8 novembre 2006

La nuit fantastique (1942) de Marcel Lherbier

Titre initial : « Le tombeau de Méliès »

La Nuit fantastiqueElle :
(pas vu)

Lui :
Alors que la France était sous l’occupation allemande, Marcel Lherbier se réfugie dans le fantastique puisqu’il était alors interdit de filmer ou de mettre en scène la réalité. Un (grand) étudiant tombe amoureux d’une femme qu’il pense être une apparition. Il la suit et rencontre des personnages étranges… Il serait donc plus exact de parler d’onirisme que de fantastique puisque le personnage principal pense qu’il rêve cette histoire mêlant amour, intrigue policière et magie (le titre initial était d’ailleurs un hommage à Méliès). L’humour est très présent, un humour par petites touches, s’appuyant sur le flegme du héros ou jouant souvent avec les mots. Bien entendu, tout est tourné en studio avec peu de moyens, en plein hiver 1941-42. L’ensemble du film se déroule de nuit, ce qui permet à Marcel Lherbier de réaliser un beau travail sur les éclairages et les ombres. Micheline Presle est angélique, merveilleuse dans ce rôle de jeune femme à la fois inaccessible et bien réelle. Sa toute première apparition au tout début du film évoque immanquablement la semeuse, emblème de la république, seul sous-entendu que se permet Lherbier. Par certains aspects, le film a un peu vieilli mais de nombreuses scènes restent vraiment remarquables (la scène sur les toits est très belle) et le l’atmosphère générale a ce côté merveilleux qui ne vieillit pas.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Fernand Gravey, Micheline Presle, Saturnin Fabre, Bernard Blier
Voir la fiche du film et la filmographie de Marcel Lherbier sur le site imdb.com.

8 novembre 2006

Sous le sable (2000) de François Ozon

Sous le sableElle :
Une lumineuse et fragile Charlotte Rampling qui porte un film au sujet douloureux mais que François Ozon met en scène avec subtilité et délicatesse. Une prouesse de tenir en haleine le spectateur sur une disparition banale. Cette femme qui refuse de croire en la mort de son mari est bouleversante. Toujours amoureuse, elle persiste à entretenir l’image de son couple uni face aux regards extérieurs et se crée un monde imaginaire pour survivre à la douleur de la perte de l’être cher. La caméra d’Ozon caresse le corps svelte et le beau visage de Charlotte Rampling. Elle ondule au gré du vent et du sable de cette plage fatale.
Note : 5 étoiles

Lui :
C’est un film assez poignant, assez bouleversant dans le sens où il parvient à nous faire partager le désespoir de son personnage principal, sans toutefois tomber dans l’excès, les larmoiements ou le difficilement supportable. C’est là toute la force de ce film. Charlotte Rampling n’est pas étrangère à cette réussite : Elle semble soutenir tout le film à elle seule. François Ozon a mis en scène cette histoire assez tragique avec grande délicatesse.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Charlotte Rampling, Bruno Cremer, Jacques Nolot, Alexandra Stewart
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6 novembre 2006

Le grand jeu (1934) de Jacques Feyder

Le grand jeuElle :
Film beaucoup trop long qui ne m’a guère passionnée malgré la bonne prestation de Pierre-Richard Wilm et Françoise Rosay. Toutefois cette histoire de jeune riche, qui doit s’expatrier au Maroc et se fait abandonner par son amante intéressée, finit par lasser. Au sein de la légion étrangère, le jeune homme regrette son amour déçu, s’engage dans une autre aventure qui n’aboutit nulle part. La mise en scène a hélas bien vieilli.
Note : 2 étoiles

Lui :
Considéré comme un grand classique du cinéma français, ce film est bien moins convaincant 70 ans après sa sortie. Le scénario est assez prévisible, jouant un peu trop avec cet exotisme qui était à la mode dans les années 30. Le jeu des acteurs est assez inégal.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Marie Bell, Pierre Richard-Willm, Françoise Rosay, Charles Vanel
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Robert Siodmak a signé un remake de ce film Le grand jeu  en 1954 avec Gina Lollobrigida. Voir la fiche et voir l’affiche

5 novembre 2006

La Grande illusion (1937) de Jean Renoir

La grande illusionElle :
Ce grand classique continue de tenir admirablement sa place. Pendant la première guerre mondiale, une amitié profonde se tisse entre des prisonniers aux origines sociales très diverses. Bien que les conditions de détention ne soient pas trop draconiennes, ils ne pensent bien évidemment qu’à s’évader. Et c’est Boeldieu, le bourgeois parisien, qui se sacrifie pour Maréchal issu d’un milieu populaire et son comparse juif. Les apparences sont trompeuses. De même que Renoir montre que, en dehors des lois de la guerre, des hommes tels Von Stroheim ou la jeune femme allemande peuvent éprouver de l’amitié et de l’amour à l’égard de leurs ennemis français. Une belle leçon d’humanisme. Gabin, Fresnay, Dalio, Carette y sont remarquables.
Note : 5 étoiles

Lui :
Même avec le recul des années, ce film paraît toujours aussi complet et même complexe. Par exemple, on comprend que le fond du propos est antimilitariste mais en même temps l’effet d’exaltation de la guerre y est magnifié. De même, on peut y voir un pamphlet contre les différences de classe sociale, mais aussi la force de la notion d’appartenance sociale qui transcende les frontières. Ainsi, le film semble s’attaquer surtout aux visions simplificatrices, réductrices car c’est avant tout une histoire humaine que nous raconte Renoir. Les personnages sont typés, certes, mais très forts. Une histoire qui, en final, nous marque en tant que spectateur.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Pierre Fresnay, Erich von Stroheim, Julien Carette, Marcel Dalio
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4 novembre 2006

Gabrielle (2005) de Patrice Chéreau

gabrielle1.jpgElle :
(pas vu)

Lui :
A une époque que l’on peut situer au début du XXe siècle, un homme bien installé dans la vie voit sa femme la quitter puis revenir aussitôt. Il s’en suit une introspection de ce couple bourgeois en état de déliquescence complète aggravé par la pesanteur de sa situation sociale. L’homme engoncé dans ses certitudes aimerait ranimer une flamme qui n’existe plus ou, pire encore, qui n’a peut-être jamais existé. Face à lui, l’indifférence froide et surtout résignée de Gabrielle est implacable. Chéreau nous décrit sans complaisance une situation noire et sans espoir, un terrible constat d’inutilité du couple. La forme est un peu trop travaillée, Chéreau cherchant des effets de style, alternant brutalement (ou progressivement) entre couleur et noir et blanc, jouant même avec des ralentis. Isabelle Huppert est à l’aise avec son personnage, Pascal Greggory est moins crédible quand il force son jeu. De l’ensemble, se dégage néanmoins une force certaine.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Isabelle Huppert, Pascal Greggory
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28 octobre 2006

Origine contrôlée (2000) de Ahmed Bouchaala et Zakia Tahiri

Origine contrôléeElle :
(Abandon)
Note : pas d'étoiles

Lui :
(En bref) La situation paraît trop forcée pour que la sauce prenne. C’est un peu dommage car il y avait de bonnes idées… et de bons dialogues.
Note : 1 étoiles

Acteurs: Patrick Ligardes, Atmen Kelif
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27 octobre 2006

Le silence de la mer (1949) de Jean-Pierre Melville

Le Silence de la merElle :
Adapté d’un roman de Vercors, ce film loué de bonnes intentions a le défaut d’être un peu soporifique. On subit le discours fleuve d’un officier allemand qui réquisitionne une chambre chez un vieil homme et sa nièce. Ces derniers refusent de lui parler et de changer quoi que ce soit à leurs habitudes. Ce long monologue de l’allemand est lassant et la voix off du vieil homme bien pesante. Il est vrai que cette nouvelle était bien difficile à porter à l’écran.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Ce premier film de Melville, tourné avec des moyens dérisoires, est un peu maladroit, très littéraire. Il prend toute sa dimension quand on replace dans son époque le roman dont il est tiré. Ecrit en 1942, en pleine occupation, cette nouvelle est un témoignage important, une vision qui ne laisse aucune illusion, qui magnifie la résistance passive de simples français. Le film souffre de quelques longueurs mais le thème reste fort.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Howard Vernon, Nicole Stéphane, Jean-Marie Robain
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27 octobre 2006

Le domaine perdu (2005) de Raoul Ruiz

Le Domaine perduElle :
(pas vu)

Lui :
Raoul Ruiz signe à nouveau un film très original sur les liens qui se tissent entre deux aventuriers ; ils sont de pays différent, de génération différente et pourtant ils se croiseront à plusieurs époques. Raoul Ruiz éclate totalement son récit, joue avec la construction en entremêlant, souvent de façon très subtile, les trois époques où le destin les rapproche : il saute de l’une à l’autre, crée des parallèles, des répliques… Cette façon de jouer avec le temps nous ravit totalement dans la première moitié du film. Hélas, les éléments fantastiques qu’il introduit ensuite n’ont pas la force suffisante pour prendre la relève et le film semble s’étirer et s’étioler doucement. Ce long métrage paraît donc assez inférieur à ses précédents films, d’autant plus que la photographie et surtout les éclairages semblent totalement disparates ce qui donne un côté dépareillé à l’ensemble.
Note : 3 étoiles

Acteurs: François Cluzet, Grégoire Colin, Christian Colin
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25 octobre 2006

Charmant garçon (2000) de Patrick Chesnais

Charmant garçonElle :
Abandon au bout d’une demi-heure. Situations forcées et gags indigents. Ce « charmant garçon » n’est qu’un gros beauf dénué de toute éducation.
Note : 0 étoile

Lui :
C’est une comédie assez loufoque, sur une base de scénario assez classique : deux êtres que tout sépare tombent amoureux. L’originalité est surtout dans le traitement de ce scénario, Patrick Chesnais chargeant énormément son personnage d’ours mal léché, grossier, impulsif, (etc…) tout en ne dépassant pas les limites. Malgré tous ses défauts, son personnage reste attachant et c’est un véritable tour de force… L’ensemble est assez drôle et plutôt réussi pour un premier long métrage. Un film qui me fait un peu penser aux films de Stevenin.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Patrick Chesnais, Alexandra Vandernoot, Jean-François Balmer
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23 octobre 2006

« Entre ses mains » (2005) d’ Anne Fontaine

Entre ses mainsElle :
(pas vu)

Lui :
On peut dire que c’est grâce à ses deux acteurs principaux que ce film conserve un certain intérêt ; le scénario, basé sur la relation étrange entre une femme et un homme qu’elle soupçonne d’être un tueur en série, est en effet peu approfondi, un peu trop prévisible et l’on aurait envie de pousser Anne Fontaine à aller plus loin. C’est sans doute pour cette raison qu’Isabelle Carré a un jeu sans doute un peu moins intense qu’à l’accoutumée ; elle exprime tout de même parfaitement l’ambiguité de son personnage troublé par son attirance. Benoît Poelvoorde est assez étonnant, étrange et inquiétant, dans un registre qui lui est donc peu familier mais où il réussit parfaitement.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Benoît Poelvoorde, Isabelle Carré, Jonathan Zaccaï, Valérie Donzelli
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