7 novembre 2007

Daddy Nostalgie (1990) de Bertrand Tavernier

Daddy NostalgieElle :
Film bouleversant sur une jeune femme qui redécouvre ses parents au travers de la maladie du père. Dick Bogarde et Jane Birkin sont émouvants de vérité et de sensibilité. Les tensions et l’agressivité qui surgissent dans la relation des trois personnages témoignent de leur douleur intérieure et de leur difficulté à communiquer. Tavernier manie sa caméra avec beaucoup de pudeur et délicatesse.
Note : 4 étoiles

Lui :
(pas vu)

Acteurs: Dirk Bogarde, Jane Birkin, Odette Laure, Emmanuelle Bataille
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6 novembre 2007

Phoenix Arizona (1998) de Chris Eyre

Titre original : Smoke Signals

Phoenix ArizonaElle :
Beau film au scénario original. Un jeune indien part rechercher l’urne funéraire de son père en compagnie d’un ami parfois encombrant. Il éprouve de la haine envers son père alcoolique qui a abandonné sa famille. Il fait un véritable parcours initiatique qui lui permet de retrouver une certaine sérénité et de pardonner.
Note : 5 étoiles

Lui :
On est touché par l’histoire des ces deux garçons indiens, presque frères, mais de caractères si opposés : si l’un est taciturne, réaliste, viril et réfléchi, l’autre est un moulin à paroles, mystique, efféminé et inconséquent. Mais tous deux ont une candeur d’âme, une innonence qui les rend très attachants. La force de ce film tient dans la puissance des deux personnages principaux. Les poncifs (hélas) habituels (misère, alcool et racisme) ne sont ici que sous-jacents, en toile de fond.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Adam Beach, Evan Adams
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3 novembre 2007

Tina (1993) de Brian Gibson

Titre original : What’s love got to do with it

TinaElle :
Film musical touchant sur la vie tumultueuse et tragique de Tina Turner qui fit carrière en tandem avec le talentueux mais brutal Ike Turner. Il lui en a fait baver à la pauvre Tina. Ce n’est qu’au bout de 18 ans qu’elle parvient à échapper à ses griffes de cocaïnomane violent et possessif. Quelle énergie et charisme elle dégageait sur scène! Les acteurs qui interprètent le couple Turner sont très crédibles et parviennent à nous insufler l’ambiance soul de l’époque.
Note : 5 étoiles

Lui :
Tina est un film vraiment très bien fait. Bien sûr, une grande partie de son attrait réside dans la mise en scène des prestations d’Ike & Tina Turner (toute une époque, snif…), mais en plus on est happé par l’histoire, le trajet mouvementé et tragique de Tina Turner. C’est sa version des faits, certes, mais une version que personne n’a contredite. Le couple Fishburne/Bassett est merveilleux, cette dernière parvenant parfaitement à transcrire la prodigieuse énergie de la chanteuse. A noter que les morceaux (même les plus anciens) sont chantés par Tina Turner, ceux originellement avec Ike ayant été ré-enregistrés.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Angela Bassett, Laurence Fishburne, Khandi Alexander
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1 novembre 2007

Limbo (1999) de John Sayles

LimboElle :
Beau film au scénario original dans les paysages d’Alaska. Une femme, sa fille et son compagnon se retrouvent malgré eux entraînés dans une aventure haletante sur fond de trafic de drogue, d’île déserte et de survie dans un environnement hostile. Les personnages sont attachants et leur parcours de rescapés riche en enseignements.
Note : 5 étoiles

Lui :
Le film s’articule en deux volets. La première moitié correspond à une approche sociologique, mettant en scène quelques habitants d’un village du sud de l’Alaska. Ce début est presque déroutant sur le plan de la construction : on saute brutalement d’un personnage à l’autre, sans qu’il n’y ait de lien visible. Il faut se laisser bercer. On finit par s’attarder plus longuement sur trois personnages et la seconde partie,  plus psychologique, les place en huis clos sur une île. Au final, le film est très intéressant et attachant.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Mary Elizabeth Mastrantonio, David Strathairn, Vanessa Martinez, Kris Kristofferson
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30 octobre 2007

La bûche (1999) de Danièle Thompson

La bûcheElle :
Je m’attendais à une comédie drôle et légère et je n’ai vu qu’un film caricatural, triste et méchant. Il est facile de se moquer du malheur des autres.  Le talent des acteurs n’y change rien. Les confidences intimes de ces bourgeois parisiens ne m’attendrissent pas mais me consternent plutôt. Seuls bons gags, le téléphone portable qui sonne dans le cercueil et l’achat d’une lampe guépard. C’est bien peu.
Note : 2 étoiles

Lui :
La Bûche réussit parfaitement à faire du comique avec du tragique. Les parcours des membres de cette famille s’entrechoquent anarchiquement, dans un gigantesque fatras créé par les tromperies et les séparations successives. Ils ont la panoplie complète. Leurs relations sont devenues si fausses et embrouillées qu’au final on ne sait plus qui est qui. Faire un bon divertissement avec des ingrédients dramatiques est un exercice périlleux, mais brillamment réussi dans ce film. Excellent jeu d’acteurs.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Sabine Azéma, Emmanuelle Béart, Charlotte Gainsbourg, Claude Rich, Françoise Fabian, Jean-Pierre Darroussin, Isabelle Carré
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28 octobre 2007

Buena Vista Social Club (1999) de Wim Wenders

Buena Vista Social ClubElle :
Pour apprécier ce film, il faut (beaucoup) aimer la musique cubaine ce qui n’est pas exactement mon cas, je le crains. Ce que filme Wenders à la Havane, c’est le délabrement d’une ville dont la seule joie de vivre est de faire de la musique. Ces grands-pères oubliés sont émouvants et le mérite de Ry Cooder est de les avoir fait découvrir hors de Cuba.
Note : 2 étoiles

Lui :
Wenders aurait pu nous raconter le chemin suivi par Ry Cooder pour retrouver ces musiciens, comment il les a convaincus, etc… Non, il a choisi de mettre bout à bout des mini-interviews pas très intéressantes, des scènes de concert où le son est d’une qualité déplorable et des scènes d’enregistrement. Ajoutez une bonne dose de caméra à l’épaule, des images surexposées ou floues et vous avez un film assez complaisant, plutôt indigne de Wenders.
Note : 1 étoiles

Acteurs:
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24 octobre 2007

Max et Jérémie (1992) de Claire Devers

Max et JérémieElle :
Un petit truand sans plomb dans la cervelle incarné par Christophe Lambert et Philippe Noiret à contre-emploi dans le rôle d’un tueur à gages à la retraite qui reprend du service. Deux personnages seuls dans la vie et qui peu à peu apprennent à s’apprécier pour ne plus se quitter. Cet aspect du film est intéressant. Cependant, ce petit polar a des manques et quelques incohérences ; au final, il n’est pas suffisamment captivant.
Note : 3 étoiles

Lui :
Max et Jérémie est un film assez surprenant qui s’attarde sur les rapports entre deux personnalités totalement opposées. On a un peu de mal au début à croire au personnage de Noiret en tueur professionnel, mais l’ensemble est filmé avec une certaine délicatesse, malgré le sujet, ce qui rend les personnages attachants. Bien-sûr, si l’on prend un peu de recul, on s’aperçoit que les clichés sont nombreux, mais le film se laisse regarder avec plaisir.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Philippe Noiret, Christopher Lambert, Jean-Pierre Marielle
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17 octobre 2007

Le mystère Von Bulow (1990) de Barbet Schroeder

Titre original : « Reversal of Fortune »

Le mystère von BülowElle :
Barbet Shroeder nous plonge avec élégance et froideur dans les envers du décor de la détérioration d’un couple richissime interprété par Jeremy Irons et Glenn Close. Claus von Bulow est un mari volage, glacial et cynique ; il est condamné à 30 ans de prison pour tentative d’assassinat sur sa femme qui tombe dans un coma profond. L’enquête vue sous plusieurs angles pénètre dans l’intimité des personnages et laisse à penser que Sunny von Bulow est une femme excessive, en proie à des névroses violentes. Où est la vérité ? Faut-il se fier aux apparences ? Le réalisateur a choisi de ne pas prendre partie ; il maintient constamment l’ambiguïté sur les motivations des personnages et la vérité sur le coma de Sunny. J’ai pris moins de plaisir à revoir ce film sinistre et étouffant. L’enquête fuse dans tous les sens et prend beaucoup de place par rapport à la terrible relation qui existe dans ce couple.
Note : 3 étoiles

Lui :
Un dandy est accusé d’avoir tué sa richissime femme et condamné. Il engage un avocat pour prouver son innocence et casser ce jugement. Le Mystère Von Bulow fait partie de ces films judiciaires qui détaille précisément le travail des avocats pour défendre une affaire qui semble perdue d’avance. Il s’inscrit ainsi dans une longue tradition du cinéma américain. Barbet Schroeder joue sur les contrastes : d’un côté, nous avons l’équipe des avocats, jeunes, plutôt épanouis et libérés ; en face, nous avons le couple formé par un Jeremy Irons, strict et digne, très retenu et même austère, et une Glenn Close désillusionnée qui n’attend plus rien de la vie. Si l’histoire en elle-même n’est pas des plus passionnante, Le Mystère von Bulow reste intéressant à regarder pour sa mise en scène très précise, son climat et la belle prestation de Jeremy Irons.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Jeremy Irons, Ron Silver, Glenn Close, Annabella Sciorra, Felicity Huffman
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Le Mystère Von Bulow est inspiré d’une affaire réelle qui défraya la chronique aux Etats-Unis entre 1982 et 1985. Aujourd’hui, Sunny von Bülow serait toujours dans le coma dans un hôpital de New-York. Claus von Bülow a abandonné toute prétention sur la fortune de sa femme en échange de la garantie que leur fille Cosima ne serait pas déshéritée par sa grand-mère pour avoir témoigné en sa faveur au procès. Il vit à Londres et écrit des critiques d’art. Il a en outre pris l’engagement de ne jamais reparler de l’affaire : Barbet Schroeder n’a donc pu le rencontrer lors de la préparation du tournage.

Dernière minute :
Martha von Bülow est décédée le 7 décembre 2008 à New-York d’un arrêt cardio-pulmonaire. Elle était dans le coma depuis le 21 décembre 1980, c’est à dire depuis 28 années à quelques jours près.

14 octobre 2007

Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson

MagnoliaElle :
Film trop long (3h), déroutant, pesant et déprimant. Que de qualificatifs pour cette histoire aux scénarios multiples, aux personnages détraqués et désirant visiblement s’inscrire dans la lignée de Shortcuts d’Altman. En y projetant son propre vécu douloureux (plusieurs personnages meurent du cancer), le réalisateur  en fait un film morbide qui se termine par une grotesque pluie de grenouilles. Anderson semble chercher son style en usant de fonds sonores cacophoniques, d’effets visuels gratuits, de plans instables caméra à l’épaule.
Note : 2 étoiles

Lui :
Que ce soit sur le fond ou sur la forme, Magnolia semble forcer la caricature pour retenir l’attention : personnages hystériques, musiques permanentes et tonitruantes, effets visuels ou scénaristes inutiles. Il me semble que le réalisateur désirait donner au film une certaine dimension métaphysique mais le propos manque de profondeur. Globalement Magnolia me paraît assez complaisant et j’avoue n’avoir pas su trouver quel peut être l’intérêt d’un tel film…
Note : 2 étoiles

Acteurs: Julianne Moore, William H. Macy, John C. Reilly, Tom Cruise, Philip Baker Hall, Philip Seymour Hoffman
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8 octobre 2007

Retour à Howards End (1992) de James Ivory

Titre original : Howards Ends

Howards EndsElle :
Cette adaptation du roman de Edward Morgan Forster est assez fidèle. James Ivory parvient à décrire cette société pleine de conventions, ainsi que les sentiments pudibonds ou rebelles qui effleurent les personnages, avec beaucoup de délicatesse et de justesse. Emma Thompson est prodigieuse en soeur et épouse aimante ; Antony Hopkins incarne à merveille le mari puritain et l’amant volage. Les barrières entre les riches et les pauvres, les matérialistes et les idéalistes, les hommes et les femmes s’entrechoquent et finissent par s’effondrer. Un nouveau monde est en train de naître.
Note : 5 étoiles

Lui :
Howards Ends nous plonge dans les pesanteurs de la société anglaise post-victorienne et le film se laisse regarder avec plaisir. Emma Thompson est bien entendu parfaite dans son rôle de riche intellectuelle et Anthony Hopkins tout aussi bon dans celui de riche un peu borné. Après Chambre avec Vue (1985) et Maurice (1987), c’est la troisième adaptation d’un roman d’E.M. Forster par James Ivory. On peut trouver que l’ensemble manque un peu de caractère, les enjeux étant très faibles, mais James Ivory parvient parfaitement à retranscrire l’univers de la société anglaise de cette époque.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Emma Thompson, Anthony Hopkins, Vanessa Redgrave, Helena Bonham Carter
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