18 janvier 2005

Le club des Empereurs (2002) de Michael Hoffman

Titre original : « The Emperor’s Club »

Le club des empereurs Elle :
Ce film est assez bien réalisé mais a un air de déjà vu. On repense au Cercle des Poètes Disparus mais un ton en dessous. Il s’agit des vertus de l’éducation dispensée par William Hundert, un professeur émérite d’histoire romaine vis-à-vis de ses élèves. Il faut dire que ces élèves font partie de l’élite et appartiennent à des familles très riches. Parmi eux un rebelle tricheur que le professeur croit pouvoir ramener dans le droit chemin en le favorisant et en lui inculquant les valeurs de probité et de morale. Malheur lui en prend car ce jeune nanab ne se départira jamais de son vilain défaut. On ne s’ennuie pas mais c’est assez académique, coincé et moralisateur. Il aurait mieux valu situer cette histoire dans une école où se côtoient toutes les couches sociales.
Note : 3 étoiles

Lui :
Par certains côtés, cette histoire de prof rigide mais juste dans une école privée de la haute société peut rappeler Le cercle des poètes disparus. Mais hélas ce film, tout en ayant une réalisation parfaite, nous laisse un peu sur notre faim car cette histoire ne semble mener nulle part, si ce n’est à une demi leçon de morale. En fait, on se rapproche plus d’un divertissement un peu vide.
Note : 3 étoiles

Acteurs:  Kevin Kline, Emile Hirsch, Rob Morrow
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17 janvier 2005

Stormy Weather (2003) de Sólveig Anspach

Titre islandais : Stormviðri

Stormy weatherElle :
Sólveig Anspach nous narre la relation très intense qui s’établit entre une jeune psychiatre interprétée par Elodie Bouchez et une femme autiste islandaise. Ce qui parait un peu invraisemblable c’est que le médecin quitte son ami et son travail pour rejoindre cette femme mariée sur une île islandaise coupée du monde au climat tourmenté. Comme c’est une petite île semblable à une prison l’hiver, on ne sait pas traiter l’autisme puisqu’il n’y a pas de psychiatre. Les malades vivent en famille et sans soin particulier. La réalisatrice ne porte pas de jugement sur l’utilité ou non des soins à prodiguer. Elle observe simplement le comportement de ces deux femmes attirées l’une vers l’autre par on ne sait quel lien mystérieux.
Note : 3 étoiles

Lui :
Une jeune psychiatre qui noue une relation un peu trop intense avec sa patiente autiste au point de tout abandonner pour aller la retrouver sur une île perdue au large de l’Islande, c’est une histoire assez étonnante, à la quelle on croit assez peu, mais il faut mettre au crédit de Solveig Anspach le fait de n’utiliser aucune des ficelles classiques pour nous mettre la larme à l’oeil. Non, elle préfère nous décrire assez fidèlement la relation étrange qui s’établit, même si en final on se demande un peu ce qu’elle a voulu nous montrer.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Elodie Bouchez, Didda Jónsdóttir
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16 janvier 2005

Intolérable cruauté (2003) de Joel Coen et Ethan Coen

Titre original : Intolerable Cruelty

Intolérable CruautéElle :
Bonne comédie avec le duo certes un peu trop voyant Zeta-Jones et George Clooney. Cette satire au vitriol de la jet-set hollywoodienne passe en revue tous les travers, tentations, mensonges, manipulations de ces gens riches ou qui désirent l’être à tout prix. Les seconds rôles que les frères Coen ont concocté sont excellents et on rit franchement (l’associé de Clooney, la copine de Zeta-Jones, le tueur asthmatique, le baron Krauss von Espy). J’ai moins aimé cette histoire de divorces à répétition qui a fini par me lasser.
Note : 3 étoiles

Lui :
Il y a vraiment beaucoup d’humour et de dérision dans Intolérable Cruauté des frères Coen. Le scénario renouvelle bien le genre « veuve noire », genre souvent traité au cinéma, en s’amusant beaucoup avec la place des personnages dans l’intrigue et introduisant une trame particulièrement élaborée et complexe. Les personnages sont souvent caricaturés à outrance, mais c’est pour notre plus grand plaisir. On peut juste reprocher un certain côté racoleur, avec cet étalage de luxe et d’argent et ses deux acteurs vedettes. Un film réellement amusant et assez mordant (même si on peut se demander si ce genre de caricature n’entérine pas une situation plus qu’elle ne la dénonce, mais bon, ne boudons pas notre plaisir…)
Note : 5 étoiles

Acteurs: George Clooney, Catherine Zeta-Jones
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8 janvier 2005

Saraband (2003) d’ Ingmar Bergman (TV)

SarabandElle :
Ce film testamentaire et en partie autobiographique de Bergman remet en scène 30 ans plus tard Liv Ullman et Erland Josephson, les deux acteurs de « Scènes de la vie conjugale ». Ce retour de Marianne vers son ancien mari la replonge au cœur du drame familial qui ne s’est pas cicatrisé avec le temps. C’est dans un décor dépouillé et à fleuret moucheté que Bergman sonde la noirceur des sentiments qui habite le père et le fils et sa fille. Il n’y a pas de cri et de violence, juste des vérités sèchement assenées qui font encore plus mal. Haine, jalousie, rancœur, égoïsme, inceste, vie, mort, de nombreux thèmes liés à la vieillesse de ce couple sont explorés avec sensibilité. Je ne dirai pas que ce film est un chef d’œuvre. Il fascine car c’est le dernier film de Bergman avant son exil définitif sur une île. Je reprocherai également la longueur de certains monologues qui ont tendance à nous plonger dans la torpeur.
Note : 4 étoiles

Lui :
Ce film (ou plus exactement téléfilm) sur la complexité des rapports humains est particulièrement sombre et peu optimiste. C’est bien entendu assez terrible de voir des vies ainsi gouvernées en quelque sorte par la haine. Articulé en 8 tableaux, le film est construit sur les dialogues, 2 personnages à la fois donc, 2 personnages qui se confient ou se confrontent. Il m’a paru un peu difficile d’accrocher, d’autant plus que les personnages sont soit détestables soit d’une froideur polaire. La vision que Bergman a des rapports humains n’est guère attirante.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Liv Ullmann, Erland Josephson, Börje Ahlstedt
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6 janvier 2005

The Station Agent (2003) de Thomas McCarthy

Autre titre (Canada) : Le chef de gare

Station agentElle :
Ce film d’auteur est un petit bijou d’humour, de tendresse et d’amitié entre trois paumés de l’Amérique actuelle et profonde. Joe, un vendeur ambulant gaffeur, Olivia, une femme blessée par le deuil de son fils, et Fin le nain qui regarde passer les trains devant la gare dont il vient d’hériter, se rencontrent et s’attirent de par leur solitude respective. Ils s’apprivoisent, déambulent sur la voie ferrée et regardent passer la vie. Ce film original est drôle et ne tombe pas dans la compassion malsaine. Le réalisateur est parvenu à créer des personnages attachants et hors du commun. A recommander chaudement.
Note : 5 étoiles

Lui :
Le film est bâti sur trois personnages, le personnage principal étant un homme nain passionné de trains qui rencontre une femme et un homme, qui tout comme lui ont un peu du mal à trouver leurs marques. Ce qui est assez remarquable, c’est que Thomas McCarthy parvient à bâtir un film intéressant avec fort peu de choses, seulement en montrant la relation à la fois banale et extraordinaire qui s’établit entre ces 3 personnages qui finissent par être très attachants. Un film tout en délicatesse et avec une bonne dose d’humour.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Peter Dinklage, Bobby Cannavale, Patricia Clarkson
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5 janvier 2005

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2003) de François Dupeyron

Monsieur Ibrahim et les fleurs du CoranElle :
J’ai plutôt bien aimé cette adaptation du roman d’Eric-Emmanuel Schmitt. La relation filiale qui se crée entre ce vieux musulman et ce jeune juif sans famille est touchante et François Dupeyron parvient à saisir les moments d’émotion. Les messages d’espoir, de sagesse et de simplicité ne laissent pas insensibles. Omar Sharif est plutôt convaincant. La reconstitution de la rue Bleue des années 60 est bien faite même si elle est un peu trop léchée. On passe un bon moment et le film donne envie d’autres romans d’Eric-Emmanuel Schmitt.
Note : 4 étoiles

Lui :
Cette histoire de jeune adolescent parisien des années 60 qui se lie d’amitié avec un commerçant arabe de son quartier est assez réussie et assez touchante. Le scénario en soi n’est pas des plus passionnant, et il comporte quelques incongruités, mais le traitement est vraiment proche des personnages, avec beaucoup de chaleur et d’humanité.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Omar Sharif, Pierre Boulanger
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4 janvier 2005

Self control (2003) de Peter Segal

Titre original : Anger management

Anger managementElle :
Abandon. Ce film n’est pas du tout amusant ni intéressant un tant soit peu. Jack Nicholson qui semble s’acheminer de plus en plus vers des rôles de comédie, ne parvient pas à relever le défi. Quant à Adam Sandler que l’on a vu dans Punch Drunk Love, il est inexistant.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Après une mise en place un peu poussive, le film prend bien son rythme de croisière et enchaîne différentes situations assez amusantes de cet homme forcé à soigner un tempérament coléreux qu’il n’a pas. C’est amusant, à prendre au second degré (du moins faut-il l’espérer… !) et Nicholson se donne à fond pour rendre son personnage de docteur… pittoresque. Belle brochette d’acteurs dans les rôles de second plan. On rit franchement et l’ensemble est bien dosé.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Jack Nicholson, Adam Sandler
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2 janvier 2005

93, rue Lauriston (2004) de Denys Granier-Deferre (TV)

93, rue LauristonElle :
On assiste au récit d’anciens collabos devant un commissaire interprété sobrement par Michel Blanc. On est atterré par les atrocités commises. Durant cette trouble période de l’occupation, la police de Vichy se conduisit de façon épouvantable avec les juifs, de façon presque pire que les allemands. Une terrible pression était mise pour faire collaborer des français qui à leur tour n’hésitait pas à torturer. Cette fiction basée sur des personnages réels souffre parfois de lourdeur et est un peu trop marquée « téléfilm ».
Note : 3 étoiles

Lui :
Ce téléfilm bénéficie d’un ensemble d’acteurs de tout premier plan pour relater le rôle assez sinistre du service de la Rue Lauriston pendant la guerre. Il est monté en série de flash-back, des scènes racontées par certains protagonistes lors d’une brève enquête (qui restera sans suite) ; le rythme est assez rapide et enlevé. Le film sait bien évoquer les terribles méfaits de ce service sans se complaire à les montrer. Une bonne reconstitution, qui fait office de témoignage.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Michel Blanc, Samuel Le Bihan, Daniel Russo
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1 janvier 2005

Johnny English (2003) de Peter Howitt

Johnny EnglishElle :
Cette satire de James Bond interprété par Rowan Atkinson est un fiasco. On le préfère encore en Mr Bean (la série originale… pas le film).
Note : pas d'étoiles

Lui :
James Bond revisité par Mr Bean, cela donne bien évidemment de nombreuses gaffes et plusieurs wagons de maladresses diverses et variées. Certaines sont vraiment drôles mais l’ensemble est trop inégal. Le meilleur serait plutôt l’excellente prestation de John Malkovich dans le rôle du méchant, parlant anglais avec un épouvantable accent français.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Rowan Atkinson, John Malkovich
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30 décembre 2004

The Soul of a Man (2003) de Wim Wenders

Soul of a manElle :
Pas très convaincant ce film de Wim Wenders sur le blues. On suit assez chaotiquement le parcours de trois grands bluesmen (Blind Willy Johnson, Skip James et J.B. Lenoir, un quasi-inconnu sur lequel Wenders s’attarde trop longuement). Les images d’archives se mêlent à des parties scénarisées. C’est assez déroutant. Le film est entrecoupé brutalement de séquences avec des musiciens contemporains qui interprètent les morceaux originaux de blues. Cela n’apporte pas grand-chose si ce n’est qu’on assiste au massacre des morceaux… par Lou Reed, Beck, Nick Cave, Lucinda Williams et d’autres groupes moins connus. J’aurai préféré de loin voir un vrai documentaire sur le blues commenté par de vrais musiciens.
Note : 2 étoiles

Lui :
Win Wenders a choisi de nous présenter deux bluesmen qui l’ont marqué : Skip James, à la carrière si courte en 1931 et redécouvert 30 ans plus tard, et le méconnu J.B. Lenoir, cité dans une chanson de John Mayall. Wenders utilise des acteurs pour la partie années 30, avec de images traitées de telle sorte que l’on ne sait pas très bien au début si ce sont des images réelles ou pas. La reconstitution est bien faite et vraiment crédible. Ce qui est moins intéressant, c’est d’entrecouper tout le film par les reprises des mêmes morceaux par des groupes actuels. Ceci dit, cela a sans doute un côté « éducatif » et rend le film plus « tous publics ». La partie sur J.B. Lenoir est un peu longue, mais l’ensemble est tout de même assez bien fait et intéressant.
Note : 3 étoiles

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