4 mai 2008

Blonde Crazy (1931) de Roy Del Ruth

Autre titre : « Larceny Lane » (UK)

”BlondeElle :
(pas vu)

Lui :
Tourné peu après L’Ennemi Public, ce Blonde Crazy permit à James Cagney de consolider sa popularité naissante. Certes, il joue toujours un escroc, mais cette fois c’est un escroc à la petite semaine qui se révèle être très sympathique car éperdument amoureux de Joan Blondell. Tous les deux sont parfaitement complémentaires à l’écran et forment un remarquable duo. Le film eut un tel succès que Cagney alla renégocier son contrat chez Jack Warner qui lui tripla presque son salaire ! Vu aujourd’hui, Blonde Crazy a tout de même un peu vieilli et semble manquer un peu de flamboyance, mais le film reste plaisant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: James Cagney, Joan Blondell, Louis Calhern, Ray Milland
Voir la fiche du film et la filmographie de Roy Del Ruth sur le site imdb.com.

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19 mars 2008

Billy le Kid (1930) de King Vidor

Titre original : « Billy The Kid »

Billy le Kid Elle :
(pas vu)

Lui :
La MGM ne voulant pas mettre en scène un hors-la-loi antipathique, King Vidor dut s’éloigner franchement de la vérité historique pour nous présenter un Billy the Kid séduisant, humain et agissant toujours pour défendre les faibles. Les studios imposèrent Johnny Mack Brown pour le rôle principal. Son physique de jeune sportif semble en décalage total avec son rôle de roi de la gâchette qui inspire la crainte et ses efforts pour faire croire à son personnage n’arrangent rien. Wallace Beery, quant à lui, est pour une fois sobre (dans son jeu tout comme au sens propre) et donne une assez bonne performance sans être franchement notable. Billy le Kid fut l’un des premiers films à être tourné en 70mm pour être diffusé sur écran large dans certains cinémas. Certaines scènes ont été tournées dans le Grand Canyon. Aucune copie 70mm ne semble avoir survécu.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Johnny Mack Brown, Wallace Beery, Kay Johnson
Voir la fiche du film et la filmographie de King Vidor sur le site imdb.com.

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Quelques autres versions et variations sur le thème de Billy Le Kid :
Billy The Kid le réfractaire (Billy the Kid) de David Miller (1941) avec Robert Taylor
Le Gaucher (The left handed gun) d’Arthur Penn (1958) avec Paul Newman
Pat Garrett et Billy the Kid de Sam Peckinpah (1973) avec James Coburn, Kris Kristofferson (et Bob Dylan)
Young Guns de Christopher Cain (1988) avec Emilio Estevez
… plus de nombreux autres (voir la liste sur IMDB)

17 mars 2008

La Reine Christine (1933) de Rouben Mamoulian

Titre original : « Queen Christina »

La Reine ChristineLui :
Juste après avoir tourné Comme tu me veux (As you desire me), Greta Garbo s’était retirée en Suède pendant plusieurs mois. La MGM, craignant qu’elle ne veuille mettre un terme à sa carrière, lui fit une proposition alléchante de contrat où elle avait droit de regard sur le choix du réalisateur et des acteurs. C’est ainsi qu’au tout début du tournage de La Reine Christine elle fit remplacer Laurence Olivier par John Gilbert, acteur avec lequel elle avait souvent tourné et qui était en disgrâce depuis l’avènement du parlant (ce fut d’ailleurs son avant-dernier film)(1). Le scénario de cette histoire (très) romancée d’une Reine de Suède au XVIIe siècle est signé Salka Viertel, ami de Garbo tout comme le directeur de la photographie. De même, « La Divine » avait Rouben Mamoulian en grande estime. La Reine Christine fut donc un film sur mesure pour Greta Garbo où tout était selon son désir et, en contrepartie, elle nous gratifia de son plus beau rôle au cinéma, merveilleusement portée par le talent de Mamoulian. Elle incarne avec une telle présence cette femme de tête qui refusait de sacrifier sa vie à son destin que les autres acteurs ne peuvent faire que de la pâle figuration à côté d’elle. La Reine Christine De nombreuses scènes sont mémorables et merveilleuses : l’auberge où elle est prise pour un garçon, les scènes d’amour avec John Gilbert (« Je mémorise cette pièce ») et bien entendu cette scène finale, célébrissime, sans aucun doute l’un des plus beaux plans de toute l’histoire du cinéma : un zoom avant jusqu’au très gros plan sur le visage de Garbo à l’avant du navire qui l’emporte, avec un éclairage d’une pureté absolue. Mamoulian aurait dit à Garbo : « je voudrais que ton visage soit une feuille de papier vierge sur laquelle chaque spectateur pourra écrire ce qu’il ressent » et effectivement son visage est presque inexpressif tout en semblant porter toute la détresse du monde avec volonté et résignation. En fait, ce visage, on peut lui prêter tour à tour tous les sentiments possibles et imaginables. Quel acteur/actrice pourrait aujourd’hui faire un tel plan et exprimer tant de sentiments sans en montrer un seul ?
Note : 5 étoiles

Acteurs: Greta Garbo, John Gilbert, Ian Keith
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(1) Non seulement, Gerta Garbo avait tourné avec John Gilbert mais les deux acteurs avaient eu une liaison passionnée en 1926 et 27. Le mariage était prévu mais le jour même, Greta Garbo se désista, laissant John Gilbert seul devant l’autel. Cette grande déception sentimentale le fit sombrer dans l’alcool. De plus, au passage vers le parlant, sa voix se révéla être décevante, peu en accord avec son physique.

Greta Garbo - La Reine ChristineGreta Garbo dans la scène finale de La Reine Christine de Rouben Mamoulian.

22 février 2008

Les hommes sont si bêtes (1938) de Busby Berkeley

Titre original : « Men are such fools »

Les hommes sont si bêtesElle :
(pas vu)

Lui :
Ce film assez rare de Busby Berkeley est probablement une de ces commandes de la Warner que Berkeley tourna entre deux musicals. L’histoire, assez simple, met une scène une jeune femme brillante qui grimpe rapidement les échelons dans son agence de publicité. Ce genre de scénario témoigne des interrogations issues de la libéralisation de la femme aus Etats-Unis en ces années 30 : doit-on préférer la réussite sociale à la réussite de sa vie en couple ? Pour sa part, Men are such Fools aborde le problème sous le ton de la comédie. Humphrey Bogart est ici dans un second rôle, un personnage d’homme d’affaires playboy dans lequel, il faut bien le reconnaître, il n’est pas franchement remarquable. Plus intéressant est le directeur foldingue joué par un Hugh Herbert toujours égal à lui-même, avec ses fameux « woo woo » et sa manie de tout répéter. Chacune des scènes où il apparaît est un vrai plaisir. Mais la réelle vedette du film est Priscilla Lane, particulièrement sémillante ; elle donne à elle seule une grande vivacité au film. Men are such fools n’est certes pas un film très profond mais reste une amusante comédie légère.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Wayne Morris, Priscilla Lane, Humphrey Bogart, Hugh Herbert
Voir la fiche du film et la filmographie de Busby Berkeley sur le site imdb.com.

Remarque : Men are such Fools semble ne jamais avoir été édité commercialement en cassette ou DVD aux Etats-Unis et à fortiori en Europe. D’ailleurs le titre français Les Hommes sont si bêtes a beau être mentionné dans certains livres sur Humphrey Bogart, d’après IMDB, le film ne serait jamais sorti sur les écrans en France.

21 février 2008

Femmes (1939) de George Cukor

Titre original : « The women »

FemmesElle :
(pas vu)

Lui :
Femmes est un petit tour de force de la part de George Cukor du fait du très grand nombre de personnages principaux. Ce sont toutes des femmes, il n’y a pas un seul homme visible à l’écran… et elles ont toutes des caractères extrêmement différents. Car c’est bien entendu sur le fond que la richesse du film réside. Femmes Il faut laisser passer cette impression de misogynie que l’on peut ressentir dans le premier tiers du film pour ensuite s’apercevoir à quel point Cukor montre avec une certaine clairvoyance cette indépendance que les femmes commençaient à gagner en cette fin des années trente. Avec le recul, on considère même que Cukor a même été assez visionnaire. Au-delà du film sociologique qui dresse des portraits tous très différents, Femmes est aussi une comédie, avec un rythme particulièrement rapide de dialogues et qui nous fait sourire très souvent, à commencer par le générique. C’est cet équilibre entre comédie et drame sociologique qui lui permet de traverser si facilement le temps.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Norma Shearer, Joan Crawford, Rosalind Russell, Mary Boland, Paulette Goddard, Phyllis Povah, Joan Fontaine
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Détail : La scène en couleurs de présentation de mode fut imposée par les studios à George Cukor.

12 février 2008

Sous le masque (1936) de Malcom St. Clair

Titre original : « Crack-up »

Sous le masqueElle :
(pas vu)

Lui :
Film assez rare et plutôt court, Sous le Masque met en scène une histoire d’espionnage dans le monde de l’aviation : Peter Lorre, qui se fait passer pour un simple d’esprit, est en fait à la tête d’une petite organisation d’espions qui essaie de voler les plans d’un avion révolutionnaire. Sous le masque Le film n’est pas franchement remarquable si ce n’est que Peter Lorre joue pour une fois autant sur le côté comédie que sur le côté dramatique et inquiétant. Cet humour et cette dérision seront ensuite présents dans plusieurs de ses films ultérieurs. On note par ailleurs quelques points communs entre son personnage du Colonel Gimpsy de Sous le Masque avec le Mister Moto de la série qu’il tournera juste après, toujours dans la toute jeune 20th Century Fox.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Peter Lorre, Brian Donlevy, Helen Wood, Ralph Morgan
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Un autre film porte le même titre :
Crack-up d’Irving Reis (1946) avec Claire Trevor et Pat O’Brien.
Aucun point commun entre les 2 films.

7 février 2008

Les fantastiques années 20 (1939) de Raoul Walsh

Titre original : « The roaring twenties »

Les fantastiques années 20Elle :
(pas vu)

Lui :
Au lendemain de la guerre de 14-18, trois vétérans reviennent en Amérique. Ne trouvant pas de travail, la prohibition leur fournira l’occasion de monter un trafic lucratif. Ce film noir de Raoul Walsh s’inscrit pleinement dans la tradition des films de gangster de la Warner : il nous retrace l’ascension d’un petit caïd que James Cagney personnifie à merveille, tout en restant dans un registre beaucoup moins violent que par exemple Public Enemy. Il est même par certains côtés plus businessman que gangster et c’est Bogart, en second rôle, qui interprète le rôle du violent, l’antipathique, celui qui fait facilement parler les armes. Les Fantastiques Années 20 est donc très classique, Raoul Walsh est ici loin de l’intensité de L’enfer est à lui (White Heat) qu’il réalisera 10 ans plus tard avec le même James Cagney, mais le film reste plaisant à regarder.
Note : 3 étoiles

Acteurs: James Cagney, Priscilla Lane, Humphrey Bogart, Gladys George, Jeffrey Lynn
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2 février 2008

L’ensorceleuse (1938) de Frank Borzage

Titre original : « The shining hour »

L’ensorceleuseElle :
(pas vu)

Lui :
Un homme d’une riche famille de propriétaires terriens épouse une danseuse de cabaret mondain. De retour dans la maison familiale, ils éprouveront bien du mal à s’intégrer du fait de l’hostilité de la sœur aînée et des avances du frère à la jeune mariée. L’ensorceleuse brode donc sur le thème de l’intrus qui va venir bouleverser les codes bien établis d’une famille de la haute société. L’intrigue est hélas on ne peut plus conventionnelle et a bien du mal à éveiller notre intérêt. Les personnages sont assez peu développés et le film semble assez uniforme, déclinant toujours la même situation sans y apporter de variantes. Malgré un excellent quarteron d’acteurs, L’ensorceleuse se révèle donc un peu ennuyeux.
Note : 2 eacute;toiles

Acteurs: Joan Crawford, Robert Young, Melvyn Douglas, Margaret Sullavan
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23 janvier 2008

Haute pègre (1932) de Ernst Lubitsch

Titre original : Trouble in Paradise

Trouble in ParadiseElle :
(En bref) Très bonne comédie pleine d’humour, de rebondissements et au scénario particulièrement bien ficelé. Haute Pègre forme un ensemble quasi parfait.
Note : 5 étoiles

Lui :
S’il est un film qui montre toute la maestria de Lubitsch dans le domaine de la comédie, c’est bien Haute Pègre. On le voit ici vraiment au sommet de son art. L’intrigue met en scène un couple d’escrocs de haut vol qui opèrent dans la haute société, celle des palaces et des bourses serties de diamants. Trouble in ParadiseUne fois encore, le rythme est remarquable, les rebondissements sont nombreux ne laissant aucun temps mort, reposant sur des ressorts certes classiques mais qui fonctionnent ici parfaitement. Les ingrédients sont presque ceux du vaudeville mais entre les mains de Lubitsch ils n’engendrent nullement la platitude ou la banalité, bien au contraire : il sait les doser pour former un ensemble parfait, particulièrement vif et relevé. Plus de 75 ans après sa création, son Trouble in Paradise reste un réel délice à regarder. On pourrait presque se demander : A-t-on fait mieux depuis ?
Note : 5 étoiles

Acteurs: Herbert Marshall, Miriam Hopkins, Kay Francis
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11 janvier 2008

La coqueluche de Paris (1938) de Henry Koster

Titre original : The rage of Paris

La coqueluche de ParisElle :
(En bref) Comédie divertissante. Le scénario et l’humour donnent toutefois l’impression d’avoir un peu vieilli.
Note : 3 étoiles

Lui :
(En bref) Comédie assez classique pour l’époque, avec toutefois un soupçon d’immoralité… Le duo formé par Danielle Darrieux et Douglas Fairbanks tient ses promesses et nous avons quelques scènes amusantes mais La Coqueluche de Paris reste assez largement un ton en dessous des meilleurs comédies des années 30.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Danielle Darrieux, Douglas Fairbanks Jr.
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