26 février 2010

Darling Lili (1970) de Blake Edwards

Darling LiliLui :
Pendant la guerre de 1914, une chanteuse anglaise célèbre est en réalité une espionne allemande. Elle doit rencontrer un pilote anglais en France pour lui soutirer des informations. Le thème de Darling Lili est donc proche de Mata Hari mais le traitement par Blake Edwards est assez particulier. En fait, il semble vouloir mêler tous les genres en un seul film : espionnage, comédie, aventure, mélodrame sentimental et même comédie musicale, tout cela devant formant une super production dont le budget a quelque peu explosé en cours de route. Darling Lili paraît au final un film trop hétéroclite et aux influences nombreuses. Il y a pourtant de bons passages mais le côté sentimental semble un peu trop appuyé et les chansons un peu longues. A la décharge de Blake Edwards, il faut savoir que le montage du réalisateur ne faisait que 107 minutes et mettait beaucoup plus l’accent sur le comique et la voltige aérienne. Hélas Paramount rallongea l’ensemble de plus de vingt minutes. Il est évident qu’il ne se passe rien entre Julie Andrews et Rock Hudson. L’alchimie n’a pas fonctionné. Laminé par la Critique à sa sortie, le film connut un échec retentissant. Il a aujourd’hui des défenseurs.
(Film vu ici dans sa version commerciale de 136 minutes. Si cela est possible, il faut certainement mieux visionner la version de 107 minutes qui est disponible sur le DVD américain).
Note : 3 étoiles

Acteurs: Julie Andrews, Rock Hudson, Jeremy Kemp, Jacques Marin, André Maranne, Vernon Dobtcheff
Voir la fiche du film et la filmographie de Blake Edwards sur le site IMDB.

Voir les autres films de Blake Edwards chroniqués sur ce blog…

Remarques :
a) La production ayant prévu de tourner entre autres à Paris en juin 1968 dut se déplacer à Bruxelles à cause des évènements de Mai 68. La « gare parisienne » est ainsi le hall du Palais de Justice de la capitale belge.
b) Les scènes de combats aériens, assez réussies et spectaculaires, furent tournées par une autre équipe en Irlande.
c) Blake Edwards a épousé Julie Andrews peu avant la sortie du film. On comprend donc pourquoi Darling Lili la met si bien en valeur.
d) Ses déboires avec les Studios sur Darling Lili ont inspiré Blake Edwards quand il tournera S.O.B. plus de dix ans plus tard.

2 réflexions sur « Darling Lili (1970) de Blake Edwards »

  1. Votre article est, comme de coutume, très intéressant et je serais curieux de découvrir ce film à l’occasion. Peut-être me corrigerez-vous si je me trompe, mais il est, me semble-t-il, assez rare que la version « studio » d’un film soit plus longue que le « director’s cut » (la version souhaitée par le réalisateur), le cas le plus fréquent étant justement l’inverse. Il ne me vient à vrai dire pas d’autre exemple à l’esprit !
    Cordialement.

  2. Merci pour votre commentaire.
    Oui, c’est vrai que ce n’est pas le plus courant…
    Il est évidemment plus habituel que le studio ou le producteur fasse des coupes.

    Je me souviens d’un autre exemple de film rallongé mais impossible de me rappeler le titre… De toutes façons, cela a du se produire de nombreuses fois tout de même sans que cela soit forcément connu, surtout comme c’est le cas ici dans le but de renforcer la romance…

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