18 juin 2019

Tora! Tora! Tora! (1970) de Richard Fleischer, Kinji Fukasaku et Toshio Masuda

Tora! Tora! Tora!Après l’immense succès de son Jour le plus long, Darryl F. Zanuck voulut poursuivre les grandes reconstitutions de la Seconde Guerre mondiale avec l’attaque de Pearl Harbor. Le budget fut encore plus important (1) et la production demanda trois années de préparation et presque un an de tournage.
De façon assez surprenante, Zanuck finit par adopter un point de vue très équilibré qui traite convenablement chacun des deux parties en présence. Il met en évidence la léthargie de l’état-major américain et laisse une belle place à la préparation de l’attaque, vue du côté japonais.
Kurosawa était initialement pressenti pour tourner toutes les scènes japonaises mais le réalisateur fut remercié peu après le début du tournage pour être remplacé par les moins expérimentés Kinji Fukasaku (scènes d’action) et Toshio Masuda (autres scènes japonaises). Si aucune des scènes tournées par Kurosawa ne figurent dans la version finale, le scénario reste co-signé par son scénariste habituel, Ryûzô Kikushima. L’absence totale de navires japonais de l’époque en état de naviguer et d’avions japonais en état de voler ne facilita guère la production. Le récit est globalement proche de la réalité historique et l’attaque en elle-même est assez spectaculaire. Le film connut un grand succès au Japon mais l’accueil aux Etats Unis (et en Europe) fut bien plus mitigé.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Martin Balsam, Sô Yamamura, Jason Robards, Joseph Cotten, Tatsuya Mihashi, E.G. Marshall, Takahiro Tamura, James Whitmore, Eijirô Tôno, Wesley Addy
Voir la fiche du film et la filmographie de Richard Fleischer sur le site IMDB.

Tora! Tora! Tora!
Sô Yamamura dans Tora! Tora! Tora! de Richard Fleischer, Kinji Fukasaku et Toshio Masuda.

Tora! Tora! Tora!
George Macready et Joseph Cotten dans Tora! Tora! Tora! de Richard Fleischer, Kinji Fukasaku et Toshio Masuda.

Tora! Tora! Tora!

 

(1) Tora! Tora! Tora! fut la deuxième plus coûteuse production américaine des années soixante juste après Cléopâtre (1963), à égalité avec Hello Dolly (1969).

9 septembre 2014

Il était une fois dans l’Ouest (1968) de Sergio Leone

Titre original : « C’era una volta il West »

Il était une fois dans l'OuestAlors que la construction du chemin de fer progresse à travers le désert, un fermier et sa famille est assassiné. Au même moment arrive un mystérieux solitaire… Il était une fois dans l’Ouest est le plus connu des « westerns-spaghetti ». Développé à partir d’une idée de Sergio Leone et Bernardo Bertolucci, l’histoire assez simple reprend deux des thèmes majeurs du western : la revanche et la mutation de l’Ouest vers la modernité (symbolisée ici par l’arrivée du chemin de fer). Mais c’est bien entendu sa forme qui rend le film si unique : les longs plans, la lenteur extrême des gestes, les visages impénétrables, l’utilisation des sons et de la musique d’Ennio Morricone, etc. Sergio Leone esthétise, il amplifie à la limite de la caricature, et réussit à créer un véritable envoûtement. C’est avant tout un spectacle qu’il crée : le western-opéra. Les emprunts et clins d’oeil sont innombrables. De façon audacieuse, Henri Fonda est ici à contre-emploi dans un rôle de méchant. Le film est couramment tenu aujourd’hui en très haute estime (il en est d’ailleurs de même pour toute l’oeuvre de Sergio Leone), estime que l’on peut trouver un peu excessive.
Elle: 2 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson
Voir la fiche du film et la filmographie de Sergio Leone sur le site IMDB.
Voir les autres films de Sergio Leone chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Sergio Leone

Remarques :
* Il était une fois dans l’Ouest n’eut aucun succès à sa sortie aux Etats-Unis. La version diffusée avait, il est vrai, été largement coupée au point de rendre le film parfois incompréhensible. Les américains ont dû attendre près de 15 ans avoir de voir une version plus complète. A noter que, dans son autobiographie, Henri Fonda a une interprétation différente de ce flop : selon lui, le public américain ne pouvait accepter de le voir tuer de sang froid un enfant.

* Bien qu’en format très large (2.35 :1), Sergio Leone n’a pas utilisé de lentille anamorphique (sinon les très gros plans apparaitraient déformés). Il utilise une fois de plus la technique du Techniscope qui consiste à placer deux images l’une au dessus de l’autre dans l’emplacement d’une seule image sur un film classique 35mm. L’avantage, en dehors des économies de pellicule, est de pouvoir utiliser les objectifs sphériques habituels. Le premier film en Techniscope serait La Princesse du Nil de Victor Tourjansky (1960).

* Une version Director’s Cut est sortie dans un DVD italien. Elle totalise 170 mn au lieu des 158 de la version internationale. Si on exclut le générique, ce sont 11 mn qui sont ajoutées, essentiellement des allongements de scènes déjà très longues. (Voir les différences)