24 avril 2016

Blow-Up (1966) de Michelangelo Antonioni

Titre original : « Blowup »

Blow Up24 heures de la vie d’un photographe en vogue, dans le Swinging London du milieu des années soixante. Il va faire une découverte étonnante dans ses clichés… Blow Up marque un tournant dans la carrière d’Antonioni : c’est son premier film non-italien, le personnage principal n’en est pas une femme et la psychologie des personnages n’est pas l’objet du film. Antonioni se penche sur le rapport entre un individu et la réalité, sur son rapport avec le monde. La réalité perçue par l’appareil photographique est différente de celle qu’a perçue le photographe, changeant totalement la nature d’une scène à laquelle il a assisté. Grâce à la possibilité d’agrandissement (Blow-Up en anglais), la photo dévoile de plus en plus de choses, jusqu’à un certain point toutefois : trop agrandie, la photo devient semblable à la peinture abstraite du voisin du photographe, elle nécessite une interprétation (1). Le grain photographique devient alors générateur d’énigme. Les frontières sujet/objet et fiction/réalité sont donc mouvantes ou même s’effacent. C’est aussi une mise en abyme de la machine cinématographique et c’est pour cette raison que le film d’Antonioni eut une influence sur de nombreux réalisateurs (2). Accessoirement ou presque, le film est un témoignage de l’atmosphère du Swinging London sur lequel Antonioni porte un regard assez fasciné.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Vanessa Redgrave, David Hemmings, Sarah Miles, Jane Birkin
Voir la fiche du film et la filmographie de Michelangelo Antonioni sur le site IMDB.

Voir les autres films de Michelangelo Antonioni chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Michelangelo Antonioni

Remarques :
* Le groupe pop qui joue dans le club est The Yardbirds avec Jimmy Page et Jeff Beck. Jeff Beck est particulièrement déchainé, cassant sa guitare à la demande d’Antonioni qui était fasciné par ce que faisait Pete Townshend (des Who) sur scène.
* La musique est composée par Herbie Hancock.
* Le personnage du photographe est librement inspiré des photographes de mode David Bailey et Terence Donovan.
* L’appareil que David Hemmings utilise la plupart du temps est un Nikon F (reflex 35mm) qui bénéficia ainsi d’une belle publicité gratuite. Dans le studio, on le voit aussi utiliser un Hasselblad 500.

(1) A noter que cette particularité n’a pas disparu avec la photo numérique, bien au contraire : on ne peut agrandir une photo au-delà de la résolution du capteur (sauf dans les films hollywoodiens…)
(2) La filiation la plus évidente est celle de Conversation secrète de Coppola (1974) qui est au son ce que Blow-up est à l’image, et également Blow Out de Brian De Palma (1981) qui développe le thème en intrigue policière.

Blow-Up
David Hemmings dans Blow Up de Michelangelo Antonioni.

Blow up
David Hemmings agrandit et osculte ses clichés dans Blow Up de Michelangelo Antonioni.

3 commentaires sur « Blow-Up (1966) de Michelangelo Antonioni »

  1. Ergotons un peu.
    La filiation la plus évidente ne serait-elle pas plutôt Blow … Out de Brian De Palma?
    Le film de Coppola baigne dans une ambiance parano d’espionnite flicarde généralisée qui n’est le sujet ni d’Antonioni ni de De Palma.

    Merci à Vous!

  2. Oui, vous avez raison. Je ne l’avais pas mentionné car j’ai un très mauvais souvenir de ce film mais cela fait très longtemps que je l’ai vu, il faudrait que le revoie… (de plus, je me demande si ce n’est pas la seule présence de Travolta qui m’a fait rejeter ce film à l’époque) ;-))

    Je vous trouve sévère avec Conversation secrète car, s’il est sorti au moment du Watergate, Coppola n’a pas cherché à développer l’idée d’espionnite policière ou politique (Hackman est un indépendant). C’est plutôt l’actualité qui a rattrapé son film. Tout comme Antonioni, Coppola questionne sur le fond alors que De Palma développe plutôt une intrigue policière autant que je me souvienne.

  3. Ma description sommaire du film de Coppola n’était pas un jugement. Au contraire, je trouve que Conversation Secrète est un très très bon film, un des meilleurs du cinéaste et des années 70. L’évolution technologique en a surtout fait un film visionnaire qui se passe très bien de la référence au Watergate.
    Je vous invite à revoir Blow Out qui est aussi un des meilleurs De Palma (et Travolta ;-)).
    Finalement, Blow Up est le plus faible des trois. Je me demande ce que nous en penserions sans le Swinging London en toile de fond…
    De toutes façons, nous parlons de trois bons films.
    A bientôt!

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