15 février 2007

La fille du juge (2006) de William Karel

La fille du jugeElle :
William Karel porte l’histoire sensible de Clémence Boulouque en restant à mi chemin entre le documentaire et le film à l’écran. Nous sommes dans le milieu des années 80 en pleine vague d’attentats et de prise d’otages. Gilles Boulouque, le père de Clémence est un juge anti-terroriste ultra protégé et exposé aux menaces de mort et aux pressions politiques. La voix fragile et intimiste d’Elsa Zylberstein nous plonge avec délicatesse et effroi au coeur de la tragédie familiale de Clémence. Une alternance habilement agencée de photos, de films familiaux, d’archives d’actualité permet de reconstituer le douloureux parcours affectif de la petite fille qui ne parviendra pas à se remettre du suicide de son père. C’est un film émouvant et sobre.
Note : 4 étoiles

Lui :
La forme du film est assez originale, une forme que l’on pourrait assimiler à un livre parlé : la fille du juge Boulouque (chargé d’instruire les affaires de terrorisme à la fin des années 80) raconte son enfance et les répercussions des affaires sur sa famille et elle-même. C’est donc le point de vue de cette petite fille qui grandit dans cet environnement très perturbé. Tout est raconté en voix-off et illustré par des documents d’archives (journaux télévisés notamment). Ce n’est en aucun cas une enquête, il n’y a aucune révélation ou élément nouveau : il s’agit plutôt d’un film intimiste. L’ensemble est toutefois un peu long et les scènes sur le 11 septembre sont parfaitement inutiles.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: (voix) Elsa Zylberstein
Voir la fiche du film et la filmographie de William Karel sur le site imdb.com.

11 février 2007

Serial noceurs (2005) de David Dobkin

Titre original : « Wedding crashers »

Serial noceursElle :
(pas vu)

Lui :
S’inscrivant dans le style très actuel des comédies à l’humour potache, Serial Noceurs se révèle tout de même meilleur qu’attendu. La base est simple : deux avocats s’incrustent dans les mariages pour profiter de l’atmosphère romantique qui y flotte et rencontrer des filles. Le gros point fort du film réside dans la complicité entre ses deux acteurs principaux, Owen Wilson et Vince Vaughn. Si ces deux acteurs sont de la bande à Ben Stiller, ils ont l’avantage sur ce dernier d’être deux et d’avoir des personnages parfaitement complémentaires, ce qui évite beaucoup de lourdeurs. Les gags ont l’avantage de s’enchaîner assez rapidement et sont globalement basés sur le décalage de codes sociaux, sans toutefois qu’il n’y ait vraiment de satire. L’ensemble est un peu inégal, il y a de vrais bons moments très drôles mais aussi, hélas, des passages qui volent beaucoup moins haut… L’ensemble reste amusant.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Owen Wilson, Vince Vaughn, Christopher Walken, Rachel McAdams
Voir la fiche du film et la filmographie de David Dobkin sur le site imdb.com.

3 février 2007

Je vous trouve très beau (2005) d’ Isabelle Mergault

Je vous trouve très beauElle :
Abandon.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Dès le début du film, le personnage joué par Michel Blanc apparaît peu crédible. Ce n’est pas tant que Michel Blanc soit incapable d’interpréter un agriculteur de façon convaincante mais plutôt que le scénario le transforme en une caricature d’agriculteur et l’on assiste à un déballage de tout un lot d’images négatives sur un ton qui se voudrait humoristique mais qui est en réalité assez méprisant. Tout cela a un petit côté « le monde rural vu de la ville » qui est assez déplaisant. Sinon, l’histoire est assez classique et prévisible mais le talent des deux acteurs principaux finit par faire passer quelques émotions. L’humour est très inégal. La mise en scène n’est pas tout à fait au niveau que l’on attend d’un long métrage.
Note : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Michel Blanc, Medeea Marinescu, Eva Darlan
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2 février 2007

Le petit lieutenant (2005) de Xavier Beauvois

Le petit lieutenantElle :
Un film authentique et intéressant qui nous plonge dans le quotidien d’une brigade criminelle. Xavier Beauvois peint les difficultés du métier, les peines sentimentales, les faux pas, les tourments avec vérité et sobriété. Le film a parfois des allures de documentaire ; le côté polar et enquête passe au deuxième plan. Xavier Beauvois met en avant le travail en équipe entre novices et aguerris. Il suit les pas éphémères d’un jeune provincial dans la première partie puis revient sur le personnage de Nathalie Baye dans la seconde. Celle-ci chancelle parfois mais tient toujours la barre. Nathalie Baye, Jalil Lespert et Roschdy Zem sont vraiment remarquables.
Note : 3 étoiles

Lui :
Dans « Le petit lieutenant », il n’y a point d’enquête brillante ou prestigieuse. Non, le film de Xavier Beauvois nous met dans la peau d’un jeune lieutenant, fraîchement sorti de l’école de police, et de sa chef. Pouvant paraître par moments flirter avec le documentaire, le réalisateur montre une grande minutie dans sa reconstitution de cet univers ordinaire tout en parvenant à conserver un contenu suffisamment riche pour que notre intérêt reste entier. Il est servi par une interprétation de tout premier plan, avec notamment une Nathalie Baye remarquable d’intensité jusque dans un tout dernier plan, assez osé de la part du réalisateur, où elle nous regarde et nous transmet son désarroi.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Nathalie Baye, Jalil Lespert, Roschdy Zem, Antoine Chappey, Jacques Perrin
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27 janvier 2007

Ma sorcière bien aimée (2005) de Nora Ephron

Titre original : Bewitched

Ma sorcière bien aiméeElle :
(pas vu)

Lui :
En adaptant la célèbre série télévisée Ma sorcière bien aimée (1964-1972), le scénario de cette comédie adopte une ligne assez originale puisqu’il prend pour thème le tournage d’une adaptation télévisée de la série, un film dans le film en quelque sorte. Will Ferrell interprète un acteur épouvantablement égocentrique, il ne ménage pas ses efforts pour rendre son personnage assez détestable. Il en fait même un peu beaucoup, utilisant toute la panoplie de mimiques et autres yeux ronds dont il est capable… Le film aurait sans nul doute été plus anodin, voire dénué d’intérêt, sans la présence de Nicole Kidman qui prouve une fois de plus qu’elle peut tout interpréter. Elle illumine le film. L’ensemble est assez léger mais aussi très amusant et fait passer un bon moment.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Nicole Kidman, Will Ferrell, Shirley MacLaine, Michael Caine
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25 janvier 2007

Le tigre et la neige (2005) de Roberto Benigni

Titre original : « La tigre e la neve »

Le tigre et la neigeElle :
L’omniprésence et la truculence permanente de Benigni à l’écran finissent par agacer terriblement car elles écrasent le propos et le scénario. La magie burlesque et poétique de ses anciens films ne passe pas. Abandon au bout d’1 h.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Roberto Benigni tente de retrouver dans ce film l’équilibre subtil et ô combien périlleux auquel il était parvenu dans « La vie est belle » : traiter un sujet grave par la comédie et la bouffonnerie. Ici, il s’attaque à l’absurdité de la guerre et le faible poids du simple individu qui s’y trouve pris. Le problème est qu’il charge un peu trop le côté bouffonnerie : son personnage de professeur poète et amoureux transi est certes assez réussi, vraiment amusant avec de grands moments (il faut le voir donner un cours de poésie…), mais il cause, il cause, il gesticule, il prend tant de place qu’il n’y en a plus pour traiter l’autre aspect, celui de la guerre à Bagdad, qui se trouve ainsi privé de toute portée. La seconde partie du film paraît même un peu longue par instants. Ceci dit, « Le tigre et la neige » reste un film amusant avec de belles envolées burlesques. C’est toujours un plaisir de Benigni s’emballer même s’il en fait tout de même un peu trop.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Roberto Benigni, Nicoletta Braschi, Jean Reno, Emilia Fox
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23 janvier 2007

Forty shades of blue (2005) de Ira Sachs

Forty shades of blue Elle :
Un beau film émouvant, primé au festival de Sundance et porté par la fragilité, la grâce de Diana  Korzon. Elle interprète le rôle d’une jeune femme russe exilée à Memphis aux côtés d’un mari producteur irascible et vulgaire (sauf avec elle toutefois). Avec sobriété et délicatesse, le réalisateur dépeint le déracinement, la sensation de ne pas être à sa place, la dépendance à l’argent. Une musique envoûtante et éthérée enveloppe tout le film d’une atmosphère un peu suspendue comme si cette belle jeune femme n’était que de passage dans ce monde un peu fruste. Va-t-elle oser reprendre sa liberté ?
Note : 5 étoiles

Lui :
Une jeune femme d’origine russe vit avec un producteur de musique à Memphis. Elle est blonde, jolie, fragile ;  lui est deux fois plus âgé et un peu rustre… Ce qui est remarquable dans ce film d’Ira Sachs, c’est qu’il porte en lui toute cette fragilité, nous propulsant dans la peau de cette jeune femme si frêle qu’elle semble toujours être sur le point de se disloquer, autant physiquement que moralement. Il en est de même de la situation et de la nature des rapports des principaux personnages entre eux : tout semble comme en équilibre, suspendu au dessus du vide, prêt à basculer et à se briser en milles morceaux. Il est assez rare de voir un film faire ainsi un ensemble parfait avec son sujet.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs:  Dina Korzun, Rip Torn, Darren E. Burrows
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21 janvier 2007

La vérité nue (2005) de Atom Egoyan

Titre original : « Where the truth lies »

La vérité nueElle :
(Abandon)
Note : pas d'étoiles

Lui :
Après une mise en place un peu confuse et précipitée, ce film policier d’Atom Egoyan parvient à s’imposer de plus en plus sûrement à mesure qu’avance l’enquête de la jeune journaliste. Le fait que la scène se passe dans le milieu de la télévision des années 50 n’a que peu d’importance ; il s’agit plus d’un film policier pur, où la notion de mensonge a une certaine importance et pour lequel le réalisateur a visiblement décidé de soigner l’emballage. Une fois finie l’utilisation d’un voile blanc un peu irritant au début, l’image est assez satinée et les mouvements de caméra amples et doux ce qui donne un caractère soyeux à l’ensemble. Un scénario plus solide aurait certainement propulsé le film beaucoup plus haut, car le dénouement, la « vérité nue », est un peu décevante. Après un début difficile, Alison Lohman parvient à magnifiquement imposer son personnage et devient le pivot central du film, réalisant ainsi une convaincante prestation.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Alison Lohman, Kevin Bacon, Colin Firth
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20 janvier 2007

La ravisseuse (2005) d’ Antoine Santana

La ravisseuseElle :
Malgré quelques maladresses dans la mise en scène et le jeu des acteurs, c’est un regard intéressant sur le statut de la femme dans une famille bourgeoise du 19ème siècle. Les femmes sont destinées au mariage, à faire des enfants, à tenir leur intérieur et obéir à leur mari. Le réalisateur évoque la misère et le problème des nourrices qui sont obligées d’abandonner leur propre bébé pour nourrir les enfants des bourgeois. Isild Le Besco aux cotés d’Emilie Dequenne est lumineuse et émouvante. Ces deux très jeunes femmes au destin tout tracé et au milieu social très différents se retrouvent dans leurs émois de jeune fille, leur désir de liberté et d’émancipation.
Note : 3 étoiles

Lui :
Dans cette histoire de jeune nourrice parachutée au sein d’un jeune couple bourgeois du XIXe siècle, Antoine Santana s’est surtout intéressé à la relation qui se noue entre les deux jeunes filles. Bien que tout les sépare sur le plan de l’échelle sociale, elles ont les mêmes désirs, les mêmes aspirations si difficiles à exprimer dans le carcan du milieu bourgeois de cette époque. Il  s’agit presque d’un huis clos. Le réalisateur parvient bien à installer un climat un peu étrange, presque ambigu, formidablement magnifié par le jeu délicat d’Isild Le Besco, actrice qui a vraiment une forte présence, et aussi par une photographie dans des lumières assez naturelles. Le choix du titre du film est tout de même un peu étonnant dans le sens où il nous donne à l’avance le dénouement, mais laisse supposer que le réalisateur a voulu surtout montrer les raisons qui amènent cette jeune fille à cet acte ultime. C’est un film assez délicat qui a malheureusement été jugé rapidement par la critique comme trop académique.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Isild Le Besco, Émilie Dequenne, Grégoire Colin, Anémone, Frédéric Pierrot
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18 janvier 2007

Le temps qui reste (2005) de François Ozon

Le temps qui resteElle :
Un film court et intense sur la quête d’un jeune homme de 31 ans qui s’apprête à mourir d’un cancer d’ici quelques semaines. Melvil Poupaud interprète ce photographe avec émotion et sobriété. Du monde factice de la mode, il revient peu à peu vers son passé, se débarrasse de son ancienne peau pour revêtir celle d’un condamné qui garde son secret de mort pour lui, essaie de réparer ses excès vis-à-vis de ses proches, retrouve sa grand-mère elle aussi proche de la mort, cherche à laisser des traces. Une quête spirituelle émouvante dans laquelle cet homme essaie de goûter les petits bonheurs minuscules de la vie. François Ozon parvient à faire passer son message de vie. Il ne donne pas une vision morbide de ce cheminement vers la mort.
Note : 4 étoiles

Lui :
Apprenant subitement qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre, un photographe se retourne sur lui-même et cherche à retrouver des notions fondamentales de vie : l’amour, les proches, les petits plaisirs simples, laisser une trace, tout ce qu’il avait un peu laissé de côté jusqu’à présent. François Ozon réussit à faire un film presque minimaliste, avec peu de paroles et sans trop charger le côté émotionnel qui est presque absent, sauf dans la scène avec sa grand-mère. Son personnage principal choisit de faire seul cette recherche de l’essentiel. On ne peut qu’être ému par l’interprétation sobre de Melvin Poupaud.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Melvil Poupaud, Jeanne Moreau, Valeria Bruni Tedeschi
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