21 octobre 2016

La Joyeuse Divorcée (1934) de Mark Sandrich

Titre original : « The Gay Divorcee »

La Joyeuse divorcéeLors d’un voyage en Europe, un danseur fait la connaissance fortuite d’une jeune femme qu’il cherche à revoir. Par le plus grand des hasards, cette jeune femme s’adresse à l’un des ses amis, fils d’un avocat renommé, pour tenter de divorcer… The Gay Divorcee est le deuxième film du tandem Fred Astaire et Ginger Rogers, le premier où ils tiennent la tête d’affiche. La formule se met en place, une comédie permettant d’insérer des morceaux de danse, mais le dosage des ingrédients n’est pas encore parfait. L’intrigue est vraiment trop mince et l’humour peine à s’imposer, malgré les efforts louables d’Edward Everett Horton, Alice Brady et Eric Blore. Il faut attendre cinquante longues minutes pour qu’enfin Fred Astaire et Ginger Rogers dansent ensemble (sur Night and Day de Cole Porter), avec beaucoup de grâce et d’élégance ; c’est le plus beau numéro du film. On ne les reverra danser ensemble qu’une seule fois ensuite, sur une partie du numéro musical Continental, un ballet qui comporte de bons moments mais paraît bien long. Le grand succès de The Gay Divorcee finit par avoir raison des réticences de Fred Astaire à s’engager dans un duo : après celui-ci, Ginger Rogers et lui enchaineront sept films en cinq ans.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Fred Astaire, Ginger Rogers, Alice Brady, Edward Everett Horton, Eric Blore, Betty Grable
Voir la fiche du film et la filmographie de Mark Sandrich sur le site IMDB.

Voir les autres films de Mark Sandrich chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Le numéro musical Continental dure 17 ½ minutes. Il restera longtemps le plus long ballet au cinéma. Il ne sera battu que par Gene Kelly dans le ballet final d’Un américain à Paris (1951) avec 18 minutes ½.
* La jolie danseuse blonde qui vient chercher Edward Everett Horton pour faire la danse du genou (numéro assez amusant avec des paroles à double-sens) est Betty Grable.

The Gay Divorcee
Fred Astaire et Ginger Rogers dansant sur Night and Day dans La Joyeuse divorcée de Mark Sandrich.

The Gay Divorcee
Photo de tournage du ballet Continental dans La Joyeuse divorcée de Mark Sandrich.

Fred Astaire et Ginger Rogers ont tourné ensemble  :
Carioca (Flying down to Rio, 1933),
La joyeuse divorcée (The gay divorcee, 1934),
Roberta (1935),
Le danseur du dessus (Top Hat, 1935),
En suivant la flotte (Follow the fleet, 1936),
Sur les ailes de la danse (Swing time, 1936),
L’entreprenant Mr. Petrov Petrov (Shall we dance?, 1937),
Amanda (Carefree, 1938),
La grande farandole (The story of Irene and Vernon Castle, 1939),
… auxquels il faut ajouter un 10e film dix ans plus tard :
Entrons dans la danse (The Barkleys of Broadway, 1949).

4 octobre 2012

Les chaussons rouges (1948) de Michael Powell et Emeric Pressburger

Titre original : « The red shoes »

Les chaussons rougesLe célèbre impresario Lermontov engage un jeune compositeur talentueux et la jeune Victoria Page pour en faire une danseuse étoile. Il crée un ballet inspiré du conte d’Andersen Les chaussons rouges… Auréolés du succès de leurs films précédents, Michael Powell et Emeric Pressburger avaient alors une certaine liberté de choix de leur sujet, heureusement car faire un film sur le ballet et sans acteur connu était une entreprise plutôt osée. De manière plus générale, Les chaussons rouges est un film sur l’Art : le processus de création, on assiste ainsi à la genèse artistique d’un ballet, et aussi ses exigences, son caractère exclusif. Le talent de Powell et Pressburger est d’en avoir fait un grand spectacle en utilisant une vraie danseuse à l’avenir prometteur, Moira Shearer, et en donnant une large place au ballet avec une scène centrale très travaillée qui dure près de vingt minutes. La judicieuse utilisation du Technicolor et de vastes mouvements de caméra ajoutent à la féerie et au caractère fantastique de l’histoire. L’autre point fort du film réside dans le personnage de Lermontov, ce metteur en scène entièrement dévoué à son art, un personnage charismatique, fort et marquant. A sa sortie, Les chaussons rouges connut un immense succès (sauf en Angleterre toutefois) ; au lendemain de la guerre et de ses laideurs, le film apportait une réconfortante vague de beauté.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Anton Walbrook, Moira Shearer, Marius Goring, Léonide Massine
Voir la fiche du film et la filmographie de Michael Powell & Emeric Pressburger sur le site IMDB.

Voir les autres films de Michael Powell chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de Michael Powell et Emeric Pressburger chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Le scénario avait été écrit dès 1937 par Emeric Pressburger qui travaillait alors pour Alexander Korda. L’idée de Michael Powell fut de tourner le film avec de vrais danseurs et d’avoir une longue scène centrale de ballet.
* Michael Powell eut toutes les peines du monde pour convaincre Moira Shearer d’accepter le rôle. La jeune danseuse craignait d’oblitérer ses chances de devenir une grande danseuse (ces craintes se révélèrent être justifiées mais elle fut plutôt victime du succès du film).
* Michael Powell raconte très longuement la production et la réalisation du film Les chaussons rouges dans la première partie de son autobiographie A life in Movies.
* On peut considérer que Les chaussons rouges préfigure ce que seront An American in Paris de Minnelli (1951) et Singing’ in the rain de Stanley Donen (1952).