8 mai 2007

Chaleur et poussière (1983) de James Ivory

Titre original : « Heat and Dust »

Chaleur et poussièreElle :
Une bonne surprise avec ce film qui nous plonge au coeur de l’inde au temps de la colonisation britannique. James Ivory, très épris de cette civilisation, filme la cohabitation difficile des indiens et des britanniques, aux cultures et aux traditions très différentes de façon plutôt satirique. Il mêle deux époques; celle d’Anne qui part cinquante ans plus tard sur les traces de sa grande tante Olivia dont la vie a fait scandale dans la communauté anglaise. Ces deux destins parallèles ont des points communs mais vont finir par diverger preuve que l‘époque a changé et que les mentalités sont plus ouvertes. Beaucoup de soin et de magie dans la mise scène de la colonisation et une forme plus libre et brute pour la période contemporaine illustrent ce changement d’époque et de société.
Note : 4 étoiles

Lui :
Chaleur et poussière Toujours fasciné par l’Inde et l’attraction que ce pays opérait sur les occidentaux, James Ivory a réalisé plusieurs films ayant trait à ce pays mais c’est Chaleur et Poussière qui est probablement le plus abouti. Il met en parallèle deux parcours de femmes, à deux époques différentes, toutes deux éblouies et amenées à avoir une attitude qu’elles n’auraient jamais eu dans leur pays d’origine, l’Angleterre. L’histoire principale est celle qui se déroule en pleine période coloniale au début du XXe siècle. James Ivory applique un traitement aux images complètement différents aux deux histoires : des images très travaillées, douces et polies pour 1920, des images crues et sans fard, proches d’un documentaire pour 1980, à l’image de ses héroïnes en fait. A la fois troublant et romanesque, Chaleur et Poussière va beaucoup plus loin que le simple choc de cultures, il nous fait pénétrer une civilisation qui l’a lui aussi fasciné.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Christopher Cazenove, Greta Scacchi, Julie Christie, Shashi Kapoor, Nickolas Grace
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6 mai 2007

Dune (1984) de David Lynch

DuneFastueuse adaptation du roman de Frank Herbert, le film Dune fait partie de ces films mal aimés qu’il est de bon ton de critiquer durement. Il fut vilipendé par la critique dès sa sortie et souvent traité d’adaptation très réductrice. Il faut dire que le livre original est l’un des romans les plus riches de la science-fiction (probablement le plus riche) et ce projet était donc particulièrement périlleux et ambitieux. Les moyens mis en œuvre furent énormes, principalement en matière de créations des décors qui avaient cette nécessité d’être à la fois grandioses et un peu austères. Toutefois, David Lynch ne put mener son projet aussi loin qu’il l’avait prévu par manque d’argent. Si le film a un peu le défaut d’être trop riche et d’être un peu difficile d’accès aux personnes qui n’ont pas lu le roman, il n’en reste pas moins un fabuleux spectacle, dense et puissant, qui parvient à conserver la force de son sujet. Il est préférable de le voir sur un grand écran pour mieux s’immerger dans l’univers recréé ; se retrouver ainsi propulsé sur Dune est magique. En tout cas, Dune un film totalement atypique, presque inclassable, une œuvre cinématographique à part entière, et ne serait-ce qu’à ce titre ne mérite pas l’opprobre dont il est trop souvent l’objet.
Elle : 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Kyle MacLachlan, Francesca Annis, Max von Sydow, Linda Hunt, Sean Young, Virginia Madsen, Patrick Stewart, Sting
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Voir aussi nos commentaires sur une autre adaptation de Dune

La version de Dune la plus intéressante est celle qui dure 2h17. Il est important de la voir en V.O. car le doublage français est particulièrement inapproprié. (Les personnes qui trouvent que les acteurs de Dune jouent mal l’ont généralement vu doublé…)
Il existe aussi…
– une version d’1h50 moins intéressante car un peu trop réduite aux scènes d’action,
– une version recadrée en format TV de 3h10, en fait une version rallongée avec beaucoup de narration en voix-off,
– et enfin une version mythique de 5h, que personne n’a vu et qui n’existe probablement pas. C’est celle que David Lynch voulait faire. Du fait des limitations de budget et des coupes, David Lynch a désavoué toutes les versions commerciales et voulait même que l’on retire son nom du générique.

Réaliser une adaptation de Dune est un projet qui germa dès 1975. Le premier projet fut confié à Alejandro Jodorowsky avec des décors dessinés par Moebius (Jean Giraud) et Giger avec des vaisseaux de Christopher Foss. Salvator Dali devait jouer l’Empereur et Orson Welles le Baron Harkonnen. Pink Floyd avait même commencé à composer la musique. Ce projet immense ne vit hélas pas le jour mais est resté dans tous les esprits comme l’une des grandes occasions manquées du cinéma de science-fiction.
Ajout : Un documentaire est sorti en 2013 : Jodorowky’s Dune

24 avril 2007

Fantôme d’amour (1981) de Dino Risi

Titre original : Fantasma d’amore

Fantôme d'amourElle :
J’ai généralement beaucoup de mal à accrocher aux histoires de morts qui reviennent dans le monde des vivants… J’ai donc décroché à la moitié du film dès que j’ai compris que tout ce qui se passait n’était qu’illusion, l’interprétation de Mastroianni et Romy Schneider n’étant nullement à mettre en cause.
Note : 2 étoiles

Lui :
Sur le thème de l’amour plus fort que la mort, Dino Risi met en scène une histoire de fantôme, une femme qui revient après sa mort voir son amour d’autrefois. On ne sent pas Risi à l’aise avec cette histoire qu’il filme avec une froideur extrême. Romy Schneider y semble à contre-emploi et Mastroianni bien à l’étroit. Le scénario présente ensuite une certaine tendance à s’empêtrer dans des complications qui paraissent superfétatoires.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Romy Schneider, Marcello Mastroianni
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16 avril 2007

Coup de torchon (1981) de Bertrand Tavernier

Coup de torchonElle :
Ce film fait un portrait au vitriol de nos représentants français au Sénégal. La crudité des propos, la noirceur des sentiments, l’humour noir, le racisme qui émanent des personnages témoignent des dégâts de la colonisation française dans les pays africains. Philippe Noiret incarne à la fois le brave français conscient de la misère des africains mais aussi l’ordre institutionnel qui se doit de mater ces « nègres » malgré sa répugnance à le faire. Ces deux contradictions le hantent et le poussent au pire. Les acteurs sont excellents, le propos est juste et percutant.
Note : 5 étoiles

Lui :
Noiret est particulièrement admirable dans l’incarnation de ce policier lâche et faible qui se croit soudain investi d’une mission meurtrière purificatrice qu’il va accomplir le plus sereinement du monde. Le lieu choisi, l’Afrique, contribue à créer ce sentiment de société sans repères, comme livrée à elle-même, où tout peut arriver de la façon la plus naturelle qui soit. Tavernier filme cette intrigue avec une certaine distance, presque comme un documentaire, tout en sachant rester très près de ses personnages. Isabelle Huppert et Stéphane Audran sont elles aussi remarquables.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle, Stéphane Audran, Eddy Mitchell, Guy Marchand
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Remarque :
* Les décors sont l’oeuvre du grand chef-décorateur français Alexandre Trauner.

15 avril 2007

Les coulisses du pouvoir (1986) de Sidney Lumet

Titre original : Power

Les coulisses du pouvoir (Power)Elle :
Sydney Lumet ne parvient pas à capter notre intérêt. Le scénario est confus et peu intéressant. Richard Gere en conseiller en communication d’hommes politiques m’agace quelque peu. (Abandon)
Note : pas d'étoiles

Lui :
L’intrigue est très confuse, le rythme se force à être trépidant. Pour dépeindre le milieu des conseillers en communication des hommes politiques, le film utilise des ficelles grossières, manichéennes. On décroche par manque d’intérêt.
Note : pas d'étoiles

Acteurs: Richard Gere, Julie Christie, Gene Hackman, Kate Capshaw, Denzel Washington
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15 avril 2007

Les Maîtres du Temps (1982) de René Laloux

Les Maîtres du TempsElle :
(pas vu)

Lui :
Ce dessin animé de science-fiction souffre surtout d’un scénario très simpliste, un film pour enfants en quelque sorte. Il faut mieux le regarder comme une ballade poétique et dans ce cas on peut admirer les graphismes de Moebius. Néanmoins, on a du mal à tenir les 75mn du film. Techniquement parlant, l’image est très saccadée.
Note : 2 étoiles

Lui :

Acteurs:
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24 février 2007

Galaxina (1980) de William Sachs

GalaxinaElle :
(pas vu)

Lui :
Vraiment pas grand chose à retenir de ce film…. rarement vu un film aussi épouvantablement mauvais. L’actrice principale (sur l’affiche du moins car elle n’apparaît que quelques minutes en fait) est une playmate qui mourut très jeune dans un drame de la jalousie (*) ce qui aurait généré un mini-culte autour du film…!
Note : pas d'étoiles

Acteurs: Stephen Macht, Dorothy Stratten
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(*) Le film de Bob Fosse Star 80 (1983) raconte l’histoire de cette playmate, Dorothy Stratten.

10 février 2007

Une semaine de vacances (1980) de Bertrand Tavernier

Une semaine de vacancesElle :
Une bien belle brochette d’acteurs dans ce film tels Galabru, Noiret, Lanvin, Baye qui jouent tous très bien avec quelques scènes pleines d’humour. Dommage que Tavernier ne nous fasse pas mieux saisir le mal être de Nathalie Baye en prof dépressive. Le portrait est trop superficiel et pas très crédible.
Note : 3 étoiles

Lui :
Ce portrait d’une enseignante en proie à de grands doutes sur sa vie m’a paru assez artificiel, de nombreux éléments gênant la crédibilité de ce portrait. Bien que Nathalie Baye interprète avec grand talent cette femme en crise, je n’ai pas accroché et le film m’a paru donc assez long.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Nathalie Baye, Gérard Lanvin, Flore Fitzgerald, Michel Galabru, Philippe Léotard, Philippe Noiret
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27 janvier 2007

Au-delà de la gloire (1980) de Samuel Fuller

Titre original : The Big Red One

Au delà de la gloireElle :
Film de guerre psychologique. Pendant la 2ème guerre mondiale, les quatre rescapés d’une brigade américaine parcourent l’Europe pour accomplir leur mission. Ce qui compte ici, en dehors des exploits militaires, ce sont les relations psychologiques et humaines tissent entre eux et avec les autochtones et même leurs ennemis. Samuel Fuller cherche à montrer l’absurdité de la guerre, l’endurcissement des hommes et les ordres qu’ils accomplissent mécaniquement.
Note : 4 étoiles

Lui :
Ce film nous narre le long et mouvementé parcours d’un sergent et de ses quatre hommes pendant la seconde guerre mondiale. Fuller a voulu nous raconter toute la guerre de 1942 à 45, ce qui engendre une certaine confusion. Je trouve aussi que l’on a un peu du mal à cerner les motivations de Samuel Fuller. Est-il fasciné par la guerre (ou plus exactement par les rapports qui s’instaurent entre les hommes en temps de guerre) ou désire t-il montrer les affres et les souffrances que la guerre engendre ? Je penche pour la première solution. Malgré certaines scènes qui semblent exagérées et donc uniquement destinées à faire des plans de cinéma, l’ensemble est bien ficelé. Il faut enfin savoir que ce film est souvent considéré comme quasiment autobiographique.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Lee Marvin, Mark Hamill, Robert Carradine
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7 janvier 2007

Femmes au bord de la crise de nerfs (1988) de Pedro Almodóvar

Titre original : « Mujeres al borde de un ataque de nervios »

Femmes au bord de la crise de nerfs Elle :
Déception en revoyant ce film qui m’avait fait beaucoup rire au moment de sa sortie. Quelques bonnes scènes bien sûr mais dans l’ensemble, je l’ai trouvé plutôt ennuyeux et nettement moins hilarant et délirant. Il faut croire que l’univers décalé d’Almodovar me frappait plus fort à l’époque.
Note : 2 étoiles

Lui :
Revoir ce film de Pedro Almodovar presque 20 ans après sa sortie est un vrai plaisir. Sur une trame simple et qui pourrait être banale, une femme abandonnée par son amant, il nous fricote une comédie loufoque et trépidante. Le déroulement du scénario est admirable : la tension monte lentement et les évènements s’enchaînent de plus en plus rapidement, chacun d’entre eux venant emmêler encore plus une situation qui semblait déjà inextricable. Les problèmes viennent s’agglutiner et Almodovar prend un malin plaisir à ne rien dénouer. Et il y a cette galerie de portraits qu’il nous brosse, des portraits de femmes uniquement car les hommes sont soit lâches soit insignifiants. Ses femmes sont toutes très différentes mais ont en commun une certaine ténacité… Un formidable renouveau du vaudeville.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Carmen Maura, Julieta Serrano, María Barranco, Antonio Banderas, Rossy de Palma
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