17 janvier 2006

L’Homme sans passé (2002) de Aki Kaurismäki

Titre original : « Mies vailla menneisyyttä »

L'Homme sans passé Elle :
Excellent film du cinéaste finlandais qui choisit de parler de l’amnésie d’un homme qui a été frappé à mort par des malfrats. Aki Kaurismaki reste fidèle au monde des exclus, des sans-logis, des marginaux et retrace la renaissance de cet homme qui a perdu son identité et est libéré du carcan des conventions. Il nous emmène dans les terrains vagues où les containers servent d’abri et va à la rencontre de ces gens solidaires et généreux. Les visages sont bouleversants d’humanité et de sincérité. Le réalisateur manie l’humour froid avec brio. Les situations sont cocasses ; les visages sont impassibles. Ce monde en marge s’oppose au monde industriel carnassier qui laisse les gens au bord du chemin.
Note : 5 étoiles

Lui :
L’Homme sans Passé est un film très personnel et original de Kaurismaki qui nous raconte une sorte de fable mettant en scène un homme qui doit repartir de rien, sans passé, sans identité, sans argent. D’une certaine manière, il met en valeur les côtés humains, ce qui est essentiel, l’amitié, l’amour,… Et c’est surtout la forme qui est étonnante, car il crée un climat en redéfinissant les rapports aux objets, à l’environnement. Beaucoup d’humour également, mais un humour très glacé : “pince sans rire” est même un mot trop faible pour le décrire… Au final, nous avons une histoire assez forte, mais aussi très plaisante.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Markku Peltola, Kati Outinen
Voir la fiche du film et la filmographie de Aki Kaurismäki sur le site IMDB.

Voir les autres films de Aki Kaurismäki chroniqués sur ce blog…

3 réflexions sur « L’Homme sans passé (2002) de Aki Kaurismäki »

  1. Ce film bouleverse par son extrême humanité, celle de l’histoire et de ses acteurs au jeu minimaliste en apparence mais tellement profond. Filmé avec cadrages façon technicolor années 1960, sur fond de couleurs nordiques d’une lumière si pure. Belles leçons de vie aussi, d’humbles gens oubliés de la société de consommation égoiste, qui -sans jamais se plaindre- survivent et se battent contre le sort. Kaurismaki a réalisé un chef d’oeuvre inoubliable qui ne peut laisser indifférent un spectateur sensible et touché par les plus sentiments humains. On est très loin des navets coûteux d’Hollywood produits actuellement et de la vacuité de leurs propos et de leurs acteurs jetables.

  2. Le type même du film que je déteste et qui me donne une furieuse envie de quitter la séance au bout d’une demi-heure ! J’ai cependant tenu jusqu’au bout. Il ne s’agit bien sûr pas là d’une quelconque critique de l’oeuvre en elle-même. Il est indéniable que l’on peut lui trouver des qualités fort positives, (pudeur, sobriété, imagerie en harmonie avec la désespérance que génère la pauvreté), ce qui a été apparemment le cas dans divers festivals. De même, bien sûr, il est possible d’ergoter à l’infini sur les supposés messages subliminaux que le réalisateur a peut-être souhaité introduire derrière chaque geste, chaque regard, ou chaque angle de vision. 
    Simplement ce type d’oeuvre et surtout son traitement se situent à l’opposé de la vibration sensorielle avec laquelle je me sens en harmonie. Tout y est froid, aseptisé, glacial, morbide. Le scénario est minimaliste, tout comme les décors, tout comme les dialogues (j’en ai oublié les neuf dixièmes une heure après avoir quitté la salle). Les personnages se promènent tels des spectres avec des visages aussi expressifs que ceux de zombies. Peut-être l’émotion existe-t-elle, quelque part, au fond de leurs entrailles, mais il n’en apparaît aucune lueur sur l’écran. Tout au moins, n’y ai-je pas été sensible le moins du monde. Il faut, je pense, un réel effort mental et cordial pour ressentir la plus petite palpitation devant cette errance désincarnée. J’avoue ne pas en être capable.

  3. … je me suis dit, je regarde, je reste ? et je suis restée jusqu’au bout ! film déroutant que j’ai aimé

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