23 octobre 2006

« Entre ses mains » (2005) d’ Anne Fontaine

Entre ses mainsElle :
(pas vu)

Lui :
On peut dire que c’est grâce à ses deux acteurs principaux que ce film conserve un certain intérêt ; le scénario, basé sur la relation étrange entre une femme et un homme qu’elle soupçonne d’être un tueur en série, est en effet peu approfondi, un peu trop prévisible et l’on aurait envie de pousser Anne Fontaine à aller plus loin. C’est sans doute pour cette raison qu’Isabelle Carré a un jeu sans doute un peu moins intense qu’à l’accoutumée ; elle exprime tout de même parfaitement l’ambiguité de son personnage troublé par son attirance. Benoît Poelvoorde est assez étonnant, étrange et inquiétant, dans un registre qui lui est donc peu familier mais où il réussit parfaitement.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Benoît Poelvoorde, Isabelle Carré, Jonathan Zaccaï, Valérie Donzelli
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22 octobre 2006

« La cloche a sonné » (2005) de Bruno Herbulot

La cloche a sonnéElle :
Parfois, certains films se font éreinter, on ne comprend pas trop pourquoi. Sans être un grand film, cette comédie est plutôt pétillante. Ses dialogues sont amusants et les situations plutôt cocasses. Fabrice Luchini en gourou de stage de remise en forme et les autres acteurs (François Cluzet et Elsa Zylberstein) ne font pas dans la surenchère. Certes, le scénario aurait pu être plus riche mais dans l’ensemble, Bruno Herbulot parvient à distiller un humour de bonne facture ainsi qu’un brin de fantaisie bienvenu.
Note : 3 étoiles

Lui :
Le professeur Luchini qui organise des stages pour remettre d’aplomb les gens stressés ou mal dans leur peau, voilà une situation qui nous promet du cocasse et du pittoresque… Effectivement dès le discours de bienvenue, on entre tout de suite dans une satire assez gentille de ces pseudo-stages qui s’appuient sur un mélange de philosophie vaguement orientale et de retour à la terre qui fleure bon les années 70. Les situations cocasses s’enchaînent ensuite. L’ensemble est amusant, on rit souvent, même si l’on peut regretter que le scénario n’aille pas assez loin avec ses personnages : on a souvent l’impression que le film aurait pu franchement décoller, qu’il ne manque qu’une petite étincelle pour en faire un film jubilatoire. On peut aussi regretter la publicité un peu voyante pour un constructeur de voiture suédois.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Fabrice Luchini, François Cluzet, Elsa Zylberstein, Amira Casar
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20 octobre 2006

« Nordeste » (2005) de Juan Diego Solanas

NordesteElle :
De bonnes choses dans ce premier long métrage argentin mais un scénario inégal. La première partie du film met beaucoup de temps à se mettre en place. L’ennui a tendance à s’installer malgré la gravité du sujet. On suit en parallèle les vies solitaires d’une française privilégiée (Carole Bouquet) qui veut adopter un enfant et celle d’une jeune argentine pauvre qui peine à survivre. Le film retrouve son intérêt à partir du moment où les deux femmes se rencontrent. Le mérite du réalisateur est de pointer du doigt les carences de la société argentine. D’un côté les riches propriétaires, de l’autre les démunis qui n’ont d’autres ressources que de vendre leurs enfants et de faire du trafic d’organes ou de drogue et enfin les occidentaux qui sous prétexte de mal d’enfant, entretiennent cet état de fait et se rendent complice de ces trafics.
Note : 3 étoiles

Lui :
« Nordeste » fait un parallèle assez terrible entre le portrait de 2 femmes : l’une se débat dans le nord-est de l’Argentine pour parvenir à survivre avec son enfant de 13 ans, l’autre est une française aisée venue dans ce même pays pour tenter d’adopter illégalement un enfant. Il est bien entendu difficile de critiquer ce film qui dénonce la misère et le trafic d’enfants mais il est regrettable que le rythme vraiment trop lent du film nous fasse décrocher, surtout dans sa première moitié. Carole Bouquet s’est visiblement beaucoup impliquée dans son rôle qu’elle interprète avec beaucoup d’authenticité, sans fard.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Carole Bouquet, Aymará Rovera
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14 octobre 2006

« La moustache » (2005) d’ Emmanuel Carrère

La moustacheElle :
Une bonne surprise avec ce deuxième film d’Emmanuel Carrère adapté de son propre roman. L’écrivain montre une bonne maîtrise de la mise en scène, chose assez rare chez un réalisateur non professionnel. L’idée de départ de scénario autour cette moustache rasée est vraiment très riche : elle donne lieu à toutes sortes de voies intéressantes pour étudier le comportement humain.

Le regard des autres est vital pour avoir le sentiment d’être vivant ; c’est tout le sujet du film qui parle de choses graves mais non dénuées d’humour. Une femme ne remarque pas l’absence de moustache de son compagnon et c’est le début de la fracture du couple et d’une longue errance à la limite de la folie pour le mari qui se réfugie à Hong Kong.

Emmanuel Carrère ne nous donne pas toutes les clés car les frontières entre le réel et l’imaginaire sont brouillées. A nous de trouver notre propre chemin. Vincent Lindon et Emmanuel parviennent à bien faire passer la fragilité et l’éphémérité de leur relation au bord du gouffre. On passe un bon moment.
Note : 5 étoiles

Lui :
Quand Emmanuel Carrère passe derrière la caméra, il est logique qu’il nous fasse un film d’écrivain. Avec « La moustache », il réussit une belle performance d’écriture : comment, à partir d’un geste à la fois important et anodin (se raser la moustache), un homme pourrait-il voir sa vie s’écrouler comme un château de cartes ? Pas facile, et pourtant Emmanuel Carrère y parvient en partant de petits détails qui enflent et qui finissent par former une trame inquiétante et un monde mouvant. Pour Vincent Lindon, toutes les certitudes qu’il avait tombent les unes après les autres. Il perd pied.

La force du film est de nous faire partager les interrogations de son personnage : la sollicitude bienveillante de sa femme ne serait-elle pas la marque d’un complot ourdi par ses proches ? En tant que spectateur, on oscille, ne sachant trop quoi penser, se raccrochant aux quelques branches que l’on veut bien nous tendre. « Nous n’existons que par le regard des autres » semble nous dire Emmanuel Carrère qui s’amuse à malmener notre esprit rationnel qui voudrait tant trouver une explication à tout cela. Il est certainement vain de chercher l’explication unique, imparable, elle n’existe pas forcément et ne serait de toutes façons que d’un intérêt secondaire.

(Arrêtez ici la lecture de ce billet si vous n’avez pas encore vu le film.)

La fin, si énigmatique, n’existe probablement que dans l’esprit de son personnage : il idéalise comment tout cela aurait dû se passer, ou comment il pourrait renouer avec sa vie, retomber sur ses pieds. Mais le plan final sur la carte postale à la dérive et surtout de Vincent Lindon qui ouvre les yeux est, hélas pour lui, sans équivoque…

Peu auparavant, comme dans un dernier moment de lucidité, il avait écrit à sa femme (sur la fameuse carte postale) : « Sans tes yeux, je ne vois rien ». Le lendemain, il va accomplir de façon répétitive un acte inutile pour lui (prendre le bac pour se rendre à Hong Kong) comme pour se trouver une place, se donner un rôle dans un monde qui n’est plus le sien. Sur la carte postale, il aurait pu tout aussi bien écrire : « Sans tes yeux, je ne suis rien » !
Note : 4 étoiles

Acteurs: Vincent Lindon, Emmanuelle Devos
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13 octobre 2006

« L’anniversaire » (2005) de Diane Kurys

AnniversaireElle :
(pas vu)

Lui :
Partant du thème ultra classique de la bande de copains qui se retrouve 20 ans plus tard, Diane Kurys ne développe pas suffisamment son scénario et se contente d’aligner poncifs sur poncifs. Les personnages n’ont aucune profondeur. Quelques scènes amusantes disséminées ici et là nous font rester jusqu’au bout mais le film ne dépasse pas le niveau de l’anecdote. Dommage.
Note : 1 étoiles

Acteurs: Lambert Wilson, Jean-Hughes Anglade, Michèle Laroque, Pierre Palmade
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11 octobre 2006

« Le parfum de la dame en noir » (2005) de Bruno Podalydès

Le Parfum de la dame en noirElle :
(pas vu)

Lui :
Dans le « Mystère de la chambre jaune », Bruno Podalydès mêlait humour et enquête policière. Dans ce second volet, il pousse le modèle encore plus loin : l’humour y est encore plus présent, il occupe même tout l’espace à tel point que la résurgence de la trame policière au 2/3 du film paraît presque incongrue. La résolution de l’affaire est alors un peu expédiée et cette dernière partie n’est pas vraiment convaincante car, en tant que spectateur, nous ne sommes plus dans le bain… Non, c’est la première partie qui paraît la plus réussie avec un humour distillé constamment par petites touches, sans jamais avoir besoin de forcer le trait. Bruno Podalydès joue vraiment avec ses personnages dans ce château bizarre, hors du temps. Certaines scènes sont même assez mémorables, telle la scène des périscopes dans le puits.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Denis Podalydès, Sabine Azéma, Zabou, Olivier Gourmet, Jean-Noël Brouté, Michael Lonsdale
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30 septembre 2006

« Les poupées russes » (2005) de Cédric Klapisch

Poupees russesElle :
Je ne suis toujours pas convaincue par ce deuxième volet de l’Auberge espagnole. Cette comédie très gentillette sur les déboires et questionnements de ce trentenaire n’apporte pas grand-chose et s’éternise sur plus de deux heures, ce qui finit par lasser.
Note : 2 étoiles

Lui :
Situé 5 ans après « L’auberge espagnole », ce film permet à Cédric Klapisch de rejouer la carte « jeune et cosmopolite ». Nous passons donc aux trentenaires qui se cherchent… Une fois encore, ses personnages manquent d’épaisseur : à part être totalement déboussolés, ils ne s’intéressent à rien et restent des grands adolescents. Le film est à leur image, un peu brouillon et déstructuré, sans but, avec trop de personnages et beaucoup de scènes et de paroles inutiles. Quelques images racoleuses ou effets techniques (souvent réussis ceci dit) viennent remplir un peu pour soutenir l’attention. C’est gentillet mais c’est beaucoup beaucoup trop long.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Romain Duris, Kelly Reilly, Audrey Tautou, Cécile De France, Kevin Bishop
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21 septembre 2006

« Sin City » (2005) de Robert Rodriguez

Sin cityElle :
(pas vu)

Lui :
Je dois bien avouer que j’avais un a priori négatif sur ce film (je ne suis pas un grand fan de Rodriguez ni de comic books), mais j’ai tenu à le voir par curiosité et j’ai été agréablement surpris. Dans sa forme, il s’agit certainement d’une des adaptations les plus abouties et les plus innovantes d’une bande dessinée à l’écran : aussi bien l’esprit que le graphisme sont parfaitement conservés. Le rendu très stylisé en noir et blanc avec touches de couleurs est assez remarquable, les plans sont proches de ceux des comics et les personnages sont assez hauts en couleur… Le plus réussi est certainement ce colosse braque et fonceur, interprété par un Mickey Rourke parfaitement méconnaissable sous le maquillage. Bien entendu, le contenu est assez limité : les mecs sont brutaux et virils, les femmes sont soit des prostituées soit des amazones (ou les deux), et tout ce petit monde s’entretue avec la plus grande sauvagerie possible sous un vague prétexte justicier. C’est sans doute à cause de cela que le film paraît trop long : parmi les 3 histoires, la dernière m’a franchement ennuyé. Malgré cela, on ne peut qu’être admiratif devant la perfection technique de cet exercice de style réussi (ceci dit, je ne suis pas certain d’aller voir le "2"…)
Note : 3 étoiles

Acteurs: Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessica Alba
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7 septembre 2006

« Avant qu’il ne soit trop tard » (2005) de Laurent Dussaux

Avant qu’il ne soit trop tardElle :
(abandon)
Note : 0 étoile

Lui :
Le scénario évoque plus une série TV qu’un film : une quinzaine de trentenaires se retrouvent dans un chalet isolé pour une fête et lavent leur linge sale. Nous sommes donc en plein ‘sitcom’ : A est jalouse de B parce qu’elle a couché avec C alors que D annonce qu’elle va quitter E (puisqu’il a couché avec A). Tout le film reste à ce niveau et les dialogues sont aussi vides que n’apparaissent leurs vies.
Note : 1 étoiles

Acteurs: Frédéric Diefenthal, Émilie Dequenne, Elodie Navarre
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5 septembre 2006

« Kingdom of Heaven » (2005) de Ridley Scott

Kingdom of HeavenElle :
(pas vu)

Lui :
L’action de « Kingdom of Heaven » se situe aux alentours de la seconde croisade (XIIe siècle). Le sujet peut être assez explosif… Pour éviter de donner une couleur politique à son film, Ridley Scott a empâté son scénario d’un humanisme qui semble déborder de partout. Ses personnages semblent se livrer à un concours d’altruisme. C’est l’Histoire revue par Hollywood : un beau héro au grand cœur, des scènes épiques, de grands moments de bravoure et une bonne dose d’humanisme. Le scénario se déroule sans surprise et l’ennui n’est pas loin. Mais c’est sans compter l’efficacité d’une machine bien rodée, surtout entre les mains d’un Ridley Scott : les scènes de bataille sont massives et assez impressionnantes, privilégiant les scènes larges, sans abuser des gros plans faciles. Les scènes du siège de Jérusalem sont particulièrement remarquables. Judicieusement, la production (anglaise) a su éviter les acteurs trop connus et les choix faciles pour aller puiser dans le formidable creuset anglais.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Orlando Bloom, Liam Neeson, Jeremy Irons, Eva Green
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