14 octobre 2014

Jeune et innocent (1937) de Alfred Hitchcock

Titre original : « Young and Innocent »
Autre titre (USA) : « The Girl was Young »

Jeune et innocentUne actrice est retrouvée morte étranglée sur la plage. Entraperçu quittant les lieux du crime, un jeune homme est accusé à tort. Il se rend compte rapidement qu’il ne peut compter que sur lui-même pour prouver son innocence… Jeune et innocent fait partie des meilleurs films de la période anglaise d’Alfred Hitchcock. Le thème est celui du faux coupable. Toutefois, ce n’est pas tant l’intrigue en elle-même qui fait la qualité du film mais la façon dont le cinéaste capte toute notre attention. Hitchcock maitrise alors de mieux en mieux ce mélange de légèreté apparente et de tension qui va le caractériser. Il sait placer le suspense dans les scènes les plus anodines, par exemple dans une fête d’enfants.
Il a également de belles trouvailles comme ce long travelling devenu l’un des plus célèbres du cinéma : Jeune et innocent la caméra surplombe la salle de danse du Grand Hotel et, partant de très loin, effectue un long travelling avant par-dessus des danseurs pour aller cadrer les yeux du batteur de l’orchestre situé au fond de la salle (et livrer au spectateur un indice que les personnages principaux ignorent, renforçant ainsi le suspense). Indéniablement réussi, Jeune et innocent est un beau divertissement.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Nova Pilbeam, Derrick De Marney, Edward Rigby
Voir la fiche du film et la filmographie de Alfred Hitchcock sur le site IMDB.

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Remarque :
* Cameo : Alfred Hitchcock apparaît assez longuement à l’extérieur du tribunal avec un petit appareil photo à la main.

Un commentaire sur « Jeune et innocent (1937) de Alfred Hitchcock »

  1. Outre tous les éléments que vous citez, j’ajoute que Jeune et innocent est empli d’humour, et que les deux premiers rôles (homme et femme) ont un charme puissant. C’est l’un des couples les plus réussis de l’œuvre d’Hitchcock : leurs caractères irrévérencieux et plein d’allant se correspondent parfaitement ; leur complicité progressive est à la fois crédible et réjouissante. Contrairement à L’inconnu du Nord-Express, les dialogues sont ici pétillants.

    Beaucoup de héros hitchcockiens font preuve d’une certaine irrévérence et d’un certain anti-conformisme, subtilement dosé pour rester plus allusif que provocateur (c’est d’ailleurs un aspect sous-estimé de son œuvre, à mon sens, puisqu’il n’est évoqué que dans ses manifestations les plus évidentes, à savoir les quelques allusions sexuelles qui parsèment ses films, mais rarement signalé dans ses nombreuses manifestations plus subtiles). Mais je crois que rarement cette dimension n’est aussi flagrante qu’ici, avec la gouaille et l’audace de la fille du commissaire, et le passé manifestement libertin et l’ironie désinvolte du jeune accusé. Le titre peut même être compris comme une formule destinée à excuser par avance les audaces des deux héros : c’est le type de formule utilisé dans les « bonnes familles » pour passer l’éponge sur les frasques des jeunes audacieux…

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