14 janvier 2006

Baby Doll (1956) de Elia Kazan

Baby Doll Elle :
Elian Kazan nous montre une nouvelle fois son talent pour filmer les confrontations pleines de violence et d’ambiguïté. Baby Doll interprétée par Caroll Baker est la jeune femme enfant paumée qui s’ennuie et se livre aux regards des hommes. Le mari qui fait des mauvais coups pour subsister et le possible amant tout aussi machiavélique s’affrontent sous la candeur de cette jeune fille qui n’est pas encore devenue femme. Elia Kazan oppose le noir et le blanc, joue avec les gros plans de visages, les symboles sexuels pour mieux créer le trouble. Un cinéma original et sulfureux pour l’époque.
Note : 4 étoiles

Lui :
Beaucoup de force dans cette adaptation de la pièce de Tennessee Williams, un trio d’acteurs qui semblent toujours à la limite, à la limite de trop charger leur personnage. Elia Kazan filme avec beaucoup de crudité, dans les décors, dans ses cadrages, afin que passe toute la force de cette histoire. Avec le temps, le côté « sulfureux » du film s’est en grande partie estompé ce qui nous laisse avec la possibilité de regarder le film tel qu’il est.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Karl Malden, Carroll Baker, Eli Wallach
Voir la fiche du film et la filmographie de Elia Kazan sur le site IMDB.

Voir les autres films de Elia Kazan chroniqués sur ce blog…

3 commentaires sur « Baby Doll (1956) de Elia Kazan »

  1. Ce film est absolument génial et c’est surtout l’interprétation d’Eli Wallach qui m’a marquée. Cet actor est sublime et très sensuel dans ce film.

  2. C’est sans doute parce que je suis amoureuse d’un homme qui est le portrait robot d’Elie Wallach que j’aime tant ce film. J’aime aussi ElieWallach pour son interprétation remarquable dans ce film et surtout la sensualité avec lequel il l’interprète. Quel dommage que je ne l’ai pas connu en 1956, j’en serais certainement tombée amoureuse mais je n’étais pas née, alors.

  3. DANS LA MOITEUR DES CHAMPS DE COTON
    (pour faire écho aux deux commentaires d’Eli et Schroll)

    Ca se passe au coeur du Mississipi, là bas dans le Sud, et c’est écrit par Tennessee, dont on a tous quelque chose comme chantait Johnny sur musique et paroles de Michel Berger.
    Kazan, metteur en scène de théâtre à Broadway (essentiellement Tennessee Williams et Arthur Miller), puis cinéaste inspiré pour sa direction d’acteurs (remarquée dès son premier film « Le lys de Brooklyn »), se coltinent cette histoire assez simple mais passablement sulfureuse pour l’époque (1956). Ils ont l’un et l’autre la bonne quarantaine lorsqu’ils s’engagent dans cette aventure inspirée par trois pièces courtes de Tennessee datant des années quarante. C’est aussi la première fois que Kazan devient son propre producteur, à la main sur des scénarios de son choix, et obtient le final cut.
    L’image culte du film, reprise sur tous les supports, est celle de Baby doll (Caroll Baker, tout à fait à l’aise dans ce rôle délicat), à quelques jours de ses vingt ans (l’âge légal de la majorité aux USA) suçant son pouce recroquevillée dans son lit d’enfants à barreaux (bonjour la psychanalyse et merci l’Actor’s studio).
    Ses deux partenaires issus du même studio, Karl Malden et Eli Wallach (dont c’est la première prestation à l’écran) sont à la hauteur de ce triolisme jamais consommé.
    Je partage l’opinion de Lui sur le fait que le parfum de scandale (qui a valu au film d’être condamné par les ligues de vertu) est aujourd’hui éventé, et que les acteurs dans les longs gros plans séquences sur leurs visages semblent toujours à la limite du trop, mais c’est souvent la marque de Kazan autant que de Williams, autant que de la méthode Actor’s studio dont on est ici au coeur.
    La musique de Kenyon Hopkins, dont c’est la première partition, déverse dès le générique ses notes soul bienvenues.
    On laissera la phrase finale tchékhovienne dite par Baby doll planer au dessus de ce monde: « Nous n’avons plus qu’à attendre de savoir si on va se souvenir de nous ou bien nous oublier… »

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