Elle :
Film humoristique franchouillard sur les réseaux de De Gaulle avec Bardot en belle et cruche espionne et Francis Blanche en général allemand hystérique. L’humour sur ces sujets me parait tout de même un peu déplacé et de mauvais goût.
Note :
Lui :
Ce film reste très amusant à voir, surtout pour le numéro de Francis Blanche en chef de la Gestapo, « Papa Schultz », qui beugle ses ordres à tous vents dans un allemand approximatif. Ce film, tourné moins de 15 ans après la fin de la guerre, parvient à nous faire rire franchement sur un thème assez douloureux. Ce fut d’ailleurs le premier film français à présenter des scènes de la seconde guerre mondiale sur le ton de la comédie. La phrase de Francis Blanche, « Nous afons les moyens de fous faire parler », est restée célèbre.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Abandon au bout d’une heure. J’ai trouvé la mise en scène vieillie et artificielle et le scénario peu intéressant et mièvre. De la guimauve hollywoodienne. Peut-être n’étais-je pas dans un bon jour…
Note :
Lui :
Si cette super production n’atteint pas la qualité des meilleures du genre, elle n’en reste pas moins assez remarquable, ne serait-ce que par l’ampleur des moyens mis en oeuvre. Certaines scènes sont vraiment impressionnantes (la foule, l’incendie, etc..). Le scénario est moins riche que celui d’autres péplums, le rythme est souvent un peu lent et l’on sent que l’accent a été mis sur la romance et le spectaculaire. Coté acteurs, c’est Peter Ustinov qui occupe tout le terrain en campant un Néron plus fou que nature. Robert Taylor en comparaison fait un héros un peu fadasse.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Robert Taylor, Deborah Kerr, Leo Genn, Peter Ustinov
Voir la fiche du film et la filmographie de Mervyn LeRoy sur le site imdb.com.
Voir les autres films de Mervyn LeRoy chroniqués sur ce blog…
Ce film est un remake de « Quo vadis? » de l’italien Enrico Guazzoni (1912) qui fut à son époque un énorme succès. Un premier remake en 1925 par Georg Jacoby avait été un échec.
Anecdote : Parmi les figurants (non crédités au générique), on peut noter la présence d’Elisabeth Taylor, qui avait été pressentie pour le rôle principal, et aussi d’une jeune débutante encore inconnue, Sophia Loren.
Elle :
Cette adaptation d’un roman de Mickey Spillane introduit une touche de nouveauté dans la forme du film noir. Dans un climat de guerre froide, En Quatrième Vitesse évoque la menace nucléaire. Le détective tombeur de femmes, Mike Hammer, mène l’enquête sur la mort d’une jeune femme qui le conduit sur des chemins qui dépassent son imagination. Il n’hésite pas à cogner et à faire souffrir les gens pour obtenir des révélations. Je pense à la scène où il coince cruellement les doigts d’un employé de la morgue dans un tiroir. Un brin de sadisme, de folie et de violence anime son comportement et traverse le film. On est bien loin de la froide placidité d’un Bogart. Les personnages ont le regard un peu hagard et sont mus par une force intérieure qui les dépasse. La forme novatrice du film a tendance à prendre un peu le dessus sur le fond si bien que par moment, on trouve le temps un peu long. Il n’en reste pas moins que la mise scène est superbe, et que l’atmosphère angoissante est très bien recréée. Une prouesse quand on pense que le scénario a été écrit en trois semaines et que le film a été tourné en très peu de temps aussi. Un classique du genre.
Note :
Lui :
Très libre adaptation d’un roman de Mickey Spillane, En Quatrième Vitesse est un film noir complètement hors normes. Il casse les lois du genre. Tout d’abord, le héros, Mike Hammer, est assez éloigné du personnage classique du détective privé : il cogne, n’hésite pas à employer les mêmes méthodes que ses adversaires ; « un fasciste » aurait dit de lui Robert Aldrich à l’époque. Ensuite, le scénario dépasse par sa portée les histoires de trafics ou de crime organisé puisque, sans en avoir l’air, il traite d’un sujet on ne peut plus risqué en plein maccarthysme. Aldrich fut toutefois suffisamment habile pour ne pas être inquiété. Plus tard, il présentera même son film comme un pamphlet dénonçant plus le maccarthysme que la bombe atomique. Le film dans son déroulement est assez rapide, enchaînant les unes après les autres des situations de guet-apens, de traîtrises diverses et variées. Le film soufre un peu de la précipitation du tournage (21 jours), il est assez brut, sans fioritures. On pourrait presque y voir là la signification du titre français qui n’a autrement pas grand-chose à voir avec le film.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Cette adaptation du roman de Françoise Sagan n’est pas le meilleur film d’Otto Preminger. On n’échappe pas aux clichés sur Paris et la France; le scénario et le jeu d’acteurs ne sont pas exempts de maladresses. Cette histoire en apparence superficielle est plutôt dramatique. Elle est centrée autour d’un père volage et de sa fille en manque de repères. Milieu bourgeois, fêtes, rencontres éphémères, égarements mais sans trouver de véritable sens à la vie. Les personnages passent d’une boîte de nuit à l’autre et changent constamment de partenaire .Le film vaut surtout par la présence rayonnante et émouvante de Jean Seberg qui jouera dans « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard un an plus tard ainsi que pour l’issue fatale et tragique de cette vie d’artifices.
Note :
Lui :
Dans cette adaptation assez fidèle du premier roman de Françoise Sagan, Preminger retrouve une de ces tragédies intimistes qu’il affectionne. Cette histoire, qui peut paraître futile mais qui, au fond, est terriblement tragique, met en scène une jeune fille insouciante et gâtée qui va voir sa vie basculer et va s’enfermer dans une tristesse sans fin. Jean Seberg, qui avait été très critiquée à l’époque, est pourtant assez lumineuse dans ce rôle et a tendance à éclipser les autres acteurs. Le film aurait certainement profité d’un peu plus de consistance dans le scénario (le roman de Sagan était très court) mais la sûreté de la mise en scène de Preminger ne peut que ravir : une superbe photographie, de très beaux plans de la Côte d’Azur, un beau jeu avec le noir et blanc sur certaines scènes, des transitions superbes. L’ensemble reste tout de même plus que convaincant.
Note :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Jean Seberg, David Niven, Deborah Kerr, Mylène Demongeot
Voir la fiche du film et la filmographie de Otto Preminger sur le site imdb.com.
Elle :
Un petit chef-d’oeuvre de cruauté, d’émotion et de drôlerie dans le Paris de la fin des années cinquante. Les décors parisiens aux cadrages et éclairages à la Doisneau participent au douloureux destin de ce jeune garçon turbulent. Jean-Pierre Léaud incarne avec beaucoup de naturel et sensibilité Antoine Doinel à l’âge de treize ans. Ce film est en partie autobiographique puisque Truffaut n’a jamais connu son père. Le cycle Doinel se poursuivra avec Baisers volés et Domicile conjugal.
Note :
Lui :
C’est un film très complet, à la fois tendre, comique, tragique et surtout très authentique. On sent toute la passion de Truffaut à filmer ce récit autobiographique et Jean-Pierre Léaud a une force impressionnante dans ce rôle. Quand on le replace dans son époque, on imagine aisément l’aspect novateur de ce film, précurseur de la Nouvelle Vague.
Note :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Walter Lang est un réalisateur américain assez prolifique, des comédies musicales pour la plupart. Cette fois c’est une simple comédie qu’il signe, dotée d’un scénario qui semble taillé sur mesure pour James Stewart. Il s’agit en effet d’un américain simple et ordinaire qui voit sa vie bouleversée après avoir gagné le jackpot d’un jeu radiophonique. Sans avoir la verve enlevée des meilleures comédies des années 30 et 40, ce Gare au percepteur se laisse regarder avec plaisir avec son lot de gags et d’ironie. Le rêve américain est (gentiment) égratigné en se moquant de la société de consommation, ce qui d’ailleurs rend le propos toujours aussi actuel 50 ans plus tard. James Stewart est secondé par une Barbara Hale un peu fade. A noter aussi la présence de la jeune (12 ans) Natalie Wood.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Dans un de ses premiers films noirs, Jean-Pierre Melville impose déjà son style très personnel où l’ombre et la lumière, le Paris des années cinquante, le milieu des truands machos jouent un grand rôle. Son regard semble nostalgique et triste dans cette histoire où Bob le Flambeur va gagner au jeu l’argent qu’il est censé volé au casino de Deauville, le même soir. Un joli clin d’oeil. La forme du film m’a plus intéressée que le scénario qui traîne un peu en longueur.
Note :
Lui :
Ce premier polar de Jean-Pierre Melville est remarquable par la façon dont il donne vie à ses personnages. Il se dégage une impression de vérité, de réalisme. Melville aime s’attarder avec eux et les scènes de la vie nocturne de Pigalle contribuent à donner presque un aspect documentaire au film. Il met aussi beaucoup en valeur son personnage féminin, jouée par Isabelle Corey, d’après lui une sérieuse concurrente de Brigitte Bardot. Un beau film, assez brut, où l’on sent l’influence du polar américain, mais avec déjà un style très “melvillien”.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Dans sa période pré-polar, Jean-Pierre Melville adapte ce roman de Jean Cocteau. Les enfants terribles narre les relations tumultueuses entre un frère et sa soeur possessive. Melville parvient à en faire un huis clos étouffant et presque insupportable dans sa dernière partie. La plupart des scènes se passent dans leur chambre encombrée d’objets inutiles. Ces deux êtres en fait paumés et abîmés par la vie, ne parviennent pas à trouver un sens à leur existence. La jalousie, la méchanceté, la manipulation mêlées parfois à une tendresse ambiguë animent la soeur qui veut soumettre son frère à son emprise. Melville parvient à recréer cette atmosphère avec une grande dextérité.
Note :
Lui :
S’il est réalisé par Jean-Pierre Melville, ce film porte la forte empreinte de Cocteau, cet univers à la fois presque onirique et oppressant, un huis clos obsessionnel dont l’issue ne peut être que tragique. On semble toujours marcher sur une corde raide, au bord de la folie, au bord de l’inceste, au bord du crime… au bord de la réalité ; non, les personnages ne sont pas irréels, ils sont tout simplement ailleurs. Il y a aussi beaucoup d’humour dans ce conte, un humour sous-jacent, totalement intégré aux personnages. Nicole Stéphane porte le film à elle seule, parvenant parfaitement à exprimer la complexité de son personnage.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Si les quelques scènes qui se passent dans le Grand Nord ne sont pas sans intérêt et apportent une dimension toute particulière, le reste du film apparaît beaucoup plus conventionnel avec des ressorts mélodramatiques assez rudimentaires. Hélas, c’est cette dernière partie que le scénario privilégie, scénario tiré d’un roman de M.C. Weyer, prix Goncourt 1928. Le film paraît aujourd’hui excessivement daté, sans charme suffisant pour nous captiver.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Beau film noir, remarquable pour sa mise en scène originale. De somptueux décors rouge et or soulignent l’atmosphère explosive et survoltée du milieu de la pègre new-yorkaise. L’avocat boîteux du sanguinaire Rico Angelo, interprété par Robert Taylor, tombe amoureux de la belle danseuse de cabaret Cyd Charisse. Le scénario reste toutefois assez conventionnel et sans grande surprise.
Note :
Lui : Voilà un film noir qui pourrait servir de mètre-étalon du genre : tout semble parfaitement en place et à sa place, avec une certaine pureté dans le classicisme, que soit sur le fond ou la forme. Traquenard est aussi une superbe galerie de portraits, classiques eux aussi, depuis le truand/parrain jusqu’à la danseuse innocente au grand coeur. Classique mais parfait.
Note :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)