Elle :
J’ai toujours du mal à comprendre les critiques dithyrambiques que le cinéma nombriliste de Valéria Bruni Tedeschi suscite chez les journalistes. Ce film à l’allure « intello » se révèle passablement ennuyeux. Les minauderies et tourments de son personnage d’actrice nunuche et peu crédible me laissent de marbre et me font abandonner.
Note :
Lui : Actrices nous plonge dans les insondables désarrois d’une actrice quarantenaire. Valeria Bruni Tedeschi donne toujours cette désagréable impression de minauder plutôt que de jouer, son film donne celle de se prendre très au sérieux. Le monde du théâtre décrit ici paraît ici bien caricatural, peuplé de personnes nombrilistes et imbus d’eux-mêmes.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
J’aime beaucoup Dylan mais, malgré sa forme originale, je ne vois pas l’intérêt de ce film en forme de faux documentaire avec un Dylan aux multiples visages d’acteurs très différents qui m’empêche d’y croire et me fait abandonner. J’ai de très loin préféré No Direction Home de Scorcese (abandon).
Note :
Lui : I’m not there est une mise en images de la personnalité de Bob Dylan particulièrement riche et originale. Todd Haynes a en effet choisi de prendre 6 acteurs différents pour illustrer très librement 7 facettes différentes du personnage : un jeune baroudeur fan de Woody Guthrie, un chanteur de protest songs engagé, un poète amateur d’Arthur Rimbaud, un chanteur provocateur qui refuse de jouer le rôle de contestataire que l’on lui a assigné, un acteur qui a relations délicates avec sa femme, un prédicateur converti de fraîche date et un cow-boy franc-tireur et solitaire. Le plus étonnant dans le choix des comédiens, c’est que ce sont les deux choix les plus extrêmes qui sont les plus réussis : le jeune Bob Dylan est interprété par un gamin noir de 11 ans (!) vraiment convaincant et surtout Cate Blanchett est absolument stupéfiante en Bob Dylan de Blonde on Blonde (*). Même si certaines scènes au début du film peuvent le laisser craindre (comme ces fausses interviews de Joan Baez / Julianne Moore), le propos de I’m not there n’est en aucun cas de dresser une biographie de Dylan ; il est bien d’illustrer cet aspect multi-facettes du personnage. Le récit est structuré assez librement avec une multitude de détails pour nous ravir. La musique est bien entendu omniprésente, avec beaucoup de morceaux interprétés par Dylan lui-même ; l’univers d’un petit nombre de morceaux est même mis en scène, l’un d’entre eux est un véritable petit clip. I’m not there est absolument admirable. Todd Haynes a vraiment su trouver la bonne formule pour retracer toutes les dimensions du personnage, même si c’est là une formule qui peut dérouter. Maintenant, je ne sais pas comment pourra réagir le spectateur qui n’est pas familier de l’univers du chanteur…
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(*) Personnellement, comme j’avais l’avantage de n’avoir rien lu sur le film avant de le voir, je me suis vraiment laissé prendre : j’ai bien trouvé l’acteur assez androgyne et à plusieurs moments je me suis posé la question mais ce n’est qu’à la toute fin (quand il/elle nous regarde droit dans les yeux) que j’ai eu la certitude qu’il s’agissait d’une femme. La lecture du générique m’a ensuite laissé pantois.
Elle :
Un film très court et pourtant… L’idée de découvrir la mystérieuse femme vue de dos dans les tableaux de Watteau est séduisante. Le choix de confier le rôle de cette chercheuse en histoire de l’art Sylvie Testud paraît judicieux. Hélas, cette courte histoire aux enchevêtrements complexes se voit affublée d’un ressort de scénario un peu indigeste, en la personne d’un jeune homme muet dont on ne comprend pas bien la présence. Il faut toutefois souligner la beauté des plans rapprochés à pleine ouverture sur le visage de Sylvie Testud. La musique onirique est vite fatigante et l’intrigue qui flirte entre policier et fantastique devient assez vite ennuyeuse.
Note :
Lui : Ce que mes yeux ont vu, le mystère Watteau retrace l’enquête minutieuse que mène une étudiante en Histoire de l’Art sur les tableaux de Watteau, en particulier sur une femme toujours représentée de dos. Qui est-elle et que peut-elle nous apprendre sur la vie de l’artiste ? C’est le premier long métrage de Laurent de Bartillat, lui-même ancien étudiant en Histoire de l’Art. Si le rendu de l’aspect enquête est assez bien réussi, la juxtaposition d’une histoire avec un jeune sourd et muet, sorte de pierrot moderne censé jouer le rôle de déclencheur, l’est hélas beaucoup moins. Même s’il est encombré de nombreux clichés, Ce que mes yeux ont vu, le mystère Watteau a le mérite de prendre un sujet intéressant et d’en faire un film policier original et assez prenant.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Shekhar Kapur reprend l’histoire d’Elizabeth 1ère, presque 10 ans après avoir tourné Elizabeth qui retraçait son arrivée au pouvoir. Le récit d’Elizabeth, l’âge d’or se place au moment où la reine d’Angleterre doit affronter la vague destructrice du catholicisme lancée par le roi d’Espagne. Shekhar Kapur semble cette fois moins intéressé par l’Histoire que par la possibilité de créer un grand spectacle et il déploie toute la batterie de moyens à la mode hollywoodienne : grands décors, belles toilettes, et une musique grandoliquente, homologuée « grande épopée », un peu trop omni-présente. Nous avons même droit au plan du cheval qui se cabre au sommet d’une falaise face à la mer! Sur le fond, cet Age d’Or dresse un portrait extrêmement flatteur d’Elizabeth 1ère, tous ses adversaires sont fourbes, et s’attarde surtout sur son histoire d’amour contrarié avec Walter Raleigh. L’ensemble est plutôt ennuyeux, seule la perspective d’une belle bataille navale contre l’Invicible Armada espagnole m’a retenu ; hélas, celle-ci se révèla bien décevante, la camera se placant soit à 10 kilomètres soit à 1 mètre des bateaux (*). Pour ne pas être trop négatif, on peut souligner les bonnes prestations de Cate Blanchett et de Clive Owen…
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir la fiche du premier volet sur le site IMDB : Elizabeth (1998) de Shekhar Kapur avec Cate Blanchett et Joseph Fiennes
(*) Détails :
Si l’épisode des bateaux en feu fût effectivement déterminante pour l’issue de la bataille contre l’Armada espagnole, cette tactique ne fut pas vraiment l’oeuvre de Walter Raleigh (sa présence sur le champ de bataille est contestée, il était probablement en Irlande à cette époque) mais fut initiée par Charles Howard et Francis Drake, autre grand « pirate » anglais (il fut le premier anglais à faire le tour du monde), alors vice-amiral de la flotte anglaise.
Walter Raleigh épousa effectivement Elizabeth Throckmorton, dame de compagnie de la Reine, en secret mais ce fut en 1591, soit 3 ans après la défaite de l’Invicible Armada. L’intrigue amoureuse avec Elizabeth 1ère est le plus souvent considérée comme peu vraisemblable par les historiens. En 1594, il refit une expédition légendaire en Amérique du Sud, « l’El Dorado ». Il fut longuement emprisonné pour trahison sous le règne de Jacques 1er et fut décapité en 1618.
(A défaut d’être un bon film, cet Age d’Or a au moins l’utilité de pousser à se documenter!)
Elle :
Les histoires de Ken Loach sur fond de réalisme social sont toujours fortes : dans des univers peu explorés au cinéma, elles analysent la vie des gens qui subissent le système sans pouvoir s’en sortir vraiment. Nous voici plongés à Londres, dans l’univers des agences de placement, des combines, des travailleurs immigrés de l’Est, des clandestins et de l’exploitation de cette main d’œuvre sous-payée, attirée par l’espoir d’un meilleur avenir en Angleterre. Ken Loach explore les motivations d’une jeunesse défavorisée et perdue de l’après Thatcher, celle à qui on a fait croire qu’on pouvait tout réussir par soi-même facilement, celle qui veut s’en sortir à tout prix, sans scrupule, peu importent les méthodes. Cette jeune mère de famille use de la même brutalité vis-à-vis de ces immigrés que ceux qui l’ont licenciée. La dureté de cette société libérale, où l’individualisme est plus fort que tout, est très alarmante.
Note :
Lui :
Avec It’s a free world…, Ken Loach nous plonge dans le monde du travail précaire de l’Angleterre actuelle. Il nous le montre non pas par les yeux d’une des personnes qui subit cette situation mais par les yeux d’une personne qui exploite cette situation à son profit. Il pousse même jusqu’à lui faire prendre les traits d’une jeune femme blonde à l’allure avenante. Angie, après avoir été abusée par ses anciens employeurs, se propulse par débrouillardise comme recruteuse de travailleurs temporaires, majoritairement venus des pays de l’Est. Dotée d’un individualisme extrême, elle va chercher à profiter au maximum de la situation. Elle se situe juste à la limite de l’illégalité, limite qu’elle franchit sans état d’âme, presque naturellement. La démonstration de Ken Loach est une fois de plus magistrale, le cinéaste britannique sait ne pas trop appuyer sur la pédale, aucun manichéisme ici ni de condamnation facile ; non il s’efforce de montrer un système qui se nourrit de l’individualisme. It’s a free world…, le titre est ironiquement très représentatif : tous les coups sont permis.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Acteurs: Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek, Joe Siffleet, Colin Caughlin
Voir la fiche du film et la filmographie de Ken Loach sur le site imdb.com.
Voir les autres films de Ken Loach chroniqués sur ce blog…
Titre original : Before the Devil knows you’re dead
Elle :
(pas vu)
Lui :
Sydney Lumet nous entraîne dans une histoire familiale peu commune. 7h58 ce samedi-là commence par un braquage de bijouterie qui tourne mal et ce n’est que le début d’un drame assez épouvantable. Comment en est-on arrivé là ? Lumet nous l’expose avec une construction faite de différents flashes-back vus par des personnes différentes. La normalité apparente déraille pour engendrer une situation de plus en plus inextricable et inenvisageable. Philip Seymour Hoffman et Ethan Hawk incarnent avec beaucoup de présence ces deux frères aux tempéraments tout à fait opposés : l’un est manipulateur, cupide et arrogant, l’autre est sans ambition, englué dans une vie terne et plombée par un divorce. Les deux acteurs livrent tous deux une très belle performance. Avec 7h58 ce samedi-là, Sydmet Lumet signe à 84 ans un très beau film, très prenant, où la tension monte lentement mais sûrement, sans jamais se relâcher. Il ne porte pas de jugement, son film n’est en aucun cas moralisateur et cela le rend encore plus terrifiant… !
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
Le titre original fait référence à un dicton irlandais, utilisé pour porter un toast : “May you be in heaven half an hour before the devil knows you’re dead” (= puissiez-vous être déjà arrivé au Paradis depuis une demi-heure quand le Diable apprendra votre mort !).
Elle :
Un film de 70 minutes, un titre bien énigmatique, une action en trois temps sur le thème de la voiture avec l’auto-école, une jolie jeune femme haut perchée sur ses talons qui rêve de conduire, la voiture en rade sur un parking et le voyage en voiture au temps de l’enfance. Même si le film offre une mise en scène originale et donne lieu à de jolis moments de fraîcheur et de tendresse notamment dans la première partie, le scénario sonne finalement un peu creux et vain. On finit par trouver le temps long dans ce film pourtant très court.
Note :
Lui :
Le 4e morceau de la femme coupée en trois… le titre est alléchant et laisse augurer un film plutôt original. C’est effectivement le cas. Laure Marsac interprète elle-même le rôle principal de son premier long métrage : trois épisodes de la vie d’une jeune femme, trois épisodes ayant directement trait à sa relation avec les voitures. Le premier, les leçons de conduite, est le plus conventionnel et aussi le plus réussi, avec une fraîcheur et des dialogues légers et amusants. Denis Podalydes ne semble toutefois pas très à l’aise dans son personnage d’instructeur. La seconde histoire se déroule (presque) en temps réel et paraît aussi vide et interminable que son attente d’un dépanneur sur un parking de supermarché. Il est assez difficile de cerner l’intention de Laure Marsac dans cette section, tout comme dans la suivante, une scène de son enfance… Quant au quatrième morceau de cette femme coupée en trois, ce pourrait être d’après la réalisatrice le maillon manquant de l’histoire, son adolescence par exemple. Laure Marsac a du style mais cela ne nous sauve pas de l’ennui.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui :
Pas d’heureuse surprise comme avec Mission Cléopâtre, Astérix aux Jeux Olympiques est bien décevant. Peu importe tous les trucages et effets spéciaux, l’humour fait défaut ; certaines situations pourtant prometteuses sont très mal exploitées, les dialogues quasi inexistants. Benoît Poelvoorde a beau se démener comme un diable pour mettre un peu de rythme, l’ensemble est bien plat.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Elle :
Même si je n’accroche habituellement pas vraiment aux histoires de mafia et de corruption qui reposent souvent sur les mêmes schèmes, je reconnais un grand talent de mise en scène à James Gray. Ce polar est sombre et intense grâce à ses décors et éclairages somptueux; ses personnages ténébreux sont particulièrement convaincants. Le scénario simple et bien huilé est émaillé de scènes d’action remarquables comme ces folles courses poursuites en voiture ou à pied dans les roseaux.
Note :
Lui :
Le gérant d’une boîte de nuit new-yorkaise cache à ses patrons mafieux que son frère et son père sont dans la police. Les événements vont le forcer à se rapprocher de sa famille. Comme le titre nous le précise indirectement (« We Own the Night » était la devise d’une unité de la Police de New York chargée des crimes sur la voie publique jusqu’en 2002), La Nuit nous Appartient met en relief le travail de la police de New York dans sa lutte contre les trafiquants de drogue. Il le fait sous la forme d’un film policier de grande intensité avec une présence forte des personnages. James Gray tourne peu mais montre une approche très personnelle et une grande maîtrise comme en témoigne la remarquable mise en place du film dans ses premières minutes. Tourné à New York même, La Nuit nous Appartient possède une atmosphère puissante et réaliste qui accentue encore la tension, quasi permanente tout au long du film. L’interprétation est un peu inégale mais Joaquin Phoenix met beaucoup d’intensité dans son jeu.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
Certaines des photos montrées dans le générique de début sont de Leonard Freed ; ce grand photographe-reporter (décédé en 2006) a publié deux recueils de photographies sur la police de New-York : Police Work (1980) et New York Police (1990).
Lui :
La série des Shrek a bien du mal à tenir la longueur. Rien de neuf dans ce troisième volet qui semble s’inscrire en plein dans ce qui est hélas devenu un standard, une routine : le film d’animation Dreamworks. Le film fait ici le minimum requis, l’humour est assez clairsemé, les ressorts bien faibles. Shrek 3 détourne la légende des Chevaliers de la Table Ronde mais les scénaristes se contentent d’en utiliser les personnages sans aller très loin. L’ensemble manque de cohésion et surtout des bonnes trouvailles qui faisaient tout le charme des Shrek précédents.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)