30 mai 2009

L’espion qui venait du froid (1965) de Martin Ritt

Titre original : « The spy who came in from the cold »

L'espion qui venait du froidElle :
(pas vu)

Lui :
Adapté du premier roman d’espionnage de John Le Carré, L’espion qui venait du froid nous replonge en pleine guerre froide : les services secrets britanniques organisent une fausse défection d’un de leurs agents pour porter atteinte au chef du contre-espionnage d’Allemagne de l’Est. Le scénario se déroule de façon méthodique, assez lentement au départ puisque l’on assiste assez longuement à la déchéance de l’agent secret et de sa tentative de réinsertion sociale. Les évènements s’accélèrent quelque peu ensuite. Le ton général est assez sombre : nous sommes à l’opposé de l’univers type James Bond, le monde des agents secrets est décrit ici dans sa vérité, froid, implacable, plein de tromperie, sans grande cause à défendre. Richard Burton fait une superbe interprétation de cet homme qui semble désillusionné et sans espoir, porté sur l’alcool, au bout du rouleau. Martin Ritt, cinéaste plutôt libéral, semble porter ici un regard très objectif, il ne prend pas parti, ni l’Est ni l’Ouest ne sont ridiculisés. Non, comme en témoigne la fin, c’est plus le fonctionnement aveugle et implacable des services secrets qui l’intéresse, ces services qui utilisent les hommes comme des jouets ou plus exactement des pions. L’espion qui venait du froid eut un grand succès populaire à sa sortie. Il est aujourd’hui un peu oublié. Assez injustement.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Richard Burton, Claire Bloom, Oskar Werner, Cyril Cusack, Peter van Eyck
Voir la fiche du film et la filmographie de Martin Ritt sur le site IMDB.

9 mai 2009

The phantom light (1935) de Michael Powell

The Phantom LightElle :
(pas vu)

Lui :
Un gardien de phare anglais arrive dans un petit village isolé en plein Pays de Galles pour prendre son poste. On lui dit que le phare est hanté et que son prédécesseur a mystérieusement disparu. Phantom Light est l’un des tous premiers films du réalisateur anglais Michael Powell, il fait partie de la dizaine de films assez courts qu’il réalisa entre 1932 et 1936. De façon assez typique pour un film anglais de cette époque, ce film montre un mélange d’humour et d’atmosphère porteuse d’intrigue. L’humour se manifeste surtout sur la galerie de personnages et les dialogues, le film joue beaucoup sur l’opposition gallois/anglais en nous montrant des autochtones hauts en couleur. Ajoutez à cela une jeune femme qui n’a pas vraiment d’influence sur l’histoire proprement dite et qui semble n’avoir pour justification que de montrer ses jambes pendant tout le film. Sinon, l’originalité de Phantom Light est de se dérouler en grande partie à l’intérieur d’un phare, donc un endroit assez exigu et Michael Powell se tire fort bien de ce challenge. L’histoire n’est pas mal ficelée et l’ensemble se regarde avec plaisir.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Binnie Hale, Gordon Harker, Donald Calthrop
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4 mai 2009

L’espion noir (1939) de Michael Powell

Titre original : « The Spy in Black »
Titre américain : « U-Boat 29 »

L'espion noirElle :
(pas vu)

Lui :
Tourné juste avant la Seconde Guerre Mondiale, L’espion noir se situe en 1917, sur fond de lutte des sous-marins allemands contre la marine anglaise. Le commandant d’un sous-marin allemand est chargé d’infiltrer un centre militaire en Ecosse pour connaître la future mission d’un groupe de destroyers anglais. Il est aidé par une jeune espionne allemande. Il n’a que peu de scènes en mer, l’essentiel de l’action se déroulant à terre. U-Boat 29 L’originalité de L’espion noir est de nous faire vivre cette histoire au travers des yeux du commandant allemand qui, dès lors, nous apparaît comme sympathique et loyal. Ce n’est pas habituel pour 1939, en cette veille de guerre. Le scénario a été entièrement remanié par Emeric Pressburger. C’est la première fois que Michael Powell et lui travaillent ensemble, le premier de toute une série. L’histoire se déroule avec précision, sans temps mort, le suspense étant sans cesse renouvelé jusqu’à la fin. L’espion noir apparaît comme un film parfaitement maîtrisé. L’initiateur et le véritable producteur du film est Alexander Korda.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Conrad Veidt, Sebastian Shaw, Valerie Hobson, Marius Goring, June Duprez
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17 avril 2009

Reviens-moi (2007) de Joe Wright

Titre original : « Atonement »

Reviens-moiElle :
Reviens-moi est une histoire d’amour contrarié par la faute d’une lettre expédiée par erreur et d’une jeune rivale qui falsifie la vérité. Si la première partie de ce mélodrame adapté du roman Expiation de Ian Mc Ewan tient à peu près debout, la seconde partie est vraiment inutile et soporifique. Faute de scénario suffisamment étoffé, le réalisateur fait de la surenchère permanente dans les effets visuels, les milliers de figurants et les scènes tape à l’oeil qui paraissent sans rapport avec le propos.
Note : 2 étoiles

Lui :
Dans l’Angleterre de 1935, la jeune fille d’une riche famille jalouse sa sœur aînée car elle est secrètement amoureuse du même garçon, le fils de la gouvernante. Dans son premier tiers, Reviens-moi est assez convaincant, avec une intrigue bien mise en place même si l’ensemble paraît assez classique. Ensuite, Joe Wright se laisse aller à une débauche d’effets inutiles, visiblement décidé à créer un grand spectacle. La reconstitution de l’évacuation des troupes anglaises de Dunkerque en 1940 apparaît plus mégalomaniaque qu’autre chose avec ses 2000 figurants. Joe Wright semble oublier son histoire et remplit son film de scènes inutiles. On a l’impression d’un ensemble parti en roue libre. Seule Vanessa Redgrave parvient dans les dernières minutes à mettre un peu d’émotion.
Note : 1 étoile

Acteurs: James McAvoy, Keira Knightley, Saoirse Ronan, Brenda Blethyn, Vanessa Redgrave, Juno Temple, Romola Garai
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19 mars 2009

Le Colonel Blimp (1943) de Michael Powell et Emeric Pressburger

Titre original : « The life and death of Colonel Blimp »
Titre américain : « The adventures of Colonel Blimp »

Le Colonel BlimpElle :
(pas revu)

Lui :
(Nouvelle vision) Première co-réalisation entre Michael Powell et Emeric Pressburger, Le Colonel Blimp retrace le parcours d’un homme qui a dédié sa vie à la carrière militaire. Profondément convaincu que la guerre doit se faire selon un code d’honneur, il se retrouve de plus en plus décalé par les guerres modernes, celle de 1914 mais surtout celle de 1940, qui ne répondent plus à ces codes. Le début du film peut sembler un peu forcé mais il prend une toute autre dimension là partir du moment où notre Colonel Blimp se lie d’amitié avec un officier allemand qui est, comme lui, un homme d’honneur. Le film présente sur ce plan quelques similitudes avec La Grande Illusion. Le Colonel Blimp Le fond du propos surprend vraiment quand on sait que ce film a été tourné en pleine guerre : il était vraiment audacieux de prendre un tel recul pour présenter la guerre en cours et d’y adjoindre en plus une bonne dose d’humour (1). Il est tout aussi audacieux de faire jouer trois rôles différents à la même actrice (Deborah Kerr) à trois périodes différentes. Alors que les deux militaires vieillissent, elle semble rester jeune comme pour symboliser la persistance de leur idéaux. L’émotion est présente aussi, souvent discrète mais parfois très forte comme dans cette belle scène de Theo face à l’officier d’immigration. Le Colonel Blimp est un film multi facettes vraiment étonnant, un film qu’il faut savoir découvrir… (2)
Note : 5 étoiles

Acteurs: Roger Livesey, Deborah Kerr, Anton Walbrook
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(1) Colonel Blimp était, de plus, le nom d’un personnage de dessins de caricature dans un quotidien londonien de l’époque.
A noter que le Ministère de l’Information fit en sorte que Laurence Olivier ne joue pas le rôle principal du film comme prévu. Il tenta aussi de retarder la diffusion du film parce que, selon lui, il ridiculisait l’armée.
(2) Une vision incomplète du film il y a quelques années nous avait fait écrire un commentaire plutôt négatif. C’était une erreur… Il faut toutefois reconnaître que le début du film est le plus faible.

Remarque :
Le film fut assez rapidement amputé de 40 minutes environ. Ce n’est que récemment que nous pouvons voir la version complète de 163 minutes

5 mars 2009

Jane (2007) de Julian Jarrold

Titre original : « Becoming Jane »

JaneElle :
A côté des adaptations au cinéma des œuvres de Jane Austen, j’ai trouvé ce film ennuyeux, académique et mièvre. La première partie est également confuse dans la présentation de ses personnages. Julian Jarrold a choisi d’explorer la supposée idylle que Jane Austen aurait eu avec un jeune étudiant-avocat de Londres. Il en résulte une histoire d’amour très conventionnelle où l’argent et la raison doivent surpasser les sentiments. Mis à part quelques petites lueurs autour d’Anne Hathaway, l’ensemble est bien décevant.
Note : 2 étoiles

Lui :
Jane nous retrace la vie de l’écrivaine anglaise Jane Austen. Il est inévitable de comparer ce film à Orgueil et Préjugés et Raisons et Sentiments et il faut bien avouer que Jane paraît bien plus fade et surtout superficiel que ses deux prédécesseurs. Cette vision de sa vie semble bien romancée. Il est paradoxal que la vie d’une écrivaine qui a bousculé les conventions et les mœurs de son époque soit évoquée au travers d’un film si conventionnel. Julian Jarrold tente de créer un certain élan par des scènes en caméra à l’épaule au montage rapide mais il ne parvient qu’à créer une certaine confusion. Non décidemment, Jane fait bien pâle figure.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Anne Hathaway, James McAvoy, Julie Walters, James Cromwell, Maggie Smith
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21 février 2009

Elizabeth – L’âge d’or (2007) de Shekhar Kapur

Titre original : « Elizabeth: The Golden Age »

The Golden AgeElle :
(pas vu)

Lui :
Shekhar Kapur reprend l’histoire d’Elizabeth 1ère, presque 10 ans après avoir tourné Elizabeth qui retraçait son arrivée au pouvoir. Le récit d’Elizabeth, l’âge d’or se place au moment où la reine d’Angleterre doit affronter la vague destructrice du catholicisme lancée par le roi d’Espagne. Shekhar Kapur semble cette fois moins intéressé par l’Histoire que par la possibilité de créer un grand spectacle et il déploie toute la batterie de moyens à la mode hollywoodienne : grands décors, belles toilettes, et une musique grandoliquente, homologuée « grande épopée », un peu trop omni-présente. Nous avons même droit au plan du cheval qui se cabre au sommet d’une falaise face à la mer! Sur le fond, cet Age d’Or dresse un portrait extrêmement flatteur d’Elizabeth 1ère, tous ses adversaires sont fourbes, et s’attarde surtout sur son histoire d’amour contrarié avec Walter Raleigh. L’ensemble est plutôt ennuyeux, seule la perspective d’une belle bataille navale contre l’Invicible Armada espagnole m’a retenu ; hélas, celle-ci se révèla bien décevante, la camera se placant soit à 10 kilomètres soit à 1 mètre des bateaux (*). Pour ne pas être trop négatif, on peut souligner les bonnes prestations de Cate Blanchett et de Clive Owen…
Note : 2 étoiles

Acteurs: Cate Blanchett, Clive Owen, Geoffrey Rush, Abbie Cornish
Voir la fiche du film et la filmographie de Shekhar Kapur sur le site imdb.com.

Voir la fiche du premier volet sur le site IMDB :
Elizabeth (1998) de Shekhar Kapur avec Cate Blanchett et Joseph Fiennes

(*) Détails :
Si l’épisode des bateaux en feu fût effectivement déterminante pour l’issue de la bataille contre l’Armada espagnole, cette tactique ne fut pas vraiment l’oeuvre de Walter Raleigh (sa présence sur le champ de bataille est contestée, il était probablement en Irlande à cette époque) mais fut initiée par Charles Howard et Francis Drake, autre grand « pirate » anglais (il fut le premier anglais à faire le tour du monde), alors vice-amiral de la flotte anglaise.
Walter Raleigh épousa effectivement Elizabeth Throckmorton, dame de compagnie de la Reine, en secret mais ce fut en 1591, soit 3 ans après la défaite de l’Invicible Armada. L’intrigue amoureuse avec Elizabeth 1ère est le plus souvent considérée comme peu vraisemblable par les historiens. En 1594, il refit une expédition légendaire en Amérique du Sud, « l’El Dorado ». Il fut longuement emprisonné pour trahison sous le règne de Jacques 1er et fut décapité en 1618.
(A défaut d’être un bon film, cet Age d’Or a au moins l’utilité de pousser à se documenter!)

18 février 2009

It’s a free world… (2007) de Ken Loach

It's a Free World...Elle :
Les histoires de Ken Loach sur fond de réalisme social sont toujours fortes : dans des univers peu explorés au cinéma, elles analysent la vie des gens qui subissent le système sans pouvoir s’en sortir vraiment. Nous voici plongés à Londres, dans l’univers des agences de placement, des combines, des travailleurs immigrés de l’Est, des clandestins et de l’exploitation de cette main d’œuvre sous-payée, attirée par l’espoir d’un meilleur avenir en Angleterre. Ken Loach explore les motivations d’une jeunesse défavorisée et perdue de l’après Thatcher, celle à qui on a fait croire qu’on pouvait tout réussir par soi-même facilement, celle qui veut s’en sortir à tout prix, sans scrupule, peu importent les méthodes. Cette jeune mère de famille use de la même brutalité vis-à-vis de ces immigrés que ceux qui l’ont licenciée. La dureté de cette société libérale, où l’individualisme est plus fort que tout, est très alarmante.
Note : 5 étoiles

Lui :
Avec It’s a free world…, Ken Loach nous plonge dans le monde du travail précaire de l’Angleterre actuelle. Il nous le montre non pas par les yeux d’une des personnes qui subit cette situation mais par les yeux d’une personne qui exploite cette situation à son profit. Il pousse même jusqu’à lui faire prendre les traits d’une jeune femme blonde à l’allure avenante. Angie, après avoir été abusée par ses anciens employeurs, se propulse par débrouillardise comme recruteuse de travailleurs temporaires, majoritairement venus des pays de l’Est. Dotée d’un individualisme extrême, elle va chercher à profiter au maximum de la situation. Elle se situe juste à la limite de l’illégalité, limite qu’elle franchit sans état d’âme, presque naturellement. La démonstration de Ken Loach est une fois de plus magistrale, le cinéaste britannique sait ne pas trop appuyer sur la pédale, aucun manichéisme ici ni de condamnation facile ; non il s’efforce de montrer un système qui se nourrit de l’individualisme. It’s a free world…, le titre est ironiquement très représentatif : tous les coups sont permis.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek, Joe Siffleet, Colin Caughlin
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8 janvier 2009

Par effraction (2006) de Anthony Minghella

Titre original : « Breaking and entering »

Par EffractionElle :
Un film moyennement abouti et convaincant avec un épilogue très convenu et fleur bleue. Minghella choisit de confronter deux mondes différents dans la ville de Londres. Le monde des bobos est incarné par Jude Law, un bel architecte établi dans une zone difficile en réhabilitation. Son couple est vacillant et il se fait cambrioler par de jeunes voleurs bosniaques. En face, le monde des immigrés de l’Est ou d’Afrique qui vivent parfois de petits larcins. La rencontre entre les deux univers se fait par le biais de la mère du jeune cambrioleur interprétée par Juliette Binoche. Certes, Par Effraction parvient à créer une ambiance particulière et parfois émouvante mais le scénario se noie dans des situations pas toujours crédibles ou un peu couleur guimauve. Minghella surfe davantage sur les bons sentiments que sur une exploration sociologique intéressante. Cet univers qu’il connaît mal semble lui échapper.
Note : 3 étoiles

Lui :
Alors qu’il traverse une crise dans son couple, un architecte londonien rencontre une femme bosniaque à la suite d’un cambriolage. Anthony Minghella cherche probablement à aborder trop de thèmes différents avec Par Effraction : difficultés de la mixité sociale, traitement de la petite délinquance, influence d’un enfant autiste sur la vie de couple avec en plus une histoire d’amour assez fragile et ambiguë. Cela fait beaucoup de choses et le film ne parvient à convaincre vraiment sur aucun des points. Au final, l’ensemble sonne un peu faux et Par Effraction donne l’impression de s’essouffler trop rapidement.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Jude Law, Juliette Binoche, Robin Wright Penn, Rafi Gavron
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15 décembre 2008

Le rêve de Cassandre (2007) de Woody Allen

Titre original : « Cassandra’s dream »

Le Rêve de CassandreElle :
Ce film sombre tourné en Angleterre est plutôt décevant. Avec un scénario aux accents de tragédie grecque, Woody Allen nous plonge au début du Rêve de Cassandre dans une analyse de classes sociales avec cette famille modeste qui dépend financièrement d’un oncle richissime vivant aux Etats Unis. Cette réussite humilie le père et fait rêver les fils de grandeur et de luxe. Jusque là tout va bien, on se croirait presque dans un film de Ken Loach… Les deux fils de cette famille se trouvant confrontés avec une (énorme) dette de jeu à rembourser pour l’un et une jeune actrice à éblouir pour l’autre, sont amenés par leur oncle à envisager l’inconcevable pour se sortir de cette impasse. C’est alors que tout se gâte ; le film ne fonctionne plus car on ne croit pas vraiment à cette histoire. Woody Allen choisit d’entraîner ses personnages dans des situations très exagérées pour montrer à quel point la cupidité puis la culpabilité peuvent ronger et détruire mais il en fait vraiment trop. Ce n’est plus qu’une suite de petits événements successifs qui s’enchaînent sans grande profondeur ni crédibilité.
Note : 2 étoiles

Lui :
Le Rêve de Cassandre est le troisième film que Woody Allen tourne à Londres et il semble s’éloigner de plus en plus de son style new-yorkais. Le film débute par une peinture sociale au travers de deux frères qui souhaitent tous deux, mais chacun à sa manière, sortir de leur milieu qui ne les satisfait pas. Ensuite Woody Allen grossit (beaucoup trop) le trait en donnant une dimension plus dramatique et noire qui semble sortie d’un mauvais roman policier. L’ensemble n’est guère crédible, tout sonne faux et le son, qui donne souvent l’impression d’acteurs jouant sur une scène, n’arrange rien. Il reste la belle prestation d’Ewan McGregor et aussi de Colin Farrell dans un registre tourmenté qui ne lui est pas habituel. Le Rêve de Cassandre marque sa différence aussi par la musique et ce, dès le générique du début : en lieu et place du jazz habituel, nous avons cette fois une musique composée par Philip Glass… On sent le besoin chez Woody Allen de marcher sur de nouveaux sentiers. Souhaitons-lui plus de réussite la prochaine fois.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Ewan McGregor, Colin Farrell, Tom Wilkinson, Hayley Atwell, Sally Hawkins
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