28 décembre 2009

Monte là-dessus! (1923) de Fred C. Newmeyer et Sam Taylor

Titre original : « Safety last! »

Monte là-dessus!Elle :
La vision de ce film célèbre d’Harold Lloyd nous donne des frissons encore aujourd’hui. Dans cette escalade d’immeuble, chaque situation semble pire que la précédente et l’on reste abasourdi par les prouesses réalisées. L’ensemble est surtout très amusant.
Note : 5 étoiles

Lui :
Monte là-dessus! Venu d’une petite ville de province, un jeune homme tente de se faire une bonne place à la ville pour impressionner sa bien aimée. Il imagine un coup publicitaire pour le grand magasin qui l’emploie : faire monter son ami acrobate à un building. Hélas, tout ne va pas se passer comme prévu et c’est lui qui va devoir grimper. Safety Last, Monte là-dessus, est le film le plus célèbre d’Harold Lloyd. Si peu de gens connaissent le titre, tout le monde connaît cette image d’Harold Lloyd suspendu aux aiguilles d’une horloge à vingt mètres au dessus de la rue. La séquence de l’escalade occupe tout le dernier tiers du film mais le restant de Monte là-dessus est très amusant : Monte là-dessus! il faut voir par exemple Harold Lloyd tenter de pénétrer inaperçu dans le magasin ou essayer d’écarter un policeman gênant par divers stratagèmes… Le premier plan du film est aussi un trompe l’œil très amusant, à l’image de toute la scène de l’escalade qui est effectivement plus du ressort du trompe l’œil que du trucage : tout est quasiment réel. C’est certainement pour cette raison que, même à nos yeux de spectateurs modernes (pourtant habitués aux incrustations et aux images de synthèse), ces scènes sont toujours aussi terrifiantes à regarder. Le film est fortement déconseillé aux personnes sujettes au vertige. Monte là-dessus est un des sommets de la comédie des années vingt, période particulièrement riche en prouesses acrobatiques.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Harold Lloyd, Mildred Davis, Bill Strother, Noah Young
Voir la fiche du film et la filmographie de Fred C. Newmeyer & Sam Taylor sur le site imdb.com.

Voir aussi : Voyage au Paradis (Never Weaken, 1921), court métrage d’Harold Lloyd qui préfigure Safety Last.

Remarques :
Monte là-dessus! Harold Lloyd ne dévoilait jamais ses secrets mais on sait maintenant que Safety Last a été filmé à trois endroits différents, avec une fausse façade construite en haut d’immeubles de hauteurs croissantes. Ces trois immeubles sont tous trois sur Broadway Street. Les plans globaux, vus de loin, montrent en réalité Bill Strother (sanglé), surnommé « Human Fly » (= la mouche humaine) qui est un véritable escaladeur d’immeuble.
Les fausses façades construites couvraient généralement deux étages et Harold Lloyd était à plus de 4 mètres du sol dans beaucoup de scènes. Malgré tous les matelas, le danger était bien réel. Pour tester, il fit tomber un mannequin sur les matelas : après avoir rebondi, le mannequin alla s’écraser dans la rue en contrebas… !
Pour des précisions complètes sur les lieux de tournage des films d’Harold Lloyd, on peut se référer au fantastique livre de John Bengtson Silent Visions. C’est un livre fabuleux (en anglais mais il comporte de très nombreuses photographies, donc il passionnera certainement un lecteur qui ne peut lire l’anglais).

Nous sommes aujourd’hui blasés de trucages et d’images de synthèse mais, en 1923, les simples incrustations ne se faisaient pas encore. Les spectateurs savaient donc que ce qu’ils voyaient était réel. Les salles entières hurlaient de frayeur et le spectacle était certainement presque traumatisant. A nos yeux modernes, l’humour ressort davantage.

Safety Last! est le dernier film avec Mildred Davis qui abandonna sa carrière pour devenir Madame Lloyd. A noter que contrairement à Chaplin et Keaton, Harold Lloyd eut une vie sentimentale heureuse et ne divorça pas.

Harold Lloyd n’a finalement tourné que 5 films (sur plus de 200) où il joue avec le vertige des hauteurs :
– Look out Below (1919), court métrage d’1 bobine
– High and dizzy (1920), court métrage de 2 bobines
– Never Weaken (1921), court métrage de 3 bobines
– Safety Last! (1923), long métrage (avec la fameuse scène de l’horloge)
– Feet First (1930), long métrage (parlant)
Et pourtant, on se souvient aujourd’hui d’Harold LLoyd en premier pour ces scènes. Elles ont beaucoup marqué les esprits.

24 décembre 2009

Cadet d’eau douce (1928) de Buster Keaton et Charles Reisner

Titre original : « Steamboat Bill Jr. »

Cadet d'eau douceLui :
Ayant terminé ses études, le jeune William rejoint son père, capitaine un peu rustre d’un bateau à aubes sur le Mississippi. Plutôt chétif d’apparence, il ne semble pas vraiment à sa place dans ce monde rude. Pour ne rien arranger, il est amoureux de la fille du principal concurrent de son père. Si la scène finale du cyclone de Cadet d’eau douce est inscrit dans les mémoires de tous les cinéphiles, Cadet d'eau douce le début du film est aussi très amusant : il faut voir, par exemple, comment Keaton arrive à faire d’une simple séance d’essayage de chapeau une petite merveille d’humour. Les scènes sur le streamer sont aussi pleines de bonnes trouvailles qui permettent à Keaton de montrer tout son talent. Mais le morceau de choix est effectivement cette terrible tempête, qui soulève et emporte tout sur son passage, avec la cascade probablement la plus dangereuse de toute l’histoire du cinéma : alors que toute une façade de maison lui tombe dessus, le jeune William ne doit son salut qu’à la présence d’une lucarne pacée juste au bon endroit. Saisissant! Cadet d'eau douce Toute la tempête a été filmée sans trucage (1). Le film n’eut que très peu de succès à son époque. Ce n’est que lorsque Keaton fut redécouvert, dans les années cinquante et soixante, qu’il fut considéré à sa juste valeur. Cadet d’eau douce est le dernier film de la meilleure période de Buster Keaton, celle où il a écrit et réalisé ses films (2).
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Tom McGuire, Ernest Torrence, Marion Byron
Voir la fiche du film et la filmographie de Buster Keaton sur le site imdb.com.

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Remarques :
Cadet d'eau douce(1) Au départ, Keaton avait prévu une inondation pour la fin de Cadet d’eau douce plutôt qu’un cyclone mais les producteurs refusèrent : après les récentes inondations de 1927, il était malvenu d’en faire un sujet d’humour. Il opta donc pour un cyclone.
Le vent était produit par quatre ou six gros moteurs d’avion, capables à plein régime de soulever un camion. Une gigantesque grue soulevait les maisons. Le pan de maison qui bascule pour tomber sur Buster Keaton était bien réel, en matériaux lourds, et une bonne partie de l’équipe quitta le studio, refusant d’assister à une cascade qui pouvait le tuer : la marge d’erreur était de dix ou vingt centimètres aux épaules (de plus, du fait de ses problèmes personnels et professionnels, ses collaborateurs pensaient qu’il prenait, par dépit, des risques insensés). Il avait déjà utilisé ce gag (mais avec des murs beaucoup plus légers et une marge d’erreur plus grande) dans son court-métrage La maison démontable (One week, 1920) et précédemment avec Fatty Arbuckle dans Back Stage (Fatty cabotin, 1919).

Cadet d'eau douce(2) Joseph Schenck, son beau frère, avait annoncé à Buster Keaton qu’il ne produirait plus ses films. Il lui conseillait de continuer de tourner ses films au sein de la MGM. Hésitant, Keaton consulta ses amis Chaplin et Harold Lloyd qui lui déconseillèrent tous deux catégoriquement de signer à la MGM. Et pourtant, il signa et détruisit sa carrière car il perdit toute indépendance : plus question de tout écrire lui-même et d’improviser sur le plateau. Il perdit en outre ses meilleurs collaborateurs que la MGM s’empressa d’assigner à d’autres réalisateurs plus en vue. Keaton fera encore un film comparable aux précédents, Le caméraman, puis sombrera dans l’oubli. En outre, Keaton avait de très gros problèmes personnels.

23 décembre 2009

Le dernier round (1926) de Buster Keaton

Titre original : « Battling Butler »

Battling ButlerElle :
(pas vu)

Lui :
Adaptation d’une comédie musicale anglaise, Battling Butler met en scène un jeune homme de bonne famille, toujours assisté d’un serviteur, qui se voit contraint de prendre la place d’un boxeur pour gagner le cœur d’une jeune campagnarde. Le film est assez différent des autres Keaton dans la mesure où il n’y a pas de grande scène périlleuse ; l’humour est aussi plus diffus, plutôt concentré dans la première partie où la confrontation de ce jeune oisif avec la vie à la campagne ne manque de sel. Les scènes de boxe sont même étonnamment dures, avec une âpreté de ses adversaires au combat qui rend presque mal à l’aise. Battling Butler fut un énorme succès populaire à son époque ; vu aujourd’hui, on se demande un peu pourquoi car il apparaît, avec le recul, un ton nettement en dessous de ses autres films. Néanmoins, ce succès financier lui a permis de tourner Le Mécano de la General.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Sally O’Neil, Snitz Edwards
Voir la fiche du film et la filmographie de Buster Keaton sur le site IMDB.

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Remarque :
On peut faire la comparaison entre les scènes de boxe de Keaton dans Battling Butler (1926) et celles de Chaplin dans Les Lumières de la Ville (1931) et aussi dans Charlot Boxeur, The Champion (1915). IL y a certaines similitudes mais Chaplin joue beaucoup plus la carte de l’humour en cherchant à éviter les coups alors que Keaton semble vouloir tout encaisser.

20 décembre 2009

Ma vache et moi (1925) de Buster Keaton

Titre original : « Go West »

Ma vache et moi Elle :
(pas vu)

Lui :
Dans Go West, Buster Keaton cherche à atteindre une dimension mélodramatique plus forte, visant probablement à se rapprocher de Chaplin. Son personnage, nommé « friendless » (= sans ami), est un homme seul et sans emploi qui aboutit dans un ranch isolé. Il se lie d’amitié avec un vache, rejetée elle aussi à la fois par ses semblables et par les hommes. Il veut donc l’empêcher d’aller à l’abattoir. Jouant beaucoup sur l’ignorance et l’inaptitude de son personnage aux travaux de la ferme, Keaton ne parvient pas à aller au delà de la grande mélancolie qui lui est coutumière et au final son personnage est plutôt moins touchant que dans ses films précédents. Ma vache et moi De plus, le morceau de bravoure de la seconde moitié du film, le lâcher d’un gigantesque troupeau de vaches dans les rues de Los Angeles, ne tient pas toutes ses promesses : le troupeau ayant été très difficile à contrôler pendant le tournage, Keaton n’a pu faire ce qu’il avait vraiment en tête. Au final, Ma vache et moi est un ton en dessous de son niveau habituel. Il nous reste quelques images fortes tout de même, comme celle de Keaton et de sa vache, marchant seuls dans un paysage aride et plat.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Howard Truesdale, Kathleen Myers, Ray Thompson
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Homonyme :
Go West (Chercheurs d’or) de Edward Buzzell (1940) avec les Marx Brothers (et qui n’est pas, non plus, au niveau des meilleurs Marx Brothers). A noter que ce film comporte plusieurs clins d’oeil à Buster Keaton.

19 décembre 2009

Frigo capitaine au long cours (1921) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « The Boat »

Frigo capitaine au long coursElle :
(pas vu)

Lui :
(Court métrage de 27 minutes) Un homme part avec sa petite famille sur le bateau qu’il a lui-même construit. Il va devoir affronter les éléments hostiles… The boat met en scène le personnage assez classique de Keaton qui surmonte toujours (ou presque) les pires difficultés avec une certaine ingéniosité, tout en restant parfaitement imperturbable bien entendu. Ici, contrairement à l’habitude, il est un bon père de famille, doté de deux enfants aussi imperturbables que lui. La mise à l’eau du bateau est assez épique, le passage des ponts est… surprenant, la suite est humide. Malgré quelques longueurs, ce court métrage doté de plusieurs effets spéciaux reste amusant.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Sybil Seely
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Remarques :
1. Son bateau s’appelle le Damfino, contraction de « Damned if I know » (littéralement : C’est bien le diable si je sais), nom qui permet un gag au moment du naufrage. C’est aussi la dernière phrase prononcée par Keaton à la fin du film (il n’y a pas d’intertitre mais on peut le lire facilement sur ses lèvres).
2. Keaton avait fait construire deux bateaux, l’un conçu pour flotter, l’autre pour couler. Hélas, le premier prenait l’eau de toutes parts et le second refusa obstinément de s’enfoncer.

17 décembre 2009

Malec champion de tir (1921) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « The ‘High Sign’ »

The 'High Sign' Elle :
(pas vu)

Lui :
(Court-métrage de 21 minutes) Malec champion de tir est le premier court métrage que Buster Keaton réalisa en 1920 après avoir ouvert son propre studio à Hollywood. Mécontent du résultat, il le mit de côté et il fallut qu’il soit accidenté sur le tournage d’Electric House un an plus tard, et donc bloqué plusieurs mois, pour qu’il se décide à le sortir. En le voyant aujourd’hui, on se demande bien quelles pouvaient être ses réticences car aussi bien la base de l’histoire que son traitement sont excellents. Un homme qui se fait passer pour champion de tir se fait engager à la fois par une bande de malfrats pour tuer quelqu’un et par la victime pour se protéger de ces malfrats. The 'High Sign' Il y a beaucoup de bonnes trouvailles de gags avec, ce qui n’est pas coutume chez Buster Keaton, certains gags surréalistes (par exemple il dessine à la craie un crochet sur le mur pour pouvoir y accrocher son chapeau). Les malfrats forment une sorte de société secrète qu’il dépeint de façon très satirique (le titre High Sign fait référence au code qu’ils ont pour se reconnaître en eux). Mais le clou de l’ensemble reste la scène de la poursuite à l’intérieur d’une maison bourrée de mécanismes et passages secrets. Il n’y a là rien dont Buster Keaton put rougir.
Note : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Bartine Burkett, Joe Roberts
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13 décembre 2009

Le Mécano de la « General » (1927) de Buster Keaton et Clyde Bruckman

Titre original : « The General »

Le mécano de la GeneralElle :
Note : 5 étoiles

Lui :
Buster Keaton a toujours aimé les trains. Il nous l’avait déjà montré dans Les lois de l’hospitalité, mais avec Le mécano de la « General », il va encore plus loin puisque, cette fois, une locomotive est au centre de tout le film. L’histoire est authentique : pendant la Guerre de Sécession, un commando d’espions nordistes s’empare d’un train en Georgie. Le conducteur, n’appréciant guère qu’on lui vole ainsi sa locomotive, part seul à sa poursuite. Très tôt dans le film, le rythme est particulièrement soutenu ; il ne faiblit à aucun moment par la suite. Les évènements sont nombreux et Keaton est particulièrement inventif pour mettre en place des situations amusantes tout en ne gommant nullement la tension dramatique qui est très forte. La situation s’inverse à mi-film et, loin de répéter, Keaton enrichit encore la poursuite. Le film est à la fois burlesque, dramatique, historique. La solidité de la mise en scène et la façon d’occuper l’espace sont remarquables, les scènes de bataille sont épiques. Toutes les situations et cascades ont été réalisées en grandeur réelle avec un vrai train, pas question pour Buster Keaton d’utiliser des miniatures, y compris dans la fameuse scène de l’écroulement du pont (1). Le film ne rencontra pas tout de suite le succès (2). Ce n’est qu’avec le recul que Le Mécano de la « General » est apparu comme étant bien le plus grand film de Buster Keaton.
Note : 5 étoiles

Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Marion Mack, Glen Cavender, Jim Farley, Frederick Vroom
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(1) Cette scène est dite être la plus chère de tout le cinéma muet. Une seule prise était possible. Keaton utilisa plusieurs caméras. La locomotive est restée de longues années au fond d’une rivière de l’Oregon. Ses restes étaient même devenus une attraction touristique. Elle ne fut extirpée que pendant la seconde guerre mondiale pour récupérer le métal.
(2) Une célèbre critique de l’époque, du journal Motion Picture Classics, le décrit comme une comédie anodine (« a mild Civil War comedy »). Ce jugement est tout de même surprenant mais apparemment assez général.

Le Mécano de la General
Le Mecano de la General
Le Mécano de la General
Le Mécano de la General
Le Mécano de la General

Autre adaptation de la même histoire réelle :
L’infernale poursuite (The great locomotive chase) de Francis D. Lyon (1956), film d’aventures des Studios Walt Disney

12 décembre 2009

La voisine de Malec (1920) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « Neighbors »

La voisine de MalecElle :
(pas vu)

Lui :
(Court métrage de 18 minutes) Un jeune homme (Buster Keaton) et sa voisine s’aiment en secret de leurs parents qui se font la guerre. Ils doivent déployer des trésors d’ingéniosité pour pouvoir se voir et se parler. La voisine de Malec a été tourné alors que Buster Keaton avait depuis peu son studio à lui et donc une certaine autonomie. Il affine alors son style. Dès le début, avec la scène d’échanges de billets doux par un trou de la palissade, cela va très vite, les messages sont interceptés par les différents protagonistes de la querelle de voisinage et les situations burlesques s’enchaînent à bon rythme. Buster Keaton montre beaucoup d’inventivité dans l’humour et aussi des qualités acrobatiques hors pair. Il est même aidé par un tandem d’acrobates (Les Flying Escalantes) pour cette incroyable scène où ils marchent à trois entre les deux maisons, chacun étant debout sur les épaules de l’autre ! La voisine de Malec est très drôle d’un bout à l’autre, très bien construit et rythmé.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Virginia Fox, Joe Roberts, Joe Keaton
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Remarque :
A l’époque de ses courts métrages, Buster Keaton a été surnommé par les distributeurs français tantôt Frigo (par Gaumont), tantôt Malec (par Superfilm).

9 décembre 2009

Le cirque (1928) de Charles Chaplin

Titre original : « The circus »

The CircusElle :
(pas vu)

Lui :
Quatrième long métrage de Charles Chaplin, Le Cirque a souvent été considéré comme mineur dans sa filmographie. Pourtant, au-delà de l’aspect purement comique, le film contient une réelle réflexion sur la comédie et l’art de faire rire : ce vagabond, qui se retrouve engagé dans un cirque, fait rire le public de manière involontaire. Quand il cherche vraiment à faire rire, ou quand il est triste, il n’y parvient pas. Après un prologue au rythme très enlevé, avec une belle course poursuite où Charlot se retrouve dans un labyrinthe de miroirs, le rythme devient plus calme et posé. Se déroulant presque intégralement en un lieu unique, Le Cirque est finalement un film très cohérent (1). Le tournage fut difficile et mouvementé (2). Il fut aussi périlleux car la scène où il est enfermé dans la cage du lion a été réalisée sans trucage et a nécessité de nombreuses prises. Sous son apparente simplicité, Le Cirque est un film très complet.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Charles Chaplin, Merna Kennedy, Allen Garcia, Harry Crocker
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En 1970, Charlie Chaplin a ressorti Le Cirque avec sa musique originale et une chanson de générique, Swing Little Girl, qu’il chante lui-même à 80 ans (sur quelques images prises au milieu du film).

(1) Le remarquable documentaire anglais Unknown Chaplin (Chaplin inconnu) de Kevin Brownlow (1982) montre une longue scène que Chaplin n’a pas retenue. Effectivement, elle est dans un style très différent et montre Chaplin sortant en ville avec Merna Kennedy où ils rencontrent Rex, le rival. Il s’en suit quelques scènes amusantes notamment dans un café avec un duo de catcheurs frères jumeaux.
(2) Le tournage fut interrompu plusieurs fois à la suite d’incendies et surtout à cause de la demande de divorce de Lita Grey qui, poussée par sa famille et ses avocats, s’arrangea pour diffuser à la presse des détails sordides. Ce fut un lynchage médiatique sans précédent et les ligues puritaines firent interdire les films de Chaplin dans plusieurs états. Très affecté, Chaplin ne reprit le tournage qu’après plusieurs mois d’arrêt. Il avait pris des cheveux blancs et on dut lui teindre pour qu’ils soient ‘raccord’. D’autres auraient eu leur carrière brisée, mais pas Chaplin. La sortie du film The Circus un an plus tard fut un triomphe.

8 décembre 2009

La ruée vers l’or (1925) de Charles Chaplin

Titre original : « The Gold Rush »

La ruée vers l'orElle :
(pas (re)vu)

Lui :
Après l’échec commercial de son second long métrage (L’Opinion Publique), Charles Chaplin revient plus près du style burlesque qui l’a fait connaître, cette fois dans le cadre de la ruée vers l’or en Alaska. Il renouera effectivement avec le succès, plusieurs scènes passant dans la légende avec, au premier rang, la célèbre danse des petits pains. S’il n’a pas, du moins en apparence, la profondeur de The Kid ou de certains de ses films ultérieurs, La Ruée vers l’Or traite de la solitude, du rejet et de la fragilité de la fortune. Dépassant la simple virtuosité de style, Chaplin parvient une fois de plus à mêler l’humour pur à la profonde mélancolie de son personnage. Le film ne semble pas avoir vieilli. S’il n’est probablement pas le plus grand film de Charles Chaplin, La Ruée vers l’Or reste un grand classique du cinéma qui se revoit toujours avec grand plaisir.
Note : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Charles Chaplin, Georgia Hale, Mack Swain
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Remarques :

1. Charles Chaplin ressortira La Ruée vers l’Or en 1942, composant une nouvelle musique et supprimant les intertitres pour commenter lui-même en voix off (dans la version française, c’est Henri Virlojeux). Ce commentaire est un peu trop présent par moments mais donne un rythme plus soutenu. Certaines scènes furent coupées, notamment au début du film et le baiser final ; Chaplin a également modifié une scène (le petit billet doux de Georgia est directement adressé à Charlot), probablement pour renforcer la sincérité du personnage de Georgia et être ainsi plus cohérent avec la fin. Longtemps, la version de 1942 a été en bien meilleur état que la version de 1925, dont les copies existantes étaient fort rares. Cette dernière a maintenant été restaurée et il est donc préférable de voir celle-ci.

2. Le tournage de La Ruée vers l’Or commença en extérieurs dans la Sierra Nevada où Chaplin fit construire à grand frais le village des prospecteurs et surtout tourna la fameuse scène époustouflante du tout début où l’on voit une file ininterrompue de prospecteurs gravir la montagne enneigée. Après plusieurs mois, du fait des nombreux problèmes techniques, le tournage dut être repris en studio. Hormis cette scène du tout début, Chaplin ne garda qu’une autre courte scène où il glisse sur une pente !

3. Chaplin changea aussi de personnage principal féminin. Alors qu’il avait commencé avec Lita Gray (qu’il épousa plus ou moins de force pendant le tournage car elle était enceinte), en studio, il reprit tout avec Georgia Hale.

4. La fameuse danse des petits pains est originellement un petit numéro de Fatty Arbuckle que l’on voit dans Rough House (1917) avec également Buster Keaton. Chaplin donne toutefois à ce numéro une tout autre dimension. La cabane en équilibre instable serait quant à elle présente dans un court métrage d’Harold Lloyd.