13 septembre 2008

Une Journée particulière (1977) de Ettore Scola

Titre original : « Una giornata particolare »

Une Journée particulièreElle :
1938, à Rome le jour d’un défilé fasciste au moment de la visite d’Hitler à Mussolini. Une étrange relation va se nouer entre une mère de six enfants imprégnée des idées fascistes de son mari et un homosexuel subversif banni par les autorités politiques. Ces deux personnages si différents l’un de l’autre sont à la dérive dans cet immense immeuble vide. Insatisfaits de leur vie, ils vont finir par se rencontrer, se découvrir, se comprendre, raccorder leur point de vue, leur désir et entrer dans une vibrante et fascinante relation amoureuse d’un seul jour. Seule, la musique militaire fait vibrer les murs. Le quotidien reprendra le dessus pour la femme infidèle comme si rien ne s’était passé. Marcello Mastroianni et Sophia Loren sont très émouvants dans leur solitude sans issue.
Note : 5 étoiles

Lui :
Une Journée particulière se déroule sur une journée. L’unité de temps que Scola a choisie est historique, la visite d’Hitler à Mussolini en 1938 à Rome. Dans une ferveur hystérique, toute la population d’un bloc d’immeubles populaires est partie acclamer les leaders, ne laissant derrière elle que deux êtres victimes, pour des raisons différentes, du système social. Ettore Scola prend deux grandes stars pour les employer à contre emploi : Sophia Loren, super star, en mère de six enfants de milieu populaire et Mastroianni, le grand séducteur, en homme que les femmes laissent froid. La rencontre de ces deux êtres, esseulés au fond d’eux-mêmes, est délicate, difficile même douloureuse. Le contexte historique pèse comme une chape de béton par le biais du son ; il apporte aussi ce sentiment de ne pouvoir échapper à son destin. Film amer, Une Journée particulière rencontra néanmoins un large succès ; Ettore Scola le voulut ainsi : un film pédagogique autant qu’émotionnel.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Sophia Loren, Marcello Mastroianni
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28 août 2008

L’ami de la famille (2006) de Paolo Sorrentino

Titre original : « L’amico di famiglia »

L’ami de la familleElle :
(pas vu)

Lui :
Dès le générique de L’ami de la famille, le ton est donné : Paolo Sorrentino cherche à créer des images qui surprennent et qui frappent à la manière d’un clip. Cette impression ne nous quitte plus ensuite : on a constamment l’impression que l’on cherche à nous épater avec des plans surprenants, des transitions saugrenues, des effets visuels faciles. Le contenu passe au second plan et c’est un peu dommage car le personnage de ce septuagénaire radin et cupide qui prête de l’argent à tout son voisinage (moyennant des taux d’intérêt faramineux) pouvait prêter à une belle comédie à l’italienne. Hélas, l’histoire se développe, certes, mais de façon trop prévisible et peu intéressante et surtout les personnages rencontrés sont trop survolés pour donner de la substance à cet Ami de la Famille.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Giacomo Rizzo, Laura Chiatti, Fabrizio Bentivoglio
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23 juillet 2008

L’incompris (1966) de Luigi Comencini

Titre original : « Incompreso »

L’IncomprisElle :
Comencini traite ce sujet de l’enfance et des complexes relations entre un père et son fils aîné avec une touchante délicatesse. Lorsqu’il apprend la mort de sa mère, Andréa accepte la terrible nouvelle sans montrer d’émotion particulière. Le croyant indifférent, son père reporte toute sa tendresse et attention sur le frère cadet qui prend beaucoup de place. Andréa intériorise sa jalousie. Les jeunes enfants sont très convaincants et la beauté de cette grande propriété florentine ne fait qu’exacerber les émotions qui traversent les personnages. Un film bouleversant.
Note : 5 étoiles

Lui :
L’incompris, c’est Andréa, un garçon de 11 ans qui vient de perdre sa mère. Son père le croit suffisamment fort pour affronter cette épreuve et concentre donc toute son attention sur le jeune frère d’Andréa. Cette histoire, adapté d’un roman de la bibliothèque rose, a vraiment de quoi arracher des larmes aux cœurs les plus secs : rester insensible à la détresse de ce garçon est probablement inhumain. Cela valut au film d’être très mal compris au moment de sa sortie et d’être assassiné par la critique. L’incompris ressortit 11 ans plus tard en 1978 et cette fois la critique lui réserva un accueil triomphal. Cela semble justifié car Comencini fait preuve de beaucoup de délicatesse et ne pêche jamais par excès de sensiblerie facile. Son film est simplement beau et bouleversant, probablement l’un des plus juste sur l’enfance.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Anthony Quayle, Stefano Colagrande, Simone Giannozzi, John Sharp
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Le titre utilisé lors de sa première sortie en France en 1967 fut Mon fils, cet incompris. Une version anglaise existe également, Anthony Quayle jouait en effet en anglais avant d’être doublé en italien.

Remake américain :
Besoin d’amour (Misunderstood) de Jerry Schatzberg (1984) avec Gene Hackman.

15 juillet 2008

Le fanfaron (1962) de Dino Risi

Titre original : « Il Sorpasso »

Le FanfaronElle :
Début des années 60, l’Italie s’émancipe au son du twist, du consumérisme et de l’urbanisation. Dino Risi brosse des portraits hauts en couleur de ses compatriotes dans des ambiances sonores cacophoniques. La rencontre entre ce fanfaron extraverti et cet étudiant timoré donne lieu à des scènes pleines de truculence de la part d’un Vittorio Gassman complètement habité par son rôle. Ces deux nouveaux amis deviennent inséparables malgré leur différence de personnalité. Le flambeur vit dans l’instant des émotions fortes et s’impose avec vulgarité partout où il passe. Son compagnon intraverti interprété par Jean-Louis Trintignant s’interroge sur sa vie tout en retenue et tente de se désinhiber en l’imitant. La relation devient destructrice dès que celui-ci passe de l’autre côté de la barrière. Dino Risi porte un regard à la fois inquiet et ironique sur la société italienne en mutation.
Note : 5 étoiles

Lui :
Le Fanfaron Le Fanfaron est la première comédie de Dino Risi qui fut un grand succès populaire. Après s’être rencontrés fortuitement dans Rome désert un 15 août, un fanfaron quarantenaire volubile et un étudiant timide font ensemble une longue virée en voiture. C’est un peu l’Italie que Dino Risi dépeint à la fois au travers de ces deux personnages que tout oppose et au travers des rencontres qu’ils font dans leur périple. Vittorio Gassman est particulièrement à l’aise pour exprimer toute l’exubérance de son personnage au verbe haut, fonceur sans inhibitions, le doigt sur le klaxon italien de sa petite Lancia décapotable. Vide et superficiel, Risi lui donne tout de même des qualités : la sociabilité, une extraordinaire vitalité et une certaine perspicacité à jauger les gens qu’il a en face de lui. Et face à lui justement, il y a Jean-Louis Trintignant, tout son contraire, doté lui aussi de qualités et de défauts : il est certes beaucoup plus posé et réfléchi, mais il est aussi effroyablement timide et surtout trop malléable. Malgré l’apparente légèreté, ce double portrait que nous offre Le Fanfaron est particulièrement riche.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Vittorio Gassman, Jean-Louis Trintignant, Catherine Spaak
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28 juin 2008

Le Guépard (1963) de Luchino Visconti

Titre original : Il Gattopardo

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Elle :
(En bref) Grosse déception pour cette nouvelle projection de ce film si vanté de Visconti par rapport au souvenir que j’en avais gardé. Palme d’Or 1963 et souvent présenté comme chef d’oeuvre du 7e Art, Le Guépard me semble avoir bien vieilli. Burt Lancaster est toutefois particulièrement émouvant.
Note : 2 étoiles

Lui :
(En bref) Avec cette nouvelle vision, Le Guépard m’est apparu d’un esthétisme trop formel, trop descriptif de l’univers de Visconti, presque laborieux.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Burt Lancaster, Claudia Cardinale, Alain Delon
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12 juin 2008

Juste un Baiser (2001) de Gabriele Muccino

Titre original : « L’ultimo bacio »

Juste un BaiserElle :
Pas grand-chose à dire… juste une petite comédie légère sans importance sur les problèmes de couple qui touchent tous les âges aussi bien la mère vieillissante qui jalouse la vie remplie de sa fille que la-dite jeune femme qui se fait tromper par son compagnon en pleine crise de doute. Les personnages et quiproquos défilent longuement sur un air de déjà vu.
Note : 2 étoiles

Lui :
Certes, Juste un baiser est un film de plus sur les trentenaires indécis, sur ce moment où l’on balance entre l’insouciance et les responsabilités qui se profilent, mais le film Gabrielle Muccino possède un charme certain, pas seulement parce qu’il est italien (cela nous change agréablement des trentenaires américains ou français que l’on commence à connaître un peu beaucoup) mais aussi parce qu’il est porteur d’une certaine innocence, une ingénuité assez rafraîchissante. Juste un baiser est donc plaisant, pittoresque à souhait avec ses scènes de (jeune) ménage « à l’italienne », c’est-à-dire démonstratives en gestes et en paroles, mais aussi plein de vie. Il faut aussi reconnaître que c’est passablement moralisateur…
Note : 4 étoiles

Acteurs: Stefano Accorsi, Giovanna Mezzogiorno, Stefania Sandrelli, Marco Cocci, Pierfrancesco Favino, Sabrina Impacciatore
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Le film ayant été un gros succès en Italie, Juste un baiser eut un remake américain : The Last Kiss (2006) de Tony Goldwyn
(dont on peut raisonnablement supposer que toute cette fraîcheur aura disparu…)

4 juin 2008

Profession reporter (1975) de Michelangelo Antonioni

Titre original : « Professione : reporter »

Profession reporterElle :
Profession Reporter fait partie des films les plus marquants d’Antonioni. Le cinéaste pose des questions sur le destin de chaque individu : peut-on échapper à la monotonie de sa trajectoire de vie en en choisissant une autre comme le fait Jack Nicholson, en se faisant passer pour mort et emprunter les habits d’un trafiquant d’armes. Peut-on vivre sous une autre identité totalement différente ? Le nouveau costume se révèle vite difficile et lourd à porter. Cette quête existentielle est une fuite éperdue en avant sans aucun espoir de retour. Le tout dernier plan qui s’échappe de la fiction et de cette vie rêvée par les barreaux de la chambre et revient à la réalité des personnes et de la vie est tout à fait inédit.
Note : 4 étoiles

Lui :
Profession reporter Un reporter ressent fortement l’échec de sa vie alors qu’il est en reportage dans un village isolé du désert africain. Profitant du décès accidentel de son voisin de chambre, il décide de prendre sa place, d’échanger sa vie avec la sienne et retourne en Europe avec son identité. Profession Reporter peut donner l’impression de présenter comme un polar mais, en réalité, Antonioni traite une fois de plus de la quête d’identité avec cet homme qui voudrait reprendre le contrôle de sa vie pour laisser libre cours au hasard. Son film est plastiquement assez superbe avec de très beaux plans à Barcelone et dans le sud de l’Espagne. Et bien entendu, il y a ce fameux plan final d’un travelling très lent de plusieurs minutes sur l’extérieur d’une chambre par une fenêtre ouverte où Antonioni suggère l’action qui s’y déroule sans la montrer, un des plus célèbres plans du cinéma.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Jack Nicholson , Maria Schneider, Jenny Runacre
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22 avril 2008

L’étoile imaginaire (2006) de Gianni Amelio

Titre original : « La stella che non c’è »

L’étoile imaginaireElle :
Un film un peu désarçonnant dont on a du mal à cerner les aboutissants pendant assez longtemps. Il s’agit davantage de la quête initiatique d’un responsable de maintenance italien qui, par conscience professionnelle, veut aller en Chine réparer la pièce défectueuse de son usine démantelée. La naïveté et le désir de vérité le conduit à partir à la recherche de cette usine. Son parcours semé d’embûches lui donne l’occasion de découvrir la tendresse avec une jeune chinoise et d’aller au bout de lui-même et de découvrir la Chine industrielle avec ses dures conditions de travail et de vie, la pollution, la grisaille. Ce côté documentaire est intéressant et authentique.
Note : 3 étoiles

Lui :
Après que le haut-fourneau de son usine ait été revendu à un groupe chinois, un agent de la maintenance part en Chine de son propre chef apporter le moyen de corriger une pièce qu’il sait défectueuse. L’étoile Imaginaire décrit ainsi cette quête improbable et relativement décalée dans notre monde actuel d’individualisme et de performance. Sans le savoir, cet homme trouvera à l’autre bout du monde de quoi changer sa propre vie. Le film de Gianni Amelio a quelque mal à capturer le spectateur dans un premier temps mais, par le regard qu’il nous offre, trouve le moyen de nous intriguer puis de nous faire partager les sentiments de son héro. La Chine qu’il nous montre est celle des complexes industriels et des vastes cités surpeuplées, une Chine toujours grouillante d’une activité de grands travaux qui l’a fait ressembler à un vaste chantier permanent. Un film inhabituel.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Sergio Castellitto, Ling Tai
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3 avril 2008

Golden door (2006) de Emanuele Crialese

Titre original : « Nuovomondo »

Golden doorElle :
(Abandon)
Note : 0 eacute;toile

Lui :
Golden Door nous fait revivre le parcours d’une famille d’immigrants siciliens, depuis leur campagne aride de Sicile jusqu’aux portes de l’Amérique. Alors qu’il nous avait enchanté avec son film précédent Respiro, Emanuele Crialese nous livre cette fois un film assez vide et empâté d’effets visuels inutiles. Le cinéaste semble ainsi avoir perdu toute la fraîcheur et l’authenticité qui faisaient le charme de ses films. Le personnage joué par Charlotte Gainsbourg donne l’impression de n’être, lui aussi, qu’un effet scénaristique inutile. La partie la plus intéressante de Golden Door se situe sur Ellis Island et le film prend alors une fonction de témoignage historique sur la sélection qui s’y est opérée pendant de nombreuses années, à l’entrée des Etats-Unis.
Note : 1 eacute;toile

Acteurs: Charlotte Gainsbourg, Vincenzo Amato
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30 mars 2008

Libero (2006) de Kim Rossi Stuart

Titre original : « Anche libero va bene »

LiberoElle :
Ce regard d’enfant triste et inquiet sur les fêlures et ruptures de sa famille est tout simplement bouleversant. Equilibriste sur les toits et funambule sur le fil de la vie, il frôle en permanence le précipice sans pouvoir trouver ses marques. Son père le somme d’être fort au travers de la natation qu’il n’aime pas. L’amour au sein de cette cellule familiale existe pourtant mais il ne sait comment s’exprimer, certainement pas en tout cas dans les vociférations du père. Quelques rares instants de bonheur partagés viennent ponctuer le quotidien pour aussitôt s’effacer. Le réalisateur Kim Rossi Stuart campe un père un peu brutal ulcéré par sa vie qui part en lambeaux. Sa femme instable et mal dans sa peau ne parvient pas à jouer son rôle de mère ; elle préfère fuir devant ses responsabilités. Les deux enfants subissent et observent cette disharmonie sans qu’ils puissent faire quelque chose pour l’empêcher. Adultes avant l’âge, ils sont confrontés aux cris, aux querelles, aux confidences des parents trop lourdes à porter et qui les empêchent de s’épanouir. Kim Rossi Stuart met en scène avec beaucoup de sensibilité, de pudeur et de douleur cette enfance malmenée et ces parents en quête d’un bonheur introuvable.
Note : 5 étoiles

Lui :
Le jeune Tommi, 11 ans, a bien du mal à trouver une certaine stabilité entre un jeune père, instable et caractériel, et une mère qui ne fait que de brèves apparitions. Libero est un film vraiment touchant grâce à une authenticité nourrie par un formidable jeu d’acteurs, notamment de la part de Kim Rossi Stuart, le père, et d’Alessandro Morace, le fils, vraiment étonnant de force dans son jeu, retenu et taciturne. Un premier film vraiment réussi.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Alessandro Morace, Kim Rossi Stuart, Barbora Bobulova, Marta Nobili
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