23 avril 2011

Les Trois Mousquetaires (1921) de Fred Niblo

Titre original : « The three musketeers »

Les trois mousquetairesLui :
(Film muet) Douglas Fairbanks trouve dans le roman d’Alexandre Dumas un rôle taillé à sa mesure : D’Artagnan. Ce n’est pas première adaptation au cinéma des Trois Mousquetaires, loin de là, mais c’est la première adaptation de grande envergure. Grand sportif et déjà expert dans le maniement de l’épée, Douglas Fairbanks s’entraîne plusieurs mois pour se perfectionner. Il passe aussi de longues heures à dos de cheval. Les trois mousquetaires Et effectivement, le résultat est convaincant : Douglas Fairbanks est un D’Artagnan vif, brillant, bondissant et surtout plein de panache. La reconstitution est soignée : les robes sont des copies de véritables robes d’époque et les villages français ont été reconstitués d’après gravures. Le film est un peu lent à se mettre en place mais s’accèlere ensuite. Les Trois Mousquetaires fut un énorme succès. Il marque le début d’une série de grands (et coûteux) films d’aventure.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Douglas Fairbanks, Marguerite De La Motte, Nigel De Brulier, Mary MacLaren
Voir la fiche du film et la filmographie de Fred Niblo sur le site IMDB.

Voir les autres films de Fred Niblo chroniqués sur ce blog…

Remarques :
– La même année, 1921, vit une autre version des Trois Mousquetaires, française celle-là, également une grosse production, réalisée par Henri Diamant-Berger en 12 épisodes d’1 heure (réédité en 2001 sous la forme de 14 épisodes de 26 minutes environ) (voir la chronique).
– L’année suivante, en 1922, Max Linder réalisa un pastiche de la version Fairbanks : L’étroit mousquetaire.
– Douglas Fairbanks a repris le rôle de D’Artagnan dans Le Masque de Fer d’Allan Dwan (1929)

Versions de l’époque du muet :
1903: Les Trois Mousquetaires de ??? (France, durée ?) (à signaler aussi le film de George Méliès Les Mousquetaires de la reine (1903) film perdu aussi)
1909: I tre moschettieri de Mario Caserini (Italie, 16 mn)
1911: The Three Musketeers de J. Searle Dawley (USA, 2 x 10mn) (Edison)
1912: When Kings were the Law de D.W. Griffith (USA, 17 mn)
1912: Les Trois Mousquetaires de André Calmettes et Henri Pouctal (France, durée ?)
1914: The Three Musketeers de Charles V. Henkel (USA, 80 mn env.) avec Earl Talbot (film perdu?)
1916: The Three Musketeers de Charles Swickard (USA, 63 mn) avec Orrin Johnson
1921: The Three Musketeers de Fred Niblo (USA, 119 mn) avec Douglas Fairbanks
1921: Les Trois Mousquetaires de Henri Diamant-Berger (France, 720 mn) avec Aimé Simon-Girard
1922: L’étroit mousquetaire de Max Linder (USA, 58 mn) avec Max Linder (parodie)

Principales versions du parlant :
1932: Les Trois Mousquetaires de Henri Diamant-Berger (France, 246 mn) avec Aimé Simon-Girard
1935: The Three Musketeers de Rowland V. Lee (USA) avec Walter Abel
1939: The Three Musketeers de Allan Dwan (USA) avec Don Ameche (comédie)
1942: Los tres mosqueteros de Miguel M. Delgado (Mexique) (parodie)
1948: The Three Musketeers de George Sidney (USA) avec Lana Turner et Gene Kelly
1953: Les Trois Mousquetaires de André Hunebelle (France) avec Georges Marchal et Bourvil
1954: I cavalieri della regina de Mauro Bolognini (Italie)
1957: Les Trois Mousquetaires et demi de Gilberto Martínez Solares (Mexique)(parodie)
1961: Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie (France en 2 parties) avec Gérard Barray et Mylène Demongeot
1973: The Three Musketeers de Richard Lester avec Michael York et Raquel Welch
1974: The Four Musketeers de Richard Lester avec Michael York et Raquel Welch
1974: Les Quatre Charlots mousquetaires de André Hunebelle (France) (parodie)
1993: The Three Musketeers de Stephen Herek (USA) avec Charlie Sheen et Chris O’Donnell
2001: The Musketeer de Peter Hyams (UK) avec Justin Chambers et Catherine Deneuve
2005: Les Trois Mousquetaires de Pierre Aknine (France) avec Vincent Elbaz et Emmanuelle Béart
2011: The Three Musketeers de Paul W.S. Anderson (USA) avec Logan Lerman, Juno Temple, Orlando Bloom et Milla Jovovich
et d’innombrables versions TV…
… et beaucoup d’autres films d’un univers proche (suites, filiations, etc.)

Versions chroniquées sur ce blog :
1921: The Three Musketeers de Fred Niblo (USA, 119 mn) avec Douglas Fairbanks
1921: Les Trois Mousquetaires de Henri Diamant-Berger (France, 720 mn) avec Aimé Simon-Girard
1922: L’Étroit Mousquetaire de Max Linder (USA, 58 mn) avec Max Linder (parodie)
1948: The Three Musketeers de George Sidney (USA) avec Lana Turner et Gene Kelly
1961: Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie (France) avec Gérard Barray et Mylène Demongeot (2 films)
1973: Les Trois Mousquetaires de Richard Lester (USA) avec Michael York et Raquel Welch (3 films)
1993: Les Trois Mousquetaires de Stephen Herek (USA) avec Chris O’Donnell
2023: Les Trois Mousquetaires: D’Artagnan de Martin Bourboulon (France) avec François Civil (2 films)

20 avril 2011

La ligne générale (1929) de Sergueï Eisenstein

Autre titre : « L’ancien et le nouveau »
Titre original : « Staroye i novoye » ( « Старое и новое » )

La ligne généraleLui :
(Film muet) L’écriture du scénario a été entreprise par Eisenstein et Grigori Alexandrov juste après le Cuirassé Potemkine. Il s’agissait d’illustrer la ligne générale du parti en termes de développement rural : Boukharine prônait la mécanisation des campagnes et l’enrichissement des paysans. Interrompu pour tourner Octobre, l’écriture du scénario reprit en 1928 alors que la ligne avait déjà changé : Staline faisait le ménage autour de lui et Boukharine était écarté (1). La nouvelle ligne était alors d’exalter la collectivisation. Eisenstein dût donc insérer la présentation d’un kolkhoze ultramoderne (c’est presque un spot publicitaire plaqué en milieu de film) et fustiger l’individualisme des koulaks (paysans indépendants). Le titre dût être changé pour « L’ancien et le nouveau ».
La ligne généraleBien qu’il soit ainsi né sous de sombres auspices, La ligne générale est un merveilleux film. Il est difficile de ne pas tomber sous le charme de la beauté des images que nous offre Eisenstein, avec ces merveilleux gros plans (même très gros plans) de visages si expressifs, bien que statiques. Il utilise aussi très bien la nature et ses grandes étendues et, bien entendu, les plans de machines sont comme toujours merveilleusement réussis. Eisenstein se livre même à certaines expérimentations, non seulement dans les images telles celles de rêve, mais aussi dans le contenu. Les connotations sexuelles sont très marquées comme dans cette scène très célèbre de l’écrémeuse où les paysans ont un plaisir extatique voire orgastique en admirant le premier fonctionnement d’une écrémeuse mécanique. La ligne générale La scène de la vache livrée au taureau est assez surprenante également… L’humour peut être très fort, comme dans cette satire mordante de la bureaucratie. Le film comporte un personnage central, celui de la paysanne Marfa, rôle pour lequel Eisenstein eut bien du mal à trouver un interprète ; il faillit prendre une comédienne professionnelle avant de trouver une paysanne illettrée parfaite. Le montage est lui aussi remarquable : bien plus que dans ses précédents films, Eisenstein joue avec l’enchaînement des plans pour créer une tension (2). La ligne générale est bien l’un des plus beaux films d’Eisenstein.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Marfa Lapkina, Konstantin Vasilyev
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Remarques :
(1) Révolutionnaire bolchévique dès 1905, Nikolaï Boukharine est l’un des grands esprits des premières années du communisme. Brillant théoricien, il faisait partie de l’aile droite du parti. Il a aidé Staline à se débarrasser de l’aile gauche du parti après la mort de Lénine, devenant ainsi l’homme fort aux côtés de Staline. Lorsque celui-ci fait un virage à gauche en 1928, il se débarrasse cette fois de l’aile droite et Boukharine est exclu. Après une autocritique, il sera brièvement réhabilité au milieu des années trente avant d’être arrêté puis exécuté.
(2) La scène de la procession religieuse pour provoquer la pluie est différente du reste du film : c’est une scène plus traditionnelle car elle repose sur un jeu théâtral et elle est montée de façon classique. Il est intéressant de constater à quel point elle paraît plus fade que le reste du film, et même un peu ennuyeuse.

[mise à jour du 19/09/2016]
Le film ressort le 26 septembre 2016 en version restaurée, aux Editions Lobster (Serge Bromberg) ce qui laisse augurer une très haute qualité.

15 avril 2011

Little Annie Rooney (1925) de William Beaudine

Titre français parfois utilisé : « La petite Annie »

Little Annie RooneyLui :
(Film muet) Après deux essais commercialement infructueux pour changer radicalement de registre, Mary Pickford décide de revenir à ce qui a fait son succès et de donner au public ce qu’il réclame. Donc, à 32 ans, l’actrice reprend son costume de gamine intrépide de 12 ans aux longues tresses. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, elle est parfaitement crédible. Elle écrit elle-même le scénario de Little Annie Rooney sous un pseudonyme (1) et appuie très fort sur la pédale : dans les quartiers très pauvres de New York, la petite Annie se bagarre avec les garçons de son âge dans de véritables batailles rangées (2). En revanche, quand elle rentre à la maison, elle s’occupe avec amour de son petit papa, prenant la place d’une mère (absente). C’est un peu la clé du succès considérable de Mary Pickford (3) : elle est tout à la fois, garçon manqué, femme aimante, jeune fille en quête d’amour… elle n’a pas d’âge, elle a tous les âges. Little Annie Rooney n’est toutefois pas le film idéal pour la découvrir car l’histoire manque ici un peu d’épaisseur. Le film montre néanmoins plus de force vers la fin avec notamment de belles scènes se déroulant à l’hôpital. Néanmoins, ce film ressemble un peu trop à un film de commande où Mary Pickford donne au public tout qu’il désire. Et cela marcha : le film fut un gigantesque succès.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Mary Pickford, William Haines, Walter James, Gordon Griffith
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Remarques :
Little Annie RooneyLes rapports entre William Beaudine et Mary Pickford furent un peu difficiles : le réalisateur était en effet d’un style dirigiste alors que l’actrice (qui était aussi productrice) était depuis longtemps persuadée qu’elle n’avait pas besoin de metteur de scène et qu’elle était parfaitement capable de se diriger elle-même. Les tensions se poursuivirent sur le tournage du film suivant, le très beau Sparrows.

(1) Katherine Hennessy est en réalité le nom de sa grand-mère maternelle.
(2) Il est amusant de constater à quel point l’humour de type « slapstick » de l’époque est assez violent : les gamins se lancent à la figure tout ce qui leur passe sous la main, leur projectile préféré étant la brique. Et quand ils reçoivent une brique sur la tête, ils font simplement « ouille », se frottent la tête deux secondes et repartent de plus belle !
(3) Pour situer la popularité de Mary Pickford, rappelons que l’actrice était au milieu des années vingt non seulement l’actrice la mieux payée d’Hollywood mais aussi l’une des quatre ou cinq femmes les plus riches du monde.

Note : Le DVD édité par Bach Films comporte une musique qui semble être un montage fait avec la musique d’un autre film (bruitages intempestifs, ambiance parfois inadaptée).

8 avril 2011

À travers l’orage (1920) de David W. Griffith

Titre original : « Way Down East »

À travers l'orageLui :
(film muet) La jeune Anna est victime des avances d’un riche oisif. L’homme va jusqu’à organiser une fausse cérémonie pour lui faire croire qu’il l’épouse en secret. En réalité, il ne cherche qu’une aventure et ne lui avoue la vérité que lorsqu’un bébé naît quelques mois plus tard…
Way Down East, À travers l’orage, est adapté d’une pièce très populaire à l’époque. C’est un grand mélodrame dont l’histoire pourra certes paraître convenue mais qui, entre les mains de Griffith, devient un grand film, intense et très beau. À travers l'orage Le film dure près de 2h30 et Griffith en aurait tourné trente fois plus ! Il prend ainsi le temps de faire des longs plans, entrecoupés de superbes gros plans. Il insuffle un beau lyrisme, rarement trop appuyé, porté par le jeu de Lillian Gish, et une force que seules quelques notes d’humour viennent contrecarrer. Et il y a cette grande scène de la tempête de neige et de la rivière en dégel, devenue l’une des plus célèbres de toute l’histoire du cinéma : inanimée sur un bloc de glace dérivant rapidement vers une gigantesque cascade, Anna doit être secourue par le jeune David qui saute de bloc en bloc. A travers l'orage Particulièrement authentique, cette scène donne aux vingt dernières minutes une intensité dramatique presque insoutenable. Way Down East est assez fortement marqué par un certain moralisme de Griffith sur la fidélité et l’amour unique ; en outre, le film montre bien les conceptions puritaines et rigoureuses de la morale victorienne de l’époque qui n’offrait aucun pardon aux écarts. Certaines scènes sont teintées en couleur. Way Down East fut un énorme succès dès sa sortie.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Lillian Gish, Richard Barthelmess, Lowell Sherman, Burr McIntosh
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Remarques :
À travers l'orage* La scène de la tempête de neige a été tournée en conditions réelles. L’équipe a du attendre qu’un vrai blizzard se lève. Dans un gros plan, Lillian Gish a de véritables petits blocs de glace sur les cils… Plusieurs dizaines d’années après le tournage, elle a affirmé que la main qu’elle a laissée pendre dans l’eau gelée lui faisait toujours mal certains jours. David W. Griffith a été assez gravement blessé lors du dynamitage d’un bloc de glace. Il a du être hospitalisé et remplacé par Elmer Clifton.
* La scène de la tempête de neige a été introduite par Griffith, elle ne figurait pas dans la pièce. Il est possible qu’il ait été en partie inspiré par un film de 1903 produit par les Studios Edison, Uncle Tom’s cabin, qui comportait une scène de flot de glaces sur une rivière en dégel.
* La scène de la tempête de neige a inspiré Poudovkine pour La Mère (1926).
* Dans la scène du bal, l’une des jeunes danseuses est Norma Shearer.
* Anecdote amusante : Richard Barthelmess et Mary Hay qui jouent deux personnages qui avouent ne pas s’aimer dans le film et qui refusent de se marier, se sont mariés dans la vraie vie, peu après la fin du tournage. Richard Barthelmess était déjà très célèbre à l’époque, l’un des jeunes premiers les plus en vogue. Il faut dire que son visage a une présence étonnante et il y a dans son regard une intensité rare.
* Autre anecdote (nettement moins amusante) : Robert Harron, jeune acteur au physique assez exceptionnel présent dans de nombreux films de Griffith, s’est tiré une balle dans le poumon la veille de la première de Way Down East. Officiellement, la mort a été déclarée accidentelle mais la rumeur prétend que le jeune acteur s’est suicidé par dépit de ne pas avoir été choisi pour le rôle principal, ne supportant pas de voir Richard Barthelmess devenir le nouveau protégé de Griffith.

Remake :
Way Down East de Henry King (1935) avec Rochelle Hudson et Henry Fonda.

5 février 2011

Maciste aux enfers (1925) de Guido Brignone

Titre original : « Maciste all’inferno »

Maciste aux enfers Lui :
(Film muet) Pluton, maître des enfers, envoie sur terre le diable Barbariccia avec pour mission de corrompre Maciste, une force de la nature au cœur pur. Capturé, ce dernier est entraîné aux enfers où les démons vont tout faire pour le garder… Maciste aux enfers est un film assez étonnant qui eut des problèmes avec la censure à l’époque et on comprend aisément pourquoi. Il mélange en effet le thème de l’enfer le plus monstrueux avec un érotisme plutôt appuyé. Si les démons sont hideux et repoussants, constituant une infecte masse grouillante, les démones sont aussi charmantes que dévêtues et n’ont comme but unique que de séduire les hommes qui passent à leur portée… Il en résulte un climat très particulier. Le film a bénéficié d’une importante figuration. Pour certaines scènes, Guido Brignone se serait inspiré d’illustrations de Gustave Doré. On remarque aussi des effets assez réussis (qui sont l’oeuvre de Segundo de Chomon), utilisant plusieurs techniques différentes. Maciste aux enfers est célèbre depuis que Fellini a déclaré avoir eu envie de faire du cinéma après avoir vu ce film, enfant.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Bartolomeo Pagano, Franz Sala, Elena Sangro, Lucia Zanussi
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Maciste aux enfers Remarques :
* Maciste aux enfers avait initialement une durée de 95 minutes. La version visible aujourd’hui est une copie de VHS qui dure 60 minutes environ avec des intertitres en anglais.
* Le personnage de Maciste est apparu pour la première fois dans le film Cabiria de Giovanni Pastrone (1914) où c’était justement Bartolomeo Pagano qui l’interprétait déjà. Il a largement été repris ensuite : le site IMDB liste 49 films utilisant ce personnage.

Homonyme :
Maciste en enfer (Maciste all’inferno) de Riccardo Freda (1961)

15 janvier 2011

The Black Watch (1929) de John Ford

Traduction du titre : « La Garde Noire »

The Black WatchLui :
Un capitaine de la compagnie écossaise Black Watch est envoyé en mission secrète en Inde en 1914, le jour même où la guerre est déclarée en Europe. Là-bas, il doit prévenir une attaque de fanatiques dirigés par une mystérieuse femme qu’ils suivent aveuglément. The Black Watch est le premier film parlant de John Ford. Bizarrement, la Fox a préféré confier la réalisation des scènes de dialogues à Lumsden Hare, acteur dans le film mais surtout metteur en scène de théâtre. Le résultat est donc hétéroclite : le film comporte de belles scènes d’action (celles dirigées par John Ford) mais les dialogues sont déclamés de façon épouvantable, avec beaucoup d’emphase et de rigidité. Ce film, assez rare, est donc plutôt une curiosité, témoignage des difficultés du passage au parlant.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Victor McLaglen, Myrna Loy, David Torrence, Lumsden Hare, Roy D’Arcy
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Remake :
Capitaine King (King of the Khyber Rifles) de Henry King (1953) avec Tyrone Power et Terry Moore.

11 janvier 2011

Le signal de l’amour (1921) de Frances Marion

Titre original : « The Love Light »

The Love Light Lui :
(Film muet) Sur la côte italienne, une jeune femme et ses deux frères vivent dans une maison isolée près du phare qu’ils allument tous les soirs. Lorsque ses deux frères partent à la guerre, elle reste seule. Un matin, elle sauve un naufragé qui se dit être un américain déserteur. Elle le cache chez elle et en tombe peu à peu amoureux… Frances Marion est l’une des plus grandes scénaristes d’Hollywood (1) et il paraît donc logique que le premier film qu’elle réalise soit une intrigue assez complexe. Aussi incroyable qu’elle puisse paraître dans son développement, elle est basée sur une histoire vraie. Mary Pickford interprète ici un personnage qui convient plus à son âge réel (elle a alors 28 ans), plus mature. The Love Light L’actrice parvient à s’écarter des rôles de jeunes filles espiègles pour montrer qu’elle sait aussi donner une vraie dimension dramatique à son personnage. L’acteur Fred Thomson fait ici ses débuts (2) et se révèle avoir une forte présence à l’écran. Le Signal de l’Amour ne fut qu’un demi-succès, le public étant certainement dérouté de ne pas retrouver la Mary Pickford mutine et turbulente qu’il avait l’habitude de voir. Il avait tort…
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Mary Pickford, Fred Thomson, Raymond Bloomer
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(1) A côté de ses très nombreux scénarios, Frances Marion n’a dirigé que trois films. Le Signal de l’Amour est hélas le seul qui ait survécu. Les femmes-réalisatrices étaient extrêmement rares à Hollywood à cette époque (et après aussi, d’ailleurs…) A noter que Frances Marion et Mary Pickford étaient très amies dans la vie.
(2) Fred Thomson, qui venait d’épouser Frances Marion, n’avait à priori aucune envie de devenir acteur.  Il se laissa convaincre à la demande pressante de sa femme et de Mary Pickford. Après ces débuts prometteurs, cet acteur au superbe physique tourna une trentaine de films (dont très peu ont survécu) et devint une grande star du western. Sa carrière fut hélas très courte du fait de son décès en 1928 (dû au tétanos).

7 janvier 2011

Vive le roi (1926) de Leo McCarey

Titre original : « Long fliv the King »

Vive le roiLui :
(Muet, 22 minutes) A la suite d’un concours de circonstances assez inhabituel, un américain se retrouve sacré roi d’une petite nation. Un autre prétendant au trône est bien décidé à écarter ce gêneur inattendu… Long Fliv the King est un film assez rare de Charley Chase, acteur comique des années 20 dont la notoriété n’a jamais égalé celle des trois grands (Chaplin, Keaton et Lloyd). Le film est plaisant avec des gags assez originaux mais qui ne sont pas assez soutenus pour fonctionner pleinement. A noter, un petit rôle d’Oliver Hardy.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Charley Chase, Martha Sleeper, Max Davidson, Oliver Hardy
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Remarque :
Le scénario est très proche du film d’Harold Lloyd His Royal Slyness (Le royaume de Tulipatan) (1920).

Long Fliv the King

16 décembre 2010

Une soirée de folie (1925) de Leo McCarey

Titre original : « What price Goofy? »

Une soirée de folieLui :
(Muet, 22 mn) Une jeune femme particulièrement jalouse, un mari un peu tête en l’air, tels sont les deux personnages principaux de cette comédie très enlevée de Leo McCarey. Le scénario, écrit par le producteur Hal Roach lui-même, est particulièrement remarquable. Le rythme est rapide avec une très belle exploitation des situations pour développer le burlesque : la salle de bains à deux portes, le chien rapporteur, l’utilisation du cambrioleur, le retournement final… Ce What Price Goofy ? est vraiment un petit bijou du burlesque muet.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Charley Chase, Katherine Grant, Lucien Littlefield, Marjorie Whiteis, Noah Young
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Remarques:
Le titre What price Goofy est une déformation humoristique de What price Glory, une pièce de Maxwell Anderson et Laurence Stallings très célèbre à l’époque. Cette pièce sera adaptée au cinéma peu après par Raoul Walsh What price Glory (1926), l’un des plus grands succès de Walsh en muet, puis par John Ford What price Glory (1952) avec James Cagney. L’histoire est très différente puisqu’il s’agit de deux soldats de la Guerre 14-18, amoureux de la même femme puis confrontés à l’enfer du front.

What Price Goofy?

11 décembre 2010

Malec champion de golf (1920) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « Convict 13 »

Malec champion de golfLui :
Buster Keaton joue au golf et égare quelque peu sa balle avant d’être pris par erreur pour un évadé de la prison voisine. Malec champion de golf comporte ainsi deux parties assez différentes, les univers ne sont pas du tout les mêmes, mais quelles que soient les situations (et elles sont assez pittoresques), il affronte toujours l’adversité avec un flegme inébranlable. Buster Keaton joue beaucoup avec l’absurde (le golf sur l’eau, l’escouade de gardiens marchant au pas, etc…) pour créer des gags inventifs qui rebondissent de l’un à l’autre.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Sybil Seely, Joe Roberts
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Remarques :
Chaplin réalisera un an plus tard un court métrage où il joue également au golf dans un premier tiers du film : The Idle Class (Charlot et le Masque de fer). Il est intéressant de comparer les trouvailles des deux.