16 février 2009

Le 4e morceau de la femme coupée en trois (2007) de Laure Marsac

Le 4e morceau de la femme coupée en trois Elle :
Un film de 70 minutes, un titre bien énigmatique, une action en trois temps sur le thème de la voiture avec l’auto-école, une jolie jeune femme haut perchée sur ses talons qui rêve de conduire, la voiture en rade sur un parking et le voyage en voiture au temps de l’enfance. Même si le film offre une mise en scène originale et donne lieu à de jolis moments de fraîcheur et de tendresse notamment dans la première partie, le scénario sonne finalement un peu creux et vain. On finit par trouver le temps long dans ce film pourtant très court.
Note : 2 étoiles

Lui :
Le 4e morceau de la femme coupée en trois… le titre est alléchant et laisse augurer un film plutôt original. C’est effectivement le cas. Laure Marsac interprète elle-même le rôle principal de son premier long métrage : trois épisodes de la vie d’une jeune femme, trois épisodes ayant directement trait à sa relation avec les voitures. Le premier, les leçons de conduite, est le plus conventionnel et aussi le plus réussi, avec une fraîcheur et des dialogues légers et amusants. Denis Podalydes ne semble toutefois pas très à l’aise dans son personnage d’instructeur. La seconde histoire se déroule (presque) en temps réel et paraît aussi vide et interminable que son attente d’un dépanneur sur un parking de supermarché. Il est assez difficile de cerner l’intention de Laure Marsac dans cette section, tout comme dans la suivante, une scène de son enfance… Quant au quatrième morceau de cette femme coupée en trois, ce pourrait être d’après la réalisatrice le maillon manquant de l’histoire, son adolescence par exemple. Laure Marsac a du style mais cela ne nous sauve pas de l’ennui.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Laure Marsac, Denis Podalydès, Claire Borotra
Voir la fiche du film et la filmographie de Laure Marsac sur le site imdb.com.

14 février 2009

Le cou de la girafe (2004) de Safy Nebbou

Le Cou de la girafeElle :
Un joli premier film sensible et sans mièvrerie sur la filiation, la recherche de ses origines, les rendez-vous ratés avec sa famille, le divorce, la rupture, les regrets, le temps qui passe, la vie. Un scénario émouvant et plein de tendresse porté par la justesse de Claude Rich, Sandrine Bonnaire et la petite Mathilde si vivante et mature à la fois. Safy Nebbou a mis une part de lui-même dans cette histoire de grand-mère à retrouver 30 ans après sa fuite du foyer conjugal et cela fait sans doute une partie de sa réussite. Le film est parsemé d’éclats de joie, d’humour, de fantaisie mais aussi de tristesse. La photographie est belle notamment sur les portraits des personnages; ceux de la fillette sont lumineux.
Note : 4 étoiles

Lui :
Une fillette plutôt dégourdie convainc son grand-père de partir rendre visite à sa grand-mère qu’elle n’a jamais connue. Cette histoire de type secret de famille peut avoir un goût de déjà-vu mais Safy Nebbou la filme avec beaucoup de simplicité et de sensibilité. Il sait trouver le ton juste et montre une belle maîtrise pour un premier long-métrage. Claude Rich trouve ici un beau rôle qui met bien en valeur son jeu alliant retenue et richesse. Louisa Pili, la fillette, est particulièrement photogénique ; elle est aussi étonnante par l’intensité de son interprétation. Le Cou de la girafe est un film sans sophistication et assez touchant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Sandrine Bonnaire, Claude Rich, Louisa Pili, Darry Cowl
Voir la fiche du film et la filmographie de Safy Nebbou sur le site IMDB.

13 février 2009

Astérix aux jeux olympiques (2008) de Frédéric Forestier et Thomas Langmann

Astérix aux jeux olympiquesElle :
(pas vu)

Lui :
Pas d’heureuse surprise comme avec Mission Cléopâtre, Astérix aux Jeux Olympiques est bien décevant. Peu importe tous les trucages et effets spéciaux, l’humour fait défaut ; certaines situations pourtant prometteuses sont très mal exploitées, les dialogues quasi inexistants. Benoît Poelvoorde a beau se démener comme un diable pour mettre un peu de rythme, l’ensemble est bien plat.
Note : 1 étoile

Acteurs: Benoît Poelvoorde, Alain Delon, Gérard Depardieu, Clovis Cornillac
Voir la fiche du film et la filmographie de Frédéric Forestier & Thomas Langmann sur le site imdb.com.

4 février 2009

Un secret (2007) de Claude Miller

Un secretElle :
Une histoire et un secret bouleversants qu’il vaut bien mieux découvrir avec le roman de Philippe Grimbert. La construction du film est confuse voire ennuyeuse ; les personnages secondaires sont mal exploités. Et voir Patrick Bruel, cinquantenaire dans la peau d’un trentenaire, n’aide pas vraiment à nous faire adhérer à l’histoire.
Note : 2 étoiles

Lui :
De cette adaptation du roman autobiographique de Philippe Grimbert, Un secret, Claude Miller a probablement cherché à faire un film pour un large public. C’est du moins ce que le casting un peu « people » peut nous laisser supposer. Le film est à l’image de son affiche, c’est-à-dire inutilement racoleur. C’est d’autant plus dommage que cette histoire est très forte en soi mais l’émotion a bien du mal à passer ici. Une construction confuse, le jeu impersonnel ou effacé des acteurs (mise à part Julie Depardieu, toujours convaincante), tout concoure à rendre Un secret assez plat. Le roman de Philippe Grimbert aurait certainement mérité mieux.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Cécile De France, Patrick Bruel, Ludivine Sagnier, Julie Depardieu, Mathieu Amalric
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Miller sur le site IMDB.
Voir les autres films de Claude Miller chroniqués sur ce blog…

3 février 2009

Le deuxième souffle (2007) de Alain Corneau

Le Deuxième souffleElle :
(pas vu)

Lui :
Plus de 40 ans après Le Deuxième Souffle de Jean-Pierre Melville, Alain Corneau choisit de sortir de la réalité : image hyper-saturée, couleurs fluos, filtres jaunes utilisés à l’excès, musiques grandiloquentes placées à contre-emploi, bruitages avec  forte réverbération… Le résultat paraît bancal, totalement étranger et inamical (ce qui était sans doute recherché), mais aussi factice et artificiel. On peut certes parler d’exercice de style, et si l’on regarde le film dans ce sens Alain Corneau est franchement audacieux, mais hélas ces parti pris, tout originaux qu’ils puissent être, n’aboutissent sur rien de convaincant. Si l’on rajoute à cela quelques effets faciles et racoleurs, tels les ralentis pseudo-esthétisants dans les fusillades, et le jeu étonnamment forcé des acteurs, ce Deuxième Souffle déçoit franchement. L’histoire perd en tout cas son intensité.
Note : 1 étoile

Acteurs: Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Michel Blanc, Jacques Dutronc, Eric Cantona, Daniel Duval, Gilbert Melki, Nicolas Duvauchelle, Jacques Bonnaffé
Voir la fiche du film et la filmographie de Alain Corneau sur le site IMDB.
Voir les autres films de Alain Corneau chroniqués sur ce blog…

Version précédente :
Le deuxième souffle de Jean-Pierre Melville (1966) avec Lino Ventura

24 janvier 2009

L’heure zéro (2007) de Pascal Thomas

L'Heure zéroElle :
Un jeu d’acteur inégal, souvent trop poussé et une mise en place confuse et laborieuse me font abandonner. L’ensemble sonne faux.
Note : 0 étoile

Lui :
Pascal Thomas adapte une nouvelle fois un roman d’Agatha Christie, une histoire qu’il place dans une grande demeure bourgeoise au bord de la belle côte rocheuse de la Bretagne Nord. L’Heure Zéro a beaucoup de mal à se mettre en place et il faut attendre le tiers du film pour le voir enfin prendre son envol. Cela ne dure pas hélas, le soufflé retombe vite, principalement du fait d’une interprétation forcée et des personnages bien trop typés : Laura Smet est trop vulgaire, Chiara Mastroianni trop froide, Melvil Poupeau trop propret. Rien ne passe entre les personnages. Les personnages secondaires sont en revanche insignifiants mis à part un excellent couple de domestiques à qui l’on doit les meilleurs moments. François Morel n’est pas crédible une seule seconde en enquêteur, sorte de Colombo déguisé en Jacques Tati. Il reste le scénario, une solide énigme policière et familiale qui finalement nous sauve de l’ennui. L’Heure Zéro est un divertissement hélas bien moins réussi que l’adaptation précédente de Pascal Thomas Mon petit doigt m’a dit.
Note : 3 étoiles

Acteurs: François Morel, Danielle Darrieux, Melvil Poupaud, Laura Smet, Chiara Mastroianni, Alessandra Martines
Voir la fiche du film et la filmographie de Pascal Thomas sur le site IMDB.
Voir les autres films de Pascal Thomas chroniqués sur ce blog…

Remarque :
Il faut tout de même saluer la prestation parfaite de Danièlle Darrieux, qui montre toujours une belle présence à l’écran.

23 janvier 2009

Ceux qui restent (2007) de Anne Le Ny

Ceux qui restentElle :
Des choses touchantes et bien senties dans ce premier film. Dommage que la médiocre qualité sonore et les marmonnements de Vincent Lindon nuisent à la bonne compréhension des dialogues. Cette histoire d’amour impossible surgit en milieu hospitalier entre un homme et une femme dont les conjoints sont atteints de cancers. Bertrand va voir sa femme chaque jour à l’hôpital depuis cinq ans. Il est épuisé et soumis alors que Lorraine très perturbée vient seulement de connaître cette nouvelle situation conjugale dramatique. Les deux personnages sont attendrissants mais ils connaissent la culpabilité de l’amour dans leur solitude assumée. Anne Le Ny peint les sentiments sur la vie et la mort avec justesse sans jamais donner dans le mélo puisqu’on ne voit jamais les malades et les médecins.
Note : 3 étoiles

Lui :
Dans les couloirs d’un hôpital, Bertrand et Lorraine se rencontrent fortuitement. Ils y viennent tous les jours visiter leur conjoint atteint d’une maladie grave. Ils seront ceux qui restent. Pour son premier long métrage, Anne Le Ny a choisi un sujet délicat à traiter : l’amour peut-il trouver une place là où il ne devrait pas en trouver ? Ils ont tous deux des attitudes très différentes : elle est nerveuse, papillonne, parle beaucoup, lui est calme, sans espoir, usé par la longue maladie de sa femme. Les deux caractères sont probablement un peu tranchés mais ce n’est pas là le principal problème. Le film est vraiment gâché par un très mauvais son, on ne comprend qu’une phrase de Vincent Lindon sur trois et les autres acteurs ne sont qu’à peine plus compréhensibles. Difficile donc d’entrer dans le film dans ces conditions. Ceux qui restent aurait certainement mérité un meilleur traitement.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Vincent Lindon, Emmanuelle Devos, Yeelem Jappain
Voir la fiche du film et la filmographie de Anne Le Ny sur le site IMDB.

22 janvier 2009

Les amours d’Astrée et de Céladon (2007) de Eric Rohmer

Les Amours d'Astrée et de CéladonElle :
(pas vu)

Lui :
Rohmer nous prévient par un panneau au tout début de son film : Les amours d’Astrée et de Céladon met en scène une petite communauté de bergers du Ve siècle tels qu’imaginés par un écrivain du XVIIe siècle (il s’agit en effet de l’adaptation du roman d’Honoré d’Urfé L’Astrée, adaptation simplifiée puisque le roman fait plus de 5000 pages). Et nous, nous regardons cela avec nos yeux du XXIe siècle. Il faut donc surmonter les décalages, dépasser l’apparente artificialité du jeu des acteurs et se laisser glisser sans résister. Une fois passées les premières minutes, l’univers bucolique de ces Amours d’Astrée et de Céladon nous gagne et c’est un délice de suivre les péripéties de cet amour entier, indéfectible, presque absolu. Rohmer dit avoir été frappé par la modernité du texte d’Honoré d’Urfé ; il est vrai que nous ne sommes pas loin de ses propres Contes et on retrouve ici toute la fraîcheur, la simplicité, la spontanéité, l’absence de fard qui rend ses films si attachants. A plus de 85 ans, Rohmer nous prouve qu’il n’a rien perdu de la justesse de son regard. Les Amours d’Astrée et de Céladon est cependant un film qui pourra rebuter certains, non pas que ce soit un film difficile, bien au contraire : c’est plutôt un film où il faut accepter de se laisser aller. C’est alors un régal de fraîcheur qui tranche agréablement avec la production cinématographique courante.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Andy Gillet, Stéphanie Crayencour, Cécile Cassel, Véronique Reymond, Jocelyn Quivrin
Voir la fiche du film et la filmographie de Eric Rohmer sur le site IMDB.
Voir les autres films de Eric Rohmer chroniqués sur ce blog…

Remarque:
Le travestissement de Céladon en femme est d’autant plus étonnant, qu’en plus de la mise en valeur des traits fins de son visage, on assiste à une transformation de sa voix. Rohmer a utilisé l’informatique, un programme de l’Ircam de Pierre Boulez, pour féminiser la voix d’Andy Gillet. Cela rend la transformation extrêmement troublante et ajoute beaucoup à la sensualité du film.

13 janvier 2009

L’ennemi intime (2007) de Florent Emilio Siri

L'Ennemi intimeElle :
Un peu de mal à me plonger dans le film que je trouve un peu trop « grand spectacle » au départ… Puis, peu à peu, on se laisse gagner par l’ambiance photographique qui évoque le passé, par les ambiances contrastées, la beauté des paysages qui s’entrechoque avec les horreurs de la Guerre d’Algérie. Ce film âpre et brut a le mérite de porter au grand jour les atrocités commises par l’armée française, et aussi par le FLN, pendant cette guerre. Benoît Magimel et Patrick Rotman (en tant que scénariste) se sont fortement impliqués pour qu’il voie le jour. Les scènes de combats et de torture sont violentes, presque insupportables mais reflètent la vérité historique. Cette période honteuse et mal reconnue par les autorités politiques fut peu explorée par les cinéastes, mis à part par exemple René Vautier qui se fit interdire son film Avoir 20 ans dans les Aurès il y a quelque 30 ans. Au delà de la guerre d’Algérie, L’ennemi intime est aussi un regard porté sur toutes les guerres, montrant comment elles transforment peu à peu les hommes les plus idéalistes et les plus humanistes en machines à tuer.
Note : 3 étoiles

Lui :
L’ennemi intime est le premier film français à grand spectacle sur la Guerre d’Algérie. Pour les films précédents sur ce sujet, qui est comme banni de nos mémoires, il faut remonter aux films militants des années 70 comme R.A.S. ou Avoir 20 ans dans les Aurès. Basé sur le livre de Patrick Rotman (qui a participé à l’écriture du scénario), le film décrit cette guerre dans sa réalité la plus brute et la plus dure, nous faisant suivre l’évolution d’un jeune lieutenant qui va se trouver transformé par l’horreur quotidienne de la guerre. Comme l’indique le titre L’ennemi intime, l’ennemi dans une guerre est autant soi-même que celui d’en face ; ce jeune lieutenant sera autant transformé par les erreurs qu’il fait que par la barbarie de la guerre. Si le fond apparaît louable, L’ennemi intime est hélas plus critiquable sur sa forme : la démonstration est bien trop appuyée et beaucoup de scènes veulent visiblement marquer nos esprits. Le traitement photographique, appliqué pour vieillir l’image, est inutile. Etait-ce nécessaire pour accroître sa portée ? C’est difficile à dire mais quoi qu’il en soit le film de Florent Siri est à voir : c’est avant tout un plaidoyer efficace contre la guerre.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Benoît Magimel, Albert Dupontel, Aurélien Recoing,  Mohamed Fellag, Lounès Tazairt
Voir la fiche du film et la filmographie de Florent Emilio Siri sur le site IMDB.

Les autres films français sur la Guerre d’Algérie :
Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier (1972) avec Philippe Léotard
R.A.S. d’Yves Boisset (1973) avec Jacques Speisser et Jacques Villeret
La question de Laurent Heynemann (1977)
A noter également :
La Bataille d’Alger (1966), le film italien de Gillo Pontecorvo (La Battaglia di Algeri)

11 janvier 2009

Deux vies… plus une (2007) de Idit Cebula

Deux vies... plus uneElle :
Une petite comédie sans prétention surtout portée par ses acteurs, Emmanuelle Devos et Gérard Darmon. Un regard sur la remise en question d’une femme de quarante ans à propos de sa vie, sa place et ses désirs. Sa famille un peu possessive et envahissante l’empêchent de s’épanouir. Elle va tout faire pour se trouver et s’exprimer. Le scénario parfois maladroit et peu crédible est mâtiné de scènes pleines d’humour et de tendresse.
Note : 3 étoiles

Lui :
Désirant donner une nouvelle direction à sa vie, une quarantenaire cherche un éditeur pour publier un livre qu’elle a écrit. Ce premier long métrage d’Idit Cebula est plaisant mais hélas sans surprise, donnant l’impression de rester à la surface de ses personnages.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Emmanuelle Devos, Gérard Darmon, Jocelyn Quivrin
Voir la fiche du film et la filmographie de Idit Cebula sur le site IMDB.