29 novembre 2007

Monnaie de singe (1931) de Norman McLeod

Titre original : « Monkey business »

Monnaie de singeLui :
Troisième film des Marx Brothers, Monnaie de Singe est leur premier film réalisé à Hollywood (et non à New York) et le premier qui fut écrit pour le cinéma (1). Ils disposent de moyens plus importants et peuvent ainsi plus jouer avec les décors. L’histoire se passe sur un bateau de croisière où les quatre frères ont embarqué clandestinement. Les courses poursuites n’empêchent pas les jeux de mots de Groucho de fuser et les personnages secondaires, tel le gangster et sa fille, sont bien utilisés pour toujours faire rebondir le scénario (alors que l’on a pas eu le temps de souffler depuis le début du film…) En prime, nous avons une amusante imitation de Maurice Chevalier, complète avec accent à couper au couteau et canotier, faite successivement par les quatre frères. Monnaie de Singe est un petit délice qui nous fait passer un excellent moment.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Groucho Marx, Harpo Marx, Chico Marx, Zeppo Marx
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(1) Le scénario a été écrit essentiellement par deux scénaristes : S.J. Perelman et Arthur Sheekman.

Homonyme (en français) :
Monnaie de singe de Yves Robert (1966) avec Robert Hirsch
Homonyme (en anglais) :
Monkey Business de Howard Hawks (1952) avec Cary Grant et Ginger Rodgers (et la jeune Marilyn Monroe).

26 novembre 2007

Munich (2006) de Steven Spielberg

MunichElle :
(pas vu)

Lui :
Munich relate la mission secrète d’un petit commando du Mossad chargé d’éliminer onze responsables de Septembre Noir après l’attentat aux Jeux Olympiques de Munich en 1972. L’histoire serait donc réelle mais les faits sont invérifiables puisque cette opération n’a officiellement jamais existé. Le déroulement pratique de cette mission est donc en grande partie inventé. Spielberg en fait un long métrage qui paraît extrêmement répétitif, souvent un peu brouillon (ce qui paraît difficilement compréhensible de la part d’un tel cinéaste) et dont le propos de fond qui s’interroge sur la finalité de cette action se retrouve dilué dans un ensemble beaucoup trop disparate. Le film est beaucoup trop long (2h30), a beaucoup trop de personnages et cela n’engendre qu’une grande confusion qui finit par pousser au désintérêt.
Note : 2 eacute;toiles

Acteurs: Eric Bana, Daniel Craig, Ciarán Hinds, Mathieu Kassovitz, Michael Lonsdale, Mathieu Amalric, Hiam Abbass
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25 novembre 2007

La griffe du passé (1947) de Jacques Tourneur

Titre original : « Out of the Past »
Autre titre anglais (U.K.) : « Build my gallows high »
Autre titre français : « Pendez-moi haut et court »
Titre Belgique : « L’étreinte du passé »

La griffe du passéElle :
Beau film noir au scénario touffu et complexe. Mitchum excelle dans son rôle de privé au grand coeur et Kirk Douglas dans celui du salaud manipulateur.
Note : 5 étoiles

Lui :
La Griffe du Passé fait partie des meilleurs films noirs des années 40, très classique du genre. Truand, détective privé, femme fatale, double jeu et trahison… tous les ingrédients sont bien là et l’assemblage fonctionne à merveille. L’atmosphère globale est plutôt fataliste, sur le thème de l’homme rejoint par son passé. La griffe du passé D’ailleurs, Jacques Tourneur évite le happy-end. Mitchum, royal, domine le film et Kirk Douglas (alors jeune débutant) est remarquable. Jane Greer est un peu en deçà, comme écrasée par ces deux monstres. Quelques très beaux plans, notamment les deux scènes à l’intérieur de la voiture. Oui,  La Griffe du Passé (alias Pendez-moi haut et court) est assurément un superbe film noir, parmi les tous meilleurs.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Robert Mitchum, Jane Greer, Kirk Douglas, Rhonda Fleming
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Remarque :
La griffe du passé est adapté d’un roman de Geoffrey Homes (pseudonyme de Daniel Mainwaring)  Build My Gallows High. Le film a d’ailleurs été distribué en Angleterre sous ce nom. Le premier titre français Pendez-moi haut et court est une traduction du titre du roman (gallows = potence).

Out of the Past a eu un remake : Contre toute attente (Against all odds) de Taylor Hackford (1984) avec Jeff Bridges et James Woods, globalement peu réussi… Détail amusant : Jane Greer y interprète la mère de son propre personnage dans la version originale.

24 novembre 2007

Angoisse (1944) de Jacques Tourneur

Titre original : Experiment perilous

AngoisseElle :
Très bon film dramatique qui à la fois aiguise la curiosité et éprouve les nerfs. Jacques Tourneur met habilement ses personnages en scène en dévoilant peu à peu les facettes cachées de leur personnalité :  le mari traumatisé par son enfance et jaloux de sa femme révèle progressivement son déséquilibre mental et ses manipulations machiavéliques.
Note : 5 étoiles

Lui :
Angoisse est un film assez méconnu de Jacques Tourneur (le fils de Maurice Tourneur) mais c’est une vraie petite perle. Il parvient à créer une formidable montée progressive de la tension qui n’est pas sans rappeler Hitchcock. Seul le dénouement est un peu plus faible. Globalement, le jeu des acteurs semble retenu tout au long du film mais Angoisse reste toutefois extrêmement prenant.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Hedy Lamarr, George Brent, Paul Lukas
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19 novembre 2007

Missing (1982) de Costa-Gavras

MissingElle :
Enquête captivante et poignante d’un père accompagné de sa belle fille à la recherche d’un fils disparu au Chili pendant le coup d’état de Pinochet. Au départ, Jack Lemmon joue au père excédé par les excentricités de son fils puis peu à peu, il découvre le vrai visage de son fils grâce à l’énergie et au courage de Sissy Spacek. De petit père tranquille et égoïste, il devient un fervent défenseur des droits de l’homme. Il faut saluer Costa-Gavras pour avoir le courage d’aborder des thèmes politiques touchant aux libertés bafouées et aux régimes totalitaires.
Note : 5 étoiles

Lui :
Le mérite de Missing est avant tout politique : étaler au grand jour la collusion entre la CIA et la junte chilienne. Le film aurait cependant plus d’effet si Costa-Gavras ne tombait pas dans ses travers habituels : trop manichéen et trop simpliste, il nous met les points sur les « i » pour que l’on comprenne bien, la scène du militaire retraité qui parle au petit déjeuner de sa mission en est un exemple extrême. Certes Costa-Gavras vise un public large et sa dénonciation du soutien des Etats-Unis aux dictatures d’Amérique du Sud est bien entendu une bonne chose.  Il a toutefois la main lourde quelquefois sur le plan du spectaculaire et de la dramatisation.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Jack Lemmon, Sissy Spacek, Melanie Mayron, John Shea
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17 novembre 2007

Une étoile est née (1954) de George Cukor

Titre original : « A star is born »

Une étoile est néeElle :
(pas (re)vu)

Lui :
Une étoile est née nous plonge profondément dans le monde d’Hollywood en nous exposant le parcours croisé d’un couple de stars : « lui » est une star qui a sombré dans l’alcoolisme ce qui ruine sa carrière tandis que « elle » est en pleine ascension. Remake d’un film de William Wellman, cette version de George Cukor met particulièrement bien en valeur Judy Garland, le film étant d’ailleurs une tentative de la Warner de relancer la carrière de cette actrice tourmentée. Les morceaux musicaux ne figurent toutefois pas à mes yeux parmi ses plus remarquables prestations, paraissant parfois un peu longs, l’un d’entre eux ayant même été tourné et intégré contre la volonté de Cukor. L’utilisation de la couleur est assez belle, donnant un caractère sombre et puissant au film.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Judy Garland, James Mason, Jack Carson, Charles Bickford
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Originellement, Une étoile est née devait durer 182 minutes mais le film fut réduit à 154 mn par la Warner, puis à 134 mn, puis à 117 mn. Une version restaurée de 170 mn vit le jour en 1983, faite à partir de morceaux épars.
La version vue ici est celle de 154 minutes. Cette version comporte un trou énorme vers le début du film entre le coup de téléphone de Norman Maine en pleine nuit pour vanter les mérites de la jeune Esther Blodgett auprès d’un producteur et la scène où cette dernière se retrouve entre les mains des esthéticiens. On ne comprend pas trop pourquoi elle est là.
Voici ce qui manque :
Au petit matin, Esther annonce à l’orchestre qu’ils doivent partir en tournée et continuer sans elle tandis que Norman est emmené encore endormi sur un lieu de tournage éloigné, sur un yacht. Il tombe ensuite malade. Esther se retrouve seule ; elle fait des petits boulots de serveuse et double une marionnette dans une publicité. Norman finit par l’entendre à la télévision et parvient à la retrouver dans un petit hôtel. Il lui annonce qu’il va pouvoir l’introduire au studio pour qu’elle tourne dans un film.

Le passage de la déclaration du mariage semble également assez confus. Il manque tout un passage, la demande en mariage :
Esther post-synchronise une scène et Norman vient lui rendre visite. Ils parlent à voix basse mais les techniciens s’amusent à diffuser la discussion sur les haut-parleurs du studio. Tout le monde entend Norman la demander en mariage et Esther accepter.

Les autres versions :
1. Une étoile est née de William A. Wellman (1937) avec Janet Gaynor et Fredric March. Le scénrario était basé sur une histoire de Wellman, elle-même basée sur le film What price Hollywood (1932) de… George Cukor !
2. Une étoile est née de Frank Pierson (1976), remake plutôt insipide avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson.
3. A star is born de Bradley Cooper (2018) avec Lady Gaga et Bradley Cooper.

15 novembre 2007

L’étrangleur de Boston (1968) de Richard Fleischer

Titre original : The Boston Strangler

L'étrangleur de BostonElle :
Cette histoire d’étrangleur de femmes, tueur en série, est plutôt une bonne surprise de par son traitement visuel et psychologique. Au lieu de n’en faire qu’une enquête policière conventionnelle, Fleischer traite le sujet sous l’angle psychanalytique. Tony Curtis vit sa double personnalité de tueur et de père de famille avec douleur. Henry Fonda devient l’accoucheur de son déséquilibre mental. On finirait même par le plaindre de sa souffrance psychologique alors qu’il a tué 11 femmes. D’autre part, l’approche visuelle qui se traduit par plusieurs plans et angles de vue en même temps à l’écran est intéressante et novatrice.
Note : 4 étoiles

Lui :
L’étrangleur de Boston est un film étonnant et efficace. Il commence par nous baigner dans une intrigue policière mais finit en drame psychologique, et l’on en viendrait presqu’à plaindre ce tueur maniaque, magnifiquement interprété par Tony Curtis. Dans la partie policière, Fleischer exploite à fond le format cinémascope en découpant l’image en 2, 3 voire 5 parties, procédé plutôt efficace dans ce contexte. L’étrangleur de Boston est basé sur une histoire réelle ; dans la réalité, Albert De Salvo fut déclaré non responsable de ses actes et enfermé à vie. Il fut assassiné en prison.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Tony Curtis, Henry Fonda
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Homonyme : Basé sur le même personnage mais dans une optique différente, The Boston Strangler (2006) est un film réalisé par Keith Valley (film non vu mais qui ne semble pas être une merveille).
A noter également que la chanson des Rolling Stones Midnight Rambler serait basée sur ce même personnage d’étrangleur en série (Album Let it Bleed).

15 novembre 2007

L’île au trésor (1934) de Victor Fleming

Titre original : « Treasure island »

L’île au trésorElle :
(pas vu)

Lui :
Cette adaptation du célèbre roman de Stevenson doit beaucoup à la présence de Wallace Beery qui s’en donne à cœur joie pour incarner un Long John Silver assez truculent et vraiment haut en couleur. Il parvient parfaitement à rendre toute la dualité de son personnage qui est à la fois un gredin de la pire espèce et néanmoins attachant. L’île au trésor L’île au Trésor de Fleming sait, mieux que toutes les autres versions, allier le rêve et l’aventure à une atmosphère lourde de dangers. Le film reste vraiment plaisant, trois quarts de siècle après sa sortie.
Note : 3 eacute;toiles

Acteurs: Wallace Beery, Lionel Barrymore, Jackie Cooper, Lewis Stone
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Le roman de Robert Louis Stevenson a été adapté à maintes reprises. La version de Fleming est sans aucun doute la meilleure. Les autres versions les plus remarquables sont :
L’île au trésor de Maurice Tourneur (1920), avec Shirley Mason (et Lon Chaney dans un petit rôle)
L’île au trésor de Byron Haskin (1950), la version réglementaire des studios Walt Disney
L’île au trésor de John Hough (1972), co-production européenne avec Orson Welles dans le rôle de Long John Silver
L’île au trésor De Raoul Ruiz (1986), film français avec Martin Landau et une pléïade d’acteurs français (adaptation très libre).

14 novembre 2007

La couleur du crime (2006) de Joe Roth

Titre original : « Freedomland »

La couleur du crimeElle :
Confus, bruyant, virevoltant, oppressant pour rien, voilà un thriller aux recettes classiques qui semble bien mal mené. (Abandon rapide)
Note : pas d'étoiles

Lui :
Dans un quartier noir du New Jersey où les rapports étaient déjà tendus, la police enquête de façon brutale sur l’enlèvement d’un jeune garçon blanc. La Couleur du Crime est un film qui se prend presque comme un coup de poing, d’une part du fait de la tension que Joe Roth parvient à mettre dans toutes les scènes de rues où l’on semble toujours être à deux doigts de l’affrontement, et d’autre part par le jeu de Julianne Moore, une mère qui semble totalement instable et dépressive. On a constamment l’impression de marcher au bord du gouffre. Une fois de plus Julianne Moore se jette à fond dans son rôle, lui donne une intensité phénoménale sans jamais surjouer(*). Avec Samuel Jackson, elle hisse le film à un degré qu’il n’aurait pu atteindre seul. Malgré un scénario qui, au final, peut sembler un peu léger et des effets de caméra parfois un peu faciles, La Couleur du Crime a une puissance peu commune, une puissance qui peut même déranger. Est-ce pour cela que le film n’est jamais sorti en salles ?
Note : 4 étoiles

Acteurs: Julianne Moore, Samuel L. Jackson, Edie Falco
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(*) Je n’ose imaginer ce que peut donner ce film en version doublée… Je ne vois pas comment une actrice pourrait arriver à restituer en post-synchronisation l’énergie du jeu de Julianne Moore et garder le même impact.

12 novembre 2007

Diamants sur canapé (1961) de Blake Edwards

Titre original : « Breakfast at Tiffany’s »

Diamants sur canapéElle :
(pas vu)

Lui :
Cette adaptation d’un roman de Truman Capote n’aurait probablement été qu’une comédie assez conventionnelle si elle avait était tournée par Frankenheimer avec Marilyn Monroe comme cela était prévu au départ. Entre les mains de Blake Edwards, elle est devenue tout autre chose : Diamants sur Canapé reste une comédie, certes, mais une comédie tendre et très originale. Replacée dans son contexte du début des années 60, elle est même particulièrement novatrice dans sa façon de mettre en avant ses deux principaux personnages. Délicieusement farfelue, Audrey Hepburn nous charme et nous attendrit malgré son idée fixe de faire un mariage intéressé. Blake Edwards parsème son film de petites touches bien personnelles dont certaines évoquent certains de ses films suivants : le voisin asiatique et tempétueux (interprété par un Mickey Rooney en pleine forme) fait penser à La Panthère Rose et la scène complètement folle de la soirée préfigure La Party. Même vu presque 50 ans plus tard, Diamants sur Canapé nous apparaît toujours comme un film attachant doté d’une belle personnalité.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Audrey Hepburn, George Peppard, Patricia Neal, Mickey Rooney, Buddy Ebsen
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