13 juillet 2006

L’amour à vingt ans (1962) de François Truffaut, Andrzej Wajda, Shintarô Ishihara, Marcel Ophüls et Renzo Rossellini

L'amour à vingt ansElle :
(pas vu).

Lui :
(Film à sketches) 5 capitales, 5 réalisateurs. Le sketch italien et le sketch allemand sont plutôt inintéressants car trop conventionnels. Le sketch japonais est plus original sans être remarquable, le polonais (signé Wajda) a un petit quelque chose. Cet ensemble de sketches aurait probablement été oublié depuis longtemps s’il n’avait pas abrité le second volet de l’histoire d’Antoine Doinel, épisode que Truffaut a appelé « Antoine et Colette ». Antoine Doinel a 17 ans. Beaucoup de sensibilité et d’humour dans ce court métrage.
Note : 4 étoiles(sketch de Truffaut)
Note : 1 étoiles(autres sketches)

Acteurs: Jean-Pierre Léaud, Marie-France Pisier
Voir la fiche du film et la filmographie de François Truffaut sur le site imdb.com.

Cycle Antoine Doinel de François Truffaut :
1. Les 400 coups (1959)
2. Antoine et Colette (dans « L’amour à 20 ans ») (1962)
3. Baisers volés (1968)
4. Domicile conjugal (1970)
5. L’amour en fuite (1978)

Voir les autres films de François Truffaut chroniqués sur ce blog…

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6 juillet 2006

M le maudit (1931) de Fritz Lang

Titre original : « M – Eine Stadt sucht einen Mörder »

M le maudit Elle :
Note : 5 étoiles

Lui :
Premier film parlant de Fritz Lang, M le maudit nous apparaît toujours soixante quinze ans plus tard comme un film totalement abouti. C’est à la fois un film policier, avec ses atmosphères nocturnes, son ambiance, ses personnages hauts en couleur, mais aussi un film social ; dans cette histoire de meurtrier de petites filles, c’est l’Allemagne de ce début des années trente que Fritz Lang décrit, avec tous les éléments qui favorisent la montée du nazisme : pauvreté, crime organisé, impuissance des autorités. Ce meurtrier, c’est toute la société qu’il terrorise et met en péril. Pègre et police vont se lancer à ses trousses, non pas ensemble mais en parallèle, chacun avec ses méthodes, symbole du combat entre le gouvernement légal et le nazisme. M le maudit est un film vraiment prenant, haletant, légèrement angoissant. La mise en scène est particulièrement précise avec une étonnante maîtrise du son, déjà parfaitement utilisé. Toute la carrière de Peter Lorre fut certainement marquée par ce M qu’il personnifie si parfaitement.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Peter Lorre, Ellen Widmann
Voir la fiche du film et la filmographie de Fritz Lang sur le site IMDB.
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M le maudit était vu ici sur DVD avec en supplément une analyse approfondie et assez passionnante des plans de la première séquence du film.
Voir aussi quelques éléments d’analyse filmique sur le site analysefilmique.free.fr

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28 juin 2006

Je rentre à la maison (2001) de Manoel De Oliveira

Je rentre à la maison Elle :
Je rentre à la maison fut pris un moment pour le film testament de Manoel de Oliveira (en fait, il continuera de tourner après ce film). C’est au travers de Michel Piccoli, un vieil acteur brisé par la disparition de sa femme et sa fille qu’il livre ses sentiments sur la vie, la mort, les petites choses du quotidien et les tragédies qu’il joue sur scène. Le film n’est pas parvenu à m’accrocher en raison des scènes de théâtre et plans fixes interminables. Cette écriture très personnelle m’a peu touchée en raison de sa froideur et de son grand détachement de la vie.
Note : 2 étoiles

Lui :
Difficile d’accrocher à ce film d’Oliveira: de longs plans fixes (souvent hors champ), des extraits de pièces de théâtre interminables. Peu de scénario, le réalisateur fixe des riens. Michel Piccoli semble bien décidé à occuper tout le terrain et cabotine à tous vents.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Michel Piccoli, Catherine Deneuve, John Malkovich
Voir la fiche du film et la filmographie de Manoel De Oliveira sur le site IMDB.

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22 juin 2006

Liebelei (1933) de Max Ophüls

Liebelei Elle :
Ce film dramatique met en scène deux lieutenants de garnison qui connaissent enfin l’amour avec deux jeunes femmes simples et sincères. Au travers de cette intrigue presque banale, Max Ophüls s’attache à faire transparaître des émotions au travers de ses personnages et ce qui les rend si touchants..
Note : 4 étoiles

Lui :
Liebelei est le film qui mit Max Ophüls sur le devant de la scène, c’est effectivement le premier grand film d’Ophuls mais c’est le dernier qu’il fit en Allemagne : devant la montée du nazisme, il émigrera quelques mois plus tard et réalisera même une version française de ce film, « Une histoire d’amour » (1933), en faisant doubler certains acteurs et en introduisant des acteurs français. C’est toutefois cette première version allemande qui est la plus réussie, un cinéma intimiste tout en délicatesse qui tranche franchement avec la tendance de l’époque vers le réalisme. Dans cette histoire d’amour tragique, Ophüls nous place très près de ses personnages et de leurs émotions. Magda Schneider est particulièrement touchante de simplicité. Sa fille, Romy Schneider, tournera un remake de ce film en 1958 (« Christine » par Pierre Gaspard-Huit), un film qui hélas a laissé une trace plutôt comme point de départ de l’idylle Romy Schneider / Alain Delon que pour ses qualités cinématographiques…
Note : 4 étoiles

Acteurs: Magda Schneider, Wolfgang Liebeneiner
Voir la fiche du film et la filmographie de Max Ophüls sur le site IMDB.
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Voir aussi la fiche de Une histoire d’amour (1933) et celle de Christine (1958)

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17 juin 2006

Parle avec elle (2002) de Pedro Almodóvar

Titre original : « Hable con ella »

Parle avec elle Elle :
J’ai du mal à parler de ce film. J’ai du mal à entrer dans l’univers d’Almodovar. La forme du film est sophistiquée, innovante, bourrée de références au cinéma, à la danse, au théâtre et à la chanson espagnole, peut-être même un peu trop. Le scénario centré sur l’amour de cet infirmier solitaire pour cette jeune fille dans le coma ne m’a pas beaucoup ému. Il m’a au contraire mis très mal à l’aise. On peut rétorquer qu’il a réussi à la sortir de son long sommeil pour excuser son acte. Almodovar a sans doute voulu peindre la passion et la solitude en créant une atmosphère baroque et onirique mais a un peu perdu de vue ses personnages que je n’ai pas trouvé très attachants.
Note : 3 étoiles

Lui :
Les personnages que nous dépeint Almodovar sont assez hors du commun et assez attachants, même s’ils ne sont pas (loin de là, pour certains) exempts de défauts… Son histoire est touchante, tout en étant un peu dérangeante, et c’est un peu cet équilibre qui est remarquable.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Javier Cámara, Darío Grandinetti, Leonor Watling, Rosario Flores
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7 juin 2006

Mar adentro (2004) de Alejandro Amenábar

Mar adentro Elle :
Un film poignant sur un tétraplégique qui demande à la justice le droit de mourir pour échapper à sa vie faite de souffrances. Sans sombrer dans le pathos et l’apitoiement, Alejandro Amenabar filme cet homme incarné par Javier Bardem sobrement et au plus près de son corps et de son âme. C’est une belle mise en scène pleine de pudeur. Poète plein d’humour, Ramon rejette sa dépendance vis-à-vis des autres et entrevoit son issue fatale avec le sourire. Même s’il est soutenu par une famille chaleureuse et par l’amour de deux femmes, il refuse d’accepter son sort et veut choisir son destin. On pénètre dans l’intimité de sa vie de reclus avec délicatesse. Les personnages dégagent énormément de force et d’émotion. Un film bouleversant à ne pas manquer.
Note : 5 étoiles

Lui :
Alejandro Amenabar réussit à faire un film fort sur l’histoire de ce tétraplégique sans jamais tomber dans la facilité de l’apitoiement ou d’une compassion débordante. Je dois bien avouer que la pluie de récompenses qu’a reçue le film me faisait un peu peur. Non, il nous permet simplement de mieux connaître cet homme et de comprendre ainsi sa volonté et la fermeté qu’il plaçait dans sa décision. C’est bien entendu émouvant mais aussi très puissant, parfois poétique et parsemé de touches d’humour : Amenabar réussit un sans faute dans l’équilibre de son film et les deux heures passent rapidement. Plus qu’un simple plaidoyer sur ce sujet de société, c’est surtout le portrait d’un homme hors du commun et, sur ce plan, il faut noter que Janvier Berdem interprète son personnage avec beaucoup de force et une conviction étonnante.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Javier Bardem, Belén Rueda, Lola Dueñas, Mabel Rivera
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4 juin 2006

Le crime farpait (2004) d’ Álex de la Iglesia

Titre original : « Crimen ferpecto »

Le Crime Farpait Elle :
De bonnes choses dans cette comédie échevelée centrée sur un vendeur de grand magasin, macho, amateur de femmes et carriériste. Tout se passe au rayon des vêtements féminins ce qui donne lieu à quelques scènes burlesques. Ce désir d’ascension avide et sans scrupules est vertement écorché et conduit au pire. On passe du cocasse à l’humour noir et même « gore » en un clin d’oeil. Cependant, le rythme de cette histoire a tendance à s’essoufler et à s’enliser au fil du temps notamment avec cette femme qui en fait un peu trop côté chantage.
Note : 3 étoiles

Lui :
Le crime farpait démarre très bien avec la mise en place de ce personnage de vendeur d’un grand magasin prêt à tout pour grimper socialement. Beaucoup d’humour au second degré, avec presque un petit côté bande dessinée. Ensuite, le film hélas s’enlise en penchant vers un humour macabre, plutôt moins réussi et surtout avec moins de pétulance. La fin parvient tout de même à nous surprendre un peu. Belle prestation de Guillermo Toledo.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Guillermo Toledo, Mónica Cervera, Luis Varela
Voir la fiche du film et la filmographie de Álex de la Iglesia sur le site IMDB.

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28 mai 2006

Tellement proches (2004) de Dominic Harari et Teresa Pelegri

Titre original : « Seres queridos »

Tellement Proches
Elle :
A Madrid, une jeune femme israélienne vient présenter à sa famille son futur mari palestinien. A partir de là s’enchaînent toute une série de rebondissements et de situations cocasses un peu à la manière du théâtre de boulevard. Les personnages sont volontairement caricaturaux. Entre un grand-père gâteux, une mère dépressive, un frère intégriste, une soeur frivole, un père devenu amnésique et les problèmes israélo-palestiniens, la famille explose dans tous les sens. Ce joyeux charivari fait que cette comédie sans prétention fonctionne bien. Malgré quelques petites exagérations, on rit franchement tout au long du film.
Note : 3 étoiles

Lui :
L’arrivée d’un gendre palestinien dans une famille juive gentiment foldingue va engendrer une suite d’évènements assez… imprévus. Si la mise en place est parfaite, la suite s’enlise parfois avec notamment l’évènement pivot du film un peu gros à avaler. Cela reste tout de même très plaisant à regarder, les dialogues sont assez enlevés. La galerie de portraits est certainement le côté le plus réussi du film.

Note : 3 étoiles

Acteurs: Norma Aleandro, Guillermo Toledo
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22 mai 2006

La Pianiste (2001) de Michael Haneke

La Pianiste Elle :
Dans ce film franco-autrichien primé plusieurs fois à Cannes, notamment pour les prestations d’Isabelle Huppert et de Benoît Magimel, Michael Haneke fait preuve de maîtrise et de talent dans la mise en scène de cet univers violent et étouffant. Une vieille fille de quarante ans, professeur de piano rigide, frustrée et impassible aux émotions et sentiments vit avec sa mère castratrice (Annie Girardot). Elle rencontre un jeune homme qui tombe amoureux d’elle et tente de le soumettre à ses fantasmes. Haneke ne donne pas les clés de la souffrance de cette femme mais cherche à décrypter les tourments intérieurs qui agitent des êtres lisses et sans histoire.
Note : 3 étoiles

Lui :
Si l’interprétation d’Isabelle Huppert est impressionnante, le film est vraiment dérangeant, dans le mauvais sens du terme. C’est noir, sordide. Ce fut pour moi presque une épreuve de le regarder sans que cela m’apporte quoi que ce soit. Il me semble qu’il y a sur le personnage principal, une accumulation un peu gratuite de névroses et de fantasmes, dans le seul but de perturber le spectateur.
Note : 1 étoile

Acteurs: Isabelle Huppert, Annie Girardot, Benoît Magimel
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28 mars 2006

Philanthropique (2002) de Nae Caranfil

Titre original : « Filantropica »

Philanthropique Elle :
C’est sous la forme d’une comédie grinçante que Nae Caranfil a choisi de nous montrer l’état de la société roumaine, dix après la chute du mur de Berlin. Son protagoniste principal, un professeur sans le sou cherche à gagner de l’argent facile par l’intermédiaire d’un papy grigou qui le manipule. Escroqueries dans l’univers des restaurants chics de Bucarest, rues jonchées de mendiants et d’artistes à la dérive, chiens errants, publicités tapageuses. Les symboles de la société de consommation occidentale sont montrés du doigt alors que les plus pauvres continuent de s’enfoncer dans la misère et que les valeurs du travail et de l’école ne sont plus à l’ordre du jour. De bonnes idées et de l’humour malgré tout mais certaines longueurs gâchent cette peinture virulente.
Note : 3 étoiles

Lui :
Philanthropique est une comédie assez amusante de Nae Caranfil et en même temps un certain portrait de la société roumaine. Si la présentation de la mendicité organisée, hissée à l’état d’un art, est sans doute un peu exagérée, c’est la vision d’une société à deux vitesses qu’il nous présente, une vision assez inquiétante. Beaucoup de situations sont vraiment originales et amusantes mais le film souffre tout de même de quelques longueurs dans sa seconde partie.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Mircea Diaconu, Gheorghe Dinica, Mara Nicolescu
Voir la fiche du film et la filmographie de Nae Caranfil sur le site IMDB.

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