Lui :
A la fin des années soixante, l’ex-gangster Noodles revient à New York après 35 ans d’éloignement. Il se remémore son passé… Il était une fois en Amérique est librement inspiré du livre autobiographique de Harry Gray. Le projet de Sergio Leone a mis plus de dix ans à éclore et le tournage fut interminable. Après la conquête de l’Ouest et la révolution mexicaine, il s’attaque à une autre grande mythologie américaine, le gangster. Cette vaste fresque est construite en flashbacks allant des années vingt au milieu des années trente, fin de la Prohibition. Le film de Leone est à la fois l’histoire de deux gangsters juifs liés par une forte amitié et une variation sur la représentation/idéalisation du cinéma. Toute cette histoire est d’ailleurs issue d’un cerveau en pleine divagation sous l’emprise de l’opium. Leone use (et abuse parfois) de ses effets, créant la tension par de longs plans d’attente. Son cinéma témoigne ici d’une belle vitalité.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Sergio Leone chroniqués sur ce blog…
Remarques : Il était une fois en Amérique dure 3h40. La version commerciale sortie aux Etats-Unis avait été ramenée à 2h20. Du fait des coupes, elle était, parait-il, très dure à comprendre.
Lui :
(Court métrage de 12 minutes) Mabel’s Strange Predicament (littéralement : l’étrange et fâcheuse situation de Mabel) est le second film tourné par Chaplin, alors intégré à l’équipe de Mack Sennett. Le film a pour star Mabel Normand et il était prévu que Chaplin fasse juste un ou deux gags improvisés en ouverture dans un rôle de séducteur un peu ivre. « Trouve un costume comique, n’importe lequel » lui a dit Mack Sennett… Chaplin détestait le costume guindé avec haut de forme qui lui avait été imposé dans son premier film Making a Living. Il choisit un accoutrement où tout est en contradiction : un pantalon trop large, une veste très serrée, un chapeau melon trop petit, des chaussures trop grandes. Il ajoute une moustache pour ne pas faire trop jeune (il avait à peine 25 ans) et il garde son accessoire fétiche, sa canne. Il avait ainsi créé son célèbre « costume du vagabond ». La scène d’ouverture fonctionne si bien qu’elle est prolongée. Mieux encore, il est décidé de faire apparaître Chaplin dans le restant du film. Le résultat est étonnant car beaucoup de la gestuelle et de l’apparence du personnage est déjà là. Et bien que ce personnage soit ici plutôt mal intentionné, cherchant toujours à profiter de la situation, il est tout de même attachant. Il vole presque la vedette à Mabel Normand qui passe la plus grande partie du film en pyjama (ce qui, rappelons-le, était extrêmement choquant à l’époque). Le costume du vagabond sera réutilisé dans un film tourné rapidement et qui sortira deux jours avant Mabel’s Strange Predicament ; c’est donc techniquement parlant le premier film sorti avec le costume du vagabond : Kid Auto Races at Venice.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques:
Pendant toute la période où il tourne pour Keystone, dans l’équipe de Mack Sennett, Chaplin utilisera souvent ce costume du vagabond mais pas toujours : il faudra attendre la période Essanay, l’année suivante, pour le voir n’utiliser que ce costume.
Tous les films de Chaplin à la Keystone,
tournés entre janvier 1914 et octobre 1914 :
1) Making a living (Pour gagner sa vie) (a)
2) Kid auto races at Venice, Cal (Charlot est content de lui) (b)
3) Mabel’s strange predicament (Charlot à l’hôtel) (b)
4) Between showers (Charlot et le parapluie) (b)
5) A film johnnie (Charlot fait du cinéma) (b)
6) Tango tangles (Charlot danseur) (c)
7) His favorite pastime (Charlot est trop galant) (b)
8) Cruel, cruel love (Charlot marquis) (a) 9) The star boarder (Charlot aime la patronne) (b)
10) Mabel at the wheel (Mabel au volant) (a)
11) Twenty minutes of love (Charlot et le chronomètre) (b)
12) Caught in a cabaret (Charlot garçon de café) (b)
13) Caught in the rain (Charlot et la somnambule) (b)
14) A busy day (Madame Charlot) (d)
15) The fatal mallet (Le maillet de Charlot) (b)
16) Her friend the bandit (** film perdu **)
17) The knockout (Charlot et Fatty sur le ring) (b)
18) Mabel’s busy day (Charlot et les saucisses) (e)
19) Mabel’s married life (Charlot et le mannequin) (f)
20) Laughing gas (Charlot dentiste) (b)
21) The property man (Charlot et le garçon de théâtre) (b)
22) The face on the bar room floor (Charlot artiste peintre) (b)(g)
23) Recreation (Fièvre printanière) (b)
24) The masquerader (Charlot grande coquette) (h)(e)(d)
25) His new profession (Charlot garde-malade) (e)
26) The rounders (Charlot et Fatty en bombe) (g)
27) The new janitor (Charlot concierge) (b)
28) Those love pangs (Charlot rival d’amour) (b)
29) Dough and dynamite (Charlot mitron) (b)
30) Gentleman of nerve (Charlot et Mabel aux courses) (b)
31) His musical career (Charlot déménageur) (b)
32) His trysting places (Charlot papa) (b)
33) Getting acquainted (Charlot et Mabel en promenade) (b)
34) His prehistoric past (Charlot nudiste) (i)
+ 1 long métrage : Tillie’s punctured romance (Le roman comique de Charlot et Lolotte)
(a) costume de lord anglais avec haut de forme, grandes moutaches
(b) costume du vagabond, petite moustache, avec ou sans chapeau melon
(c) costume avec noeud papillon et pas de moustache
(d) charlot déguisé en femme
(e) costume bien taillé, chapeau melon, petite moustache
(f) costume du vagabond, chapeau haut de forme, petite moustache
(g) smoking, noeud papillon (avec ou sans haut de forme)
(h) Chaplin en costume de ville
(i) Chaplin en homme préhistorique
Lui :
(Court métrage de 6 minutes) Alors que le tournage de Mabel’s strange predicament n’est pas encore fini, l’équipe de Mack Sennett improvise un film lors d’une course de mini-voitures conduites par des enfants. Cela se passe un dimanche à Venice, juste à côté d’Hollywood donc. Le ressort comique est simple : Chaplin, avec son costume de vagabond, se place constamment devant la caméra pour être filmé et bouche la vue. L’intérêt historique de Kid Auto Races at Venice est double : d’une part, c’est techniquement le premier film sorti avec Chaplin en costume de vagabond et d’autre part, nous pouvons observer les réactions du public à cet étrange personnage, si bizarrement accoutré. Chaplin improvise et il montre déjà sa formidable présence à l’écran.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, une américaine se rend avec son mari d’origine allemande en vacances en Allemagne. Elle découvre un pays enflammé par la propagande nazie… Produit par Darryl Zanuck, The Man I Married est un film destiné à faire prendre conscience du risque que faisait peser l’Allemagne nazie sur le monde. Tourné au printemps 1940, soit peu après le début de la guerre, le film place son action en 1938 car il se concentre plus sur l’endoctrinement et la fanatisation d’un peuple que sur la guerre proprement-dite. On peut noter quelques images réelles de rassemblements nazis. Le film évoque en outre l’enrôlement de force des autrichiens dans les usines et les camps de concentration. The Man I Married a visiblement été produit rapidement mais il est intelligemment construit et bien fait. L’histoire est simple mais efficace. Le film est facile d’abord et, donc, a du avoir une certaine efficacité. Le discours sous-jacent est étonnamment lucide et clairvoyant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
(Film muet) Une intrigante sans scrupules jette son dévolu sur un riche diplomate, temporairement éloigné de sa famille. Telle un vampire, elle profite des hommes en véritable prédatrice et scelle leur perte… A Fool There Was est le film qui a lancé Theda Bara, la première grande vamp de l’histoire du cinéma. Theda Bara est aussi la première star fabriquée de toutes pièces (1), en l’occurrence par William Fox qui, alors au bord de la ruine, renaîtra ainsi de ses cendres. Theda Bara sera une star immensément populaire, jouant à la fois le rôle de sex-symbol et de moteur à la libération des femmes. Hélas, la quasi-totalité de ses films sont perdus y compris les immenses succès (souvent avec un parfum de scandale) que furent Carmen, Salomé ou Cléopâtre. Ici, dans cette histoire de femme fatale inspirée d’un poème de Kipling « The vampires » dont certains vers sont reproduits dans les intertitres (« A Fool There Was » en est le premier), son personnage particulièrement cynique et cruel (2) crée tous les codes du genre. Très influencé par le théâtre, le jeu de Theda Bara est assez excessif, ce qui était encore assez courant à cette époque. Hélas, l’image des copies existantes est très abimée mais nous voyons aisément comment un tel film a pu bouleverser les esprits dans une société encore très marquée par la morale victorienne.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Par un jeu subtil de fausses fuites à la presse, William Fox laissera croire que Theda Bara est une actrice arabe. Son nom, trouvé par William Fox ou par Frank Powell, est d’ailleurs une anagramme de « arab death » (son vrai nom est Theodosia Burr Goodman et ses parents sont des émigrés polonais). Le nom de « vamp » aurait également été créé pour elle.
(2) Deux exemples de son cynisme et de sa cruauté :
a) Quand elle arrive au port en taxi, c’est l’une de ses anciennes victimes, devenu clochard, qui lui ouvre la porte pour avoir une pièce et qui l’interpelle. Après lui avoir jeté à peine un regard, elle se contente d’appeler un policier pour qu’il la débarrasse de l’importun… b) Quand l’homme qu’elle quitte après l’avoir ruiné la menace d’un révolver, elle se contente de lui dire le célèbre « Embrasse-moi, idiot » (« kiss me, my fool ») et le laisse ensuite se tirer une balle dans la tête…
Précédentes adaptations de ce poème de Kipling : The Vampire (1910) de ? avec Margarita Fisher (film perdu) The Vampire (1913) de Robert Vignola avec Alice Hollister (38 mn)
ainsi Theda Bara n’est pas, techniquement parlant, la première vamp du cinéma… mais, en terme d’impact, elle l’est bel et bien.
Film homonyme : Embrasse-moi, idiot! (Kiss me, stupid) de Billy Wilder (1964) avec Dean Martin et Kim Novak
Lui :
Ancien critique cinématographique et grand amoureux du septième art, Peter Bogdanovich rend hommage aux premières années du cinéma, l’époque où les Nickel Odéons (1) avaient un besoin démesuré en petits films rapidement tournés. Il rend aussi hommage à l’humour de type « slapstick » des comédies de Mack Sennett car toute la première partie de son film est dans cette veine de comédie, une partie qui n’est pas exempte de longueurs et de répétitions. Nickelodeon est plus réussi dans son aspect de reconstitution, nous pouvons ainsi voir opérer une petite équipe qui enchaîne les tournages avec des scénarios écrits à la va-vite et rafistolés en cours de route. Ce petit côté documentaire trouve son point d’orgue dans la reconstitution de la première projection de Naissance d’une Nation avec orchestre et bruiteurs tirant des coups de feu en direct. C’est cela qui rend Nickelodeon finalement très intéressant. Le film n’eut aucun succès et Bogdanovich s’interrompit de tourner pendant deux à trois ans.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
Le film de Peter Bogdanovich est dédié à Allan Dwan, réalisateur sur lequel il a écrit un livre en 1971. Allan Dwan aurait tourné plus de 1400 films. Il était encore vivant (91 ans) en 1976.
(1) Les Nickel Odéons sont de petites salles de cinéma qui connurent un énorme succès entre 1905 et 1915 aux Etats Unis. On en comptait plus de 10 000. Le prix d’entrée était un nickel (pièce de 5 cents). Ce faible prix permit leur explosion, elles ne désemplissaient pas.
Toutes ces salles avaient besoin de films régulièrement renouvelés. Un groupe de producteurs mené par Thomas Edison tenta de monopoliser le marché grâce à une série de brevets sur les caméras et les projecteurs. Cette « Patents Company », surnommée « The Trust », faisait la chasse aux producteurs indépendants (l’un d’eux était l’allemand Carl Lemmle, montré dans le film) en utilisant parfois des méthodes brutales, détruisant caméras et laboratoires. Pour leur échapper, des producteurs indépendants décidèrent d’aller s’installer à l’autre bout du pays, en Californie, s’éloignant ainsi le plus possible du New Jersey qui était alors le centre névralgique du cinéma.
Lui :
Trois aventuriers qui viennent de dévaliser la banque d’un petit village isolé de l’Arizona sont pourchassés dans le désert. Ils tombent sur un chariot près d’une source tarie. A l’intérieur, une femme est sur le point d’accoucher… John Ford tourne pour la seconde fois cette histoire à fort symbolisme religieux (1). C’est en effet une variation autour du thème des Rois Mages de la Bible. L’allégorie est assez appuyée, il faut bien avouer que Le fils du désert ne joue pas sur la finesse. John Wayne est ici employé à contre-emploi et ne se montre pas toujours très à l’aise avec ce rôle de cowboy au cœur tendre. Ses deux acolytes manquent plutôt de présence. Heureusement, il reste la superbe photographie de Winton Hoch et ce talent de John Ford pour filmer le désert (2). Les scènes de tempête sont superbes.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de John Ford chroniqués sur ce blog…
Remarques :
(1) La première fois que John Ford a mis en scène cette histoire écrite par Peter B. Kyne, c’était en 1919 : Marked Men (le film est aujourd’hui perdu). Son acteur principal était Harry Carey qui est mort peu avant le tournage du Fils du désert. John Ford a dédié le film à sa mémoire et a engagé son fils pour tenir l’un des trois rôles principaux.
(2) Le film a été tourné en partie dans la Vallée de la Mort. John Wayne a dû être hospitalisé après avoir été gravement brûlé par le soleil.
Autres adaptations : Three Godfathers (1916) de Edward LeSaint avec Stella LeSaint et Harry Carey Marked Men (1919) de John Ford avec Harry Carey Hell’s Heroes (1929) de William Wyler avec Charles Bickford Three Godfathers (1936) de Richard Boleslawski avec Chester Morris et Walter Brennan
Lui :
(Muet, 17 minutes) Swords and Hearts fait partie des films de Griffith sur la guerre de Sécession (1) tournés entre 1909 et 1911. Nous sommes en Virginie et le fils d’un riche fermier est aimé en secret par une jeune fille pauvre… On retrouve dans ce film de Griffith le thème de l’humiliation de la défaite sudiste et aussi, et surtout, celui de l’amour qui transcende les barrières sociales créées par l’argent. Le scénario est assez élaboré, les intertitres servant à structurer le film en onze chapitres. L’ensemble a beaucoup de force. Dorothy West fait une belle prestation, la jeune actrice montrant d’étonnantes capacités lors des scènes d’action à cheval.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Cette guerre était, rappelons-le, encore très présente dans les esprits puisqu’elle ne s’était terminée que 45 ans plus tôt.
7 courts métrages de Griffith sur la guerre de Sécession tournés en 1910-1911: In the Border States (1910), The House with Closed Shutters (1910), The Fugitive (1910), His Trust (1911), His Trust Fulfilled (1911), Swords and Hearts (1911), The Battle (1911).
Lui :
(Muet, 19 minutes) Un jeune homme envoyé sur le front comme officier est pris de panique et fuit les combats. Il finira par montrer sa valeur lors d’une expédition pour aller chercher des stocks de munitions… The Battle fait partie des quelques films de Griffith sur la guerre de Sécession tournés entre 1909 et 1911. Le film est assez proche de The house with closed shutters tourné l’année précédente qui traite aussi de la lâcheté. Le scénario n’est pas toutefois le côté le plus remarquable de ce court-métrage ; c’est plutôt la mise en scène des combats qui retient l’attention : ces scènes prennent indéniablement de l’ampleur. On remarquera aussi le grand nombre de figurants employés pour la scène du départ du régiment.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
A la suite d’un incendie meurtrier dans une usine d’aviation, un jeune ouvrier est accusé à tort de sabotage. Alors qu’il est recherché par la police, il part lui-même à la poursuite du vrai saboteur qu’il a aperçu avant le drame… Cinquième colonne est la contribution d’Hitchcock à l’effort de guerre. Le scénario préfigure celui de La Mort aux Trousses sous plusieurs aspects : dans les deux cas, le héros doit chercher les vrais coupables tout en étant traqué par la police et il devra traverser les Etats-Unis pour trouver la vérité. Cinquième colonne est toutefois moins réussi, en grande partie du fait de l’interprétation et de son manque de consistance, de sa moindre présence (1). Le film ne manque pas de scènes fortes : la fusillade dans la salle du Radio City Music Hall (2), scène largement copiée depuis, et le final dans et sur la statue de la Liberté ont été les plus remarquées. Toutes les scènes se déroulant durant le gala de charité sont certes moins spectaculaires mais tout aussi remarquables. Mais, force est de constater qu’en dépit de ses qualités, Cinquième colonne reste moins intense que de nombreux autres films du réalisateur.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
Ne pas confondre Sabotage (Agent secret en français), film anglais d’Alfred Hitchcock de 1936 avec Saboteur (Cinquième colonne en français), film américain d’Alfred Hitchcock de 1942.
(1) Hitchcock reconnaitra plus tard que Robert Cummings « appartient à la catégorie des acteurs légers (…) Quand il est vraiment dans une situation mauvaise, on ne peut pas le lire sur sa figure. »
Quant à Priscilla Lane, l’actrice fut imposée à Hitchcock par Universal. D’apparence très classique (le type « girl next door »), l’actrice est à l’opposé du type de femme qu’Hitchcock affectionne (les beautés froides).
(2) Il faut savoir que le Radio City Music Hall était à l’époque le cinéma de New York où avaient lieu les premières des films d’Hitchcock. L’effet a été donc décuplé pour ceux qui y assistaient.
Remarque :
Quand l’espion Fry se déplace en taxi, Hitchcock a inséré un plan d’actualité montrant le paquebot Normandie chaviré dans le port de New York. L’espion a un rictus de satisfaction. La Navy a réussi à faire supprimer cette scène (dans certains états seulement) car elle laissait à penser que le Normandie avait été victime d’un sabotage, ce qui n’était pas le cas. Le Normandie, paquebot français réquisitionné de force par les Etats-Unis, a été victime d’un incendie en 1942 dans le port de New York alors qu’il était transformé en navire transporteur de troupes. Après des tentatives de réparation, le paquebot a finalement été demantelé en 1946.