27 juin 2008

Chercheuses d’or (1933) de Mervyn LeRoy

Titre original : « Gold Diggers of 1933 »

”ChercheusesElle :
(pas vu)

Lui :
Précisons d’emblée que Chercheuses d’Or n’a rien à voir avec la ruée vers l’or… Non, le terme Gold Digger désigne familièrement une aventurière. Trois jeunes femmes artistes de music-hall trouvent enfin du travail dans un nouveau show. Un concours de circonstances va les faire rencontrer des hommes de la haute société. Chercheuses d’Or s’inscrit dans la lignée de 42e Rue (où Mervyn LeRoy, malade, fut remplacé par Lloyd Bacon) c’est-à-dire de comédies musicales d’un nouveau genre : dans une Amérique ébranlée par la Grande Dépression, le public désirait voir des comédies avec un contenu plus ancré dans la réalité. Chercheuses d’Or n’est pas une comédie musicale à part entière (il n’y a que 4 numéros musicaux) mais plutôt une comédie avec les difficultés économiques de la Dépression en toile de fond. ”ChercheusesLe dernier numéro musical, « Remember my forgotten man » traite même sans équivoque et de manière très directe de la guerre et du chômage. Même si elle ne semble pas totalement aboutie, la satire sociale est aussi bien présente dans ce face à face entre haute et basse société. Mais l’ensemble reste (ou semble rester) dans une tonalité légère et libre, voire libertine : cet équilibre subtil est la grande réussite de Chercheuses d’Or qui est un film très facile et plaisant. Encore plus nettement que dans 42e Rue, Busby Berkeley montre son inventivité dans la chorégraphie des ballets, franchement époustouflants, s’inscrivant parmi les meilleurs du genre.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Warren William, Joan Blondell, Aline MacMahon, Ruby Keeler, Dick Powell, Ginger Rogers
Voir la fiche du film et la filmographie de Mervyn LeRoy sur le site imdb.com.
Voir les autres films de Mervyn Leroy chroniqués sur ce blog…

Les 4 ballets musicaux de Chercheuses d’Or 1933 signés Busby Berkeley :
We’re in the money (chanté par Ginger Rogers) en ouverture, très beau jeu avec de grosses pièces d’or,
Pettin’ in the park, étonnamment audacieux et érotique (nous sommes juste avant la généralisation du Code Hays et de sa censure) avec une fantastique scène avec les ballons,
The Shadow Waltz, l’un des ballets les plus célèbres de Busby Berkeley, avec ses violons blancs lumineux, une merveille…
Remember my forgotten man, le plus sombre et réaliste mais aussi le plus puissant, parlant du chômage des soldats de retour de la Grande Guerre.

Du fait du grand succès du film, il y eut également :
Gold Diggers of 1935 par Busby Berkeley (1935)
Gold Diggers of 1937 de Lloyd Bacon et Buby Berkeley (1936)
Gold Diggers in Paris de Ray Enright (1938)
mais le Gold Diggers of 1933 reste le plus réussi et le plus marquant.

7 juin 2008

Ames libres (1932) de Clarence Brown

Titre original : « A free soul »

Ames libresElle :
(pas vu)

Lui :
A Free Soul fait partie des premiers grands mélodrames du parlant. C’est l’adaptation d’un roman presque autobiographique d’Adela Rogers St John. L’âme libre (on peut se demander pourquoi le titre a été traduit par Ames Libres au pluriel), c’est la fille d’un avocat plutôt brillant mais alcoolique, une jeune femme sûre d’elle et très libérée qui va se retrouver dans une position fort délicate. Norma Shearer montre beaucoup de présence dans ce rôle qu’elle interprète avec beaucoup d’aplomb avec un mélange d’assurance et de cette sensualité exubérante qui caractérise les films du début des années 30 (ses robes de satin fluide révèlent plus qu’elle ne cachent…) ”Ames L’avocat alcoolique, c’est un Lionel Barrymore au meilleur de son art : sa scène de la plaidoirie finale (qu’il a tournée en une seule prise) a de quoi arracher des larmes aux cœurs les plus endurcis ; elle lui valut un oscar et un contrat à vie à la MGM. Le troisième acteur marquant de Ames Libres aurait du être Leslie Howard, mais c’était sans compter le jeune Clark Gable qui montre beaucoup de charme et de magnétisme dans le rôle d’un séduisant gangster et chef de gang. Le pauvre Leslie Howard paraît bien fade face à lui. Ce fut d’ailleurs ce film qui révéla vraiment Clark Gable au grand public car A Free Soul remporta un franc succès à l’époque. Vu 75 ans plus tard, il est aisé de comprendre pourquoi.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Norma Shearer, Lionel Barrymore, Clark Gable, Leslie Howard, James Gleason
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8 mai 2008

Le chien jaune (1932) de Jean Tarride

”LeElle :
(pas vu)

Lui :
Le Chien Jaune de Jean Tarride et La Nuit du Carrefour de Jean Renoir sont les deux premières adaptations d’un roman de Simenon à l’écran, les deux premiers d’une (très) longue liste donc. Force est de constater que le Le Chien Jaune est bien moins prenant que le film de Renoir tourné la même année. Le rythme est assez lent et l’intrigue plutôt mal exposée et développée. C’est le père du réalisateur qui joue le rôle de l’inspecteur Maigret. Son personnage est assez dans le ton, extrêmement placide.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Abel Tarride, Rosine Deréan, Robert Le Vigan
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean Tarride sur le site imdb.com.

4 mai 2008

Blonde Crazy (1931) de Roy Del Ruth

Autre titre : « Larceny Lane » (UK)

”BlondeElle :
(pas vu)

Lui :
Tourné peu après L’Ennemi Public, ce Blonde Crazy permit à James Cagney de consolider sa popularité naissante. Certes, il joue toujours un escroc, mais cette fois c’est un escroc à la petite semaine qui se révèle être très sympathique car éperdument amoureux de Joan Blondell. Tous les deux sont parfaitement complémentaires à l’écran et forment un remarquable duo. Le film eut un tel succès que Cagney alla renégocier son contrat chez Jack Warner qui lui tripla presque son salaire ! Vu aujourd’hui, Blonde Crazy a tout de même un peu vieilli et semble manquer un peu de flamboyance, mais le film reste plaisant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: James Cagney, Joan Blondell, Louis Calhern, Ray Milland
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19 mars 2008

Billy le Kid (1930) de King Vidor

Titre original : « Billy The Kid »

Billy le Kid Elle :
(pas vu)

Lui :
La MGM ne voulant pas mettre en scène un hors-la-loi antipathique, King Vidor dut s’éloigner franchement de la vérité historique pour nous présenter un Billy the Kid séduisant, humain et agissant toujours pour défendre les faibles. Les studios imposèrent Johnny Mack Brown pour le rôle principal. Son physique de jeune sportif semble en décalage total avec son rôle de roi de la gâchette qui inspire la crainte et ses efforts pour faire croire à son personnage n’arrangent rien. Wallace Beery, quant à lui, est pour une fois sobre (dans son jeu tout comme au sens propre) et donne une assez bonne performance sans être franchement notable. Billy le Kid fut l’un des premiers films à être tourné en 70mm pour être diffusé sur écran large dans certains cinémas. Certaines scènes ont été tournées dans le Grand Canyon. Aucune copie 70mm ne semble avoir survécu.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Johnny Mack Brown, Wallace Beery, Kay Johnson
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Quelques autres versions et variations sur le thème de Billy Le Kid :
Billy The Kid le réfractaire (Billy the Kid) de David Miller (1941) avec Robert Taylor
Le Gaucher (The left handed gun) d’Arthur Penn (1958) avec Paul Newman
Pat Garrett et Billy the Kid de Sam Peckinpah (1973) avec James Coburn, Kris Kristofferson (et Bob Dylan)
Young Guns de Christopher Cain (1988) avec Emilio Estevez
… plus de nombreux autres (voir la liste sur IMDB)

17 mars 2008

La Reine Christine (1933) de Rouben Mamoulian

Titre original : « Queen Christina »

La Reine ChristineLui :
Juste après avoir tourné Comme tu me veux (As you desire me), Greta Garbo s’était retirée en Suède pendant plusieurs mois. La MGM, craignant qu’elle ne veuille mettre un terme à sa carrière, lui fit une proposition alléchante de contrat où elle avait droit de regard sur le choix du réalisateur et des acteurs. C’est ainsi qu’au tout début du tournage de La Reine Christine elle fit remplacer Laurence Olivier par John Gilbert, acteur avec lequel elle avait souvent tourné et qui était en disgrâce depuis l’avènement du parlant (ce fut d’ailleurs son avant-dernier film)(1). Le scénario de cette histoire (très) romancée d’une Reine de Suède au XVIIe siècle est signé Salka Viertel, ami de Garbo tout comme le directeur de la photographie. De même, « La Divine » avait Rouben Mamoulian en grande estime. La Reine Christine fut donc un film sur mesure pour Greta Garbo où tout était selon son désir et, en contrepartie, elle nous gratifia de son plus beau rôle au cinéma, merveilleusement portée par le talent de Mamoulian. Elle incarne avec une telle présence cette femme de tête qui refusait de sacrifier sa vie à son destin que les autres acteurs ne peuvent faire que de la pâle figuration à côté d’elle. La Reine Christine De nombreuses scènes sont mémorables et merveilleuses : l’auberge où elle est prise pour un garçon, les scènes d’amour avec John Gilbert (« Je mémorise cette pièce ») et bien entendu cette scène finale, célébrissime, sans aucun doute l’un des plus beaux plans de toute l’histoire du cinéma : un zoom avant jusqu’au très gros plan sur le visage de Garbo à l’avant du navire qui l’emporte, avec un éclairage d’une pureté absolue. Mamoulian aurait dit à Garbo : « je voudrais que ton visage soit une feuille de papier vierge sur laquelle chaque spectateur pourra écrire ce qu’il ressent » et effectivement son visage est presque inexpressif tout en semblant porter toute la détresse du monde avec volonté et résignation. En fait, ce visage, on peut lui prêter tour à tour tous les sentiments possibles et imaginables. Quel acteur/actrice pourrait aujourd’hui faire un tel plan et exprimer tant de sentiments sans en montrer un seul ?
Note : 5 étoiles

Acteurs: Greta Garbo, John Gilbert, Ian Keith
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(1) Non seulement, Gerta Garbo avait tourné avec John Gilbert mais les deux acteurs avaient eu une liaison passionnée en 1926 et 27. Le mariage était prévu mais le jour même, Greta Garbo se désista, laissant John Gilbert seul devant l’autel. Cette grande déception sentimentale le fit sombrer dans l’alcool. De plus, au passage vers le parlant, sa voix se révéla être décevante, peu en accord avec son physique.

Greta Garbo - La Reine ChristineGreta Garbo dans la scène finale de La Reine Christine de Rouben Mamoulian.

22 février 2008

Les hommes sont si bêtes (1938) de Busby Berkeley

Titre original : « Men are such fools »

Les hommes sont si bêtesElle :
(pas vu)

Lui :
Ce film assez rare de Busby Berkeley est probablement une de ces commandes de la Warner que Berkeley tourna entre deux musicals. L’histoire, assez simple, met une scène une jeune femme brillante qui grimpe rapidement les échelons dans son agence de publicité. Ce genre de scénario témoigne des interrogations issues de la libéralisation de la femme aus Etats-Unis en ces années 30 : doit-on préférer la réussite sociale à la réussite de sa vie en couple ? Pour sa part, Men are such Fools aborde le problème sous le ton de la comédie. Humphrey Bogart est ici dans un second rôle, un personnage d’homme d’affaires playboy dans lequel, il faut bien le reconnaître, il n’est pas franchement remarquable. Plus intéressant est le directeur foldingue joué par un Hugh Herbert toujours égal à lui-même, avec ses fameux « woo woo » et sa manie de tout répéter. Chacune des scènes où il apparaît est un vrai plaisir. Mais la réelle vedette du film est Priscilla Lane, particulièrement sémillante ; elle donne à elle seule une grande vivacité au film. Men are such fools n’est certes pas un film très profond mais reste une amusante comédie légère.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Wayne Morris, Priscilla Lane, Humphrey Bogart, Hugh Herbert
Voir la fiche du film et la filmographie de Busby Berkeley sur le site imdb.com.

Remarque : Men are such Fools semble ne jamais avoir été édité commercialement en cassette ou DVD aux Etats-Unis et à fortiori en Europe. D’ailleurs le titre français Les Hommes sont si bêtes a beau être mentionné dans certains livres sur Humphrey Bogart, d’après IMDB, le film ne serait jamais sorti sur les écrans en France.

21 février 2008

Femmes (1939) de George Cukor

Titre original : « The women »

FemmesElle :
(pas vu)

Lui :
Femmes est un petit tour de force de la part de George Cukor du fait du très grand nombre de personnages principaux. Ce sont toutes des femmes, il n’y a pas un seul homme visible à l’écran… et elles ont toutes des caractères extrêmement différents. Car c’est bien entendu sur le fond que la richesse du film réside. Femmes Il faut laisser passer cette impression de misogynie que l’on peut ressentir dans le premier tiers du film pour ensuite s’apercevoir à quel point Cukor montre avec une certaine clairvoyance cette indépendance que les femmes commençaient à gagner en cette fin des années trente. Avec le recul, on considère même que Cukor a même été assez visionnaire. Au-delà du film sociologique qui dresse des portraits tous très différents, Femmes est aussi une comédie, avec un rythme particulièrement rapide de dialogues et qui nous fait sourire très souvent, à commencer par le générique. C’est cet équilibre entre comédie et drame sociologique qui lui permet de traverser si facilement le temps.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Norma Shearer, Joan Crawford, Rosalind Russell, Mary Boland, Paulette Goddard, Phyllis Povah, Joan Fontaine
Voir la fiche du film et la filmographie de George Cukor sur le site imdb.com.

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Détail : La scène en couleurs de présentation de mode fut imposée par les studios à George Cukor.

12 février 2008

Sous le masque (1936) de Malcom St. Clair

Titre original : « Crack-up »

Sous le masqueElle :
(pas vu)

Lui :
Film assez rare et plutôt court, Sous le Masque met en scène une histoire d’espionnage dans le monde de l’aviation : Peter Lorre, qui se fait passer pour un simple d’esprit, est en fait à la tête d’une petite organisation d’espions qui essaie de voler les plans d’un avion révolutionnaire. Sous le masque Le film n’est pas franchement remarquable si ce n’est que Peter Lorre joue pour une fois autant sur le côté comédie que sur le côté dramatique et inquiétant. Cet humour et cette dérision seront ensuite présents dans plusieurs de ses films ultérieurs. On note par ailleurs quelques points communs entre son personnage du Colonel Gimpsy de Sous le Masque avec le Mister Moto de la série qu’il tournera juste après, toujours dans la toute jeune 20th Century Fox.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Peter Lorre, Brian Donlevy, Helen Wood, Ralph Morgan
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Un autre film porte le même titre :
Crack-up d’Irving Reis (1946) avec Claire Trevor et Pat O’Brien.
Aucun point commun entre les 2 films.

7 février 2008

Les fantastiques années 20 (1939) de Raoul Walsh

Titre original : « The roaring twenties »

Les fantastiques années 20Elle :
(pas vu)

Lui :
Au lendemain de la guerre de 14-18, trois vétérans reviennent en Amérique. Ne trouvant pas de travail, la prohibition leur fournira l’occasion de monter un trafic lucratif. Ce film noir de Raoul Walsh s’inscrit pleinement dans la tradition des films de gangster de la Warner : il nous retrace l’ascension d’un petit caïd que James Cagney personnifie à merveille, tout en restant dans un registre beaucoup moins violent que par exemple Public Enemy. Il est même par certains côtés plus businessman que gangster et c’est Bogart, en second rôle, qui interprète le rôle du violent, l’antipathique, celui qui fait facilement parler les armes. Les Fantastiques Années 20 est donc très classique, Raoul Walsh est ici loin de l’intensité de L’enfer est à lui (White Heat) qu’il réalisera 10 ans plus tard avec le même James Cagney, mais le film reste plaisant à regarder.
Note : 3 étoiles

Acteurs: James Cagney, Priscilla Lane, Humphrey Bogart, Gladys George, Jeffrey Lynn
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