Lui :
(Muet 21 mn) Dans une bonne première moitié de ce court-métrage, Buster Keaton est un employé de banque qui va créer un certain chaos après avoir trempé par inadvertance ses doigts dans un pot de colle. Pas facile de compter les billets après cela… Cette partie est amusante mais globalement un peu répétitive. Pris ensuite par erreur pour un braqueur de banques, il doit s’échapper et trouve refuge dans une maison réputée comme étant hantée. En réalité, elle abrite de faux-monnayeurs qui ont trouvé ce moyen pour écarter les curieux. Cette seconde partie est très nettement supérieure, très réussie et très inventive comme à chaque fois que Keaton joue avec une maison et des mécanismes (1). Escalier qui devient lisse, chausse-trapes et faux-semblants (2), personnages qui apparaissent et disparaissent… on a dans cette seconde partie de Malec chez les fantômes du grand Buster Keaton.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Buster Keaton ira plus loin encore avec Electric House (Frigo à l’Electric Hotel).
(2) A noter un gag surréaliste, assez inhabituel pour Keaton dans le sens où il n’a aucune explication logique de faisabilité : deux personnages (habillés en squelette) assemblent un homme par morceaux ; quand l’homme est complet, il prend vie et se met à marcher. Ce trucage amusant était très utilisé par Georges Méliès dès 1898/1899… Faut-il y voir un hommage de Keaton à Méliès ? C’est probable.
Lui :
Les films d’Harold Lloyd ont toujours des titres français un peu vulgaires… Il faut s’y faire. « Ça te la coupe » fait probablement référence au fait que le héros de Girl shy est très timide face aux filles (comme l’indique le titre anglais) : il se met à bégayer, perd tous ses moyens et, au final, il les évite. Pour compenser, il écrit en secret un livre où il se met dans la peau d’un homme à femmes qui prodigue des conseils pour mieux les séduire… Girl Shy est l’un des films les mieux équilibrés d’Harold Lloyd : il parvient à créer un personnage très attachant, mélange de fragilité et de détermination, qui apporte beaucoup de délicatesse et même une certaine tendresse. Il est aussi, comme toujours, capable d’accomplir de véritables prouesses. La course finale de Girl Shy est l’une des plus extraordinaires du cinéma. Désireux d’empêcher le mariage de sa bien-aimée avec un arriviste, Harold Lloyd va emprunter un nombre incalculables de véhicules différents, chacun étant plus rapide que le précédent. Tournée en plein jour dans les rues de Los Angeles, cette course est trépidante, l’impression de vitesse y est extrême, on le voit traverser des carrefours à une vitesse ahurissante… Il évite de justesse autos et piétons qui jaillissent devant lui (1). Il y a aussi beaucoup d’inventivité dans les situations ou dans les véhicules qu’il utilise. Mais tout aussi spectaculaire qu’elle soit, cette course folle n’est pas le seul attrait du film. Très complet, Girl Shy est ainsi l’un des tous meilleurs d’Harold Lloyd.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Rappelons-le que tout est réel. Tout au plus certains passages sont légèrement accélérés. Harold Lloyd accomplissait toutes ses cascades lui-même.
Remarques : A) La scène où le chariot de Lloyd passe à toute allure au dessus de la camera au sol impressionna si fortement le réalisateur Frank Niblo qu’il décida aussitôt d’incorporer la même scène dans son Ben-Hur (1925) qu’il était en train de tourner. Niblo et Lloyd étaient amis. Niblo invita Lloyd le jour du tournage. B) La scène finale de l’arrêt du mariage a (comme on s’en doute, puisque c’est pratiquement la même) très fortement influencé la scène finale du film Le Lauréat (The Graduate, 1967). Mike Nichols a, lui aussi, invité Harold Lloyd à assister au tournage de la scène. C) Dans la (célèbre) scène où Harold Loyd, à l’arrière d’une voiture de pompiers à pleine vitesse, tente désespérément de se redresser en s’accrochant à un tuyau qui se déroule sans arrêt, l’acteur s’est grièvement blessé lors d’une chute. Tous les témoins pensaient qu’il avait le crâne fracturé mais il n’eut qu’une demi-douzaine de points de suture au front. D)Girl Shy est le premier film produit par Harold Lloyd Productions. L’acteur produira ensuite lui-même tous ses films. E) Le film comporte deux scènes rêvées d’homme à femmes, une où il joue l’indifférent, l’autre où il joue l’homme primaire. Une troisième scène fut tournée où il la jouait « reporter sportif » (!) Cette scène fut jugée négativement par le public-test et Harold Lloyd, qui a toujours accordé beaucoup d’importance aux opinions des publics-test, la retira.
Titre français parfois utilisé : « Rêve et réalité »
Lui :
Avec Suds, Mary Pickford met de côté ses bouclettes et son visage d’ange pour personnifier une jeune blanchisseuse, un peu souillon, dans un Londres populaire à la Dickens. Raillée et persécutée par ses collègues, elle se réfugie dans le rêve et s’invente des histoires où un jeune Lord doit venir la chercher pour l’épouser. Mary Pickford a certes toujours un jeu très appuyé mais dans Suds, elle semble aller un peu trop loin. Il s’agit d’un drame traité comme une farce et l’actrice charge un peu trop le côté clownesque de son personnage. L’accumulation de déboires et d’avanies peut probablement fonctionner comme un ressort comique auprès de certains spectateurs mais personnellement ce ne fut pas mon cas. Mary Pickford, « America’s sweetheart » (= la petite fiancée de l’Amérique), était alors au sommet de sa popularité : elle venait de fonder United Artists (avec Fairbanks, Chaplin et Griffith) et d’épouser Douglas Fairbanks. Elle désirait alors se tourner vers des rôles ayant une vraie dimension dramatique. Elle y parviendra… mais plus tard ; ici, nous avons plutôt un maladroit mélange des genres. Suds était d’ailleurs prévu pour se terminer sur une note triste : « Mais qui va bien pouvoir m’aimer ? ». Cela ne plut guère au public et deux fins heureuses, une américaine et une européenne, furent filmées à la va-vite et plaquées sans se soucier de faire la liaison ni de garder une certaine vraisemblance.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Explication du titre (qui peut paraître un peu bizarre) : « Suds » en anglais désigne la mousse de savon et les collègues d’Amanda l’ont surnommée « Sudsie », c’est-à-dire « couverte de mousse de savon ».
* Dans son autobiographie, Mary Pickford raconte que le cheval famélique, que le studio avait eu tant de mal à trouver, a repris rapidement des forces dans les écuries de Douglas Fairbanks en attente du tournage. Il a donc fallu le « maquiller » pour qu’il paraisse fatigué et lui dessiner des côtes saillantes. Mary Pickford dit avoir fait elle-même le maquillage du cheval.
Lui :
(Film muet) Une femme a passé est un film très méconnu qui, heureusement, a été récemment restauré. Il s’agit du premier long métrage du réalisateur français René Jayet, réalisateur qui s’est hélas illustré par la suite avec des films marqués d’un comique pas toujours très fin… Mais, rien de tel dans ce premier film, bien au contraire. Il s’agit d’un grand drame de la jalousie dans le monde des mariniers, une histoire de femme fatale. La plus grande partie du film se déroule sur une péniche (nous sommes, notons-le, six ans avant L’Atalante de Jean Vigo) et ce lieu clos exacerbe bien entendu les tensions. L’environnement et l’atmosphère générale sont très populaires ; René Jayet montre là une indéniable influence de l’expressionisme allemand. Les gros plans sur le décor ou sur une partie de la scène sont toujours très réalistes, on sent presque la poussière. Certains gros plans sur les visages sont assez remarquables. Une femme a passé est un film qui mérite d’être découvert.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Au moment où Joseph Schenck décide de produire L’Aigle Noir, la réputation de Rudolph Valentino est ternie après avoir été arrêté pour bigamie (1) et enchaîné plusieurs insuccès. Cette adaptation du roman inachevé d’Alexandre Pouchkine intitulé Dubrowski va lui permettre de retrouver les faveurs du public. C’est une belle histoire de justicier masqué, genre de Zorro dans la Russie tsariste. Un jeune lieutenant cosaque déserte de son régiment pour aller venger son père, victime d’un spoliateur vil et intriguant. Mais ce sinistre individu a une fille… L’histoire en elle-même est donc prévisible et pleine de clichés mais elle est bien ficelée, ponctuée de rebondissements qui maintiennent le spectateur en haleine. Destiné à être un grand divertissement, L’Aigle Noir est toutefois plus axé sur l’humour que sur l’action. Valentino est charmeur à souhait. Le budget conséquent permit la création de somptueux décors signés William Cameron Menzies. C’est avec ce film que Clarence Brown acquit sa réputation d’élégance qui lui permettra de devenir l’un des réalisateurs préférés de Garbo peu après. L’ensemble reste très plaisant aujourd’hui. L’Aigle Noir sera l’avant-dernier film de Rudolph Valentino.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Une loi de l’époque stipulait qu’un délai d’un an devait s’écouler entre un divorce et un remariage. Rudolph Valentino fut arrêté et emprisonné pour ne pas avoir respecté ce délai. Il ne passa qu’un week-end derrière les barreaux. Les studios l’en extirpèrent dès le lundi matin pour le remettre sur un plateau devant une caméra. Celle qui aurait du être sa nouvelle femme fut envoyée en mission à l’autre bout du pays…
Remarque :
Le titre du film était prévu pour être The Black Eagle (c’est le nom que se donne le personnage dans le film) mais fut raccourci pour éviter de gêner le film que Douglas Fairbanks mettait alors en chantier : The Black Pirate.
Lui :
(Muet 22 minutes) Dans The Goat, Buster Keaton est pris par erreur pour un criminel recherché par la police, ce qui nous vaut des poursuites avec de belles trouvailles de gags. Malcolm St Clair avait été précédemment scénariste puis réalisateur chez Mack Sennett. Une scène incroyable (et qui évoque le futur Mécano de la General) : un train fonce sur la caméra pour s’arrêter juste devant elle et l’on s’aperçoit alors que Buster Keaton est assis sur le devant de la locomotive. Le film est en outre émaillé de nombreux gags, mon préféré étant celui de la cabine téléphonique qui sert de faux ascenseur. Longtemps mal connu, The Goat se classe sans aucun doute parmi les meilleurs courts métrages de Buster Keaton.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
Virginia Fox est la fille de William Fox, fondateur de la Fox Film Corp. Elle deviendra, trois ans plus tard, Madame Darryl Zanuck.
Malcolm St Clair apparaît dans le film : c’est le vrai truand (assis sur la chaise pour se faire photographier). Egalement, l’un des policiers (celui qui est près du poteau de téléphone) est Edward F. Cline, co-réalisateur de nombreux courts avec Keaton.
Lui :
(Film muet) Octobre, le troisième film de Sergueï Eisenstein, a été tourné au pas de charge : pour être prêt pour le jour du 10e anniversaire de la Révolution de 1917, il lui a fallu tourner en 6 mois ce qui aurait dû en nécessiter 18. Il eut cependant tous les moyens pour honorer cette commande du gouvernement soviétique : 11000 figurants, le Palais d’Hiver pour lui seul et Leningrad fut même plongé dans le noir certains jours afin qu’il puisse avoir toute l’électricité pour ses projecteurs. Le film raconte les évènements de 1917 à Saint-Pétersbourg (Leningrad) qui aboutissent à la prise du Palais d’Hiver et au renversement du gouvernement provisoire. Eisenstein ne voulait aucun acteur professionnel ; Maxime Strauch raconte comment il a été écumer les bars et les asiles pour trouver des « types ». Par rapport au Cuirassé Potemkine, Eisenstein utilise toutefois beaucoup moins les gros plans de visages et laisse une bonne place aux plans larges. Ce qui est remarquable, c’est le mouvement qu’il parvient à donner à ses plans larges, notamment dans la première partie sur les manifestations de juillet. L’impression de mouvement est forte et constante : non seulement, le montage est très rapide, une succession de plans très courts, mais encore ses mouvements de foule sont particulièrement spectaculaires car ils semblent composés d’une multitude de sous-mouvements (par exemple, la dispersion de la manifestation, le départ des troupes, etc…) Mais le point le plus original d’Octobre reste l’utilisation d’images d’objets ou de séquences pour créer des métaphores (1). Ce point lui valut d’être mal compris du public et le film fut moins bien reçu que Potemkine. Le film eut aussi pour effet de contribuer à faire évoluer (ou, devrait-on plutôt dire, régresser) la vision des dirigeants soviétiques sur le cinéma : fait pour les masses, il devra éviter de chercher l’esthétisme et rester à l’écart de tout intellectualisme. Cette perte de liberté sera fatale. Octobre reste un film passionnant à regarder aujourd’hui, pour la force, le mouvement et l’esthétisme de ses images.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le film a par la suite été sonorisé (ajout d’effets sonores) par Grigori Alexandrov, coscénariste et assistant-réalisateur. La musique a été composée par Chostakovitch. Le film est ressorti dans cette version en 1966.
* L’autre film commandé par le gouvernement soviétique pour le 10e anniversaire de la Révolution d’Octobre est La fin de Saint-Pétersbourg (1927) de Vsevolod Poudovkine. Il est bien entendu passionnant de comparer les deux films, puisqu’ils traitent du même sujet.
* Pour leur scénario, Eisenstein et Alexandrov ont pris comme base de départ le livre de l’américain John Reed Dix jours qui ébranlèrent le monde.
(1) Eisenstein utilise des associations d’images pour faire passer une idée, forme que l’on a nommée « le montage intellectuel ». Par exemple, pour montrer que Kerensky cumulait tous les postes du gouvernement provisoire, il le montre plusieurs fois gravissant le même escalier du palais en énumérant ses différentes fonctions. Ou encore, pour montrer son caractère orgueilleux, il entrecoupe plusieurs fois un plan de Kerensky avec une statue de paon. (2) La première version montrée le 7 novembre 1927 pour le 10e anniversaire de la Révolution durait 140 minutes environ (3800m). A cette époque, Staline commençait à écarter Trotsky pour accaparer tous les pouvoirs et donc Eisenstein dut opérer de nombreuses coupes de scènes où apparaissait Trotsky (toutefois, Stéphane Bouquet souligne dans son livre sur Eisenstein que l’on n’a pas de preuve absolue sur ce point). Les versions les plus connues actuellement oscillent entre 95 mn (USA) et 99/104 mn (Europe). Le site internet IMDB mentionne l’existence d’une version restaurée en 2007 de 142 mn, sans préciser quelles sont ces scènes additionnelles (seraient-elles les scènes coupées par Eisenstein ?)
Lui :
(Muet, 62 mn) Après avoir été, avant la guerre de 14-18, le plus grand comique au monde, Max Linder émigra aux Etats-Unis où il tourna des courts-métrages tout d’abord puis trois longs-métrages, vraiment remarquables. Sept ans de malheur, c’est ce que craint Max le dandy après avoir cassé un miroir. C’est la première apparition à l’écran de la fameuse scène du miroir cassé (1) qui sera reprise par les Marx Brothers douze ans plus tard dans La Soupe aux canards (1933). Beaucoup d’autres scènes suivent, toutes plus désopilantes les unes que les autres. Le niveau reste élevé tout au long du film, la richesse des gags est assez incroyable. Tout le passage pour échapper au contrôleur dans le train est absolument hilarant, tout comme l’incroyable scène dans la cage aux fauves, scène qui a inspiré Chaplin pour Le Cirque (1927). Max Linder a un style bien à lui, montrant par certains côtés de son personnage (le flegme, la débrouillardise, les poursuites) une parenté avec Buster Keaton, mais on peut trouver également un air de famille avec Chaplin et Harold Lloyd ; ces trois grands comiques ont en effet été inspirés par Max Linder qui a commencé à tourner près de dix ans avant eux (2). Sept ans de malheur permet en tout cas de mesurer toute l’étendue de son talent comique qui était alors parvenu à un haut degré de maturité. C’est le film idéal pour découvrir ce très grand comique.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Ayant brisé le grand miroir, le valet de chambre demande au cuisinier de mimer les gestes de Max en train de se raser afin qu’il ne s’aperçoive de rien.
(2) Des trois, seul Chaplin a reconnu avoir été inspiré par Max Linder.
Homonyme : Sept ans de malheur (Come persi la guerra) de Carlo Borghesio (1947), film qui fut très populaire en Italie mais qui n’a aucun lien avec le film de Max Linder (c’est l’histoire d’un italien balloté par la guerre).
Autre titre : « Les derniers jours de Saint-Pétersbourg »
Lui :
(Muet) Vsevolod Poudovkine est l’un des grands pionniers du cinéma soviétique. La fin de Saint-Pétersbourg est son deuxième long métrage, un an après La mère. Il nous fait suivre un jeune paysan venu à Saint-Petersbourg en 1914 chercher du travail. Il se retrouve embauché pour remplacer des grévistes. Il sera ensuite envoyé au front puis, en 1917, participera à la prise du Palais d’Hiver lors de la Révolution d’Octobre. Le film a été commandé par le gouvernement pour célébrer le 10e anniversaire de la révolution de 1917. Il faut bien entendu être indulgent face au manichéisme du propos qui est avant tout didactique : au-delà des évènements retracés, c’est le lent éveil à la conscience politique de ce jeune paysan qui est le sujet principal du film. Poudovkine utilise le montage parallèle pour donner de la force au propos : il alterne rapidement les scènes où des soldats se battent au front sans savoir pourquoi avec les scènes montrant des spéculateurs à la Bourse. Il utilise de la même façon les objets, la machinerie de l’usine ou les monuments, qu’il juxtapose avec les plans humains. Beaucoup de force, de nombreuses scènes restent dans les esprits ; beaucoup de poésie dans ses images qui s’inscrit en contrepoint de la dureté des évènements.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
« Alors qu’un film d’Eisenstein est un cri, les films de Poudovkine sont des chants modulés et prenants. » Cette citation célèbre décrit parfaitement la différence entre les deux cinéastes. Elle est de Léon Moussinac (ici complétée par Georges Sadoul). Léon Moussinac est un historien et critique du cinéma dont le premier livre sur le cinéma soviétique a paru en 1928.
Voir aussi : Octobre par Sergueï Eisenstein, l’autre film commandé pour le 10e anniversaire de la Révolution.
Lui :
Dans un petit village des montagnes bavaroises, le tavernier Kohlhiesel a deux filles : autant Gretel, la plus jeune, est charmante et coquette, autant l’aînée Liesel est un véritable dragon au physique ingrat. Xavier, un solide gaillard, aimerait épouser la plus jeune mais le père lui refuse sa main tant que l’aînée n’a trouvé un mari. Il décide de se dévouer avec l’intention de divorcer rapidement… Les Filles de Kohlhiesel est une variation amusante sur le thème de la Mégère apprivoisée mais le tour de force de Lubitsch est d’avoir confié les rôles des deux sœurs à une seule et même actrice. Il est quasiment impossible de le déceler si on le sait pas l’avance et l’actrice Henny Potten réalise là une belle performance. Dans quelques scènes, elles sont même présentes toutes les deux à l’écran (probablement une double exposition avec cache). L’ensemble est plaisant avec un humour assez constant. Le film eut un grand succès populaire.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Ernst Lubitsch chroniqués sur ce blog…
Remake :
Henny Porten a repris son double rôle dans Gretel and Liesel (1930) de Hans Behrendt (le film semble perdu). A noter que Henny Porten a monté une société de production qui a produit 14 films entre 1921 et 1931 (dont Gretel and Liesel).