Un pasteur, paraissant d’humeur fort gaie, s’introduit chez une veuve sexagénaire. Après l’avoir mise en confiance, il l’étrangle et dépose le cadavre dans la salle de bains. Le détective Morris Brummell est chargé de l’affaire… Basé sur un roman de William Goldman, le scénario de No Way to Treat a Lady comporte certaines originalités, à la fois dans le mode opératoire de ce tueur en série et dans le jeu qu’il joue avec la police. Le moyen utilisé par la police pour le forcer à se dévoiler est aussi inattendu. Certes, ces originalités paraissent moins criantes après un demi-siècle supplémentaire de thrillers mais on peut se demander pourquoi, avec ces atouts, le résultat paraît si fade. Ce n’est pas la faute de Rod Steiger qui fait une belle prestation dans ses multiples déguisements, donnant de la puissance à son personnage, sans aucun excès. Non, les raisons sont plutôt à chercher du côté de la mise en scène de Jack Smight qui a bien du mal à trouver la difficile symbiose recherchée entre le film noir et la comédie. L’assemblage est au moins inattendu mais l’ensemble montre une certaine mollesse. Le film nous laisse sur une vague impression qu’il aurait pu être beaucoup mieux… Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 2,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « Who’s Afraid of Virginia Woolf? »
Martha rentre avec son mari George d’une soirée chez son père, le doyen de l’Université où George est professeur. Ils sont un peu éméchés et commencent à se chamailler, mais Martha a promis à son père d’inviter un jeune couple, récemment engagé, à boire un dernier verre chez eux… Qui a peur de Virginia Woolf? est adapté d’une pièce d’Edward Albee, auteur dramatique américain qui a reçu le Prix Pulitzer par trois fois (1). Il s’agit du premier film de Mike Nichols. Qui a peur de Virginia Woolf? tranche assez nettement avec le reste de la production par la cruauté de ses dialogues et fait partie de ces films qui, en ces années soixante, bravèrent ouvertement le Code Hays. Cette (apparente) mise à mal du couple utilise des ressorts psychologiques que l’on peut trouver un peu grossiers et le film n’est pas sans défaut : quelques longueurs et une fin lénifiante (2). Mais les dialogues sont remarquables, un véritable feu d’artifice de répliques vachardes et cathartiques, le grand déballage devant témoins. Dans ce registre, il est très facile de surjouer et Richard Burton a, on le sait, généralement une certaine tendance à appuyer son jeu. Mais, et c’est le plus remarquable, il n’en est rien ici : Burton est retenu dans son jeu, il trouve toujours le ton juste, à aucun moment, il ne dérape. Elizabeth Taylor (qui a accepté de prendre 15 kilos pour le rôle) montre des qualités étonnantes dans un rôle assez ingrat : il s’agit probablement de son meilleur rôle au cinéma (3), elle fait ici penser à Bette Davis. La photographie en noir et blanc de Haskell Wexler est très belle, Mike Nichols abuse quelquefois des très gros plans, mais c’est rare ; sa mise en scène est parfaitement maitrisée. Qui a peur de Virginia Woolf? connut un grand succès et remporta pas moins de cinq Oscars. Insensible au temps, le film se montre toujours aussi puissant aujourd’hui. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Mike Nichols chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Au début du film, Martha (Elizabeth Taylor) cherche le titre du film où Bette Davis emploie l’expression « What a dump ! » (Quel taudis !). Il s’agit de Beyond the Forest (La Garce) de King Vidor (1949).
* Assez étrangement, Richard Burton a interprété son rôle avec un accent britannique prononcé ce qui lui a valu certaines critiques.
* Le titre Qui a peur de Virginia Woolf? est dérivé de la comptine Qui a peur du grand méchant loup? (« Big Bad Wolf » en anglais) que l’on entend dans Les Trois Petits Cochons de Walt Disney (1933). Disney ayant refusé de donner son accord, les acteurs utilisent une autre mélodie quand ils la chantent.
(1) En 1967 pour A Delicate Balance, en 1975 pour Seascape et en 1994 pour Three Tall Women. (2) A noter que la fin lénifiante et le personnage du fils ne sont pas des inventions de l’adaptateur : ils figuraient déjà dans la pièce. On donc pourra remarquer que derrière l’entreprise de démolition du couple se cache une indéniable glorification de la cellule familiale classique, de la famille américaine. D’ailleurs, cela explique peut-être le succès populaire du film. (3) Elizabeth Taylor a elle-même affirmé qu’il s’agit de son plus grand rôle. A noter que, contrairement à leurs personnages, le couple Taylor/Burton dans la vraie vie était alors au beau fixe.
L’agent secret britannique Quiller est envoyé à Berlin pour enquêter sur une mystérieuse organisation nazie… Le secret du rapport Quiller est l’adaptation d’un roman d’Adam Hall par Harold Pinter (1). Il s’inscrit dans cette vogue du film d’espionnage des années soixante et notamment ceux qui montrent une vision à la fois plus réaliste et désillusionnée du monde de l’espionnage (2). C’est un monde de duplicité qui est ici décrit et Quiller, tout excellent professionnel qu’il soit, peine à distinguer où sont ses amis et qui trompe qui. Le portrait de l’espion est ainsi plus humain. Revers de la médaille, nous avons l’impression de tourner un peu en rond dans une intrigue qui peine à avancer. Le film n’est donc pas sans défaut. George Segal manque un peu de présence et les grands acteurs qui l’entourent ont une tendance à cabotiner quelque peu. Les décors n’ont pas non plus de présence suffisante. Le secret du rapport Quiller est surtout un film d’atmosphère. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)