8 décembre 2005

King of the Hill (1993) de Steven Soderbergh

Titre français parfois utilisé : « Le roi de la colline »

King of the Hill Elle :
Assez différent de Sexe, mensonges et vidéo et de Kafka, ce troisième long métrage de Soderbergh donne l’impression qu’il renoue avecv un certain classicisme avec cette reconstitution un peu académique d’une ville américaine accablée par le chômage pendant la Grande Dépression. L’originalité de King of the Hill réside dans le choix de ce vieil hôtel de luxe à l’atmosphère étrange et dans lequel vivent des familles sans le sou avant d’être jetées à la rue quand elles n’arrivent plus à payer le loyer. Steven Soderbergh filme tendrement ce gamin abandonné par ses parents qui doit se débrouiller par lui-même. L’enfant observe le monde cruel des adultes avec des yeux étonnés et ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive. Aucun désir de vengeance ne l’habite ; il subit courageusement son sort. La seule chose qui lui importe, c’est de préserver la cellule familiale et de survivre. Une belle mise en scène pour ce film émouvant.
Note : 4 étoiles

Lui :
Soderbergh parvient à nous passionner avec une tranche de vie d’un gamin de dix ans dans l’Amérique de 1933. Pas de poncifs larmoyants mais plutôt une description de conditions difficiles et de la débrouillardise déployée pour se sortir de l’ornière. Belle photographie et ,contrairement à ses autres films, beaucoup de classicisme dans le montage et la structure. On peut reprocher l’aspect propret de la reconstitution et un ensemble un peu convenu avec un thème très américain (« même les plus pauvres peuvent s’en sortir »), thème quelque peu rebattu. King of the Hill se laisse toutefois regarder avec beaucoup de plaisir et d’intérêt car Soderbergh parvient à trouver un bon équilibre.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Jesse Bradford, Adrien Brody, Jeroen Krabbé
Voir la fiche du film et la filmographie de Steven Soderbergh sur le site IMDB.

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6 décembre 2005

Calendar (1993) de Atom Egoyan

Calendar Elle :
Abandon rapide à cause de la forme répétitive et même hoquetante. Atom Egoyan met en scène deux photographes qui prennent des photos d’églises pour mettre dans un calendrier.
Note : pas d'étoile

Lui :
Au premier abord, la forme de Calendar surprend, rebute même : insertions de plans amateurs, dialogues décalés, confusion… Puis, petit à petit, on se laisse gagner par ce ballet de scènes qui reviennent comme une ritournelle. Ce photographe d’églises arméniennes est à la fois le personnage principal et le plus effacé du film : on ne le voit que dans les scènes « à posteriori » où il tente de rechercher une remplaçante à sa petite amie, partie avec son guide. Le fond n’est forcément pas très profond, mais le film est plein de charme et aussi d’humour, et extrêmement original.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Atom Egoyan, Arsinée Khanjian, Ashot Adamyan
Voir la fiche du film et la filmographie de Atom Egoyan sur le site IMDB.

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23 novembre 2005

Land and Freedom (1995) de Ken Loach

Land and Freedom Elle :
C’était un pari de vouloir remettre à jour certains aspects de la guerre d’Espagne et Ken Loach l’a réussi. C’est un peu à la façon d’un documentaire qu’il nous fait suivre le parcours de David, un jeune anglais communiste qui s’engage au sein d’une milice du POUM pour combattre l’armée de Franco. La mise en scène brille par son authenticité et sa sobriété ; Le réalisateur a choisi de tourner avec des acteurs peu connus. On a l’impression de participer aux discussions enflammées sur l’avenir du pays et cette révolution en marche. Land and Freedom montre également bien la complexité de la situation politique de l’époque avec l’affrontement entre communistes staliniens et miliciens du POUM, la présence sous-jacente de Staline, d’Hitler et de Mussolini. On est ému par la jeunesse et la conviction de ces engagements politiques, les erreurs de jugement de certains, la solidarité entre ces miliciens qui sont prêts à sacrifier leur vie pour cette cause. On se dit aussi qu’il fallait beaucoup de courage et de volonté dans la lutte contre ces tyrannies et qu’on se doit de ne pas oublier.
Note : 5 étoiles

Lui :
Avec Land and Freedom, Ken Loach traite le sujet de la guerre civile espagnole à travers les yeux d’un jeune anglais qui s’y engage par idéologie. C’est son parcours qu’il nous montre, ses interrogations, ses hésitations, ses difficultés à admettre d’être rejeté puis sacrifié par un parti auquel il croyait tant. Pas de faits d’armes donc mais une grande importance de l’humain ; certaines scènes, notamment celles impliquant un grand nombre de villageois espagnols, sont vraiment étonnantes de naturel et d’authenticité. Ken Loach est décidément très fort pour donner une grande puissance humaine et émotionnelle à ses films.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Ian Hart, Rosana Pastor, Iciar Bollain, Tom Gilroy
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29 octobre 2005

La Reine Margot (1994) de Patrice Chéreau

La Reine Margot Elle :
Je suis restée complètement hermétique à cette adaptation du roman d’Alexandre Dumas et ai abandonné à la moitié du film. La mise en scène christique et survoltée de Chéreau sème la confusion et finit par lasser. Elle occulte les véritables enjeux de cette fresque historique et cantonne le spectateur dans un rôle d’observateur lointain et indifférent. La fascination morbide de Chéreau pour les corps ensanglantés et les cadavres me submerge jusqu’à l’overdose. Mieux vaut se replonger dans la lecture du roman.
Note : pas d'étoile

Lui :
Difficile de rester serein face à cette hystérie permanente, cette excitation permanente… on perd rapidement le fil et on assiste de très loin. Et il y a cette attirance assez morbide de Chéreau pour les corps, meurtris de préférence et il nous filme en long et en large le massacre de la Saint-Barthélémy. Tout n’est bien sûr que tragédie (grandiloquente), on est bien fêlé (le roi est bon pour l’asile), on tue à tour de bras, on trahit au petit déjeuner… J’aurais préféré voir la version courte.
Note : pas d'étoile

Acteurs: Isabelle Adjani, Daniel Auteuil, Jean-Hugues Anglade, Vincent Perez, Virna Lisi
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24 octobre 2005

Outremer (1990) de Brigitte Roüan

Outremer Elle :
Regard douloureux sur la vie de trois soeurs dans l’Algérie des années 50. Brigitte Roüan filme sous trois angles différents divers évènements de leur vie et chaque épisode dévoile de lourds secrets sur chacune d’entre elles. La mise en scène d’Outremer est habile et les trois actrices sont formidables dans leurs rôles : Nicole Garcia, l’épouse qui attend éternellement son mari officier de marine, Brigitte Roüan, la maîtresse femme qui gère le domaine agricole, Marianne Basler, la jeune fille qui doute et se lie à un fellagha. On sent poindre le profond malaise entre les colons français et les algériens humiliés qui se rebellent. L’insécurité règne. L’apparente gaieté et le bonheur de vivre laissent place à la haine de l’autre. Les personnages qui semblaient sympathiques apparaissent sous leur vrai jour et livrent la noirceur de leurs sentiments vis-à-vis de la population algérienne.
Note : 5 étoiles

Lui :
Cette histoire de trois soeurs françaises en Algérie est vraiment bien construite : la même période (1949-1959) est vue successivement par chacune des 3 soeurs, chaque vision dévoilant de nouvelles facettes nous permettant de mieux saisir le climat qui régnait alors en Algérie, l’Histoire et leur histoire à elles. Toutefois, Outremer a un début très confus (surtout lorsque l’on ne sait pas que l’on va revoir toutes ces scènes vues par une autre personne) et l’interprétation masculine est loin d’être à la hauteur des trois actrices principales.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Nicole Garcia, Marianne Basler, Brigitte Roüan, Philippe Galland
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6 octobre 2005

Sushi Sushi (1991) de Laurent Perrin

Sushi sushiElle :
Sushi sushi conte l’aventure humaine d’un soixante-huitard (Alain Dussolier) qui monte une petite entreprise de sushis avec une bande copains. Mais l’aventure tourne vite au cauchemar lorsque cette même entreprise grandit à la vitesse grand V. Le début du film est amusant. Les dialogues sont assez croustillants et les personnages sont plein d’humour. Mais malheureusement, le film finit par faire du sur place. Les clichés sur les vilains entrepreneurs sont assez plaqués et ne sont pas suffisants pour alimenter vraiment le scénario. On a hâte d’en finir.
Note : 3 étoiles

Lui :
C’est une comédie qui se donne un peu des allures d’étude sociale. Si l’idée de base pouvait être intéressante (un intellectuel tente de devenir chef d’entreprise), la mise en oeuvre ne se révèle pas à la hauteur, essentiellement du fait d’un scénario réduit à un étalage de clichés divers. Les acteurs ne semblent d’ailleurs pas trop croire à leurs personnages. Quelques (trop rares) bons moments cependant.
Note : 2 étoiles

Acteurs: André Dussollier, Jean-François Stévenin, Sandrine Dumas, Michel Aumont
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26 septembre 2005

Les roseaux sauvages (1994) d’ André Téchiné

Roseaux sauvagesElle :
André Téchiné pose son regard tendre et nostalgique sur la jeunesse du début des années 60 dans une petite ville au bord du Lot. Sur fond de guerre d’Algérie avec ses drames, trois adolescents indécis tentent de trouver leur voie aux côtés d’une jeune fille libre et confiante en l’avenir. Premiers émois amoureux, découverte de l’homosexualité, perte d’un être cher, absence d’un père, angoisse de la mort, tels sont les thèmes abordés avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse. Malgré quelques petites longueurs, Les roseaux sauvages est un beau film.
Note : 4 étoiles

Lui :
C’est une vision assez réaliste que nous offre Téchiné des troubles de l’adolescence, de la difficulté à choisir sa voie, même si les personnages sont un peu trop typés. Parfaitement mis en scène et interprété par des jeunes acteurs étonnants d’authenticité, le film n’est pas sans défauts. Le scénario a quelquefois tendance à être trop en retrait et on ressent quelques longueurs.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Elodie Bouchez, Gaël Morel, Stéphane Rideau, Frédéric Gorny
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18 septembre 2005

Le facteur (1994) de Michael Radford

Titre original : « Il Postino »

Le facteur Elle :
Film tendre et touchant sur un facteur, fils de pêcheur qui découvre son amour pour la poésie et son admiration sans bornes pour le poète chilien Pablo Neruda en exil sur une île italienne. Grâce à ce contact amical avec le poète, Mario, issu d’un milieu très simple, prend contact avec le monde des mots, des métaphores, la beauté du monde et de l’amour. La poésie de cet homme affable touche au plus profond le cœur des gens simples. Le départ de Neruda et l’absence de nouvelles laisse Mario dans un profond abattement. Mario est interprété par un acteur qui mourra à la fin du tournage. Son jeu un peu naïf, ses hésitations verbales et son regard grave nous touche. Le film tourné sur une île italienne dans un minuscule village coincé contre d’immenses falaises témoigne de l’isolement, l’absence de communication et d’instruction de ces familles de pêcheurs.
Note : 4 étoiles

Lui :
Michael Radford réussit à faire passer beaucoup d’émotion dans ce film, l’histoire assez touchante de la confrontation de Pablo Neruda en exil avec un facteur sicilien d’apparence simple mais touché par la poésie. C’est aussi un film sur la magie et la force des mots, sur leur puissance évocatrice. Et il y a cet acteur merveilleux, Massimo Troisi, qui interprète parfaitement ce facteur un peu gauche mais très délicat.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Massimo Troisi, Philippe Noiret
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15 septembre 2005

La lumière des étoiles mortes (1994) de Charles Matton

La lumière des étoiles mortes Elle :
Récit autobiographique de Charles Matton qui fait jouer son propre rôle d’enfant à son fils. Il s’agit de souvenirs d’enfance pendant l’occupation allemande. La famille bourgeoise se doit d’héberger des allemands dans la grande demeure familiale. Charles reconstitue en voix off ce qu’il a vécu et notamment la relation très intense qu’il a eu avec un soldat allemand hostile à la guerre. Le milieu protégé dans lequel il vit est à l’écart du monde et met plusieurs années avant de se rendre compte des atrocités commises contre les juifs. C’est par petites touches et avec ses yeux d’enfant que Charles Matton nous livre ses souvenirs douloureux. L’ensemble est un peu long et lent et la mise en scène est parfois maladroite.
Note : 3 étoiles

Lui :
Ces souvenirs d’un petit garçon, côtoyant de force des allemands qui habitèrent chez lui pendant la guerre, sont un peu gâchés par une mise en scène peu précise, des temps de latence importants et une certaine absence d’émotion. Au final, on est assez peu touché par cette histoire et c’est dommage.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Jean-François Balmer, Caroline Sihol, Richard Bohringer, Léonard Matton
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11 septembre 2005

La fille de d’Artagnan (1994) de Bertrand Tavernier

Fille de d'ArtagnanElle :
Quelques belles scènes de cape et d’épée avec la gracieuse présence de Sophie Marceau qui incarne la fougueuse fille de d’Artagnan interprété par Philippe Noiret. Un complot contre le roi qu’il faut à tout prix déjouer et voilà les quatre vieux mousquetaires en route avec la fille pour contrer le vil comte de Crassac interprété avec humour par Claude Rich. Je reprocherai un scénario assez confus, le jeu trop théâtral des acteurs, la lenteur de certaines scènes. On sent plus un film de commande qu’un film inspiré par Tavernier.
Note : 3 étoiles

Lui :
La fille de d’Artagnan est une variation assez plaisante et légère sur le thème de D’Artagnan: « Plaisante » parce que Tavernier y insère beaucoup d’humour et « légère » car il prend pas mal de libertés à la fois avec l’Histoire mais aussi avec les personnages des trois mousquetaires. Ceux-ci sont en effet présentés vieillissants, plein de rhumatismes, ronchons voire maniaques mais toutefois encore redoutables à l’épée. Bertrand Tavernier bâtit tout son film autour de Sophie Marceau qui s’en tire plutôt bien.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Sophie Marceau, Philippe Noiret, Claude Rich, Sami Frey, Jean-Luc Bideau
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