Lui :
L’affiche ci-contre le clame bien haut… le film est basé sur deux histoires vraies : celle de Julia Child, une américaine qui tombe amoureuse de la cuisine française au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et écrit un livre de cuisine qui devient très célèbre et celle de Julie Powell, jeune new yorkaise qui, en 2002, décide de réaliser les 524 recettes du livre en une année et de raconter tout cela dans un blog… Avec une construction en parallèle, Julie & Julia nous fait revivre ces deux parcours. Le film serait certainement très ennuyeux sans la présence de Meryl Streep qui nous livre une superbe interprétation de l’exubérante Julia Child, sachant ne jamais franchir la ligne et ne jamais sur-jouer. Toutes les scènes où elle est présente sont un vrai plaisir, très relevées et pleines d’un enthousiasme communicatif : l’actrice nous donne l’envie de se précipiter dans sa cuisine ! On ne peut, hélas, en dire autant des scènes contemporaines qui sont plates, sans saveur, sans intérêt.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Un agent fédéral est envoyé sur une petite île mexicaine du Pacifique pour démanteler un trafic de matériels militaires mis au rebut. Il tombe tout de suite sous le charme de la femme de l’homme qu’il doit surveiller… L’île au complot (le titre anglais The Bribe = « pot-de-vin » est nettement plus parlant sur le dilemne au coeur du film) est à mi-chemin entre le film noir et le film d’espionnage. Il mêle scènes d’intérieurs à l’éclairage nocturne avec quelques scènes de bateau en mer. L’atmosphère du film le rend assez prenant, tout comme la qualité de son interprétation, soutenue par d’excellents seconds rôles. Le couple Robert Taylor / Ava Gardner fonctionna tant est si bien qu’il se prolongea (secrètement) au-delà de l’écran. Belle (mais courte) scène finale de poursuite parmi les feux d’artifices.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Ava Gardner raconte dans son autobiographie « Ava, my story » que Robert Taylor classait L’île au complot parmi ses plus mauvais films, tout en précisant que l’acteur détestait invariablement les rôles que lui imposait la Metro.
* L’actrice précise aussi qu’elle était heureuse que l’atmosphère mexicaine lui permette de revêtir autre chose que les robes noires auxquelles elle avait toujours droit après son récent succès dans The Killers…
Lui :
A la tombée du jour, deux tueurs arrivent dans une paisible petite ville. L’homme qu’ils cherchent, pourtant prévenu, attend avec résignation ses exécuteurs qui le trouvent rapidement. Intrigué par la présence d’une police d’assurance, un enquêteur tente de reconstituer son histoire… Adaptation d’une nouvelle d’Ernest Hemingway, Les tueurs possède une construction assez complexe en flashbacks successifs. Le film est un grand classique du film noir. Femme fatale, traitrises, hold-up, querelles autour du butin, tous les éléments constitutifs du genre sont présents. Le fatalisme du truand, engendré par la conscience de son faux-pas, est une notion qui apparaît fortement dans ce film de Siodmak et qui marquera définitivement le genre pendant de nombreuses années. Outre la superbe photographie qui joue avec les ombres, on remarquera une belle maitrise de la caméra, le plus beau plan du film étant sans conteste la scène du hold-up, filmée entièrement à la grue ; un plan que ne renierait certainement pas Orson Welles. Les tueurs marque la première apparition de Burt Lancaster. Très physique, avec un passé d’acrobate, l’acteur montre une grande présence malgré la brièveté de ses apparitions et rend la scène de boxe très authentique. Le film propulsera aussi la carrière d’Ava Gardner dont l’apparition dans sa robe noire reste l’une des images les plus célèbres du cinéma.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque : Burt Lancaster ne fut engagé qu’à la suite de deux défections des acteurs précédemment choisis pour le rôle. Il passa directement au statut de star. Comment distingue t-on une affiche d’époque de Les tueurs d’une affiche plus récente ? Simplement en regardant la place de Burt Lancaster sur l’affiche : initialement tout en bas, il est rapidement monté en tout premier… et le pauvre O’Brien est en tout petit.
Remake : A bout portant (The killers) de Don Siegel (1964) avec Lee Marvin et Angie Dickinson
Lui :
Pendant la Guerre d’Espagne, un américain rejoint les combattants républicains pour des missions spéciales. Il doit faire sauter un pont dans les montagnes afin de retarder les troupes ennemies… Il est assez paradoxal que l’adaptation du roman d’Ernest Hemingway ait été confiée à un réalisateur ardamment anticommuniste. En conséquence, tout le contexte politique est ici gommé, on ne sait qu’à peine de quelle guerre il s’agit (1). En revanche, tout le film est centré sur l’idylle entre Jordan et Maria qui s’étale sur de très longues scènes et d’interminables (très) gros plans ; certains sont superbes, certes, mais l’ensemble paraît assez répétitif avec des dialogues lourds et mal adaptés. Il n’en reste pas moins que Gary Cooper livre une belle prestation, avec son immense présence naturelle. Ingrid Bergman, engagée in extremis pour ce rôle qui la faisait fantasmer, est exaltée par son personnage. Le succès populaire fut immense. Pour qui sonne le glas est un bel exemple de cette capacité qu’a Hollywood de pouvoir décérébrer un grand roman pour en faire une banale romance.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* A sa sortie, Pour qui sonne le glas durait 170 minutes, soit près de 3 heures. Cette durée fut ramenée à 130 minutes lors de sa ressortie en 1988.
* Ingrid Bergman raconte dans son autobiographie, Ma Vie, que lorsqu’elle demanda à Hemingway s’il avait apprécié le film, l’écrivain lui répondit qu’il lui avait fallu cinq séances pour parvenir à tenir jusqu’au bout sans quitter la salle.
* Anecdote célèbre : Ingrid Bergman désirait tant avoir le rôle de Maria qu’elle se coupa les cheveux un peu prématurément, rendant impossible de retourner une scène du film Casablanca dont elle achevait le tournage. C’est ainsi que la chanson As time goes by est restée dans le film Casablanca alors qu’il était prévue de la remplacer… Et c’est maintenant l’une des quatre ou cinq chansons les plus célèbres de toute l’histoire du cinéma.
(1) A noter que la courte scène où l’un des combattants demande à Gary Cooper pourquoi il a choisi, lui un américain, de venir de se battre à leurs côtés, n’a été rétablie que pour la version courte de 1988. C’est la seule scène un tant soit peu explicative du contexte.
Lui :
En pleine fièvre de l’or dans le Yukon, en Alaska, Jack Thornton part avec une vieille connaissance à la recherche d’une mine d’or découverte par un prospecteur qui est mort avant d’avoir pu la déclarer. Pour ce faire, il achète plusieurs chiens dont un gros saint-bernard réputé in-dressable, Buck… Parmi les différentes adaptations du roman de Jack London L’appel de la forêt, le film de Wellman est n’est pas le plus fidèle, loin de là. Bien peu du livre a été conservé ! Le climat est néanmoins bien rendu malgré une utilisation un peu trop marquée du tournage en studios. Certaines scènes ont toutefois été tournées en décors naturels dans l’état de Washington. Clark Gable a une prestance naturelle qui lui permet d’être très crédible. L’appel de la forêt est un film de commande.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le happy-end un peu béat a été ajouté après les premières projections aux publics-test qui étaient déçus de voir mourir Shorty.
* Pendant le tournage du film, une idylle s’est développée entre Loretta Young et Clark Gable, idylle qui est allé assez loin puisqu’est née Judy Lewis quelques mois plus tard. Clark Gable étant marié par ailleurs et les deux acteurs ayant une clause de moralité dans leur contrat, Loretta Young a déclaré avoir adopté un bébé abandonné. Judy Lewis a révélé ses vraies origines dans son livre, dans les années quatre-vingt. Judy Lewis a été actrice à Broadway et dans certaines séries télévisées.
Autres versions : Call of the Wild de David W. Griffith (1908) Call of the Wild de Fred Jackman (1923) avec Jack Mulhall L’appel de la forêt (Call of the Wild) de Ken Annakin (1972) avec Charlton Heston
+ plusieurs adaptations TV
Lui :
Basé sur un fait divers réel, Un après-midi de chien relate comment deux hommes ont retenu en otage une dizaine de personnes lors d’un braquage de banque à Brooklyn… Le déroulement est beaucoup plus inhabituel que ne le laisserait penser cette base de départ, à la fois par la personnalité des braqueurs, jeunes et d’une naïveté qui attire la sympathie, et aussi par l’interaction avec les medias et la foule qui, rapidement, prend fait et cause pour eux. Le film de Sydnet Lumet brocarde allègrement le rôle voyeur des medias, l’inorganisation de la police et met à mal un certain idéal américain. Le film est en grande partie improvisé ce qui contribue à générer cette impression d’authenticité. Al Pacino, épuisé après le tournage du Parrain 2, livre une superbe performance, apportant beaucoup de richesse et surtout d’humanité au film. Très précis dans son déroulement, Un après-midi de chien ne comporte aucun temps mort, montrant au contraire une constante intensité.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Sidney Lumet chroniqués sur ce blog…
Remarques :
La phrase la plus célèbre du film, ce cri d’Al Pacino à la foule « Attica ! Attica ! », était en fait une improvisation. Ce slogan est une référence à la mutinerie de la prison d’Attica (état de New York) en 1971 où des prisonniers noirs se sont révoltés après qu’un militant des Black Panthers ait été tué par des gardiens de prison. Ils réclamaient un traitement plus humain.
Lui :
Libéré sur parole, Johnny Eager est en apparence chauffeur de taxi. En réalité, il est à la tête d’une petite organisation de paris clandestins. Rusé et n’accordant aucune place aux sentiments, il manœuvre habilement pour faire ouvrir un cynodrome, pour les courses de lévriers…
Les années trente et début des quarante aux Etats-Unis ont été la grande époque des films de gangsters. Johnny, roi des gangsters est rarement cité parmi les films de ce genre qui a précédé le film noir. Il a pourtant de grands attraits : tout d’abord un scénario intelligent reposant sur des manœuvres assez subtiles et même habiles du personnage central et surtout une fabuleuse interprétation. Robert Taylor est ici dans l’un de ses plus beaux rôles et face à lui, Lana Turner, avec enfin un rôle de tout premier plan, est lumineuse, renversante de beauté. Mais, plus remarquable encore est Van Heflin, bouleversant dans un second rôle, un personnage d’une étonnante profondeur qui lui valut un Oscar.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
(Muet, 23 minutes) Charlot se rend au music hall. Tout d’abord, il change plusieurs fois de place avec, à chaque fois, beaucoup d’interactions avec les autres spectateurs ou même les musiciens de l’orchestre qui sont juste devant lui. Ensuite, il perturbe parfois malgré lui le bon déroulement du spectacle… En réalité, Chaplin joue deux rôles différents : celui d’un spectateur mondain alcoolique et celui, un peu moins reconnaissable car plus moustachu, d’un spectateur plus populaire à l’étage, encore plus éméché. L’ensemble est bien enlevé, le bon rythme venant d’un enchaînement assez rapide des gags qui sont nombreux et assez variés. A noter qu’Edna Purviance n’a ici qu’un tout petit rôle.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Dans les années soixante-dix, un homme apporte à un jeune couple une boîte avec un gros bouton. L’inconnu leur explique que s’ils appuient sur le bouton, on leur donnera un million de dollars mais en même temps un humain, inconnu d’eux, mourra quelque part. Ils ont 24 heures pour se décider… Cette histoire, adaptée d’une courte nouvelle de Richard Matheson, est donc une réflexion sur l’individualisme, la conscience, la nature humaine. Richard Kelly a bien su développer et enrichir cette base de scénario. Il parvient à mettre en place un climat très particulier entre suspense angoissant et puissances supérieures. Malgré quelques effets probablement superflus, The Box montre beaucoup de retenue dans son déroulement et évite le spectaculaire. Le choix de Cameron Diaz pour le rôle principal est, ceci dit, assez… inattendu. Toujours est-il qu’à l’heure où les scénarios de science-fiction sont de plus en plus simples, il est assez courageux de proposer un film potentiellement bien plus complexe… la preuve en est que le film n’a pas été particulièrement bien accueilli par le public. En fait, The Box s’inscrit plutôt dans la ligne des films de science-fiction des années cinquante et soixante et c’est une très bonne chose.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
Richard Matheson a écrit la nouvelle Button, Button (Le jeu du bouton) en 1970. L’histoire était plus réduite puisque la personne qui mourrait n’était autre que le mari. A l’étonnement de la femme, il était répondu : « Pensiez-vous vraiment connaître votre mari ? »
Richard Matheson a ensuite développé légèrement l’histoire pour un épisode de la série Twilight Zone (celle des années 80 bien entendu, pas celle des années 50), version qu’il a désavouée et finalement signée d’un pseudonyme. C’est Richard Kelly qui a considérablement développé le personnage du messager/ange organisateur.
Lui :
Par pur hasard, Nora et Nick Charles se retrouvent par deux fois à l’endroit où un crime est commis. L’enquête va les entraîner dans le milieu des paris sur les courses hippiques et les combats de catch… L’ombre de l’introuvable est le quatrième film de la série des Introuvable et force est de constater que la formule continue de très bien fonctionner. Mêlant humour et enquête, le film forme un cocktail très divertissant, les scénaristes ayant l’intelligence de ne trop appuyer leurs effets. Les personnages de Nick et Nora restent égaux à eux-mêmes, lui en alcoolique mondain qui aborde les pires situations avec grand flegme, elle en épouse frivole mais audacieuse ; on remarquera que le personnage de Nora est moins mis en avant, il faut dire que Myrna Loy ruait dans les brancards et d’ailleurs quittera la MGM pour quelque temps après ce film. Le scénario de L’ombre de l’introuvable est assez peu vraisemblable mais on ne s’en soucie guère car l’ensemble est on ne peut plus plaisant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)