6 mai 2007

Dune (1984) de David Lynch

DuneFastueuse adaptation du roman de Frank Herbert, le film Dune fait partie de ces films mal aimés qu’il est de bon ton de critiquer durement. Il fut vilipendé par la critique dès sa sortie et souvent traité d’adaptation très réductrice. Il faut dire que le livre original est l’un des romans les plus riches de la science-fiction (probablement le plus riche) et ce projet était donc particulièrement périlleux et ambitieux. Les moyens mis en œuvre furent énormes, principalement en matière de créations des décors qui avaient cette nécessité d’être à la fois grandioses et un peu austères. Toutefois, David Lynch ne put mener son projet aussi loin qu’il l’avait prévu par manque d’argent. Si le film a un peu le défaut d’être trop riche et d’être un peu difficile d’accès aux personnes qui n’ont pas lu le roman, il n’en reste pas moins un fabuleux spectacle, dense et puissant, qui parvient à conserver la force de son sujet. Il est préférable de le voir sur un grand écran pour mieux s’immerger dans l’univers recréé ; se retrouver ainsi propulsé sur Dune est magique. En tout cas, Dune un film totalement atypique, presque inclassable, une œuvre cinématographique à part entière, et ne serait-ce qu’à ce titre ne mérite pas l’opprobre dont il est trop souvent l’objet.
Elle : 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Kyle MacLachlan, Francesca Annis, Max von Sydow, Linda Hunt, Sean Young, Virginia Madsen, Patrick Stewart, Sting
Voir la fiche du film et la filmographie de David Lynch sur le site imdb.com.

Voir les autres films de David Lynch chroniqués sur ce blog…
Voir aussi nos commentaires sur une autre adaptation de Dune

La version de Dune la plus intéressante est celle qui dure 2h17. Il est important de la voir en V.O. car le doublage français est particulièrement inapproprié. (Les personnes qui trouvent que les acteurs de Dune jouent mal l’ont généralement vu doublé…)
Il existe aussi…
– une version d’1h50 moins intéressante car un peu trop réduite aux scènes d’action,
– une version recadrée en format TV de 3h10, en fait une version rallongée avec beaucoup de narration en voix-off,
– et enfin une version mythique de 5h, que personne n’a vu et qui n’existe probablement pas. C’est celle que David Lynch voulait faire. Du fait des limitations de budget et des coupes, David Lynch a désavoué toutes les versions commerciales et voulait même que l’on retire son nom du générique.

Réaliser une adaptation de Dune est un projet qui germa dès 1975. Le premier projet fut confié à Alejandro Jodorowsky avec des décors dessinés par Moebius (Jean Giraud) et Giger avec des vaisseaux de Christopher Foss. Salvator Dali devait jouer l’Empereur et Orson Welles le Baron Harkonnen. Pink Floyd avait même commencé à composer la musique. Ce projet immense ne vit hélas pas le jour mais est resté dans tous les esprits comme l’une des grandes occasions manquées du cinéma de science-fiction.
Ajout : Un documentaire est sorti en 2013 : Jodorowky’s Dune

6 mai 2007

Dune (2000) de John Harrison (TV)

Dune (TV)Elle :
(pas vu)

Lui :
Cette nouvelle adaptation de Dune à l’écran m’a plutôt déçu. Il s’agit d’une production TV et le manque de moyens est nettement visible au niveau des décors, extérieurs notamment, du jeu des acteurs (on sent nettement que certaines scènes auraient dû être refaites) et des effets spéciaux mal intégrés. Les grandes scènes manquent d’ampleur, de force. On note en revanche un certain effort pour décrire assez précisément le mode de vie des Fremens. Le scénario est très proche du livre mais, TV américaine oblige, les points pas assez nets ou trop subtils ont disparu… On est donc loin de la version de David Lynch qui apportait la vision plus grandiose, plus personnelle mais aussi hélas plus contestée, d’un grand cinéaste sur ce chef-d’oeuvre de la littérature.
Note : 3 étoiles

Acteurs: William Hurt, Alec Newman, Saskia Reeves, James Watson
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Voir aussi nos commentaires sur la version de Dune par David Lynch

4 mai 2007

Esprit de famille (2005) de Thomas Bezucha

Titre original : « The Family Stone »

Esprit de familleElle :
Voilà une comédie américaine aux fortes odeurs de guimauve, de clichés et de mièvrerie comme les américains savent les faire et dont on ne retire absolument rien si ce n’est un profond ennui.
Note : 1 étoile

Lui :
Cet Esprit de Famille est loin d’être un film marquant mais il est assez amusant et se laisse regarder sans déplaisir. Une famille, genre libérale décoincée, se retrouve pour fêter Noël. Le moteur de l’humour est ici le décalage total avec une future belle fille qui est rigide et passablement gaffeuse. Comme on s’en doute, cela permet de créer tout un ensemble de situations amusantes sur fond de tolérance de bon ton et avec une petite pointe de tragique pour pimenter. C’est la sempiternelle recette hollywoodienne mais Thomas Bezucha sait trouver le ton juste, sans trop forcer le trait, avec suffisamment d’humour pour nous faire passer un bon moment.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Diane Keaton, Sarah Jessica Parker, Claire Danes, Rachel McAdams, Dermot Mulroney, Luke Wilson
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2 mai 2007

L’honneur des Winslow (1999) de David Mamet

Titre original : The Winslow boy

L'honneur des WinslowElle :
L’acharnement de cette famille londonnienne conservatrice à vouloir retrouver son honneur perdu était en soi un point de départ original et amusant car le long procès qui s’en est ensuivi était dû à des raisons ridicules et bénignes. Cet univers est superbement filmé et les acteurs sont excellents. Toutefois, le scénario de par son manque d’épaisseur s’essoufle assez vite et finit par tourner en rond.
Note : 3 étoiles

Lui :
Vu en ce début de 3e millénaire, ce film, basé sur une histoire vraie, nous permet de porter un regard amusé sur la société anglaise du début de XXe siècle. Hélas, David Mamet ayant choisi de rester collé à ce fait divers sans élargir la vision sur la société, le film reste un peu anecdotique. Ce film est le remake américain de The Winslow boy réalisé en 1948 par l’anglais Anthony Asquith avec Robert Donat.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Matthew Pidgeon, Rebecca Pidgeon, Gemma Jones, Nigel Hawthorne
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28 avril 2007

Bulworth (1998) de Warren Beatty

BulworthElle :
Soi-disant une comédie satirique à hurler de rire sur le monde politique. En vérité, on a assisté au spectacle navrant d’un Warren Beatty contorsionniste à faire pleurer. Sans grand intérêt.
Note : 2 étoiles

Lui :
Que pourrait donner un homme politique qui pète les plombs en pleine campagne et refuse de jouer le jeu ? C’est ce thème que Warren Beatty développe dans ce film, un film un peu mégalo, très centré sur lui-même. C’est une comédie : on rît un peu, mais l’ensemble est très superficiel, parfois prétentieux dans son discours, et donc un peu long. On sent qu’il a rajouté cette histoire de tueur à gages pour renforcer l’histoire. Toutefois, la vision de cet homme politique transformant ses discours en rap est irrésistible.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Warren Beatty, Halle Berry, Oliver Platt, Don Cheadle, Paul Sorvino
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26 avril 2007

Freaks, la monstrueuse parade (1932) de Tod Browning

Titre original : « Freaks »

Freaks, la monstrueuse paradeElle :
pas (re)vu

Lui :
Largement méconnu dans un premier temps, Freaks de Tod Browning a acquis le statut de film culte au cours du temps. Ce n’est que justice tant il paraît unique dans l’histoire du cinéma. Le classer parmi les films d’horreur est d’ailleurs assez réducteur car sa portée est tout autre. La trame du film se place dans le microcosme d’un petit cirque. Le tour de force de Freaks est de parvenir à mettre en scène un ensemble de personnages couramment considérés comme des monstres, depuis la femme à barbe jusqu’à l’homme-tronc, sans aucun misérabilisme ni complaisance dans l’exhibitionnisme. Non, Tod Browning les intègre le plus naturellement du monde dans une histoire d’où il ressort que les monstres ne sont pas ceux que l’on croit, les vrais monstres sont des personnages d’une apparence plus normale mais particulièrement vils et méprisables. Freaks, la monstrueuse parade Il ne faut pas craindre d’ailleurs de regarder le film, la vision n’est pas particulièrement dure car tous ces personnages semblent parfaitement assumer leur particularité physique et plutôt heureux de vivre. Cela montre bien que c’est aussi dans notre tête que cela se passe. C’est un film extraordinairement puissant, un grand film humaniste, un tour de force cinématographique.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova, Henry Victor
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Pour la petite histoire : à l’époque, la MGM cherchait à battre sur son terrain Frankenstein qu’Universal venait de sortir. Le producteur Irvin Thalberg fut cependant totalement dérouté par Freaks et, par exemple, la MGM ne sortit jamais le film en Angleterre. Originellement, le film faisait 90 minutes. De nombreuses coupes ramenèrent cette durée à 64 minutes.

25 avril 2007

Frankenstein Junior (1974) de Mel Brooks

Titre original : « Young Frankenstein »

Frankenstein JuniorElle :
pas (re)vu

Lui :
Frankenstein Junior est à la fois un pastiche et un hommage à la première série des Frankenstein chez Universal et plus particulièrement de l’excellent Le Fils de Frankenstein de Rowland V. Lee (1939) avec Boris Karloff et Basil Rathbone. Mel Brooks en reproduit assez fidèlement la trame mais, si ce sont en grande partie les mêmes personnages, le moteur est ici la parodie. Sous l’impulsion de Gene Wilder, les gags se succèdent sans répis, jouant souvent sur les effets de surprises et les jeux de mots, sans abuser du détournement de scènes. Marty Feldman, en bossu facétieux, est le moteur burlesque de tout le film et chacune de ses apparitions est un délice : parfois, il suffit de simplement le regarder pour sentir le fou rire nous gagner… L’histoire est évidemment en elle-même bien plus faible que celle du film original. Bien qu’ayant vu ce film plusieurs fois, je continue de l’apprécier toujours autant. Frankenstein Junior est probablement l’un des meilleurs exemples de film parodique vraiment réussi.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Gene Wilder, Peter Boyle, Marty Feldman, Teri Garr, Madeline Kahn, Cloris Leachman, Gene Hackman
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25 avril 2007

Holy Smoke (1999) de Jane Campion

Holy SmokeElle :
Dans quelle galère se sont embarqués Jane Campion, Harvey Keitel et Kate Winslet. Une vague histoire de désenvoûtement d’une jeune femme en proie à l’idéologie d’une secte qui se termine par un retour vers cette secte indienne. Entre deux, le passage consternant sur le désenvoûteur Harvey Keitel qui se couvre de ridicule. Quel est le message? Les Australiens sont présentés de façon caricaturale. Est-ce une remise en cause du mode de vie australien? I don’t know…
Note : 1 étoiles

Lui :
On ne voit pas trop ce que Jane Campion a voulu démontrer avec ce film criard et tapageur qui semble mener nulle part.
Note : 1 étoiles

Acteurs: Kate Winslet, Harvey Keitel
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23 avril 2007

Ma mère, moi et ma mère (1999) de Wayne Wang

Titre original : Anywhere but here

Ma mère, moi et ma mèreElle :
La vie commune de cette mère excentrique et de sa fille rebelle est impossible. L’abandon brutal du père laisse de profondes cicatrices et l’égoïsme maternel devient étouffant. Un huis-clos touchant et plein de sensibilité entre ces deux êtres qui s’aiment et se repoussent.
Note : 4 étoiles

Lui :
Intelligemment fait, ce film sur les rapports entre une mère irrationnelle et sa fille plus sensée sonne vrai. Rien n’est trop exagéré et Wayne Wang signe là une oeuvre délicate et touchante, qui porte aussi un regard critique sur la société américaine et ses chimères.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Susan Sarandon, Natalie Portman, Hart Bochner, Eileen Ryan, Ray Baker, John Diehl
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21 avril 2007

Mark Dixon, détective (1950) d’ Otto Preminger

Titre original : Where the sidewalk ends
Autre titre (Belgique) : La pègre

Where the sidewalk endsElle :
Beau film noir original avec une ambiance ombre et lumière très contrastée qui sert un scénario angoissant. Le héros est un flic douteux dont le père était gangster. Il nous plonge au coeur des gangs, nous montre les coups bas et de la débrouille individuelle. Dana Andrews parvient à nous faire partager ses angoisses, ses hésitations et coups de sang. Gene Tierney est toujours aussi éblouissante et pathétique.
Note : 4 étoiles

Lui :
Otto Preminger fait là une approche originale du film noir, une approche introspective : c’est le policier qui est à la base de la mort d’une petite frappe et qui tente d’échapper à la justice. Le couple Andrews/Tierney fonctionne parfaitement et Preminger est un maître de la réalisation, pourtant ce film ne m’a que moyennement accroché. Sans doute est-ce du à une certaine simplicité du scénario qui semble trop désireux de prouver quelque chose.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Dana Andrews, Gene Tierney, Gary Merrill, Karl Malden
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