4 décembre 2007

Le nom de la rose (1986) de Jean-Jacques Annaud

Titre original : Der Name der Rose

Au nom de la roseElle :
Immersion au temps de l’inquisition et de l’hérésie religieuse dans un monastère perché sur le haut d’une montagne désolée. Les livres interdits qui pourraient perturber les croyances religieuses des moines sont enfermés dans une tour inaccessible. Plusieurs moines sont retrouvés morts avec la langue et le bout du doigt noirs. Sean Connery va mener l’enquête. Le décor lugubre, les moines aux trognes laides s’opposent à l’angélisme de Sean Connery et de son jeune compagnon. Même si parfois c’est un peu caricatural, on se laisse prendre au jeu de ces énigmes et de cette atmosphère monastique.
Note : 5 étoiles

Lui :
Dans cette adaptation du roman d’Umberto Ecco, Annaud a choisi de privilégier le spectacle en évacuant tout le contenu philosophique. Il réussit néanmoins à faire un film fort, même s’il tombe parfois dans l’excès en insistant lourdement sur certaines scènes « dérangeantes » (autopsies, préambules à la torture). Les décors, somptueux de réalisme, contribuent largement à cette réussite ; la bibliothèque est une pure merveille.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Sean Connery, Christian Slater, Helmut Qualtinger, Michael Lonsdale
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Jacques Annaud sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Jean-Jacques Annaud chroniqués sur ce blog…

27 novembre 2007

The hit : le tueur était presque parfait (1984) de Stephen Frears

Titre original : « The Hit »

The Hit Le tueur était presque parfaitElle :
(pas vu)

Lui :
Le tueur était presque parfait est un film assez étonnant sur une trame qui peut paraître banale : deux gangsters kidnappent un truand repenti en Espagne pour le ramener à Paris. La forme est donc celle d’un road-movie mais c’est aussi un huis clos en quelque sorte puisque tout se joue sur les relations entre les 4 personnages principaux. Stephen Frears joue à décaler ou même inverser les rôles et, rapidement, on perd toute certitude et il paraît impossible de prédire la suite des évènements. L’humour sous-jacent est heureusement là pour soulager la tension ce qui rend le film finalement assez plaisant. Tourné avec visiblement peu de moyens, Stephen Frears parvient à un résultat efficace grâce à ses personnages. Très belle utilisation de Terence Stamp qui montre une forte présence. Si Le tueur était presque parfait n’est pas le premier film de Stephen Frears, c’est celui qui l’a fait découvrir internationalement, après 15 ans de réalisations pour la télévision anglaise.
Note : 4 étoiles

Acteurs: John Hurt, Terence Stamp, Tim Roth, Laura del Sol
Voir la fiche du film et la filmographie de Stephen Frears sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Stephen Frears chroniqués sur ce blog…

19 novembre 2007

Missing (1982) de Costa-Gavras

MissingElle :
Enquête captivante et poignante d’un père accompagné de sa belle fille à la recherche d’un fils disparu au Chili pendant le coup d’état de Pinochet. Au départ, Jack Lemmon joue au père excédé par les excentricités de son fils puis peu à peu, il découvre le vrai visage de son fils grâce à l’énergie et au courage de Sissy Spacek. De petit père tranquille et égoïste, il devient un fervent défenseur des droits de l’homme. Il faut saluer Costa-Gavras pour avoir le courage d’aborder des thèmes politiques touchant aux libertés bafouées et aux régimes totalitaires.
Note : 5 étoiles

Lui :
Le mérite de Missing est avant tout politique : étaler au grand jour la collusion entre la CIA et la junte chilienne. Le film aurait cependant plus d’effet si Costa-Gavras ne tombait pas dans ses travers habituels : trop manichéen et trop simpliste, il nous met les points sur les « i » pour que l’on comprenne bien, la scène du militaire retraité qui parle au petit déjeuner de sa mission en est un exemple extrême. Certes Costa-Gavras vise un public large et sa dénonciation du soutien des Etats-Unis aux dictatures d’Amérique du Sud est bien entendu une bonne chose.  Il a toutefois la main lourde quelquefois sur le plan du spectaculaire et de la dramatisation.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Jack Lemmon, Sissy Spacek, Melanie Mayron, John Shea
Voir la fiche du film et la filmographie de Costa-Gavras sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Costa-Gavras chroniqués sur ce blog…

7 octobre 2007

La route des Indes (1984) de David Lean

Titre original : « A passage to India »

La Route des IndesElle :
Basé sur le roman de Edward Morgan Forster, ce dernier film de David Lean nous plonge brutalement dans la réalité de l’Inde coloniale. Il dépeint de manière incisive les contrastes très forts qui existent entre deux civilisations qui ne parviennent pas à communiquer harmonieusement. Les Anglais détiennent les reines du pouvoir et méprisent les Indiens. On sent David Lean fasciné à la fois par la beauté de l’Inde et de son peuple et ulcéré par la violence de la présence britannique. La mise en scène des grands espaces et des mouvements de foule est grandiose. Les deux héroïnes anglaises portent un regard différent sur la colonisation; elles désirent partir à la découverte de ce pays d’une tout autre manière. Le réalisateur comme dans la plupart de ses films prend tout son temps pour nous imprégner de l’atmosphère de ce pays et insuffler un parfum de mystère et de magie.
Note : 4 étoiles

Lui :
Ultime long métrage de David Lean, 14 ans après La Fille de Ryan, La Route des Indes se situe parfaitement dans la ligne de ses derniers films : un grand spectacle dopé par un scénario assez puissant. Son histoire se situe dans l’Inde des années 20 alors en pleine occupation britannique. C’est pour Lean l’occasion de mettre en scène l’opposition entre deux mondes qui ne parviennent pas à communiquer, ce face à face n’étant pas à l’avantage des anglais qui sont montrés sous leur jour le plus colonialiste qui soit. Les images sont somptueuses et David Lean imprime volontairement un rythme assez lent comme pour mieux les imprimer dans nos esprits et nous plonger dans l’atmosphère de l’Inde. La Route des Indes (*) est techniquement parfait, avec une interprétation sans faille. A 77 ans, David Lean nous prouve qu’il sait toujours faire de grands films.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Judy Davis, Victor Banerjee, Peggy Ashcroft, James Fox, Alec Guinness
Voir la fiche du film et la filmographie de David Lean sur le site imdb.com.

Voir les autres films de David Lean chroniqués sur ce blog…

(*) Le titre original est plus adapté que sa traduction approximative : ces deux femmes cherchent chacune un passage pour comprendre l’Inde. La Route des Indes fait plus penser à une aventure de type expédition ce que le film n’est pas.

28 septembre 2007

Stardust Memories (1980) de Woody Allen

Stardust MemoriesElle :
Dans Stardust Memories, Woody Allen semble aller un peu trop loin dans cette variation sur le statut de cinéaste mondialement connu. Woody Allen a certes déclaré que ce personnage de cinéaste si méprisant et imbu de sa personne n’était pas lui-même mais un personnage inventé… les similitudes sont toutefois un peu trop nombreuses et l’on ne voit pas quel serait l’intérêt pour lui de faire un tel film. En tous les cas, c’est à mes yeux l’un des moins bons et des plus ennuyeux films Woody Allen.
Note : 2 étoiles

Lui :
Ce film, qui semble un peu trop narcissique, comporte néanmoins quelques dialogues savoureux et quelques réflexions intéressantes, souvent assez mordantes. Certaines séquences évoquent Fellini, à commencer par la fameuse scène du train. J’avais un assez mauvais souvenir de ce film; il m’a paru un peu meilleur cette fois-ci. Après avoir été éreinté par la critique, Woody Allen a toujours affirmé que Stardust Memories n’est pas autobiographique…
Note : 3 étoiles

Acteurs: Woody Allen, Charlotte Rampling, Jessica Harper, Marie-Christine Barrault, Tony Roberts
Voir la fiche du film et la filmographie de Woody Allen sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Woody Allen chroniqués sur ce blog…

29 août 2007

L’année de tous les dangers (1982) de Peter Weir

Titre original : The Year of Living Dangerously

L'année de tous les dangersElle :
Sur fond de menace communiste contre le régime militaire indonésien, Mel Gibson sillonne ce pays en tant que journaliste. C’est son rêve qui vient de se réaliser et pour le concrétiser, il est prêt à tout pour faire un scoop. Peter Weir a le mérite de montrer la corruption, la misère et la famine qui règne dans ce pays alors que les occidentaux et la classe des fortunés au pouvoir y mènent sans complexe une vie dépravée. Cependant, l’enjeu et les personnages ne sont pas assez forts pour nous captiver si bien que le film traîne un peu en longueur.
Note : 3 étoiles

Lui :
Cette plongée au sein d’une ville indonésienne, vue par les yeux d’un jeune journaliste un peu arriviste, est particulièrement bien mise en scène par Peter Weir. On imagine sans peine comment on peut être « secoué » par un séjour dans un tel pays. Au delà de ce journaliste qui apprécie mal la gravité de la situation, le personnage le plus fascinant est celui du photographe, jouée par Linda Hunt.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Mel Gibson, Sigourney Weaver, Linda Hunt, Michael Murphy
Voir la fiche du film et la filmographie de Peter Weir sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Peter Weir chroniqués sur ce blog…

5 juillet 2007

Trop belle pour toi (1989) de Bertrand Blier

Trop belle pour toiElle :
De bons acteurs, de l’humour et un scénario original où l’amante est une femme très ordinaire et l’épouse est très belle. Les dialogues sont crus mais croustillants. Josiane Balasko joue avec sensibilité un rôle qui ne lui est pas habituel ; Carole Bouquet nous offre sa beauté glacée dans un appartement glacial et Depardieu joue le quarantenaire qui remet sa vie en question.
Note : 5 étoiles

Lui :
Bertrand Blier joue avec la beauté légendaire de Carole Bouquet pour monter une histoire, classique dans le fond (triangle mari / femme / maîtresse) mais très original dans sa forme : Blier inverse les rôles traditionnels, la maîtresse paraît quelconque et sans attraits, et il brise constamment la narration en sautant de scènes réelles en scènes imaginaires, sans parler du passé revu selon les désirs actuels d’un personnage. Le magnifique trio d’acteurs, Gérard Depardieu, Carole Bouquet et Josiane Balasko contribuent largement à donner de la force et de l’émotion à Trop belle pour toi. La musique de Schubert (exclusivement) est bien utilisée et nous vaut quelques traits d’humour car Depardieu réagit violemment à l’émotion véhiculée par cette musique.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Josiane Balasko, Carole Bouquet, Roland Blanche, François Cluzet
Voir la fiche du film et la filmographie de Bertrand Blier sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Bertrand Blier chroniqués sur ce blog…

13 juin 2007

Maurice (1987) de James Ivory

MauriceElle :
Adapté du roman quasiment autobiographique de Forster, ce film sur le sujet tabou de l’homosexualité dans la société anglaise des années 1900 est traité avec pudeur et délicatesse. James Ivory s’attarde sur les regards, les visages, les expressions, les gestes pour décrire les sentiments que ces jeunes hommes tentent de réprimer pour tenter d’être conforme au modèle. Il pointe du doigt l’hypocrisie et les principes corsetés de la haute société de cette époque. L’homosexualité était un délit passible de prison en Angleterre. Les procès, la délation et le chantage étaient de mise. Elle était assimilée à une maladie, un état irrationnel qu’il fallait à tout prix éradiquer pour pouvoir vivre tranquillement et être dans la norme.
Note : 5 étoiles

Lui :
Dans le même esprit que Chambre avec Vue, film de James Ivory également adapté d’un roman de E.M. Forster, Maurice nous plonge dans la société anglaise du tout début du XXe siècle pour mettre en relief les défauts de sa morale rigide. Cette fois, c’est l’interdit de l’homosexualité qui est mis en avant. James Ivory adopte une mise en scène particulièrement feutrée et douce rendant ainsi le film très prenant même s’il pourra probablement être jugé trop académique par certains yeux modernes. Hugh Grant et surtout James Wilby interprètent avec beaucoup de sensibilité et parfois même de retenue ce duo de jeunes hommes tout en parvenant à garder intacte la force de leur personnage.
Note : 4 étoiles

Acteurs: James Wilby, Hugh Grant, Rupert Graves
Voir la fiche du film et la filmographie de James Ivory sur le site imdb.com.

Voir les autres films de James Ivory chroniqués sur ce blog…

9 juin 2007

Stranger than Paradise (1984) de Jim Jarmusch

Stranger than ParadiseElle :
Ce road-movie noir et blanc est très photographique et traduit bien l’univers désolé et sans but de ces trois jeunes gens paumés mais attachants. Ils ne cherchent pas à communiquer entre eux sauf pour l’essentiel et n’ont rien à se dire. Leur âme est morte en quelque sorte. Ils ont juste envie d’être ensemble et de se tenir chaud sans savoir pourquoi. 20 ans plus tard, ce film n’a pas vieilli mais reste tout de même bien tristounet.
Note : 4 étoiles

Lui :
Vu (ou plutôt revu) avec du recul, Stranger than Paradise me paraît bien plus racoleur que je ne le pensais, un film à la mode. Ici, le désoeuvrement des personnages n’a d’égal que la vacuité du film… et l’on a envie de demander à Jarmusch ce qu’il cherche à prouver. L’attrait de ce film me semble essentiellement plastique : John Lurie a vraiment une « gueule » fantastique.
Note : 2 étoiles

Acteurs: John Lurie, Eszter Balint
Voir la fiche du film et la filmographie de Jim Jarmusch sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Jim Jarmusch chroniqués sur ce blog…

10 mai 2007

Garçon! (1983) de Claude Sautet

Garçon!Elle :
Montand incarne avec talent un serveur dans une brasserie parisienne. Sa personnalité égocentrique l’entraîne dans des situations amicales ou amoureuses compliquées. Il est à la fois touchant mais aussi bien lâche et menteur. Sautet décrit avec subtilité ce quotidien parisien, les relations biaisées et incertaines entre Montand, Villeret et Nicole Garcia. L’art de Sautet est de nous faire pénétrer dans cet univers ordinaire et de nous rapprocher des personnages.
Note : 5 étoiles

Lui :
Scènes de la vie ordinaire : Sautet nous dépeint à nouveau des gens qui hésitent sur la direction à donner à leur vie et décrit leurs tâtonnements amoureux. Il choisit comme décor les coulisses d’une grande brasserie, un monde en perpétuelle agitation, une fascinante frénésie. Sa mise en scène est très fluide et juste. On pourra seulement regretter que tout le film soit centré autour de Montand, qui est bien-sûr excellent mais qui éclipse quelque peu les autres personnages.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Yves Montand, Nicole Garcia, Jacques Villeret, Rosy Varte, Marie Dubois, Bernard Fresson
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Sautet sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Claude Sautet chroniqués sur ce blog…