sur mesure pour Elvis Presley ne brillent généralement pas par la profondeur de leur scénario, celui-ci atteint le vide sidéral et le film fait preuve d’un machisme assez évident… Et pourtant, le film a tout de même un certain charme grâce à l’alchimie entre ses deux acteurs principaux qui semblent s’aimanter l’un l’autre. Il n’est guère surprenant d’apprendre que l’aventure entre Elvis Presley et Ann-Margret s’est prolongée à la ville, au-delà de l’écran. A 23 ans, la jeune actrice d’origine suédoise était alors en train d’exploser : danseuse et chanteuse, elle déploie sa grâce féline et exhale une sensualité charmeuse. Musicalement, le morceau de choix est le C’mon Everybody de la scène de l’Université du Nevada, surtout pour sa chorégraphie pleine de punch où Ann-Margret éclipse assez nettement son partenaire. On notera aussi un très beau duo The lady loves me, plein d’humour et, bien entendu, le morceau-titre, Viva Las Vegas, malheureusement gâché par un play-back épouvantable.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
A la fin du XIXe siècle, en Afrique Noire, une anglaise engage le guide de chasse Allan Quatermain pour monter une expédition à la recherche de son mari disparu depuis deux ans. Celui-ci était parti vers des contrées inexplorées, à la recherche des mythiques mines du roi Salomon, des mines de diamants… Ce film a en quelque sorte marqué un tournant dans le film d’aventures car il a été très largement tourné en décors naturels. Le producteur Sam Zimbalist (qui avait déjà produit plusieurs Tarzan) a en effet emmené réalisateurs et acteurs pour un long voyage de 40 000 kilomètres en Afrique. Les tribus présentes sont donc de vraies tribus, notamment les énigmatiques Watutsi. Même la bande son (aucune musique, seulement les tambours et chants des tribus) est authentique. Les images en Technicolor sont superbes et souvent impressionnantes, mêlant habilement l’aspect presque documentaire des nombreux plans d’animaux sauvages à l’histoire de cette expédition pleine de péripéties et de dangers. Le film ouvrit ainsi de nouveaux horizons au public et fut un très grand succès. Il n’a pas perdu de sa magie, bien que nous soyons aujourd’hui largement gavés d’images, grâce à son subtil mélange d’aventures et d’exotisme.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le film a été tourné au Congo, Kenya, Ouganda, Tanzanie avec quelques scènes additionnelles tournées dans des parcs nationaux américains. Les images tournées ont été réutilisées pour d’autres films, notamment pour Mogambo de John Ford.
* Notons que la MGM avait déjà tenté précédemment d’envoyer une équipe tourner en Afrique : c’était pour le film Trader Horn de W.S. Van Dyke en 1931. Le voyage avait duré une année entière, coûté une fortune et le film, sorti en pleine dépression, avait été un échec. Il aura fallu donc presque 20 ans pour que l’aventure soit enfin retentée.
* Les Mines du roi Salomon est adapté du roman homonyme de l’anglais Rider Haggard (1856-1925), auquel on doit aussi She.
Ce livre a été adapté plusieurs fois au cinéma : Les mines du roi Salomon (King Solomon’s Mines) de l’anglais Robert Stevenson (1937) Les mines du roi Salomon (King Solomon’s Mines) de 1950 (ce film) Watusi (King Solomon’s Mines) de Kurt Neumann (1959) Allan Quatermain et les mines du roi Salomon (King Solomon’s Mines) de J. Lee Thompson (1985)
+ le personnage d’Allan Quatermain a également été utilisé pour créer des pâles copies d’Indiana Jones, à la télévision et au cinéma.
Lui :
(Muet, 27 minutes) Un armateur demande à son capitaine de faire sauter son bateau en mer pour toucher l’assurance. Charlot se retrouve enrôlé de force à bord… Précision : le film n’a rien d’oriental (1). Charlot Marin a bien quelques longueurs mais ce onzième court métrage pour Essanay a aussi de très bonnes scènes. Les meilleures sont situées au milieu du film à partir du moment où Chaplin est assigné à la cuisine. Il doit d’abord faire la vaisselle (pendant que le cuisinier prépare la soupe, hum…) puis servir le capitaine. Le bateau se met à tanguer fortement : visiblement dans les scènes d’intérieur, Chaplin a utilisé un système de décor sur des rondins comme il le fera pour l’Emigrant afin de faire tanguer la pièce devant une camera fixe. Pour les scènes d’extérieurs, il fait tanguer la caméra et l’effet paraît bien moins réussi car les mouvements sont trop rapides. Ceci dit, on acquiert, nous aussi, assez rapidement le mal de mer… La scène du repas est aussi pleine de gags. Une petite idylle entre Chaplin et la fille de l’armateur est insérée, sans qu’elle soit vraiment développée mais elle permet de finir en beauté sur un baiser.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Charles Chaplin chroniqués sur ce blog…
(1) En anglais, le verbe « to shanghai » est un terme de marine qui signifie « enivrer ou endormir un homme pour l’embarquer sur un navire à court d’équipage ».
Lui :
Dans un avenir proche, les humains ne sortent plus de chez eux, ils contrôlent un clone à distance qui va travailler et vivre à leur place… Sur cette idée de base assez alléchante et prometteuse de beaux développements, Clones reste sur une histoire assez abracadabrante d’arme secrète, de gros vilains méchants et de courses-poursuites. Clones est donc un film d’action, doté d’une histoire assez simple (adaptée d’un comix), un film très formaté, qui suit une recette. Il peut donc se laisser regarder mais peine à déclencher l’intérêt. Nous sommes loin de I, Robots par exemple.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Au sud du Texas, dans le désert proche de la frontière mexicaine des années 80, un chasseur tombe par hasard sur le résultat d’un sanglant règlement de compte entre trafiquants de drogue. Il s’empare d’une mallette pleine de dollars. Un tueur psychopathe se lance à ses trousses… No Country for Old Men repose donc sur le jeu du chat et de la souris, avec des passages de fortes tensions ; globalement assez angoissant, il n’est pas dénué d’humour. Le film rappelle quelque peu Fargo, tourné 10 ans plus tôt, il est toutefois beaucoup plus violent. Cette violence est justement le fond du propos puisque toute l’histoire est vue sous l’angle d’un sheriff en fin de carrière qui ne reconnaît plus le monde où il vit, effaré par cette violence toujours plus déraisonnable. On peut d’ailleurs reprocher au film des frères Coen de jouer avec la fascination de cette violence qu’ils prétendent dénoncer (c’est d’ailleurs bien souvent le cas avec ce genre de propos). Les frères Coen font preuve d’une grande maîtrise du déroulement du récit et de l’image, dosant parfaitement leurs effets, jouant avec la tension qu’ils parviennent à créer et à maintenir pendant 120 minutes.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le film est adapté d’un livre de Cormac McCarthy (ce qui est inhabituel pour les frères Coen qui écrivent leurs scénarios)
* La phrase No Country for Old Men est tirée d’un poème de William Butler Yeats intitulé Sailing to Byzantium, qui est en fait une réflexion sur la vieillesse et le passage à un état de conscience pure, proche de l’immortalité. Lire le poème (en V.O.)…
Lui :
Pour faire bonne figure lors d’une soirée d’affaires, Walter doit venir accompagné. Son frère le met en contact avec Nadia, une amie de sa femme. Walter ne fait pas assez attention à la seule recommandation qui lui est donnée : ne jamais la faire boire d’alcool car elle peut devenir incontrôlable… Et effectivement, comme on peut s’en douter, elle va devenir franchement incontrôlable ; telle une tornade, elle va détruire rapidement le petit monde bien réglé de cet accro du boulot. Les catastrophes s’accumulent. Avec Boire et Déboires, Blake Edwards prend plaisir à saper les fondements de l’American way of life, de la yuppie culture des années 80 et du machisme. Bien qu’un peu inégal, l’ensemble est bien rythmé et comporte de très bons gags. Assez étonnamment, Blake Edwards change de style au deux tiers du film, à partir de la scène du procès. Si le début était déjà bien mené, le derniers tiers est du grand Blake Edwards, avec un humour bien plus subtil. Toute la scène dans la maison du juge est une petite merveille avec un ballet de portes, de mouvements croisés et de belles trouvailles. Bruce Willis (qui n’avait fait précédemment que de la figuration au cinéma )(1) joue avec retenue. Le film repose aussi sur de très bons seconds rôles, en tête le formidable John Larroquette en ex-amoureux forcené. Bizarrement, Boire et Déboires n’est généralement pas très apprécié. Serait-il trop farfelu…?
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « Seven brides for seven brothers »
Lui :
Quand Milly arrive à la ferme de son mari bucheron, elle découvre que celui-ci a six frères, aux manières plutôt rustres. Elle va les civiliser afin qu’ils puissent, eux aussi, trouver une femme… L’originalité de la comédie musicale Les Sept Femmes de Barbe-Rousse n’est pas à rechercher du côté de son scénario : artificiel, convenu, souvent laborieux, ce n’est pas lui qui peut déclencher l’enthousiasme, loin de là. En revanche, Stanley Donen est très novateur dans le traitement, en mettant en scène des numéros musicaux dansés très énergiques. Cette danse très acrobatique est très présente dans la scène la plus marquante du film : la construction de la grange au village. Le film vaut la peine d’être vu, ne serait-ce que pour cette longue scène hautement dynamique, chorégraphiée par Michael Kidd. Les Sept Femmes de Barbe-Rousse n’est pas une adaptation de comédie de Broadway mais a été écrit pour le cinéma (on peut toutefois le voir comme une très libre adaptation de l’enlèvement des Sabines). Stanley Donen a du travailler avec un budget très réduit et cela se voit aux décors ; la MGM avait préféré tout misé sur Brigadoon. Le public pensa différemment : le film de Stanley Donen devint l’un des plus grands succès du studio. Il a en tous cas ouvert la voie à un autre style de comédie musicale, reposant sur des chorégraphies dynamiques et pleines d’énergie.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Les Sept Femmes de Barbe-Rousse fut le premier film tourné en Cinémascope par la MGM. La compagnie craignant que tous les exploitants ne soient équipés, deux versions furent tournées : cinémascope (2.55 :1) le matin et normale (1.85 :1) l’après-midi. Stanley Donen a affirmé que la version « normale » n’a jamais été utilisée, d’autres sources disent qu’elle a servi lors de passages à la télévision.
* Les Sept Femmes de Barbe-Rousse a été tourné en Anscocolor, procédé de pellicule couleur dérivé de l’Agfa Color et mis au point pendant la seconde Guerre mondiale aux Etats-Unis (la branche américaine d’Agfa ayant alors été renommée Ansco). Ce procédé donne des couleurs assez pétantes : les affiches annoncent « in blushing colors » (couleurs éclatantes de rouge) ou encore « in gayest colors » (les couleurs les plus gaies). Seuls quelques films de la M.G.M. ont utilisé ce procédé : The Man on the Eiffel Tower (L’homme de la Tour Eiffel, 1949)(partiellement), The Wild North (Au pays de la peur) d’Andrew Marton (1951), Escape from Fort Bravo (Fort Bravo, 1953) de John Sturges, Kiss Me, Kate (Embrasse-moi, Chérie, 1953), Seven Brides for Seven Brothers (1954), Brigadoon (1954) et Lust for Life (La vie passionnée de Vincent van Gogh, 1956) plus un film d’United Artists : Stranger on horseback de Jacques Tourneur (1955).
Lui :
Quand Marilyn est une jeune femme qui rêve du grand amour. Elle finit par le rencontrer sous les traits de Charles, un anglais en réalité membre la famille royale, venue incognito à New York. Le journaliste Peter, ami de Marilyn et aussi secrètement amoureux, montre l’affaire en épingle. Marilyn devient célèbre… Aller et retour fait partie de ces films qui tentèrent de surfer sur le succès colossal (et inattendu) de New York-Miami (1). Les rôles sont inversés puisque Claudette Colbert joue ici le rôle d’un jeune secrétaire, simple et désintéressée. La comparaison entre les deux films n’est pas à l’avantage de celui-ci. Certes Wesley Ruggles n’a pas la brillance de Capra, sa mise en scène est moins vive, moins rythmée mais c’est surtout au niveau des dialogues que la différence se fait sentir, bien plus ternes ici. Alors que le film de Capra semble doté d’une éternelle jeunesse, celui-ci paraît aujourd’hui plus convenu. Aller et Retour n’est pas sans quelques bonnes scènes cependant, notamment lors de son premier numéro de cabaret, assez hilarant. Le film rencontra un certain succès.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) La publicité de l’époque annonçait d’ailleurs : « Claudette Colbert dans le genre de rôle qui vous fait adorer New York-MiamiIt happened one night »). Comme on peut le constater, la publicité jouait aussi beaucoup sur la popularité et le glamour de Claudette Colbert. On peut d’ailleurs remarquer une certain similitude entre la robe ci-contre (que l’on voit 4 secondes 1/2 dans le film) et celle qu’elle porte dans Cléopâtre.
Remarques :
* Wesley Ruggles a fait un peu de figuration dans les films de Chaplin des années dix (Essanay) avant de passer à la réalisation.
* Homonyme (sans autre lien) : The Gilded Lily de Robert Z. Leonard (1921) avec Mae Murray
Lui :
Un enquêteur de la police de New-York, membre d’une famille où tous les hommes sont policiers, recherche le responsable d’une fusillade où quatre agents ont trouvé la mort. Il va découvrir que des membres de la police sont mêlés à un trafic… Mêlant histoire de famille et policiers corrompus, Le Prix de la Loyauté rappelle furieusement par son sujet le film de James Gray, La nuit nous appartient. La comparaison s’arrête là car le film de Gavin O’Connor est loin d’en avoir l’ampleur, misant sur un réalisme encore plus marqué, les scènes rapides avec caméra à l’épaule, cherchant à générer un sentiment de jungle incontrôlable. Le traitement est assez proche de certaines séries TV. Sur ce sujet rebattu, le scénario n’apporte rien de nouveau.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)