18 février 2010

Ladyhawke, la femme de la nuit (1985) de Richard Donner

Titre original : « Ladyhawke »

Ladyhawke, la femme de la nuitLui :
Au XIIIe siècle, un jeune voleur parvient à s’évader du donjon de l’évêque d’Aquila. Rattrapé par la garde lancée à sa poursuite, il est sauvé par un chevalier solitaire accompagné d’un faucon qui semble avoir une grande importance pour lui. L’histoire en elle-même de Ladyhawke est assez belle, elle évoque les grandes légendes. Edward Khmara l’avait écrite dans un pur style heroic-fantasy mais Richard Donner l’a faite réécrire en gommant tous animaux fantastiques. L’histoire semble ainsi plus réelle. La photographie de Vittorio Storato est superbe (1). On ne peut hélas en dire autant de la musique qui est… épouvantable, sorte de rock symphonique qui vient gâter le bel édifice (2). Le jeune Matthew Broderick est ici dans un de ses tous premiers rôles, Michelle Pfeiffer est d’une grande beauté, comme le demande le rôle.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Matthew Broderick, Rutger Hauer, Michelle Pfeiffer, Leo McKern, John Wood, Alfred Molina
Voir la fiche du film et la filmographie de Richard Donner sur le site IMDB.

(1) Vittorio Storato est un talentueux directeur de la photographie italien auquel on doit également les images d’Apocalypse Now, Le dernier Empereur, Reds, Tucker, …
(2) La musique est signée Andrew Powell qui est l’arrangeur d’Alan Parsons qui a d’ailleurs produit la musique. C’est étonnant que le résultat soit si désastreux : même si j’avoue n’avoir jamais été un grand fan d’Alan Parsons Project, la musique de Ladyhawke m’a semblée être un ton nettement en dessous.

Anecdote :
La Warner prétendant dans toute sa communication que Ladyhawke était basé sur une authentique légende du XIIIe siècle, Edward Khmara s’est plaint auprès de la Writers Guild Association. La Warner a reconnu ses torts et a octroyé des dommages à l’auteur mais a ensuite continué à clamer que l’histoire était basée sur une légende médiévale… 

5 commentaires sur « Ladyhawke, la femme de la nuit (1985) de Richard Donner »

  1. Votre richesse cinématographique est impressionnante !
    Dommage que les articles sont souvent courts, mais merci de partager tant de culture et de faire découvrir des films souvent oubliés.
    Je repasserai !

    Concernant ce film, que je n’ai pas vu, l’univers semble assez attirant. Je vais essayer de me regarder ca.

  2. Au delà de la qualité de la musique, elle est en plus en décalage complet avec le sujet. Même très bonne, j’ai peine à croire qu’une musique « moderne » puisse s’accorder avec un sujet héroic-fantasy. Et effectivement, ça gâche quand même pas mal de scène qui du coup deviennent presque comique…

  3. Oui, le décalage est très important. Les scènes de chevauchée sont effectivement grotesques. Lors du générique du début, en entendant la musique, je me suis dit « Ah tiens, c’est un film satirique »… mais non, ce n’était pas vraiment satirique. 🙁

    J’ai rarement vu une musique aussi décalée et si difficile à supporter.

  4. J’ai découvert ce film via cette vidéo « https://www.youtube.com/watch?v=JLoWA-5xAVI »… un montage de fans…
    Je n’ai eu de cesse que de trouver le film… mais je n’ai pas pu le regarder jusqu’au bout… Comme vous l’écrivez la musique rock FM épouvantable était insupportable… Vraiment dommage.

  5. L’histoire est belle et les acteurs sont talentueux dans leurs rôles. La réalisation est également bonne avec un récit fluide et cohérent avec des personnages qui évoluent bien et qui partagent une alchimie crédible. Les décors sont également beaux et retranscrivent bien l’ambiance moyen-âgeuse de l’histoire. Chose inédite, Navarre et Isabeau ne sont pas des amoureux « classiques ». En effet, nous ne sommes pas face à des amants langoureux et geignards qui s’apitoient sur leur sort qui attendent désespérément un miracle sans rien tenter pour s’en sortir mais à deux personnes réalistes, adultes, qui essaient de vivre avec ce qui leur est arrivé, un brin sarcastiques et résignés à vivre une vie d’éternelle séparation sans s’apitoyer sur leur sort au sens propre comme au figuré.
    « La souris » est un personnage-spectateur et en même temps un actionneur qui sera embarqué dans une histoire malgré lui qui finira par aider par compassion. De plus, ses monologues envers Dieu marchent bien pour la comédie.
    Imperus aussi marche bien pour la comédie. Ivrogne aimant le bon vin, il est aussi touchant dans ses facettes différentes: comique dans sa manière de maugréer, homme vivant dans la honte voulant tout faire pour réparer ses erreurs, homme moqueur envers les gens méprisables…
    L’Evêque d’Aquila est un excellent méchant. Bien qu’on ne le voit pas beaucoup, le fait qu’il soit intelligent dans sa méchanceté en envoyant des gens compétents pour traquer les amants et Philippe et que l’on sache qu’il a maudit des amants juste par jalousie en font un homme dont il faut avoir peur. De plus, sa monstruosité est présente tout au long du film au point d’être imprévisible, ce qui le rend encore plus menaçant.
    Hélas, le film n’est pas sans défauts. Si je ne trouve pas la BA atroce, elle est totalement HORS-SUJET. Cela gâche le plaisir du film qui est vraiment bon avec une ambiance moyen-âgeuse authentique. Heureusement qu’une bande-son alternative bien plus belle existe sur le net et qu’elle peut s’écouter avec les extraits du film. Ce serait bien que la Warner l’officialise.
    En dehors de ça, je regrette aussi qu’ils se soient contentés d’avoir recours au tournage en nuit américaine pour les scènes censées se dérouler de nuit car, en dehors du fait que la restauration du DVD enlève l’effet « sombre », le fait d’avoir tourné comme ça alors que le ciel était nuageux pendant certaines scènes ne donnait pas vraiment l’illusion qu’il faisait nuit. D’autant plus que le procédé était déjà daté à l’époque (1985).
    Autre défaut, les effets spéciaux. Certes, le film date mais des films plus anciens avaient eu recours à des transformations plus convaincantes que celles de ce film: la plupart se font soit en hors-champ, soit en gros plan par les yeux des deux amants sans que l’on ne voit les transformations sur leurs corps. La même année sortait « Retour au pays d’Oz » dans lequel les transformations magiques étaient plus convaincantes.
    Un film que je qualifierai de partagé qui alterne entre le bien et le pas bien même si je lui trouve plus de qualités que de défauts. Mais les défauts gâchent tellement le visionnage que ça n’en fait pas un film bon dans l’ensemble.

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